Le Général Salif Traoré face à la Presse : « La sécurisation du pays est en bonne voie ».

 

C’est un ministre de la Sécurité et de la Protection Civile détendu qui a répondu aux nombreuses interrogations de la presse ce matin.

C’est à un exercice assez délicat compte tenu de la situation sécuritaire peu enviable du pays, auquel le ministre de la Sécurité et de la Protection Civile s’est prêté ce matin. Dans la salle de conférence de la Maison de la Presse, le Général Salif Traoré, a répondu sans fard et en bambara aux questions d’une dizaine de radios privées.  Insécurité au Nord et Centre du Mali, grand banditisme dans la capitale et ses alentours, répression des manifestations, tels sont entre autres les thèmes abordés lors de cette rencontre de plus d’une heure. Sûr de lui et très à son aise, le ministre a donné l’assurance que tout est mis en œuvre afin d’assurer une pleine sécurité sur le territoire. D’autant plus à quelques mois d’importantes échéances électorales. « Le président nous a demandé d’accélérer le processus de sécurisation, pour que les Maliens du Nord, du Centre et dans quelques localités de Ségou, puissent au moment des élections aller voter en toute sérénité », explique-t-il. Cette opération sécurisation est actuellement en cours et en ‘’très en bonne voie’’ à l’en croire. « Depuis quelques semaines, nos forces sont présentes dans de nombreuses localités où elles n’étaient pas avant, et dans les jours qui viennent, nous serons présents dans beaucoup d’autres », assure-t-il.

Coopération des populations

Pour en optimiser les résultats, le ministre a requis l’appui des populations, qui est, en son sens, indispensable pour mettre « hors d’état de nuire » et terroristes et bandits. Des plaques sur lesquels sont inscrits les numéros verts ont depuis peu été installées dans les grandes artères de Bamako. « Nos récents bons résultats sont en très grande partie dû à notre coopération avec les populations, il est impératif que cela continue pour le bien de tous », plaide-t-il. Mais cette « coopération » pourrait être mise à mal, par les récentes répressions dont des manifestants ont été victimes de la part des forces de l’ordre. Tout en ne cautionnant pas ces « violences » le ministre est resté ferme quant à la nécessité de respecter les décisions des autorités.

Respect de la loi

« Nous ne sommes pas là pour violenter qui que ce soit, mais pour faire respecter la loi, si les marcheurs ont l’autorisation de marcher, ils le feront en étant encadré par nos soins, mais même dans le cas contraire, les forces doivent les disperser sans avoir recours à la brutalité ». Apostrophé par un journaliste qui affirme avoir été violenté et emprisonné lors de la marche du mouvement Waati Sera, contre la France, le ministre sans se dérober, lui a demandé de porter plainte, avec preuves à l’appui. « Les responsables devront rendre des comptes », ajoute-t-il.

 

 

EXCLUSIF/ Zeina Walet Ilady : « Barkhane doit partir ou c’est nous qui partirons ! »

Depuis le début du mois d’octobre à Kidal, au Nord du Mali, les manifestations s’enchaînent contre la Force Barkhane et ses méthodes. La mort entourée de mystère, il y a un an, de Cheikh Ag Aoussa, ex-numéro 2 d’Ansar Dine, chef militaire redouté et sulfureux du Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), dans l’explosion de son véhicule, est venue s’ajouter à l’hostilité suscitée par les récentes actions coups de poings de la force française. Beaucoup à Kidal pointent du doigt son rôle trouble dans la mort de ce faucon de la rébellion touarègue. Au premier plan, Zeina Wallet Ilady, la veuve de Cheick Ag Aoussa, instigatrice des manifestations qui agitent la capitale de l’Adrar des Ifoghas. Cette femme d’influence est déterminée à tout faire pour que la force Barkhane « dégage » de la région.

La force Barkhane a procédé à plusieurs interventions qui se sont soldées par des arrestations dans Kidal et sa région depuis le début du mois d’octobre. Des manifestations contre Barkhane, dont vous êtes l’une des principales instigatrices, ont lieu depuis, chaque semaine. Pourquoi une telle hostilité envers la force française ?

Depuis que Barkhane est ici, je ne vois pas ce qu’ils ont fait de bien pour Kidal. Ils arrêtent nos hommes, prennent des innocents qu’ils nomment terroristes et quand ils ont fini avec eux, ils les donnent au Mali. Quand on se tourne vers le Mali pour les faire libérer, il faut donner de l’argent, prendre des avocats, payer 2 à 3 millions de francs CFA. Ils « bouffent » ça et personne ne sort. Puis Barkhane revient encore pour prendre les gens en disant que ce sont des terroristes. Pour moi, c’est Barkhane les terroristes ! Moi, c’est eux que je crains. Leurs actes sont comme ceux des terroristes. Ils rentrent dans les maisons des personnes, les violentent, parfois les tuent, brûlent leurs biens. Pour  moi, c’est la même chose.

Pourtant ils luttent contre le terrorisme justement. Il y a eu des résultats…

On n’est pas contre Barkhane parce qu’on serait avec les terroristes ou parce qu’ils luttent contre le terrorisme. Mais Barkhane ne combat pas les terroristes, ils font de vastes coups de filet et s’en prennent aux gens de la région. Au final, c’est eux qui nous terrorisent ici chez nous, ils font ce qu’ils veulent. Je suis en charge de la gestion de la ville d’Abeïbara concernant la santé, la nourriture, l’éducation, etc. Je travaille aussi à faire revenir les jeunes dans la région. Mais personne ne souhaite revenir. Quand on essaie de les sensibiliser au retour, ils répondent : « On va nous prendre pour des terroristes, ils vont nous mettre en prison et qui nous défendra demain ? ». Comment voulez-vous les sensibiliser dans ces conditions ? On est contre tout ce que fait Barkhane ici.

 Durant vos manifestations on pouvait entendre et lire sur des banderoles les slogans « Barkhane dégage ! », « Dehors la France ! ». Souhaitez-vous vraiment le départ de la force Barkhane qui, par ailleurs, est aussi impliquée dans des actions de développement à Kidal ?

Mon souhait est que Barkhane quitte la région de Kidal. Ils savent que le terrorisme n’est pas concentré à Kidal ou dans la région. Ils savent où sont les terroristes, ils n’ont qu’à y aller avec leurs hélicos. À Kidal, ils ne développent rien. Ils ont donné un financement pour une école, ils ont refait la peinture, placer des fenêtres et mis une plaque qui prouve qu’ils ont fait quelque chose pour Kidal. Pour les autres actions de développement, je ne sais pas si c’est Barkhane, je pencherais plus pour la MINUSMA.

Vous ne mettez pas la MINUSMA dans le même sac que Barkhane ?

La première manifestation qu’on avait faite, c’était il y a un peu plus d’un an contre la MINUSMA car elle avait tué, lors d’une marche de contestation, deux jeunes. Pour moi, il y a moins de problèmes avec la MINUSMA car elle vient en aide aux populations, elle aide au développement de la région, elle transporte nos gens. Certains, durant nos manifestations, ont voulu s’en prendre à la MINUSMA. Je condamne ça. On a plus de problèmes avec Barkhane qu’avec la MINUSMA.

Jusqu’où êtes-vous prête à aller avec ces manifestations ?

C’est simple, Barkhane doit partir ou c’est nous qui partirons ! Soit elle nous laisse Kidal ou bien on s’en va ! Chaque nuit, leurs avions survolent Kidal, on a du mal à dormir avec ça. Il y a aussi leurs patrouilles qui posent problème. Depuis un certain temps ils ne viennent plus chez moi, mais avant il venait devant ma porte. Les enfants n’osaient pas sortir, les gens n’osaient pas rentrer. Même quand la porte était fermée, ils venaient regarder dans ma cour. Je ne sais pas pourquoi. Nous allons continuer de manifester contre Barkhane chaque lundi, jusqu’à ce qu’il y ait une solution !

 Avez-vous essayé de rencontrer la force française pour vous expliquer avec eux ?

Je n’ai pas parlé avec Barkhane, je n’ai même pas cherché à parler avec eux. Le 8 octobre dernier, date anniversaire de la mort de Cheikh (Cheikh Ag Aoussa, son époux – ndlr), lorsque la population est sortie pour manifester, Barkhane est sortie du camp avec ses véhicules dans la foule, alors qu’il y avait beaucoup de tension. Les gens mécontents leur ont jeté des pierres. Elle aurait dû normalement rester dans son camp parce que les gens manifestaient. Ils ont été caillasses parce qu’on ne veut plus les voir dans la ville.

Cela fait un an que Cheikh Ag Aoussa, votre mari, est décédé dans l’explosion de son véhicule, non loin du camp de la MINUSMA. Pour vous, que s’est-il passé ce 8 octobre 2016 ?

Ce jour-là, mon mari m’a dit qu’il avait une réunion à laquelle il devait assister au camp de la MINUSMA, une réunion de sécurité. Donc, à 15h, il est parti. Il devait revenir à 17h pour venir me chercher et me mener chez ma mère, que je devais aller visiter. À 18h, il n’était toujours pas revenu. Je l’ai appelé, il ne répondait pas au téléphone. Après ça, on a entendu une grosse explosion en provenance du camp de la MINUSMA. Quelques instants après, les gens m’ont appelé et m’ont dit que c’est le véhicule de mon mari qui avait sauté.

Se sentait-il menacé ? Vous avait-il fait part de quelque chose ?

Je n’ai vu aucun signe particulier, mais je sais qu’avant ça, plusieurs fois, il y a les soldats de Barkhane qui sont venus le voir à la maison. Ils disaient à Cheikh qu’il travaillait avec des terroristes. Quand il y a eu l’attaque terroriste à Nampala, où 17 soldats maliens ont été tués, quelques mois auparavant, ils sont venus chez moi et ils ont montré un rapport à mon mari. Ils lui ont dit qu’à Nampala, les armes qui ont été saisies provenaient de chez nous. Cheikh leur a dit d’entrer. Ils lui ont dit qu’il y avait des gens d’Ansar Dine parmi les attaquants. Cheikh leur a répondu que s’ils savaient qu’il y avait des gens d’Ansar Dine alors il fallait aller les prendre. J’étais là, je suis au courant de ça.

Qui a assassiné votre mari, selon vous ?

Les Français m’ont pris mon mari. Je suis sûre que ce sont eux qui ont fait ça. À chaque fois que je suis allée au camp de la MINUSMA, j’ai toujours été fouillée. Ils vous font sortir de la voiture, ils vous fouillent, ainsi que le véhicule. Ça a été aussi le cas pour Cheikh avant qu’il ne rentre dans le camp ce jour-là, comme à chaque fois qu’il s’y rendait avec ses dossiers. Donc, c’est impossible que son véhicule ait pu entrer avec une bombe à l’intérieur du camp sans que la MINUSMA ou Barkhane ne soit au courant. Il n’y a qu’à l’intérieur que ça a pu se faire. Pour moi, c’est sûr que ça a été organisé, peut-être entre la MINUSMA et Barkhane, mais les responsables sont dans ce camp.

L’enquête n’a pas pu établir qui étaient les auteurs. Un an après, cherchez-vous toujours à savoir ce qu’il s’est réellement passé ?

Je continuerai à me battre pour savoir ce qui s’est passé, même si je ne sais pas comment je peux faire, comment je peux savoir. Mais je n’ai pas peur de mourir pour ça. Vous sentez-vous menacée ? Bien sûr. J’ai peur pour moi et pour la population. J’ai vu comment ils agissent ici. Je sais que je suis en danger quand je dis à Barkhane de dégager, mais je ne peux pas laisser faire ça.

Pour vous, la paix et la sécurité dans Kidal et sa région sont-elles possibles sans la présence des forces françaises ?

La paix, c’est la route qu’a prise la CMA depuis la signature de l’Accord de paix. Je suis d’accord avec ça, même si, selon moi, il n’y aura pas de paix véritable sans séparation d’avec le Mali. Le principal problème de la sécurité ici, c’est le manque de développement et de travail pour les jeunes. S’il y a ça, l’insécurité va diminuer, même si elle ne disparaîtra pas tout à fait. Mon souhait le plus cher est que Barkhane quitte Kidal. Quand ils seront partis, la sécurité sera une autre question à résoudre, et on verra à ce moment-là ce qu’il y aura lieu de faire.

IR GANDA, rend compte de sa rencontre à Gao

Les ressortissants de la communauté Songhay résidant à Bamako se sont rencontrés au stade du 26 mars, le samedi 30 septembre 2017.  L’objectif était de faire le point de la rencontre tenue à Gao, les 19, 20 et 21 mai 2017.

L’association IRGANDA vise le développement durable du nord selon ses responsables. Elle veut rassembler la communauté Songhay du Mali et de la diaspora. Elle souhaite contribuer à la résolution des problèmes au Nord  qui persistent malgré l’existence de différentes associations des ressortissants du nord. « Certains cadres du Nord se sont concertés pour mettre en place cette association IR GANDA, qui veut dire notre terroir », a affirmé le président d’IR GANDA, Ousmane Issoufi Maiga, ancien premier ministre du Mali.

La rencontre qui  a regroupé les représentants des différents cercles, des Amis, sympathisants de la culture Songhay  a été une occasion de retrouvaille, d’échange, de dialogue et de compréhension mutuelle.  « Faire en sorte que les armes se taisent, que la population puisse aller et venir, que les jeunes puissent se prendre en charge », a ainsi expliqué Ousmane I Maiga, avant de conseiller les jeunes à s’interroger sur ce qu’ils peuvent faire pour leur pays.  Il s’agit « d’un créneau pour rassembler les ressortissants, amis et sympathisants à participer au développement de nos régions, gage de la promotion individuelle et collective » a soutenu pour sa part, Abbas Ibrahim Diallo, président de la coordination des jeunes du mouvement IR GANDA.

L’une des actions envisagées, est que chaque cercle doit présenter deux projets ou deux activités à réaliser pour lesquels le cercle et l’IR GANDA vont mobiliser des fonds. « IR GANDA n’a pas de revendication sectorielle, c’est une association apolitique et le lancement officiel est prévu pour le 14 octobre 2017 », a conclu le président de l’association.

Le tronçon Menaka-Ansongo de nouveau fermé

Après avoir été une première fois fermé durant trois jours (août 2016) par le syndicat des transporteurs, le tronçon Ansongo-Menaka, est depuis hier 20 septembre, de nouveau fermé, et ce pour 15 jours cette fois-ci. Cette décision a été prise à la suite d’une réunion entre les organisations des sociétés civiles de Gao et d’Ansongo qui s’est tenue le 19 septembre.

Elle a été motivée par l’insécurité qui règne sur cette route où de nombreux braquages et attaques ont été enregistrés. C’est sur ce même tronçon, qu’un convoi de l’armée malienne s’est fait attaquer hier, faisant une victime, et un blessé du côté des Famas.« La route n’est pas du tout sécurisée, il y’a énormément d’attaques, et nous savons tous qui sont les responsables de ces attaques, mais personne n’ose les dénoncer, ils continuent donc à faire régner leurs lois » explique cet habitant de Menaka, qui a requis l’anonymat pour des questions de sécurité. « Ce sujet est assez délicat, pour les habitants d’ici (Menaka), beaucoup s’abstiennent d’intervenir dessus, parce qu’il y’a des risques de représailles » confie-t-il.

Ces derniers jours de nombreux véhicules ont été braqués et d’autres ont même été enlevés par des hommes armés. « Il y’a des forces qui règnent en maitre sur ce tronçon, et pour l’heure nul n’arrive à s’opposer à eux, nous vivons dans une insécurité totale » conclut notre source.

 

 

« ON A TOUT COMPRIS–Waati –Sera » organise son 3ème sit-in devant l’ambassade de la France

 

Le mouvement « ON A TOUT COMPRIS – Waati – Sera » a organisé un sit-in devant l’ambassade de France au Mali, le 07 septembre 2017. L’objectif du rassemblement était de demander à la France de clarifier sa position dans la crise malienne.

Convaincu que la France peut jouer un rôle central dans la stabilisation du Mali, les jeunes du mouvement « ON A Tout COMPRIS-Waati Sera », souhaite que « l’armée malienne soit présente sur tout le territoire et que l’administration soit redéployée, déclare Adama Ben Diarra, porte-parole du mouvement qui ajoute que « face à la position ambigüe de la France », ils ont décidé d’agir. Troisième du genre, ce sit-in sera suivi d’une marche prévue ce 22 septembre 2017.

Selon Mohamed Diarra, malien de la diaspora participant au sit-in, « le Mali dispose d’énormes richesses » pour lui permettre d’assurer son développement. « C’est à la nouvelle génération de prendre conscience et de ne pas se laisser intimider afin d’assurer notre indépendance », ajoute Mr Diarra.

Une conviction partagée par Mohamed Maiga, membre du mouvement, ancien président de la jeunesse de Gao, « L’heure est venue de prendre conscience, après 57 ans d’indépendance, nous devons nous dire la vérité pour assurer la stabilité du Mali. ».

Après cette manifestation qui a mobilisé des dizaines de jeunes, « ON A TOUT COMPRIS-Waati -Sera » entend maintenir la dynamique en réunissant notamment d’autres mouvements autour de ses mots d’ordre.