Mali – Transition : les mille et une difficultés des journalistes

Le rapport « Dans la peau d’un journaliste au Sahel », publié le 3 avril dernier par Reporters sans frontières, met en évidence d’immenses obstacles à être journaliste au Mali. Déjà confrontés au non versement de la subvention allouée aux médias depuis 2019 et à un ralentissement des mannes publicitaires, ils peinent également à faire leur travail à cause de l’insécurité et de la répression politique.

Il est de ces épreuves de vie qui sont plus dures que la mort. Depuis 2016, Birama Touré, journaliste de l’hebdomadaire Le Sphinx, est porté disparu après avoir été enlevé à Bamako. Sept ans sans donner signe de vie. « Personne ne sait s’il est vivant ou mort », dit l’un de ses proches, pour lequel la situation est toujours difficile. Le 6 avril dernier, c’est le journaliste Aliou Touré, Directeur de publication du journal Le Démocrate, qui a subi le même sort dans la capitale malienne, avant finalement d’être libéré le 10 avril par des ravisseurs non identifiés.

Une chance que n’ont toujours pas eue les journalistes maliens Hamadoun Nialibouly et  Moussa M’Bana Dicko, enlevés respectivement en septembre 2020 et en avril 2021 au centre du Mali par des hommes armés.

À Bamako comme à l’intérieur du pays, les journalistes subissent des agressions. « Il est indéniable que le métier de journaliste au Mali est devenu extrêmement difficile en raison de l’insécurité qui règne dans le nord et le centre. Les risques auxquels sont confrontés les journalistes dans ces localités sont très élevés. Les enlèvements, les menaces et les intimidations sont monnaie courante pour eux », explique Modibo Fofana, Président de l’APPEL Mali. En outre, certains se retrouvent aussi « cyber harcelés et menacés », indique le rapport, qui met l’accent sur le cas de Malick Konaté. Victime régulièrement de cyber harcèlement et d’intimidation depuis début 2023, le journaliste reporter d’images (JRI), également fondateur de la web télévision Horon32, a dû quitter le pays.

Face à la situation, les organisations de la presse s’organisent. Une cellule réunissant l’ensemble des organisations professionnelles de la presse a été créée suite à la disparition du journaliste Aliou Touré. Et elle continue d’œuvrer malgré son réapparition. « Nous demandons à l’ensemble de la presse de continuer cette synergie d’actions et de se donner la main pour faire aboutir nos revendications les plus légitimes pour une presse libre, indépendante et responsable. Dorénavant, la Cellule de crise mise en place va s’intéresser au cas Birama Touré, pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire », a indiqué le 11 avril dernier le Président de la Maison de la Presse, Bandiougou Danté.

Bandiougou Danté : « De telles pratiques ne doivent pas rester impunies »

Le journaliste Aliou Touré, Directeur de publication du journal Le Démocrate, a été enlevé le 6 avril 2023 puis libéré ce lundi par des ravisseurs non identifiés. Une énième disparition de journalistes au Mali qu’ont déplorée lors d’un point de presse, le mardi 11 avril 2023, les organisations de la presse, qui entendent « désormais œuvrer pour faire cesser la pratique ». Interrogé après la rencontre, le Président de la Maison de la presse, Bandiougou Danté, a appelé, l’État « à punir les auteurs » et l’ensemble de la presse « à rester mobilisé ».

Aliou Touré est libre. Quelle est désormais la marche à suivre ?

Nous interpellons à présent les plus hautes autorités du pays pour qu’elles prennent toutes leurs responsabilités. De telles pratiques ne doivent pas rester impunies. Les auteurs doivent être recherchés, connus et ils doivent répondent de leurs actes. Et seul l’État à la possibilité de faire payer aux auteurs de telles pratiques leurs actions. Nous souhaitons que les plus hautes autorités du pays ouvrent des enquêtes sincères pour qu’on sache réellement qui avait enlevé Aliou Touré et qui l’a libéré. Pour ce faire, nous invitons les uns et les autres à la prudence et à la mobilisation. Ceux qui procèdent ainsi donnent le témoignage de l’échec d’une transition qui doit nous sécuriser.

Avez-vous une idée des auteurs de l’enlèvement d’Aliou Touré ?

De toute façon, quel que soit l’auteur de cette pratique, un doigt accusateur sera porté sur l’État, qui a la responsabilité de nous protéger. Il a toutes les prérogatives, les privilèges et même accès à nos vies intimes pour nous sécuriser.

Quelles mesures comptez-vous mettre en place pour éviter que des journalistes ne soient plus victimes de kidnappings ?

La cellule mise en place va continuer à travailler. Ayant compris les réalités médiatiques de notre pays, nous avons mis en place cette cellule, qui comprend des rapporteurs, des porte-paroles et qui compte en son sein l’ensemble des organisations professionnelles de la presse. Si Aliou Touré n’avait pas été libéré, des actions vigoureuses allaient être annoncées ce mardi. Depuis des journées sans presse jusqu’à des manifestations dans la rue. Tout était sur la table et nous n’aurions pas reculé. Nous demandons à l’ensemble de la presse de continuer cette synergie d’actions. Qu’on se donne la main pour faire aboutir nos revendications les plus légitimes pour une presse libre, indépendante et responsable. Dorénavant, la cellule de crise va s’intéresser au cas Birama Touré, pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire.

Olivier Dubois : 23 mois de captivité

Ce 8 mars, cela fait 23 mois que le journaliste français Olivier Dubois est retenu en otage par le groupe de soutien à l’islam et aux musulmans. Enlevé à Gao le 8 avril 2021, le journaliste est apparu dans deux vidéos, deux preuves de vie, en mai 2021 et en mars 2022. Olivier Dubois, père de deux enfants et ancien collaborateur du Journal du Mali est le journaliste français dont la détention est le plus longue depuis 30 ans. Dans une récente interview accordé à un média français, Abou Obeiba Youssef al-Annabi, le chef d’Aqmi a confirmé que son groupe détenait le journaliste et était ouvert à la « discussions ».

Olivier Dubois : 20 mois de captivité

Aujourd’hui, jeudi 8 décembre 2022, cela fait vingt mois que le journaliste français, Olivier Dubois, est retenu par un groupe terroriste après avoir été enlevé à Gao le 8 avril 2021. Depuis son enlèvement il y a 609 jours, Olivier Dubois est apparu dans deux vidéos diffusées par ses ravisseurs, dans lesquelles il explique lui-même être détenu par le Jnim. Les autorités maliennes et françaises ont indiqué à plusieurs reprises être pleinement mobilisées pour sa libération, tout en rappelant la nécessité d’une grande discrétion sur les actions pouvant être entreprises. Pour les 18 mois de son enlèvement, le 8 octobre, quarante rédacteurs en chef des principaux médias français ont signé un appel à ne pas l’oublier, ont demandé aux autorités françaises de poursuivre et surtout d’intensifier leurs efforts pour le libérer. D’autres journalistes sont également retenus en otage depuis plusieurs mois, notamment Moussa Dicko et Hamadoun Nialibouly dont les familles n’ont plus de nouvelles.

 

 

Olivier Dubois : 17 mois de captivité

Ce jeudi 08 septembre 2022, marque le 17ème mois de captivité du journaliste français Olivier Dubois, ancien collaborateur du Journal du Mali. Enlevé le 8 avril 2021 alors qu’il était en reportage à Gao par le groupe terroriste JNILM, deux preuves de vie ont été diffusées depuis par vidéo, le 5 mai 2021 dans laquelle, il confirmait lui-même son enlèvement et le 13 mars 2022. Il est à ce jour le seul otage français recensé dans le monde.  Le 20 août dernier, à l’occasion du 500ème jour de sa captivité, une vidéo rassemblant plusieurs personnalités du monde des médias, des proches ou encore d’anciens otages a été diffusée en soutien au journaliste. 

Olivier Dubois : 10 mois de captivité

Le journaliste français Olivier Dubois, ancien collaborateur du Journal du Mali est détenu depuis 10 maintenant. Enlevé à Gao le 8 avril 2021 alors qu’il était en reportage, les proches sont depuis sans nouvelles du reporter de 47 ans, correspondant de Libération  et de Jeune Afrique dans le pays. Il est apparu dans une vidéo début mai 2021 dans laquelle il dit être aux mains du Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM), un groupe terroriste dirigé par Iyad Ag Ghaly. Même si et le Mali et la France se sont discrets sur la question, les deux autorités assurent travailler pour parvenir à sa libération.

Olivier Dubois : 6 mois de captivité

8 avril 2021- 8 octobre 2021. Cela fait 6 mois jour pour jour qu’Olivier Dubois, journaliste français, ancien collaborateur de Journal du Mali, a été enlevé à Gao par un  groupe djihadiste.

Pour marquer cette date, le comité de soutien à Olivier Dubois a organisé à la Maison de la presse une masterclass autour de six journalistes pour évoquer « un métier d’engagement ».

Le doyen Diomansi Bomboté, Maciré Diop, journaliste-reporter presse écrite, Mahamadou Touré de Studio Tamani, la correspondante de France 24 au Mali, Anne-Fleur Lespiaud, le photographe Nicolas Réméné, et Abdoulaye Guindo de la plateforme Benbere, ont successivement partagé leurs expériences pratiques du métier avec le public essentiellement composé de jeunes étudiants en journalisme.

Parralèlement, en France, à l’initiative de Reporters sans frontières, 12 grandes villes, en plus du 10è arrondissement de Paris, porteront à 13 le nombre de mairies qui déploient une banderole de soutien à la libération d’Olivier Dubois sur leur façade à partir de ce 8 octobre. Il s’agit de Paris, Bayeux, Fort-de-France d’où est originaire la famille du journaliste, Marseille, Nantes puis Lyon, Nice, Bordeaux, Pau, Montpellier, Rennes, La Rochelle et Reims.

Dans l’espoir d’une libération prochaine

Déborah Al Hawi Al Masri, la compagne d’Olivier, avec qui il a deux enfants de 13 et 5 ans, reste confiante et ne doute « pas un seul jour » de le revoir.

«C’est très dur. Nous à la maison, nous sommes passés de la vie avec un super papa à la vie sans papa. On n’était pas préparé mais on reste unis, soudés et forts, parce qu’on l’aime et il compte sur nous pour qu’on puisse tenir et c’est cela notre motivation, tenir pour lui jusqu’à son retour pour reprendre tous ensemble une vie normale », confie-t-elle.

Les Etats malien et français engagés dans sa libération travaillent dans la discrétion. Une  discrétion que Déborah comprend et respecte mais qui lui est « douloureuse » parce que « c’est difficile de se lever chaque jour sans avoir une seule nouvelle de lui. C’est cela qui est le plus dur pour lui et pour nous, de ne pas avoir de contacts ». Pour autant, elle n’abandonne pas l’espoir d’une libération prochaine.

Pour rappel, dans une vidéo de 21 secondes diffusée sur les réseaux sociaux dans la nuit du 4 au 5 mai Olivier Dubois, qui s’était rendu à Gao début avril, confirmait son enlèvement par le GSIM (Groupe de Soutien à l’Islam et aux musulmans) et demandait à sa famille, ses amis, et aux autorités françaises de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour le faire libérer.

Mali – Olivier Dubois : Le symbole d’une presse privée de liberté

La liberté de la presse est une quête permanente, soumise au Mali à de nombreuses menaces. Insécurité, accès difficile à l’information ou encore intimidations, les défis sont nombreux et l’exercice de la profession de plus en plus compliqué. Une liberté de la presse menacée également par les enlèvements et les détentions arbitraires. Nous avons choisi, au travers d’exemples concrets et récents, de mettre en exergue tous les écueils voire dangers auxquels font face les journalistes dans leur mission d’informer.
Une nouvelle stupéfiante pour ses confrères et le grand public, qui n’étaient pas encore dans le secret. Mais l’inquiétude était bien réelle dès les 48 heures qui ont suivi sa disparition le 8 avril. Cependant, pour ne pas compromettre une «éventuelle issue positive rapide », Reporter sans frontières, « en concertation avec les rédactions qui l’emploient habituellement », avait pris la décision de ne pas la rendre publique, a expliqué le 5 mai Christophe Deloire, directeur général de l’organisation.
Reporters sans Frontières a aussi demandé aux « autorités maliennes et françaises de tout mettre en œuvre pour obtenir sa libération ». L’enlèvement du journaliste rappelle douloureusement combien il est devenu difficile de travailler dans un contexte caractérisé depuis des années par une situation d’insécurité générale qui sévit également en dehors des frontières du Mali, dans toute la zone du Sahel. Le 26 avril 2021, la mort de deux journalistes espagnols, tués alors qu’ils étaient en reportage au Burkina Faso, avait également choqué l’opinion.
Ce terrain favorable à toutes sortes d’entraves à l’exercice de la liberté de la presse inquiète les professionnels des médias. Olivier Dubois, enlevé alors qu’il était en reportage, connait bien le Mali pour y vivre et y exercer son métier depuis plus de cinq ans. Il a d’ailleurs travaillé au Journal du Mali de 2015 à 2017. Il s’intéresse principalement aux questions sécuritaires et politiques. C’est avant tout un homme de terrain qui en rencontre directement les acteurs, une « tête chercheuse en mouvement » comme il se définit lui-même sur son compte Twitter. Mais le terrain est depuis quelques temps semé de nombreuses embûches et les journalistes, qui peuvent mobiliser derrière eux toute une corporation, sont devenus une denrée convoitée. Mais, au-delà, c’est partout au Mali que la quête de l’information est un risque que prennent chaque jour ceux dont la mission est d’informer.
« À longueur de journée nous recensons des cas de violations, de menaces, d’intimidations et d’enlèvements de journalistes »,
qui s’entendent dire par leurs ravisseurs qu’ils peuvent être enlevés sans témoins et qu’ils ont donc intérêt à « faire attention à ce qu’ils disent », explique M. Bandiougou Danté, le Président de la Maison de la Presse du Mali. Il n’est pas rare dans un tel contexte d’assister à des actes d’autocensure de la part de journalistes qui n’osent plus aborder certains sujets, ou de façon anonyme, ajoute M. Danté. À cette situation s’ajoute « la difficulté d’accéder à une simple information basique », relève Alexis Kalambry, Directeur de publication du bihebdomadaire Mali Tribune.
Lorsqu’elle a été rendue publique à la faveur de la vidéo publiée le 5 mai, la nouvelle de l’enlèvement du journaliste français a vite fait le tour des médias occidentaux, suscitant une vague de réactions et d’émotion. C’est une mobilisation similaire que le Président de la Maison de la Presse souhaiterait voir se manifester pour les confrères maliens. Il se dit même choqué par cette absence de réaction de la part de ces médias pour les cas de disparitions et d’enlèvements pourtant signalés lors de la célébration de la Journée du 3 mai, avant la publication de la vidéo du journaliste français. Un comportement qui « n’encourage pas la confraternité », déplore-t-il.
Fatoumata Maguiraga
Cet article a été publié dans Journal du Mali l’Hebdo n°318 du 13 au 19 mai 2021 

L’Arabie Saoudite admet que Khashoggi a été tué dans son consulat d’Istanbul

L’agence de presse officielle saoudienne a annoncé samedi que le journaliste saoudien Jamal Khashoggi avait été tué lors d’une « rixe » au consulat d’Istanbul.

L’Arabie saoudite a reconnu que le journaliste saoudien Jamal Khashoggi avait été tué à l’intérieur de son consulat à Istanbul, a annoncé samedi l’agence de presse officielle saoudienne SPA. « Les discussions entre Jamal Khashoggi et ceux qu’il a rencontrés au consulat du royaume à Istanbul […] ont débouché sur une rixe, ce qui a conduit à sa mort », a déclaré l’agence, citant le parquet.

Le vice-président des renseignements saoudiens limogé. En rendant publics les résultats de son enquête interne sur la disparition du journaliste, une affaire au retentissement mondial, l’Arabie saoudite a annoncé simultanément le limogeage d’un haut responsable du renseignement. « Ahmad al-Assiri, vice-président du service général de renseignement, a été renvoyé de sa fonction », a indiqué SPA, citant un décret royal. Un conseiller de haut rang à la cour royale a lui aussi été limogé, selon la même source. Les médias officiels ont également annoncé que le roi Salmane d’Arabie saoudite avait ordonné au prince héritier Mohammed ben Salmane, dit MBS, de restructurer les services de renseignement.

L’annonce de SPA confirmant la mort du journaliste au consulat est intervenue peu après une nouvelle conversation téléphonique sur l’affaire Khashoggi entre le président turc Recep Tayyip Erdogan et le roi Salmane. Les deux dirigeants, qui se sont entretenus vendredi soir, « ont souligné l’importance de continuer à travailler ensemble en complète coopération », selon une source à la présidence turque parlant sous le couvert de l’anonymat. Recep Tayyip Erdogan et le roi avaient eu dimanche dernier une première conversation téléphonique sur la disparition du journaliste.

Les mises en garde des Etats-Unis. Critique envers le prince héritier, Jamal Khashoggi, qui vivait en exil aux Etats-Unis, n’avait plus reparu depuis qu’il s’était rendu au consulat à Istanbul le 2 octobre pour une démarche administrative. Des responsables turcs affirmaient sous le couvert de l’anonymat qu’il y avait été assassiné par un commando spécialement envoyé de Ryad. Jusqu’à ce samedi matin, la direction saoudienne avait toujours démenti être impliquée dans sa disparition. La reconnaissance de sa mort par Ryad est intervenue alors que l’administration du président américain Donald Trump avait adressé vendredi une nouvelle mise en garde à l’Arabie Saoudite, évoquant de possibles sanctions s’il s’avérait qu’elle était derrière la disparition du journaliste.

MINUSMA : reprise des rencontres avec la presse

La rencontre hebdomadaire de la mission onusienne au Mali a repris après quelques semaines de pauses. Les journalistes ont été reçus ce jeudi 11 janvier au siège de la MINUSMA où ils ont, comme à l’accoutumée, écouté en première partie un point délivré par la porte-parole de l’organisation.

La principale information à retenir concerne la visite aux Etats-Unis d’une délégation de la CMA. « Il ne s’agit pas d’une initiative de l’ONU. Cette visite n’a pas été organisée par l’ONU mais plutôt par une ONG, Independant Diplomats. Les membres de la CMA ne sont pas non plus en visite officielle à l’ONU », a tenu à préciser Myriam Dessables.

La deuxième partie a été consacrée à l’exposé du Commandant de la Force de la MINUSMA, le Général de division belge Jean-Paul Deconinck, qui a présenté les priorités de la Force de la MINUSMA et défis opérationnels de l’année 2018. L’opérationnalisation  de la force avec le déploiement souhaité de tous les contingents pour atteindre la capacité maximale, mais aussi l’arrivée sur le terrain d’équipements devant permettre aux hommes déployés de faire leur travail avec plus d’efficacité et de sécurité. Le renforcement des efforts sur la région Centre du Mali, en collaboration avec ensemble avec les autorités maliennes, dans le cadre du Plan de Sécurisation Intégré des Régions du Centre du pays (PSIRC) se poursuit pour créer un environnement sécurisé et plus particulièrement, protéger les civils. En ce qui concerne l’appui au redéploiement des Forces de défense et de sécurité du Mali, la MINUSMA met en œuvre plusieurs projets dans la région du centre, notamment à Youwarou et Téninkou. La coopération entre les différentes forces sur le terrain reste une priorité et des cadres de concertation existent pour asseoir leur complémentarité. «  Nous continuons de réfléchir ensemble, de nous entrainer ensemble et d’opérer ensemble », a expliqué le Général Deconnick.

La carte de presse numérisée, bientôt disponible

 

Assainir le paysage de la communication et offrir un cadre adéquat pour l’exercice de la profession de journaliste, ce sont là certains objectifs de la nouvelle carte de presse numérisée du Mali. Pour disposer de la carte, les demandeurs doivent être journalistes de profession et adresser une demande à la commission d’attribution.

« Avoir un document sécurisé et aux normes internationales », voici les raisons qui ont motivé le ministère de l’économie numérique et de la communication a initié la nouvelle carte de presse, selon Monsieur Alassane Diombélé chargé de la communication au ministère de la communication et de l’économie numérique.

Peuvent avoir accès à la carte de presse, les sortants d’une école de journalisme reconnue par l’Etat et ceux qui exercent le journalisme comme profession. Une commission dite de la carte de presse est à cet effet entrain d’être mise sur pied. Elle sera composée des représentants du ministère et des différentes corporations. Les demandeurs doivent adresser à la commission une demande et certaines pièces dont la carte d’identité, l’extrait du casier judiciaire de moins de trois mois, un CV, une déclaration sur l’honneur et une attestation du Directeur de publication ou l’éditeur auquel le demandeur soumet ses services. A l’image de la carte NINA, la nouvelle carte comportera les informations personnelles du titulaire, sa photo et son empreinte digitale pour plus de sécurité et de transparence.

La carte ainsi délivrée est renouvelable au bout de trois ans. Pour être en conformité avec les nouvelles normes, les détenteurs de l’ancienne carte ont un délai de 6 mois à compter de ce 1er novembre. « L’objectif étant d’avoir un fichier fiable des journalistes au Mali », explique Monsieur  Diombélé.

Dors en paix « Dag »

Je me souviens de notre première rencontre sur un plateau TV. C’était en 2008 pour la rétrospective de fin d’année d’Africable. « Dag » comme le surnommaient certains professionnels de l’ORTM, mais aussi ses amis proches avait la connaissance et l’amour de son métier. Il avait ce jour là , débattu avec passion. Et je m’étais dit : « Wouaw, quel intellectuel »! Car l’homme avait à  force d’arguments et d’une pensée savamment construite et cohérente, tenu la conversation à  ses pairs. Diplômé du CESTI, tout premier présentateur du JT de l’ORTM dans les années 90, Baba Dagamaissa a très vite gravi les échelons de la télévision nationale, o๠il a occupé les postes les plus grands, rédacteur en chef, Directeur adjoint de la télévision, avant d’en être le maà®tre d’orchestre, pendant un courte période, sous la transition de 2012. D’ailleurs, il en profita pour faire une apparition remarquée au JT un 22 septembre comme pour renouer avec ses vieilles amours… Mais les soubresauts de la transition, auront vite raison d’un talent, qui commençait à  peine à  réformer les arcanes de l’ORTM. Dag était talentueux, beaucoup aimaient son sens de l’humour, sa sympathie, sa franchise à  toute épreuves, ce regard si vif de ceux qui savent faire bouger les choses et ont toujours un mot aimable à  votre encontre. Un moment, il offrira son talent à  l’administration o๠il fera une carrière parallèle à  la télévision dans les rouages de l’Etat. Conseiller technique à  la Primature sous Pinochet, un passage au ministère des Finances avec Soumaila Cissé, la fonction publique n’avait pas non plus de secret pour celui qui un temps, dirigea aussi le Centre des services et productions audiovisuelles (CESPA) Ce lundi, Dag nous a quitté. A pas silencieux, il s’en est allé, a tiré sa révérence, nous laissant étonnés, surpris, mais attendris d’avoir pu croiser et quelquefois conversé avec lui, un grand professionnel du monde des médias. Dors en paix cher Dag ! Que la terre te soit légère.

Clarisse Njikam, une journaliste de l’Indépendant « brutalisée » par des policiers

C’’est aux environs de 21h samedi 11 octobre 2014 que l’altercation a eu lieu entre la journaliste de l’indépendant et quelques policiers officiant lors de la finale de l’émission de téléréalité Ministar au stade Modibo Keita de Bamako. Clarisse qui était en reportage a tenté d’intervenir dans une scène entre une policière et une petite fille qui voulait rejoindre ses sœurs sur la pelouse du stade. Lorsqu’elle a ensuite voulu rejoindre les loges pour continuer son travail, les choses ont dégénéré : plusieurs policiers, après une discussion musclée, lui arrachent son téléphone : « l’un d’eux m’a frappé la main, et mon téléphone et ma tablette sont tombés sur la pelouse ». Ensuite, on lui demande de quitter le stade. 3 ou 4 policiers, très énervés tentent de la faire sortir de force. Ils sont confrontés à  une résistance de la journaliste. Trainée au sol, Clarisse subit la brutalité de plusieurs d’entre eux:  » Ils m’ont frappé lorsque J’étais au sol. Mes genoux, mon dos me font mal, ma cheville est enflée», témoigne t’elle. Alertée par la scène, l’une de ses deux stagiaires prévient le staff et le producteur… A la porte du Stade, o๠elle a été entraà®née, Clarisse demande qu’on lui restitue son téléphone, sa tablette et son Ipad. Les officiers lui rendront tout sauf l’Ipad. Clarisse et ses stagiaires vont alors au commissariat du 3è pour porter plainte et sur place, elle retrouve les mêmes hommes. «Ils nous ont devancé et ont raconté au commissaire que J’avais frappé l’un deux ». D’après elle, ils ont aussi intimidé les stagiaires et notamment celle qui voulait porter plainte, après s’être également fait arracher son téléphone au stade. Placée en garde vue… Au moment de faire sa déclaration aux environs de 1h du matin, Clarisse se verra placée en garde à  vue au commissariat du 3è arrondissement, sans trop d’explications. Elle sera ensuite mise en cellule : «je ne peux pas décrire cet endroit, J’ai eu un choc », raconte t-elle face à  l’étroitesse des lieux, des odeurs nauséabondes. Le lendemain à  7h30, le commissaire principal vient la libérer, sur ordre du procureur de la République. La journaliste se rend alors à  l’hôpital o๠le médecin lui prescrit 10 jours de repos. A 16h, elle retourne au commissariat pour signer son procès verbal. A nouveau, on la place en garde à  vue: « je leur ai demandé pourquoi ils me gardaient encore et ils n’ont pas répondu et m’ont remis mes téléphones en me disant de rester là  ». l’attente va durer jusqu’à  ce lundi matin, o๠elle doit être entendue au tribunal de la Commune II par le Procureur de la République. «Sommes-nous dans un état de droit ? » s’interroge la journaliste, qui se dit épuisée, malade, après avoir subi coups et brutalités depuis samedi soir. Elle ne comprend pas qu’une simple altercation au stade ait tourné en ce cauchemar. Clarisse Njikam, que sa rédaction a déjà  soutenu, en publiant ce lundi matin, un article et mettant à  sa disposition un avocat, en appelle aux autorités et à  tous ceux qui peuvent l’aider à  faire connaà®tre la vérité sur cette affaire.

La journaliste Sadio Kanté-Morel expulsée du Congo

« J’ai été menottée, jetée en cellule. Quelques heures plus tard, on m’a embarquée pour l’aéroport, direction Bamako », je suis arrivée vers 9h du matin ». Ainsi témoigne notre consœur Sadio Kanté-Morel, qui n’en revient pas encore de la décision du gouvernement congolais de l’expulser manu-militari, pour des motifs qu’elle juge « fallacieux ». « Sadio Kanté, de nationalité malienne, née à  Brazzaville en 1968 […] a été expulsée du territoire congolais pour défaut de titre de séjour », affirmait hier mardi la Direction générale de la police nationale congolaise dans un communiqué. S’ajoute à  ces griefs, »troubles à  l’ordre public et consommation de drogue ». Des accusations que la principale concernée récuse sans ciller. Jointe au téléphone par Journaldumali.com, Madame Kanté-Morel affirme bel et bien détenir la nationalité congolaise et donc « avoir besoin d’aucun titre de séjour pour vivre « dans le pays o๠[je suis] née ». « C’est accuser mon père de faux et usage de faux, puisque c’est le document de nationalité qu’il m’a remis qui m’a servi toute ma vie durant. Quand aux autres reproches, je ne sais même pas quoi répondre à  ces mensonges » a-t-elle déclaré. « Je reviendrai chez moi » Les principales organisations de défense de la liberté de la presse ont pointé un doigt accusateur sur le gouvernement congolais qui chercherait à  museler la journaliste et en général la presse du pays. Sadio Kanté-Morel est en effet très critique face à  la gestion du pouvoir au Congo et a de nombreuses fois pris position. Sa dernière sortie date d’il y a quelques semaines après l’agression du journaliste congolais Elie Smith, attaqué de nuit à  son domicile de Brazzaville par des hommes armés, qui ont violé sa soeur. « Ils veulent me régler mon compte parce que je dérange » a conclu la journaliste qui affirme qu’elle ne se laissera pas faire et qu’elle retournera bientôt au Congo: « c’est chez moi, je n’ai pas besoin de visa. Sadio Kanté-Morel est correspondante de plusieurs médias internationaux au Congo.

L’invité de la Rédaction : Diomansi Bomboté plaide pour la critique constructive

Il voulait être médecin après son bac scientifique, mais il s’est finalement retrouvé dans le journalisme. Diomansi Bomboté a collaboré à  de nombreux médias étrangers comme l’hebdomadaire Jeune Afrique et le mensuel Afrique Asie. Il fut également journaliste à  l’Essor et rédacteur en chef à  Radio Mali. l’autre casquette, C’’est celle d’enseignant au Centre d’études des sciences et techniques de l’information (CESTI) de Dakar pendant une dizaine d’années et fonctionnaire à  l’UNESCO pendant 23 ans. A la retraite depuis 2004, il a été sollicité en 2011 par les autorités maliennes pour mettre en place une école nationale de journalisme et de communication au Mali. La crise politico-sécuritaire a tout contrarié. à‡a (le projet) été un décollage suivi d’un atterrissage forcé a t-il ironisé. Pendant près de deux heures d’horloge et dans une discussion à  bâtons rompus, il a donné son point de vue sur les sujets qui font l’actualité au Mali à  savoir l’après crise, le dialogue pour la paix, « l’affaire Case Saramaya », l’éducation, la couverture de l’actualité par les médias maliens. La charité commençant par soi-même, nous avons choisi de revenir sur le traitement journalistique au Mali. Pour Diomansi Bomboté, les journalistes doivent être rigoureux dans le choix des mots car l’écriture journalistique n’est pas une démonstration de connaissance. Dans un pays o๠il y a beaucoup de rumeurs et o๠tout est émotif,  »les journalistes doivent se mettre au-dessus de l’émotion collective et prendre du recul » a t-il dit avant d’ajouter qu’ils doivent « douter » de tout. D’après notre invité, l’école est le chantier n°1. Refonder cette école o๠le niveau scolaire est tellement bas et o๠il n’y a plus de conviction même chez ceux qui dispensent l’apprentissage. Aussi, a t-il insisté sur la formation et si cette école de journalisme, pour laquelle, il a été sollicité en 2011 par les autorités maliennes, voit le jour très prochainement, Bomboté plaide pour la formation des formateurs, afin de donner les meilleurs bases pour les futures journalistes, même si le diplôme, estime t-il, n’est pas une fin en soi. Par ailleurs, Diomansi Bomboté déplore le déficit de communication du gouvernement et le fait que beaucoup n’aiment pas la critique, que ce soit dans la presse ou dans la vie courante. La déontologie, selon M. Bomboté, est une question d’éducation, d’encadrement. « Ce n’est pas la formation qui confère une qualité morale au journaliste, ce qui fait la différence entre un bon et un mauvais journaliste C’’est la culture générale a t-il souligné. Et ce diplôme de journalisme ne doit non plus servir d’alibi pour se croire tout permis. Pour ce qui concerne les associations de presse ou le projet de création de la Haute autorité de la communication, il a affirmé que « C’’est bien que les associations de presse existent mais C’’est la finalité qui compte. Elles ne doivent pas exister pour elles mêmes, ni pour qu’on en fasse un fonds de commerce ».

Aimée Florentine Kaboré : « Une bonne renommée vaut mieux qu’une ceinture dorée »

Vous étiez aux USA pour les TMP leadership groupe 2013. Qu’est-ce que C’’est ? Les TMP leadership sont un groupe de seize (16) journalistes anglophones de 14 pays, qui se sont inscrits en ligne pour le programme 2013 de coaching et de leadership des journalistes et qui ont été sélectionnés pour prendre part à  la phase pratique de ce programme à  Poynter Institute en Floride, aux Etats -Unis d’Amérique (USA). En une semaine, du 4 au 9 août 2013, ils ont renforcé leurs compétences professionnelles et leurs acquis en matière de leadership. Ils sont de retour dans leurs pays respectifs o๠pendant une année, ils doivent servir de mentors aux jeunes journalistes, particulièrement deux, dont ils ont donné d’avance les noms, à  l’Institut Poynter . Le group de 2013 est constitué de journalistes du Benin, du Burkina Faso, de Bhutan, du Cameroun, des Etats-Unis, de l’Ethiopie, de l’Inde, du Kenya, de Mexique, du Nigéria, des Philippines, de la Tanzanie, du Togo et de la Zambie. Le but de ce programme est de mettre en place un réseau mondial de journalistes pour la promotion du leadership, de l’éthique et de la déontologie dans leur métier. Cela fait de vous une journaliste talentueuse et remarquable au Burkina Faso. Rien de particulier ne me distingue des autres. J’aime mon métier et J’essaie de me perfectionner en tenant compte des remarques et critiques qui sont faites. Journalistes aux Editions Sidwaya depuis treize (13) ans, quel est votre parcours professionnel ? J’ai un Bac + 4 en anglais et actuellement, je suis en train de finir un master en traduction et Interprétation à  l’Université de Ouagadougou. Concernant le journalisme, J’ai plutôt bénéficié de bourses de formation professionnelle et de stages à  l’extérieur du pays. Tout a commencé en 2004 o๠comme d’autres journalistes, J’ai bénéficié du soutien de l’Ambassade d’Allemagne pour intégrer une formation de deux semaines à  Institut international de journalisme d’Accra, au Ghana. Puis, en 2007, J’ai postulé pour un stage de perfectionnement de six semaines au centre multimédia de la Radio Nederland Training Center (RNTC) en Hollande et ma candidature a été retenue. En 2008, J’ai été sélectionnée sur dossier pour prendre part à  une formation sur la couverture médiatique des institutions panafricaines, en Afrique du Sud. J’ai ainsi fait partie de l’équipe de reporters retenus pour assurer la couverture médiatique du dixième congrès du Parlement panafricain dont le siège est à  Midrand, en Afrique du Sud. De décembre 2009 à  mai 2010, J’ai bénéficié d’une bourse du gouvernement indien qui m’a permis d’aller me former à  l’Institut indien de la communication de masse (IIMC) à  New Delhi en Inde. Et cette année 2013, Dieu m’a fait la grâce de recevoir des invitations, tous frais payés. J’ai ainsi participé au congrès des femmes rurales au Maroc et au forum mondial des médias en Allemagne. Et sans oublier cette bourse américaine qui m’a emmené en Floride pour le programme de coaching pour les journalistes. Je suis également invitée à  bénéficier d’un recyclage qu’organise la Hollande au profit de ses anciens boursiers, mais, cette fois-ci, au Sénégal. Comment vous sentez-vous dans le métier ? Etes-vous satisfaite de votre travail ? Je suis reconnaissante envers ma hiérarchie pour les autorisations d’absences qui me sont accordées pour bénéficier de ces formations qui valorisent mon CV et me permettent de partager l’expérience de la presse sous d’autres cieux. Des difficultés ne manquent pas. Quelles sont celles que vous rencontrez dans l’exercice du métier du fait de votre statut de femme ? Des difficultés existent parce qu’il s’agit d’un métier qui demande de la disponibilité et qui vous prend tout votre temps. Il faut vraiment être préparé à  cela pour tenir bon. Avant de m’engager dans la presse écrite, J’ai travaillé dans une radio privée suite à  ma réussite à  un test de recrutement de journalistes, suivi d’une formation rapide. Mais quelques mois après, J’ai jeté l’éponge parce que les conditions salariales et le rythme du travail ne me convenaient pas. J’ai compris qu’il était préférable de me consacrer à  mes études et d’aller jusqu’au bout du chemin qui me restait à  parcourir. Comment arrivez-vous à  les surmonter ? Pour tout croyant, l’arme la plus efficace pour vaincre les difficultés, C’’est la prière, pour que Dieu intervienne parce qu’il a la solution à  tout ce qui est considéré comme problème. Qu’est-ce qui fait votre force ? C’’est ma foi en Dieu, le créateur, qui fait ma force. Qu’est-ce qui fait la femme ? Drôle de question. Pour moi, C’’est la capacité de penser, de réfléchir, d’agir, de s’affirmer, de pouvoir se prendre en charge et surtout d’aider les autres à  avancer, de prendre des décisions et de les assumer en toute responsabilité, C’’est cela, être humain ; C’’est aussi être femme Est-ce que vous pensez avoir atteint vos objectifs dans le journalisme ? Oui, le journalisme mène pratiquement à  tout et nous met en contact avec tous les leaders et personnalités du monde ; C’’est donc l’occasion de frapper à  toutes les portes pour la réalisation des projets, si projets il y a. Quels sont vos projets futurs ? Je préfère les taire pour le moment Que pensez-vous de la liberté de la presse au Burkina Faso ? En Floride, chaque participant a fait l’état de la liberté de presse dans son pays. Mon exposé a porté sur le cas du Burkina et ma conclusion est que la liberté de la presse est toujours au stade de balbutiement. Il revient donc à  la presse nationale de se battre pour en faire une réalité. Un conseil pour les filles qui rêvent d’exercer le métier ? Je leur dirai d’être au parfum de l’actualité, de lire beaucoup et de ne jamais se fatiguer de faire des recherches. Je leur conseille particulièrement de ne pas perdre de vue leur dignité, d’avoir surtout de la personnalité et de demeurer intègre dans l’exercice du métier. Ne dit-on pas qu’une bonne renommée vaut mieux qu’une ceinture dorée ?

Média : l’ESJ-Lille ouvre une formation diplômante à Bamako

Quinze journalistes de l’ORTM et des radios communautaires de l’URTEL alterneront à  partir du 22 juillet prochain des sessions de deux semaines de formation à  la maison de la presse de Bamako et de deux mois et demi dans leur rédaction. Pendant 21 mois, des formateurs-journalistes français co-animeront avec des journalistes maliens les modules de formation à  l’endroit des bénéficiaires. Le principe de la formation en alternance selon Sylvie Larrière, responsable pôle international de l’ESJ-Lille, est de pouvoir s’appuyer sur les expériences en rédaction. « Notre objectif n’est pas de faire une copie conforme de ce qui se fait en France mais de s’adapter aux réalités maliennes. C’’est la première fois que l’ESJ délocalise une formation et va donner son label dans un pays en dehors de la France. » a t-elle affirmé. Donner des moyens aux journalistes pour bien faire leur travail Pour sa part, Dominique Bordes, attachée de Coopération à  l’ambassade de France au Mali a déclaré que « C’’est l’aboutissement concret de près de deux ans de travaux. C’’est une vraie révolution. l’histoire du Mali aujourd’hui est au centre de l’attention internationale. C’’est donc plus fondamentale que cette histoire soit racontée par des hommes et des femmes qui la vivent au quotidien. » Pour ce faire, « il faut qu’ils aient les moyens de la raconter avec des outils à  leur disposition et C’’est ce qu’on essaie de faire avec cette délocalisation de filière. » « Les chapelets de formation continue ne sont pas à  la hauteur des attentes de la jeune génération professionnelle. Mettre en place un cursus de formation diplômante C’’est mettre à  disposition des outils de formation d’une qualité académique reconnue et C’’est ce que mérite la profession au Mali aujourd’hui » a t-elle poursuivi. Cette formation qui concerne des jeunes journalistes déjà  insérés professionnellement dans un organe, a vocation à  s’inscrire dans la durée. Elle conservera le label de l’école et les formateurs maliens pourront pleinement assurer une partie des modules. A l’issue de deux ans de formation, les bénéficiaires recevront un Diplôme d’Etablissement (DE) de l’ESJ-Lille. Mis en place par la Maison de la presse et l’URTEL, ce projet a vu le jour grâce au soutien financier des services de la coopération française de l’Ambassade de France à  Bamako et du ministère des Affaires étrangères français. En janvier 2014, un nouveau groupe de stagiaires, cette fois-ci issus de la presse écrite, sera recruté.

Accès à l’eau : il faut aussi protéger la ressource

« Je n’ai pas robinet chez moi. Depuis que J’ai déménagé à  Niamakoro, J’achète l’eau à  la borne. Au début, je m’approvisionnais auprès du charretier. J’achetais le seau de 20litres à  50F mais quand la borne a été installée, je me suis abonnée parce que ça me reviens moins cher. Je suis passée de 6000F par mois à  1500 environ. Mais pour 3 seau d’eau par jour, je trouve que C’’est vraiment cher payé ». Le témoignage de N’na Fatoumata pourrait être celui de dizaines de milliers de Bamakois qui sont confrontés au quotidien au problème de l’accès à  l’eau potable. En moyenne, la personne qui ne peut avoir un compteur et qui va à  la borne fontaine, paye finalement le m3 d’eau 5 fois plus cher que celui qui a les moyens d’un branchement individuel. En milieu urbain comme en milieu rural, l’accès à  l’eau potable est un véritable défi pour les populations et les autorités qui ont en charge ce secteur. Malgré les investissements colossaux faits en termes d’infrastructures, des millions de personnes, au Mali comme ailleurs en Afrique, restent sans avoir de l’eau en qualité et en qualité suffisante. La ressource quand elle est disponible n’est d’ailleurs pas forcément de qualité à  cause de la vétusté des installations et des mauvaises pratiques des usagers. Financer la préservation des ressources en eau Mais la question de l’accès à  l’eau potable amène aussi à  la problématique de la pérennité même de cette ressource dont l’exploitation augmente en même temps que l’accroissement exponentiel de la population. l’eau de boisson n’est d’ailleurs pas le seul usage fait des ressources disponibles. Il faut également prendre les besoins de l’agriculture, des industries, entre autres. Comment alors garantir l’accès au plus grand nombre et pour tous les usages, tout en assurant un financement équitable de la préservation de la ressource, tel est le fil conducteur d’un atelier international qui se tient depuis ce lundi 1er juillet dans la capitale ivoirienne. La rencontre qui regroupe une trentaine de communicateurs de l’Afrique de l’Ouest autour d’experts de la question de l’eau a pour thème « le financement de l’eau et la protection de la ressource en l’Afrique de l’Ouest ». Venus de douze pays, les femmes et hommes de média vont, pendant cinq jours, échanger sur les enjeux du financement de la protection de la ressource en eau. Il est en effet indispensable selon les experts que les ressources en eau exploitées à  ce jour pour fournir de l’eau de boisson ou encore de l’eau matière première pour les autres usages soient préservées pour en assurer l’accès et la pérennisation. Organisé par le Programme régional Afrique Centrale et Occidentale de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN-PACO) et le Partenariat Mondial de l’Eau-Afrique de l’Ouest (GWP/AO), l’atelier permettra d’améliorer la compréhension et de renforcer les capacités d’information des participants. Des communications et surtout une visite de terrain qui sera suivie de productions de reportages meubleront la semaine de travail. La rencontre d’Abidjan est la septième du genre et fait suite à  des ateliers sur les problématiques des eaux transfrontalières, de la Gestion intégrée des ressources en eau, des barrages etC’… Financement de l’eau au Mali Le financement de l’eau au Mali est essentiellement mené par les bailleurs étrangers, coopération bilatérale ou multilatérale, et des ONG internationales. La gestion de la ressource en eau est assurée par deux entités, la Société malienne du patrimoine de l’eau potable (SOMAPEP) et la Société malienne de gestion de l’eau potable (SOMAGEP). Ces deux entités ont désormais, chacune en ce qui la concerne, la charge de conduire une nouvelle stratégie d’amélioration de l’accès à  l’eau potable dans notre pays.

Lutte contre l’excision : une trentaine de journalistes en atelier de formation

Le Programme national de lutte contre la pratique de l’excision (PNLE) et Plan Mali ont initié un atelier de formation de deux jours à  l’endroit des journalistes sur le thème : « Droits des enfants et interrelation avec l’excision». Au cours de cet atelier, les professionnels des médias sont appelés à  maà®triser les informations et techniques leur permettant de bien traiter les thèmes sur les mutilations génitales féminines et l’excision, ainsi que le contenu de la convention relative aux droits des enfants. Au Mali, parmi toutes les pratiques traditionnelles néfastes à  la santé de la femme et de la petite fille, C’’est l’excision qui est la plus répandue. C’’est donc un problème de santé publique à  cause de son ampleur. 85% chez les femmes de 15 à  49 ans selon la quatrième enquête démographique et de santé du Mali (EDSM-IV) et 84% chez les filles de 0 à  14 ans d’après l’enquête nationale sur l’excision en 2009. Pour la directrice du PNLE, Mme Keà¯ta Joséphine Traoré, « la problématique de l’excision est un débat complexe. Cette pratique est une violation flagrante des droits humains et entraine des complications qui peuvent causer la mort. » En dehors des conséquences sur le plan sanitaire, il y a les conséquences socio économiques et psychologiques o๠ces femmes sont traumatisées à  vie. « Les médias doivent nous aider à  trouver des pistes de solution pour rendre la lutte plus efficace et faire changer les comportements » a ajouté Mme Keà¯ta. Même si la pratique de l’excision reste encore solidement ancrée au Mali, l’on enregistre des avancées significatives. Parmi les acquis, on peut retenir entre autres, l’enseignement d’un module sur l’excision dans les écoles socio-sanitaires, l’adoption d’une politique nationale assortie d’un plan d’action national 2010-2014. Précisons que les mutilations génitales féminines concernent toutes les interventions aboutissant à  l’ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme pour des raisons culturelles ou autres et non à  des fins thérapeutiques.

Assa Sakiliba, reporter de guerre à Gao

Journal du Mali : Pourquoi vous êtes-vous rendue dans les régions du Nord durant le mois de février ? Assa Sakiliba: Ma mission s’est déroulée du 11 au 26 février 2012. D’abord je me suis rendue à  Konna, Sévaré, Douentza puis Gao. J’ai reçu des formations sur la couverture médiatique en période de conflit. C’’est fort de cette expérience, que J’ai proposé à  ma rédaction de me rendre sur les lieux afin de rapporter l’information. C’’était une bonne occasion pour mettre en pratique ce que J’ai appris durant ces formations. Comment faisiez-vous votre collecte de l’information sur place ? En temps de conflit, ce n’est pas évident d’avoir des informations justes et fiables. Mais étant sur le terrain, cela change beaucoup. Sur place, je n’ai pas rencontré beaucoup de difficultés dans ma collecte. Les militaires étaient pour la plupart étonnés de voir une « femme » journaliste. Certains me posaient la question à  savoir « qu’est-ce que vous êtes venue faire ici ». Selon eux, même les hommes journalistes ont du mal à  plus forte raison une femme. Ils évoquaient le danger également. Partout o๠je suis passée, la collecte de l’information a été à  ma portée et on m’a beaucoup facilité la tâche en me donnant les informations justes. Pendant votre séjour à  Gao, vous avez suivi en direct une bataille entre l’armée et les jihadistes, comment avez-vous vécu la situation ? Je me rappelle de ce jour comme si C’’était hier. Le jeudi 21 février, C’’était la catastrophe à  Gao. Les premiers coups de feu ont été entendus vers 23h30, je m’apprêtais à  me coucher. J’ai du poser mon matelas sur la tête craignant d’éventuelles balles perdues. J’étais sur la terrasse de l’appartement o๠je dormais, je suis descendue rapidement. Et le lendemain, J’étais sur le lieu de combat bien protégée avec gilet par balles et casque. Très vite, les journalistes ont été conviés à  quitter les lieux pour leur propre sécurité. Ce sont des souvenirs indélébiles, J’étais là  la peur au ventre. Vous êtes la seule journaliste à  vous être rendue dans les régions Nord du Mali depuis le début du conflit, comment expliquez-vous l’absence des femmes journalistes au front ? En temps de crise, C’’est déjà  difficile pour les confrères à  plus forte raison les consœurs. Ce n’est pas par manque de moyens ou de volonté. Mais je crois que les gens ne veulent pas prendre de risque d’envoyer des femmes sur ce genre de terrain. Que représente cette étape dans votre carrière ? Cela reste ma plus grande fierté. Depuis le début de ma carrière, C’’est la première fois que je couvre de tels événements. Jusqu’à  aujourd’hui je continue de recevoir des messages de félicitations, ce n’est pas rien. J’en profite pour lancer un appel à  tous les confrères, surtout à  toutes les consœurs. Ce serait très bien de se rendre dans les régions Nord du Mali en ces périodes, ne serait-ce que pour un ou deux jours de reportage. Il faut être là  bas pour savoir réellement ce qui s’y passe.

Kader Touré : « Je me porte très bien ! »

Kader Touré n’a pas été tué par les islamistes qui occupent sa ville de Gao. Le samedi 19 janvier, cette information a fait le tour des rédactions et sur les réseaux sociaux. Il aurait été « battu à  mort » par des combattants islamistes notamment pour avoir continué à  faire tourner sa radio. Une information relayée, entre autres, par un adjoint au maire de Gao, le directeur d’une autre radio privée de la ville, un habitant et même un communiqué du gouvernement. Les autorités maliennes avaient « condamné avec la dernière rigueur le lâche et odieux assassinat du journaliste », attribué aux «terroristes obscurantistes », dans un communiqué signé par le ministre malien de la communication et porte-parole du gouvernement, Manga Dembélé. l’Organisation des Jeunes Reporters du Mali (OJRM) dont M. Touré était le point focal à  Gao avait également publié un communiqué condamnant le lâche assassinat du confrère. Les informations faisaient également état de représailles organisées par les jeunes de Gao qui aurait lynché un cadre des groupes islamistes pour venger la mort du journaliste. « Reconnu, Alioune Touré, qui était le chef de la police islamique de Gao, a été agressé et lynché par une foule qui lui reprochait de soutenir les jihadistes. Mais il est vivant », a déclaré une source locale à  l’AFP. « Je veux rassurer ma famille » Il y a quelques heures, C’’est donc avec stupeur que l’on a entendu la voix du même journaliste sur les antennes de RFI. Kader Touré, a lui-même pu contacter la chaà®ne française par téléphone satellitaire. Et il assure qu’il est à  Gao, bien vivant : « Je me porte très bien. Je ne me reproche absolument rien. D’ailleurs ça fait quelques temps que je ne passe même pas sur l’antenne pour donner des informations. Je ne sais pas ce que l’on me reproche. Je suis vraiment très étonné d’entendre cette information qui est venue de nulle part ». C’’est bien la voix de Kader, confirment plusieurs de ses confrères ont pu écouter l’enregistrement. Le gouvernement malien a, à  son tour démenti l’information qu’il a qualifié « d’erronée ». « l’information est erronée, M. Boul Kader Touré est bien vivant et nous nous en réjouissons », a indiqué le gouvernement dans un communiqué. De nombreuses questions subsistent après ce nouvel épisode qui illustre la difficulté d’obtenir des informations crédibles sur ce qui se passe dans les villes du nord du Mali. Les réseaux de téléphonie mobile sont coupés depuis une semaine et aucun observateur indépendant ne se trouve dans cette région.

Mah Thiam, une journaliste qui allie passion et excellence

De formation Lettres à  la Faculté de Lettres et de Sciences Humaines (FLASH), elle entre à  l’IGLAM (Institut de gestion et des langues appliquées aux métiers) pour se former en journalisme. En 2004, elle intégre le quotidien l’indépendant, o๠elle poursuit une belle carrière depuis quelques années. Reporter et responsable du desk Société et questions de genre, elle marque par sa simplicité, son sourire franc et une grande disponibilité, des qualités essentielles pour le métier qu’elle a choisi. Mah Thiam a aussi participé à  la grande marche du 17 juillet en réaction aux récentes agressions perpétrées contre les journalistes et directeurs de publication, dont celle de Saouti Haidara, son patron. Maman de deux enfants, celle qu’on surnomme affectueusement Mah Thiam, vient de remporter le Prix Fémédia, organisé par l’Institut Panos. Entretien Journaldumali.com : Vous êtes responsable de la rubrique Genre au sein du quotidien l’indépendant, parlez nous de votre passion du métier de journaliste  ? Mah Thiam : J’ai débuté ma carrière à  l’Indépendant, un journal très lu et qui offre une bonne visibilité aux journalistes qui y sont. En même temps, il y’a des défis quotidiens à  relever pour ne pas décevoir les lecteurs et maintenir la qualité. Pour une journaliste femme, là  o๠un homme aura besoin d’un effort, le double vous sera demandé. La presse ne fait pas de cadeaux aux femmes. Vous devez tous les jours montrer vos capacités et vous battre pour vous affirmer en démontrant que vous avez quelque chose dans la tête, ou que votre travail compte. Au Mali, être une femme journaliste se concilie difficilement, avec la vie familiale, d’o๠les multiples efforts à  déployer. Journaldumali.com : En quoi a consisté ce prix Femedia organisé par Panos dont vous êtes l’une des lauréates ? Mah Thiam : Ce prix a été une surprise pour moi. En fait, il vient récompenser un engagement, un combat. Pour moi, journaliste femme, officiant dans un média ayant une bonne audience, il était important de faire en sorte que la femme soit valorisée. Je m’occupe surtout de promotion de la femme, de rendre visible les actions de nos mères, nos sœurs qui se battent au quotidien pour exister, démontrer un savoir faire ou pour s’affirmer. Ce combat est une conviction, un devoir. Aussi, ce prix vient comme une récompense, non de mon travail directement, mais, de l’effort des milliers de nos sœurs qui font bouger les lignes régulièrement en démontrant que la majorité de la population a un rôle à  jouer. Journaldumali.com : Aujourd’hui, comment percevez vous la représentativité des femmes dans les médias au Mali ? Mah Thiam  : Je ne peux pas me considérer comme une doyenne journaliste dans la presse. Mais, J’ai bientôt dix ans de métier. Je me rappelle que nous étions nombreuses à  débuter ensemble. Combien ont dû arrêter à  cause de la maternité, d’un mari jaloux ou du poids des charges au foyer ? Il n’est pas facile d’être une femme journaliste. C’’est d’ailleurs ce qui fait que les femmes réussissent difficilement. Là  o๠on mobilise un homme en dix minutes pour un voyage de presse, il faut plus de temps pour une femme, surtout si elle est mariée avec des enfants. Dans la presse, nous ne constituons même pas 10%. Celles qui ont une vie de famille sont souvent confinées à  des taches subalternes dans les rédactions. Il nous faut donc nous battre pour une plus grande visibilité dans les médias, car les femmes sont à  même de révolutionner la profession et de l’humaniser. Journaldumali.com : La liberté de presse est menacée au Mali aujourd’hui, en témoigne les agressions de journalistes. Quelle lecture faà®tes vous de la sortie de crise au Mali ? Mah Thiam : Les événements douloureux qui secouent notre pays ont effectivement éprouvé la presse. A tort, les journalistes ont été considérés comme des «Â boucs émissaires », comme l’a dit un confrère. La crise malienne a été révélatrice d’une fracture qui s’installait dans notre société, et d’un certain manque de dialogue. Pendant longtemps, personne n’était en mesure de fédérer les camps, soit par manque de crédibilité, soit par manque d’autorité et aussi par absence de morale. Toutes les interventions au niveau local ont consisté à  faire taire des velléités (sabali) plutôt qu’à  faire parler. Nous avons besoin de vraies thérapies de groupes pour extérioriser les frustrations accumulées dans la société malienne. Une sorte de dialogue, vérité et réconciliation. Cependant, je pense que le pire est derrière nous. Journaldumali.com : Comment envisagez-vous votre rôle de journaliste dans le futur ? Mah Thiam : Le métier de journaliste est exaltant. Il permet d’être en contact avec toutes les couches sociales. Nous sommes une sorte de courroie de transmission entre les couches de la société, les classes et les corps de métiers. La crise, C’’est vrai, a affecté la presse. Désormais, plus rien ne sera comme avant. Mais les défis sont nombreux. En dehors de la poussée de nouveaux médias comme Internet ou les réseaux sociaux au Mali, nous aurons à  faire face au défi du professionnalisme, de la rigueur dans le métier, mais également celui de la création de vraies entreprises de presse.

Oumou Ahmar Cissé : « Les femmes ont les mêmes difficultés partout dans le monde « 

Issue d’une famille nombreuse soninké, Oumou Ahmar née Traoré n’a pas toujours eu une vie en rose. Elle a eu la chance d’avoir un père intellectuel qui a toujours fait l’impossible pour l’éducation académique de ses enfants. Malgré les critiques et pressions de la famille qui s’insurgeait contre le fait qu’une jeune fille soninké ne soit pas encore marié à  15 ans et poursuive des études, la petite fille ne baisse pas les bras. Elle bosse dur à  l’école et décroche en 1988, une maà®trise de Droit à  Alger. Premiers pas dans la presse écrite En 1991, la jeune dame fait son entrée dans la coopérative culturelle Jamana. Elle devient rédactrice en chef du magazine de jeunesse ‘grin grin’, avant de devenir journaliste aux quotidien Les échos. Un jour en réunion de rédaction, son directeur de publication lui a posé une question qui l’a à  la fois choqué et fait plaisir. « Il m’a demandé qui écrit mes textes pour moi ? J’ai répondu, personne. Il m’a alors dit que si C’’est moi-même qui les écrits sans l’aide de qui se soit, je ferai une excellente carrière. » Dans la même vague, le défunt ministre de la culture et écrivain malien Pascal Coulibaly lui a dit un jour « n’arrêtez jamais d’écrire. » Cette phrase l’a marquée à  jamais. Toujours cette même année 1991, elle suivra une formation de quelques mois à  l’institut de formation pour le journalisme à  Berlin. A la question de savoir pourquoi est-ce qu’elle a opté pour le journalisme, elle explique que C’’est innée. Lorsqu’elle fréquentait le lycée de jeune de Bamako, elle écrivait dans le journal scolaire. Elle se rappelle : « mon premier article dans le journal du lycée qu’on appelait ‘tabalé’, s’intitulait ‘la femme et l’adoption’. »Elle savait depuis cette époque, qu’elle avait un rôle à  jouer dans la promotion de la femme et de l’enfant. Après de années d’écriture dans les échos, le devoir conjugal l’oblige à  quitter ses fonctions de journaliste et rejoindre son mari diplomate nommé premier conseiller à  l’ambassade de France de 1995 à  2002. Sept ans hors du pays Durant les sept années d’exil chez les gaulois, la jeune féministe aura trois enfants. Cela ne l’empêchera cependant pas d’approfondir ses études. Elle décroche un DEA en études féminines à  l’université Paris 8 en 2000. Dans la même année, elle effectue un stage de trois mois au siège de l’UNESCO à  Paris, dans l’unité pour la condition de la femme et l’égalité des chances. Elle indique que « J’ai appris au cours de ce stage, que les femmes ont les même difficultés partout dans le monde. » Retour au bercail En 2002, Oumou retourne au Mali avec son mari et ses enfants. Et là , elle est obligée de tout reprendre à  zéro car comme on dit, qui part à  la chasse, perd sa place. Commence alors de long mois de chômage. Elle dépose ses dossiers dans plusieurs services. Mais, elle est particulièrement intéressée par le ministère de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille oà¹, elle sent qu’elle a des choses à  donner, des choses à  faire. Ainsi en 2005, elle est nommée chargée de communication au ministère jusqu’à  cette année 2010. Elle accompagnait et aidait les femmes et enfants démunis qui avaient besoin d’assistance. Pendant ses heures libres, elle s’adonnait à  la rédaction de son tout premier ouvrage. Le roman intitulé « Mamou, épouse et mère d’émigrés », sortira en 2007 aux aditions Asselar à  Bamako et connaà®tra un accueil dont elle n’en revient pas. Vu les difficultés rencontrées lors de l’édition du livre, elle a décidé avec l’aide de ses collègues du ministère, de mettre en place, un programme d’appui au renforcement de l’équité femme/homme. Et ce programme qui existe toujours au sein du ministère, aide chaque année, toute initiative féminine en gestation. Mme Cissé Oumou Ahmar Traoré a quitté ses fonctions de chargée de communication au ministère au cours de ce mois d’août. Elle rejoint son mari nommé Ambassadeur du Mali en Espagne pour encore 5 ans de nomadisme.