Justice : Adama Diarra dit Ben le cerveau condamné à deux ans de prison dont un ferme

Le leader du mouvement Yerewolo Debout sur les Remparts, Adama Ben Diarra, plus connu sous le nom de Ben Le Cerveau a été condamné ce jeudi 14 septembre à deux ans de prison dont un ferme par  le tribunal du pôle judiciaire spécialisé contre la cybercriminalité en commune VI pour des faits d’atteinte au crédit de l’Etat. Le procureur avait requis 3 ans de prison dont deux ferme contre lui. Il était placé sous mandat de dépôt depuis le 5 septembre. Lors d’une récente sortie médiatique celui qui est surnommé Ben le Cerveau et dont le mouvement a manifesté demandant les départs de Barkhane et de la MINUSMA a insisté sur le respect du délai de la transition. Selon lui, les Maliens ne pourront plus supporter les effets d’autres sanctions de la CEDEAO si la transition était prolongée. Il avait aussi dénoncé des arrestations extrajudiciaires. Ce n’est pas la première fois que celui qui se décrit comme communiste fait des sorties hors des clous de la transition. En novembre 2022, il avait critiqué sur une radio privée l’augmentation du budget de la présidence qui passait selon lui de 18 à 22 milliards de FCFA, mais aussi jugé inopportun l’ajout de membres additifs au CNT, qui ferait le budget de l’organe législatif à près de 13 milliards de FCFA affirma-t-il. Etant membre du Conseil National de la Transition, Adama Diarra bénéficie normalement de l’immunité parlementaire. Mais selon des avis juridiques, son immunité ne saurait peser puisqu’il a été interpeller en flagrance. Par ailleurs, selon certaines informations, son décret de nomination pourrait très prochainement être abrogé. Un de ses très proches, Siriki Kouyate, le porte-parole du mouvement Yerewolo a également été placé sous mandat de dépôt cette semaine. Son jugement est prévu fin novembre.

Prison de Bamako -Coura : près de 3000 détenus en situation de détention provisoire

Sur environ 3600 détenus, près de 3000 sont dans une situation de détention provisoire. Ce qui résulte d’une visite de la commission nationale des droits de l’homme à la maison centrale d’arrêt de Bamako ce mardi 25 avril à l’occasion de la journée africaine de la détention provisoire. Placée sous le sceau du monitoring des lieux de privation de liberté, la journée africaine de la détention provisoire a été commémorée ce mardi 25 avril au Mali par une visite de la commission nationale des droits de l’homme à la maison centrale d’arrêt de Bamako et au niveau des unités d’enquête de la capitale. Au cours de cette visite à la maison centrale d’arrêt, il a été constaté une certaine insuffisance mais aussi quelques violations des droits de l’homme, notamment sur la situation de surpopulation carcérale. La CNDH par la voix de son président Aguibou Bouaré affirme qu’elle se donnera comme autre objectif, celui de sensibiliser les juges au décernement des mandats de dépôts. Cette visite a permis à la commission nationale des droits de l’homme de visiter quelques détenus mais aussi de s’entretenir avec l’administration pénitentiaire qui avoue souffrir aussi de cette situation de surpopulation carcérale.

Fana : le récit de l’arrestation du principal suspect dans l’affaire des décapitations

Les autorités judiciaires de Fana ont annoncé l’arrestation du principal suspect dans la série de décapitations qui a créé la psychose dans cette ville. Récit d’une affaire hors norme.

Serait-ce l’épilogue du mystère des décapitations de Fana ? Depuis avril 2018 et le début de la série de décapitations dans la ville, les enquêtes n’avaient pas encore abouti. Pis, le mystère ne cessait de s’épaissir. Mais, en fin de semaine dernière, un suspect du nom d’Aldiouma Djibo, 42 ans, a avoué être l’auteur des crimes, selon les autorités judiciaires de la localité. 11 décapitations en tout, 10 à Fana et 1 à Bamako, d’après ce qu’il a affirmé aux enquêteurs. « Les détails qu’il donne des crimes correspondent à ce qui s’est passé » précise Boubacar Moussa Diarra, Procureur près du tribunal de Fana. Il ajoute que le suspect avait déjà été interpellé par le passé pour l’un des meurtres mais mis hors de cause faute d’éléments à charge probants.

En prison depuis 2021

L’enquête a commencé à évoluer après le 2 août 2021. Ce jour-là, Aguibou Bagayoko, un repris de justice d’une vingtaine d’années, avait été retrouvé décapité dans la concession qu’il occupait à Fana. La victime partageait une chambre avec Aldiouma Djibo et ce dernier avait rapidement disparu après le meurtre. Bagayoko, déjà condamné par la justice pour association de malfaiteurs et vol qualifié, fréquentait un groupe qui s’illustrait par ses larcins. Aux premières heures de l’enquête, tous les membres du groupe ont été arrêtés par la Police judiciaire. Mais les recherches se sont poursuivies, notamment pour retrouver Djibo. Dans un premier temps, les enquêteurs cherchaient à savoir s’il n’avait pas lui-même été victime du ou des assassin(s). Après plusieurs jours de traque, il sera localisé à Bamako, au niveau du quartier de Faladiè. Alors que les soupçons des enquêteurs à son égard grandissaient, il sera arrêté le 18 août 2021 dans une station d’essence près de la Tour de l’Afrique par le Commissariat du 7ème arrondissement. Transféré à Fana pour les besoins de l’enquête, pendant plusieurs mois il réfutera les accusations portées à son encontre et assurera ne pas être lié aux meurtres. Il restera cependant en prison et, depuis sa cellule, selon des sources proches de l’affaire, il essayera de semer le trouble. Il reconnaîtra les faits devant le Procureur Boubacar Moussa Diarra, avant de se rétracter devant le juge d’instruction en charge du dossier. Plusieurs semaines durant, les enquêteurs n’en tireront rien, mais une certitude se dégagera. Depuis l’arrestation de Djibo, plus aucune décapitation n’a été signalée. Ce n’est que début 2023 que la justice entrapercevra le bout du tunnel. Il assurera plus tard avoir choisi cette stratégie car craignant la peine qui lui serait infligée. Selon notre source, il est conscient qu’elle sera très lourde. « Des voleurs de bétails prennent plusieurs années, alors quelqu’un qui a tué… » se serait-il exprimé. Notre source poursuit en affirmant que les enquêteurs sont arrivés à le « persuader » de passer aux aveux. Comment s’y sont-ils pris ? Un voile couvre encore la réponse à cette interrogation.

Bemba Traoré, le facteur X

Dans la semaine du 23 janvier 2023, Aldiouma Djibo, avoue 11 meurtres, dont 1 dans la capitale. Il donne des précisions, avec des dates que seul le tueur ou un complice peuvent connaître. Les enquêteurs sont alors confortés dans la piste qu’ils exploitent depuis deux ans. L’assassinat de Bemba Traoré, un réparateur de radio d’une quarantaine d’années, sera le facteur X. Djibo raconte avoir remis sa radio et payé 1500 francs CFA à Traoré pour réparer son appareil. Mécontent du travail, il demandera quelques jours plus tard à ce dernier de le rembourser, ce que celui-ci refusera. D’après son récit, le réparateur de radio s’emportera contre lui et le menacera. Les jours suivants, il les passera à filer Traoré et à s’imprégner de ses habitudes. Il passera à l’acte dans la nuit du mardi 3 au mercredi 4 novembre 2020, jour de Maouloud. Traoré, marié, dort seul dans sa chambre alors que son épouse et ses quatre enfants dorment dans une autre pièce à côté. Djibo s’introduira chez lui et le surprendra dans son sommeil en lui assénant de violents coups de gourdin sur la tête, avant de le décapiter. Après le crime, il raconte avoir emporté avec lui le téléphone, la radio ainsi que la volaille de la victime. Les enquêteurs ont effectivement constaté que tout ceci manquait après le meurtre.

Sain d’esprit ?

Les motivations avancées par Djibo pour expliquer ses crimes tournent toutes autour de la vengeance. Le 13 mai 2018, une petite fille de 5 ans atteinte d’albinisme, Ramata Diarra est décapitée, éventrée et son sang et sa tête emportés. Aldiouma Djibo assure face au Procureur que c’est la mère de la petite fille qu’il visait. Quelques jours plus tôt, il aurait eu une altercation avec elle au marché. Mais, lorsqu’il s’est rendu dans leur maison, elle était absente. Il a donc pris sa fille pour se venger. Djibo connait bien la ville et ses habitants. Aux yeux de ces derniers, il est considéré comme un malade mental. Ses actions incohérentes ont contribué à cette conclusion. Il porte trois tenues les unes par-dessus les autres, avec de manière plus apparente une veste toute fripée et sale dans laquelle il garde des grains de mil. Muni d’un bâton, il appâtait des poules avec ce mil avant de leur taper dessus. La population locale l’a alors catalogué comme étant un malade mental qui se nourrissait de cadavres d’animaux. Avant cela, cet ancien talibé écumait les différents quartiers de la ville pour chercher l’aumône. Il était déjà décrit à cette époque comme étant à fleur de peau, supportant mal un « non » ou qu’on lui « manque de respect ». Grand amateur de reggae, il aimait cuisiner en écoutant ce genre musical.

Zones d’ombres

De multiples interrogations subsistent encore sur cette affaire et les investigations se poursuivent pour tenter d’y répondre. Djibo est-il vraiment sain d’esprit ? Se comportait-il ainsi simplement pour tromper la vigilance des locaux ? Le mobile des crimes était-il de la vengeance ou un rituel ? Est-il le seul impliqué ou a-t-il des complices ? Autant de questions dans une affaire qui n’a pas encore révélé tous ses secrets. Devant les autorités en charge du dossier, il assure par exemple avoir tué Binafou Touré, un gardien d’une antenne relais de la SOTELMA parce que ce dernier l’avait visé avec un lance-pierre. La famille de Touré a déposé plainte contre lui dans la ville, même si certains estiment ce mobile si léger qu’ils peinent à y croire. À la question « pourquoi décapite-t-il ses victimes ? », il aurait, d’après une source proche de l’enquête, assuré que c’était pour se protéger. Selon Djibo, un mort conserve dans ses yeux l’image de la dernière personne qu’il a vue. Ce serait pour cette raisons qu’il décapite ses victime et emporte leurs têtes avec lui. Toutefois, cette version n’a pas totalement convaincu les enquêteurs et la piste des crimes rituels n’est pas écartée. Car, en plus de la tête, le sang des victimes est prélevé. À quelles fins ? Les crimes rituels sont d’ailleurs l’hypothèse très vite le plus souvent avancée pour expliquer la série de décapitations. Et cela est renforcé par le profil de certaines victimes. Une jeune fille atteinte d’albinisme, une malade mentale et sa fille ou un ex-militaire décrit aussi comme un esclave. Mais, au-delà de ces cas spécifiques, les autres victimes n’ont rien qui les lie et aucune particularité. Les enquêteurs essayent encore de démêler tous les fils de cette affaire, qui n’a pas encore fini de faire parler d’elle.

Sambou Yatabaré : l’ex-international malien incarcéré en France

Sambou Yatabaré, l’international malien du club français de ligue 2 Sochaux, a été incarcéré après une condamnation à de la prison ferme dans une affaire de violences remontant à 2017. 

Âgé de 33 ans, le footballeur malien Sambou Yatabaré a été interpellé et incarcéré à Besançon, dans l’est de la France, après une condamnation à de la prison ferme prononcée par le tribunal correctionnel de Bobigny, près de Paris, a annoncé le parquet hier vendredi 04 février 2023.

L’ex-international malien a été condamné à 12 mois de prison ferme le 4 janvier pour avoir frappé en 2017 un policier en civil lors d’une altercation sur un parking de l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle.

Yatabaré, qui jouait alors au Werder Brême, en première division allemande, avait été mis en examen pour violences volontaires sur personne dépositaire de l’autorité publique ayant occasionné une interruption totale de travail supérieure à huit jours, en l’occurrence 21 jours.

Selon le site internet du quotidien L’Équipe, qui cite des « sources concordantes », le joueur a été interpellé « mi-janvier peu avant l’entraînement de l’après-midi, alors que Sochaux venait de jouer au Havre ». Son club, Sochaux, a confirmé l’information, dans un communiqué publié ce jeudi, en ajoutant qu’«  aucun autre commentaire sur cette situation d’ordre privé, sans rapport avec le FCSM, ne sera fait par le club ».

Il n’avait pas pu assister à son procès, notamment en raison du fait qu’il avait omis de notifier un changement d’adresse au tribunal et n’était pas au courant de la tenue de l’audience, a indiqué Me Bouaou à L’Équipe. Son avocat dénonce une peine « incompréhensible » au regard de la nature des faits, très anciens et âprement contestés par son client. Une demande de mise en liberté a d’ores et déjà été déposée. Un nouveau procès dont la date reste encore à déterminer devrait bientôt se tenir. Sambou Yattabaré, frère cadet de Moustapha, a disputé 32 matchs avec les Aigles pour cinq buts inscrits entre 2008 et 2018.

 

Bolle : quelle prise en charge pour les enfants des détenues ?

Sur les 204 détenues du centre de détention, de rééducation et de réinsertion pour femmes et filles de Bollé, il y a 26 femmes avec leur enfant en bas âge.  Ce n’est qu’après leur 3ième anniversaire que les enfants sont récupérés en attendant la libération de leur mère. « La loi dit que lorsque l’enfant n’a pas 36 mois donc 3 ans, il peut rester avec sa mère détenue, c’est pour cela que nous avons une crèche à l’intérieur où on peut s’occuper des enfants. Quand l’enfant atteint 3 ans, il est confié à un parent à l’extérieur, s’il n’a pas de répondant, les structures appropriées existent pour y palier » explique le Lt-Colonel Boubacar Z Camara, directeur général adjoint de la prison de Bollé. Créé en avril 2015, c’est généralement à l’orphelinat Nelson Mandela où sont placés les enfants en attendant la libération de la mère. Mais, cette procédure n’est enclenchée que lorsqu’il n’y a pas de proches pour s’occuper de l’enfant. « Les enfants viennent sous l’ordonnance du juge des enfants. A partir de 6 ans, ils vont tous à l’école, le franco-arabe pour certains et d’autres suivent les cours à l’école fondamentale classique de Bolle ». L’orphelinat accueille aujourd’hui sept enfants de détenues qui attendent impatiemment la libération de leur mère.

Ras Bath : sa vie derrière les murs

Le  chroniqueur  Mohamed Youssouf  Bathily, alias Ras Bath, est en détention provisoire depuis le 31 décembre 2020, pour des « faits d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État ». À la Maison centrale d’arrêt de Bamako, il est plutôt en forme et garde le contact avec ses soutiens, qui ne ménagent rien pour obtenir sa libération.

Même s’il n’a plus ses dreadlocks, Ras Bath garde sa tête froide. « Il a un moral d’acier », affirme Boubacar Yalcoué, Secrétaire administratif du CDR (Collectif pour la défense de la République). Depuis sa mise en détention provisoire, il a pu lui rendre visite plusieurs fois.

Selon lui, Ras Bath est détenu au « premier cabinet », « le lieu le plus confortable de la Maison centrale d’arrêt ». Il a une journée chargée. Après l’appel quotidien des prisonniers, vers 6 heures du matin, Ras Bath s’acquitte de sa prière. Ensuite, il vient à la rencontre de ceux qui viennent lui rendre visite, de huit heures jusqu’à dans l’après-midi. « Par moments il est même débordé ».

À la Maison centrale d’arrêt, il mange bien, grâce à sa famille et au CDR.  Souffrant de problèmes de genoux, il bénéficie également d’un suivi médical. « J’en ai été témoin quelques fois. Quand on arrive, on le trouve en train de checker son état de santé avec des médecins », témoigne Boubacar Yalcoué.

Ras Bath n’est pas déconnecté de l’actualité. À chaque fois que les membres du CDR lui rendent visite, ils en débattent. « Le guide » profite aussi de ces occasions pour mûrir la stratégie de ses soutiens qui se mobilisent pour sa libération.  « On a de tout temps échangé avec lui », explique Boubacar Yalcoué. « Le seul message qu’il ne cesse de nous répéter, c’est de rester républicains et démocrates, de ne jamais poser des actes qui portent atteinte aux lois maliennes. Nous sommes dans ce canevas. Quand nous souhaitons poser des actions, on échange avec lui sur ce qu’il y a lieu de faire. »

Le CDR prévoyait une marche qui a été interdite à cause de l’état d’urgence et de la pandémie de Covid-19. Ensuite, c’est une demande de sit-in au Camp I de la gendarmerie, à la sécurité d’État et au tribunal de la Commune III qui a été retoquée pour les mêmes raisons. Ce 21 janvier, le CDR prévoit une caravane à travers Bamako. « Nous en avons parlé à Ras Bath et il n’y a vu aucun inconvénient ».

ATT de retour, Sanogo en prison : ironie du sort

L’ex-président de la République Amadou Toumani Touré accompagné de sa famille est rentré au pays le dimanche 24 décembre dans  la mi-journée. Contraint  à un exil de plus de cinq ans à Dakar, après le coup d’État de 2012, le général a été accueilli à l’aéroport international Modibo Keïta comme un illustre homme alors que celui qui  a sonné son glas pour régner un moment croupis en prison.

Dimanche 24 décembre à Bamako, une journée mouvementée. Le retour de l’ex-président Amadou Toumani Touré a retenu une plus grande attention des décideurs, acteurs politiques et citoyens.

Il est 11 heures passées. L’avion présidentiel s’immobilise devant le pavillon du même nom. Une foule des personnalités, inconditionnels amis de l’ex-président  et des journalistes  se tenait déjà à quelques centimètres de l’appareil. Un vacarme monte, le désordre organisationnel était  remarquable. La délégation a passé plus de 30 minutes dans l’avion sans que les conditions ne permettent sa descente. Apres quelques remous, l’ancien président ATT, apparait habillé en blanc,  bonnet sur la tête, une main levée saluant l’assistance. Il était  suivi dans sa descente par son épouse Touré Labo Traoré, elle aussi souriante. Des cris de joie s’élevaient de la foule d’accueil.  Le premier ministre, Abdoulaye Idirssa Maiga, le ministre de la jeunesse et de la construction citoyenne Amadou Goïta, anciens ministres,  responsables du PDES  et autres personnalités étaient au-devant  de l’accueil. Bien que souriant, le visage de l’homme est quelques peu vieillissant par rapport à 2012.

Sur les abords de la route quittant l’aéroport, une foule des partisans scandait le nom d’ATT, brandissant des pancartes « ATT I BISSIMILA I KA SO » qui peut se traduire par ‘’ATT, bienvenu dans ta maison’’.  Le déchu d’hier  qu’on accablait des pires maux  profite encore d’une sympathie  au sein de la population malienne. Des femmes, jeunes,  regroupements associatifs,  n’ont pas manqué d’afficher leur joie de voir ce jour arriver. Par leur présence, ils entendent témoigner de leur reconnaissance à ATT.  « C’est pour exprimer ma reconnaissance à ATT que je suis là, pour les multiples projets qu’il a réalisé », justifie Sidiki Touré, militant du PDES, venu pour la circonstance.  « Je remercie Dieu qui m’a montré notre président, je suis très content », confie Mamoutou Tessougué,  agent du personnel  de l’aéroport. 

Reçu dans l’après-midi par le Président Ibrahim Boubacar Keita dans sa résidence de Sebeninkoro, l’ex-président ATT se dit ému par l’accueil qui  lui a été réservé. Il avait aussi  exprimé sa gratitude au Président sénégalais Macky Sall et à son peuple pour leur hospitalité.

Au même moment, le général Amadou Haya Sonogo et ses compagnons, ceux-là qui ont évincé Amadou Toumani Touré  à quelques mois de la fin de son mandat croupissent toujours en prison depuis 2013. Les parents des victimes attendent justice, les épouses des détenus réclament leur libération, estimant que le délai légal  de 3 ans de détention sans jugement a été dépassé. Le procès jusque-là en attente est l’un des dossiers judiciaires le plus sensible du moment. Les tests d’expertise qui devaient parvenir  fin octobre dernier ne sont pas toujours disponibles. La situation s’enlise. Entre la nécessaire réconciliation et le besoin ardent de justice des  familles des victimes, l’affaire garde toute sa sensibilité. Le temps aura certainement des pions à placer et peut être en faveur du général et coaccusés au nom d’une telle ou telle raison.

Prisons maliennes, grand malaise et basse sécurité

En début de semaine, la prison de Niono a été attaquée par des hommes armés qui ont libéré plus d’une cinquantaine de détenus. Un mois auparavant une attaque visait la prison de Banamba. Dans ces deux cas les assaillants ont, sans mal, pu arriver à leur fin, relançant la question du dispositif sécuritaire dans les établissements pénitenciers et de la prise de conscience, pour un nécessaire changement.

« Il faut qu’il y ai un événement tragique pour qu’on se rende compte qu’il y avait une menace potentielle », déclare Brahima Sogodogo, secrétaire général de la section syndicale des surveillants de prison. Au moment de l’attaque de la prison de Niono, il n’y avait que 3 surveillants en service pour plus de 90 détenus. Beaucoup de choses n’ont pas fonctionné lors de cette attaque, le chargeur des surveillants était vide, ils n’étaient pas en nombre suffisant, l’établissement était mal éclairé et vétuste, il ne comportait pas de mur de sécurité ou de mirador pour permettre de mieux défendre le site.

Pour le syndicaliste, Niono, n’est que l’expression d’une crise plus profonde dans le dispositif sécuritaire et le système de fonctionnement des établissements pénitentiaires maliens. « il y a un manque crucial de personnel, manque de matériel, manque d’actualisation de la formation et maintenant on est la cible des attaques, au moins qu’on nous donne le matériel pour nous défendre », s’exclame-t-il.

Au Mali, dans les 59 établissements pénitentiaires que compte le pays, le moral n’est pas au beau fixe et le malaise est grand, à cause des conditions déplorables dans lesquels travaillent les surveillants, « il n’y a rien qui est fait et je ne vois pas quelque chose à court terme, même si au niveau du statut des lois ont été promulguées mais ne sont toujours pas appliquées », souligne Brahima Sogodogo, qui s’évertue à faire comprendre le rôle que le surveillant de prison joue dans la sécurité publique. « On peut prendre un chef de gang mais ses éléments peuvent vouloir aller le libérer, vous avez souvent des mutineries à l’intérieur des prisons, des attaques. Un agent de sécurité normalement ne doit pas être surpris par une attaque, car si vous êtes surpris ça veut dire que c’est trop tard et que quelque chose n’a pas fonctionné. il faut être prêt à être attaqué même si on doit attendre 1 an, 10 ans. Si les autorités s’attendaient à ce que les prisons soient attaquées, ils recruteraient, ils achèteraient des armes , ils formeraient des agents, il faut que cette démarche sécuritaire soit intégrée », ajoute le syndicaliste.

Après l’attaque de Niono, le ministre de la Justice qui s’est rendu sur place a déclaré, « Cette visite m’a permis de toucher du doigt la réalité et je puis vous donner la garantie que toutes les dispositions seront prises pour, non seulement, prendre totalement en charge les frais de traitement des deux blessés mais aussi améliorer les conditions de travail des gardiens de prison ».

« Je ne suis pas trop optimiste sur une prise de conscience après Niono car ce n’est pas la première fois que cela arrive, répond Brahima Sogodogo. « Si il y a prise de conscience c’est bien, mais elle aurait déjà du arrivé avant », conclut-il.

Maison d’arrêt de Bamako : une cocotte-minute ?

Avec un total de 1792 prisonniers (1056 prévenus et 736 condamnés), la Maison d’Arrêt Centrale de Bamako compte seulement 22 cellules. Ces cellules sont initialement prévues pour 50 personnes. Actuellement chaque cellule compte en moyenne plus de 200 détenus. 90 agents assurent la sécurité des détenus et 8 personnes sont en charge de l’administration pénitentiaire. Il y a donc en moyenne 17 détenus pour 1 surveillant, alors que les normes internationales préconisent 2 détenus pour un surveillant. La prison, qui n’a pas connu d’extension depuis sa construction, est une vaste cour constituée de plusieurs bâtiments vétustes. Avec la chaleur de la saison chaude, les relents nauséabonds des sanitaires flottent dans l’air. Les prisonniers sont là , certains déambulent entre les cellules surpeuplées et la cour de terre battue. Les tasses, appartenant aux parents des prisonniers et qui leur servent à  manger, jonchent le sol. Une majeure partie des prisonniers, restent enfermés dans leurs cellules bondées, une bonne partie de la journée dans cet espace o๠la température dépasse souvent les 40° à  l’ombre, en période caniculaire. Plus de 5 prisonniers sur 10 présentent des problèmes dermatologiques dus à  la chaleur et au confinement. Furoncles et boutons sont légions sur les peaux des détenus. Ajouté à  la mauvaise qualité de la nourriture, beaucoup sont affaiblis. Ces conditions déplorables, ont couté la vie à  5 prisonniers. l’administration de la prison et les autorités ont tenu à  s’expliquer sur le décès des détenus et sur les conditions de vie carcérales. Une conférence de presse a eu lieu ce jeudi 5 mai à  la maison d’arrêt centrale de Bamako. Regroupant le régisseur de la prison, le procureur général, le président de la commission de désengorgement de la prison, le directeur national de la santé, les médecins et infirmiers de la prison. Elle avait pour but de détailler les faits et les mesures prises. « Dans la matinée du 2 mai à  l’ouverture des portes, nous avons constaté que 2 prisonniers étaient au sol extrêmement affaiblis, et 3 autres très mal en point. Les 3 ont été admis à  l’infirmerie de la prison o๠ils ont succombés. Quant aux deux autres, l’un a été transféré à  l’hôpital de Kati, et l’autre à  la polyclinique ‘’lac télé ». Les deux sont aussi décédés », rapporte le commandant Sou Dao, régisseur de la Maison d’arrêt centrale de Bamako. La surpopulation carcérale, facteur important de piètres conditions de vie carcérales, serait un des éléments responsable du décès des détenus Ce qu’il faut comprendre, C’’est que les 6 parquets et procureurs de Bamako jugent tous les malfrats déférés par les nombreuses unités d’enquête. Ne pouvant pas être remis en liberté, nous nous voyons obligés de les garder dans les maisons d’arrêt, déplore le procureur général de Bamako, Malamine Coulibaly. Afin de réfléchir à  ces problèmes, une commission a été créée. Elle est chargée de mettre en place un plan de désengorgement de la prison. « à€ travers des ateliers et séances de travail, il est ressorti que nous devons équiper les cellules de ventilos, transférer un certain nombre de détenus pour désengorger la maison d’arrêt, ramener plus tôt les horaires d’ouvertures et prolonger les heures de fermeture des cellules afin que les détenus respirent un peu. Par ailleurs, il faut terminer au plus vite possible la nouvelle maison d’arrêt en construction » explique Boubacar Touré, conseiller technique et chargé de la Commission du Désengorgement des Prisons. Mama Koumaré, directeur National de la santé délégué par le ministre ajoute que « Les investigations pour connaitre la cause exacte de leur décès sont en cours. Nous prévoyons un renforcement du personnel, des médicaments et de la santé dans la Maison d’Arrêt Centrale de Bamako. » Il reste à  espérer que la commission mettra en œuvre rapidement des mesures efficaces pour pallier à  la surpopulation carcérale, à  la vétusté des lieux et aux conditions de vie des prisonniers, afin que de tels drames ne se reproduisent plus.

5 ans d’emprisonnement, pour deux des agresseurs de l’ex-président Dioncounda Traoré

Ba Oumar Diarra et Malamines Diarra, tout deux responsables d’avoir agressé l’ex-président Dioncounda Traoré, lors des tristes événements survenus au palais de Koulouba en mai 2012, ont été inculpé pour « association de malfaiteurs, tentative d’assassinat et destruction d’édifice » et ont été comdamné à  5 ans d’emprisonnement par la Cour d’Appel de Bamako, le 3 mai dernier. Sékou Coulibaly, troisième homme jugé dans cette affaire, a été acquité faute de preuves. En mai 2012, des centaines de manifestants en colère, partisans de l’ex-junte du capitaine Amadou Haya Sanogo, avaient marché sur le palais de Koulouba et agréssé physiquement le président par intérim Dioncounda Traoré, qui gravement blessé, n’avait dû son salut qu’à  sa garde rapproché. L’ex-président Traoré fut transféré par la suite en France et hospitalisé pour deux mois avant de pouvoir retourner au Mali. Dans cette affaire, de nombreux suspects n’ont pas été inquiété par la Justice, alors que des documents vidéo ou photos pouvaient permettre l’identification des agresseurs. Pour certains, ce verdict peut donner l’impression que la condamnation ne frappe que le menu fretin et pas les vrais responsables ou donneurs d’ordres de cette agression. En rendant son jugement, la Cour d’appel de Bamako, referme le dossier d’un épisode inédit et sombre de l’histoire malienne.

Bérets rouges: huit militaires s’évadent d’une prison malienne

Ils y étaient détenus dans l’attente du jugement de l’affaire des bérets rouges, ces soldats qui s’étaient opposés en mars 2012 au coup d’Etat du général Sanogo et qui avaient été retrouvés morts dans un charnier en périphérie de la capitale malienne. Parmi les évadés — huit militaires et un civil —, on retrouve des proches du général Amadou Sanogo, chef de l’ex-junte. Comme leur mentor, ils ont été arrêtés et attendaient leur jugement dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat en 2012 de plusieurs militaires parachutistes, communément appelés Bérets rouges. Mais dans le lot des hommes en fuite, il y a également des militaires maliens, qui ont été arrêtés il y a plusieurs mois pour tentative de déstabilisation des institutions de la République. Recherches intensives Un important dispositif militaire et policier déployé à  Bamako et dans sa périphérie n’a pas encore permis de retrouver toutes ces personnes en cavale. Une enquête a été ouverte et des militaires chargés de la garde des ex-détenus interpellés. La thèse de la complicité interne circule avec insistance. Quelques heures avant cette spectaculaire évasion, celui qui est présenté comme le meneur des militaires aurait notamment reçu de mystérieux visiteurs qui avaient en main un colis.

Karim Wade, la peine de trop

Difficile d’accepter la lourdeur de la peine infligée à  Karim Wade. Difficile de constater que le juge n’y est pas allé de main morte en maintenant l’ancien ministre d’Etat dans les liens de la détention pour quatre bonnes années encore. C’’est dur puisque même à  son ennemi on ne doit pas souhaiter la prison. A quoi bon servir son pays ? Karim Wade n’est pas n’importe quel sénégalais ! Nous ne soutenons ni son combat ni ses idées mais tout comme les juges et la famille de Maky Sall nous utilisons allégrement les réalisations des Wade en débarquant à  Dakar. De 1960 à  2000, aucun président n’a réussi à  faire autant que Wade au Sénégal. En quarante ans de pouvoir socialiste, aucun président n’a eu une vision similaire à  celle des Wade. l’adage veut qu’on offre tout à  qui l’on veut mais qu’on confie des responsabilités à  des hommes de confiance. Le père a confié énormément de responsabilités à  son fils qui « a bien travaillé » quoi qu’on lui reproche. Macky Sall est élu pour une transition douce entre deux générations et l’amorce de ruptures majeures dans la conduite des affaires au Sénégal. Condamner Karim Wade est une jurisprudence dans un pays o๠jamais une peine aussi lourde n’a été retenue contre un bandit à  col blanc. Condamner Karim Wade est un gage de bonne gouvernance pour le pouvoir en place. Condamner Karim Wade est un signal fort adressé à  tous ceux qui manipulent l’argent du contribuable sénégalais. Macky Sall est élu pour assainir la scène politique sénégalaise. Il vient de respecter ses engagements portant sur l’obligation de reddition des comptes. En cela, il mérite les félicitations et la reconnaissance de son peuple. Le temps de la justice passée, vient le temps de la politique et il revient à  Macky Sall de gracier le fils de son ex-mentor. Il a le temps de le faire. Aujourd’hui ou demain. l’essentiel est de faire preuve de magnanimité et de grandeur. Le Sénégal ne veut pas d’une justice des vainqueurs. Condamner Karim Wade et protéger Madame Awa Ndiaye épinglée pour avoir acheté des cuillères à  50 000 francs l’unité ne grandit pas le président Sall.

La prison de Douentza en cours de réhabilitation

« C’’est suite à  la demande des autorités pénitentiaires maliennes et les constats de nos propres missions sur le terrain que nous avons élaboré et financé la réhabilitation de la maison d’arrêt de Douentza », a déclaré Mme Melvina Thomas de la Minusma. Le lancement solennel des travaux a été fait en présence du Capitaine Lamissa Berthé, Directeur Régional de l’Administration Pénitentiaire et de l’Education Surveillée de Mopti. En réhabilitant la Maison d’Arrêt de Douentza, l’objectif de ce QIP est de faciliter le retour de l’état de droit dans la région afin de contribuer à  la lutte contre l’impunité; promouvoir la reprise du travail du personnel pénitentiaire et améliorer les conditions de détention pour rendre la prison conforme aux normes internationales des droits humains en vigueur. Selon M. Nasser Zakr, le responsable de la Section des Affaires Judiciaires et Pénitentiaires de la Minusma de Mopti, « La prison de Douentza se trouve dans un état alarmant. Par exemple, la clôture est délabrée, elle est trop faible, ce qui pose des risques de sécurité. La prison n’a pas de tours de guet, aucune zone de recherche, pas de parloir et pas de cuisine ; les toilettes sont inexistantes. La maison d’arrêt avait été détruite par les djihadistes lors de l’occupation. C’’est pour toutes ces raisons que nous avons décidé de prendre en charge ce projet.» Les travaux qui ont débuté vendredi dernier vont concerner la construction de nouvelles toilettes, la rénovation des six cellules, la construction de la fosse septique, la construction de la salle de visite et enfin la rénovation de la cuisine ainsi que l’achat de divers équipement. La réalisation de ce projet est prévue pour une durée de 5 mois. « Nous remercions très sincèrement la Minusma pour être intervenue dans le cadre de la réhabilitation de la maison d’arrêt de Douentza. Nous les avions contactés pour nous aider. Et la Section des Affaires Judiciaires et Pénitentiaires de la Minusma de Mopti vient de répondre à  notre demande et aujourd’hui nous avons eu le financement ainsi que le début des travaux » a déclaré le Capitaine Lamissa Berthé, Directeur régional de l’Administration pénitentiaire de Mopti. Au-delà  des prisonniers et des autorités qui en sont les premiers bénéficiaires, ce projet va également profiter aux communautés. En effet, C’’est entreprise locale qui a été retenue pour assurer les travaux, avec à  la clef, des emplois et des retombées directes et indirecte pour l’économie de la locale. « Je remercie grandement la Minusma. Avant son arrivée nous avions tout perdu. Il n’y avait plus d’économie. Quand J’ai décroché ce marché J’ai remis en place mon entreprise ! » a confié Hama Sawadogo l’entrepreneur chargé des travaux. La Section des Affaires Judiciaires et Pénitentiaires de la Minusma de Mopti envisage aussi de réhabiliter très prochainement, toujours dans le même cadre, les maisons d’arrêt de Ténénkou et de Djenné.

Nigeria: 132 prisonniers s’évadent d’une prison après une attaque

Après une attaque lancée dimanche contre une prison du centre du Nigeria par des assaillants armés,le bureau du gouverneur de la région touchée annonce ce lundi qu’au total, 132 prisonniers ont été libérés. « Il y avait 145 prisonniers au moment de l’attaque. L’un est mort, huit ont été recapturés, et quatre se sont rendus. Le reste s’est enfui » a déclaré à  l’AFP Jacob Edi, le porte-parole de l’Etat de Kogi, o๠se trouve la prison de Koton-Karfe. L’établissement avait été la cible d’une attaque en 2012 par le groupe islamiste armé Boko Haram. Les assaillants ont utilisé des explosifs pour s’introduire dans la prison de Koton-Karfe dimanche soir. Cette prison est connue pour abriter des combattants de Boko Haram, mais selon M. Ojukwu, l’attaque est liée à  « des activités criminelles » et non à  l’insurrection islamiste qui secoue le Nigeria depuis cinq ans. L »établissement avait déjà  été attaqué en février 2012, quand des hommes armés avaient détruit les grilles à  l’explosif, tué un gardien et libéré 119 prisonniers. Abu Qaqa, un porte-parole présumé de Boko Haram que l’armée a annoncé avoir tué depuis, avait revendiqué cette attaque, organisée pour porter secours à  des membres du groupe, avait-il dit. Le gouverneur de l’Etat de Kogi, Idris Wada, s’est rendu sur les lieux lundi pour constater les dégâts, a déclaré son porte-parole, Jacob Eli, à  l’AFP.

Le fugitif Mohamed Ali Ag Wadossène arrêté

Une semaine après s’être évadé de la prison centrale de Bamako, le fugitif Mohamed Ali Ag Wadossène a été arrêté par les forces de l’ordre. L’homme en question était en prison depuis 2011 pour avoir participé à  l’enlèvement de deux Français Serge Lazarevic et Philippe Verdon pour le compte d’Aqmi, en novembre 2011 à  Hombori, dans le nord-est du Mali. L’information a été confirmée par un communiqué officiel du gouvernement. Selon le colonel major Mody Béréthé, Directeur Général de la gendarmerie nationale, le suspect a pu être appréhendé grâce aux efforts de l’ensemble des forces de sécurité conjointes depuis le 16 juin, date de l’évasion. Opérations de quadrillage du territoire, efforts de la protection civile malienne, fouilles, vérifications d’identités pour tenter de retrouver les suspects, ont permis de mener à  l’arrestation de Wadossène. « On a mis la main mis sur plus de la moitié des gens évadés, et aussi grâce à  la contribution patriotique des populations » a ajouté le colonel interrogé par la télévision nationale. Le Touareg qui s’était évadé récemment de prison, a été arrêté après une fusillade avec les forces de sécurité au cours de laquelle sa compagne a été tuée, a appris mercredi l’AFP de source officielle. « Les forces spéciales des services de renseignement du Mali ont arrêté dans des conditions rocambolesques Mohamed Ali Ag Wadossène, le touareg jihadiste (…) qui s’était échappé de prison le 16 juin en tuant un gardien », a déclaré un responsable du ministère malien de l’Intérieur. Selon ce responsable, il y a eu des jets de grenades et des échanges de coups de feu entre Ag Wadossène et les forces spéciales au moment de l’arrestation. « Sa compagne a été tuée lors de ces échanges de coup de feu », a-t-il affirmé. l’arrestation s’est déroulée dans la nuit de mardi à  mercredi dans un immeuble de Bamako, selon une source sécuritaire malienne qui a précisé que deux « complices » avaient également été arrêtés. Ag Wadossène avait bénéficié de complicités intérieures et extérieures à  la prison civile de Bamako lors de son évasion avec une dizaine d’autres prisonniers dont la plupart ont été repris, selon les services de sécurité. Outre un gardien, un détenu avait été tué lors de l’évasion. De nationalité malienne, Mohamed Ali Ag Wadossène est né le 09 avril 1989 à  Kidal de Wadossène et Hassi Wallet Hitta, sœur de Sedan Ag Hitta, chef de la Katibat Youssef Ben Tachfine; Mohamed Ali est un déserteur de la garde nationale du Mali, il est du contingent 2009. Il est l’organisateur principal du rapt des deux Français, le 24 novembre 2011 à  Hombori. Il a effectué cette opération au compte de la Seriât El Ancar d’Abdel Krim El Targui, neveu de Iyad Ag Rahly. Il a été arrêté la la SE le 10 décembre 2011 à  Gao, puis mis sous mandat de dépôt en Mars 2012. Il a profité de la défaillance du système pénitentiaire pour renouer le contact avec son oncle Sedan Ag Hitta. Il aurait ainsi reçu des moyens financiers et matériels pour planifier un attentat terroriste contre la prison centrale de Bamako. L’individu est en cavale depuis le lundi 16 juin, avec son complice Haiba Ag Acherif.

Les surveillants de prison crient à l’injustice…

Les surveillants de prison crient à  l’injustice. En cause, leur traitement salarial différent de celui des corps paramilitaires. Longtemps dans la misère, ces porteurs d’uniforme appelés agents de l’administration pénitentiaire et de l’éducation surveillée, n’ont désormais que leur bouche pour dénoncer leur macabre statut. Créé en 1996 par le décret N°96-008/P-RM du 17 janvier 1996, le corps des agents de l’administration pénitentiaire et de l’éducation surveillée est un corps paramilitaire régi par un statut différent du statut général des forces armées et dont la structure et les règles de fonctionnement sont inspirées de celles de l’armée. Toutefois, le statut que confère au corps des agents de l’administration pénitentiaire et de l’éducation surveillée, le décret N°96-008/P-RM du 17 janvier 1996, modifié par le décret N°03-326/P-RM du 06 août 2003, comporte des insuffisances criardes qu’il convient de corriger. Insuffisances criardes C’’est par exemple l’absence d’un cadre disciplinaire approprié à  un corps paramilitaire afin de pouvoir maintenir l’ordre et la discipline ; d’une politique de recrutement digne d’un corps de sécurité ; d’un plan de carrière qui tienne compte des contraintes propres au corps des surveillants de prison ; d’un traitement salarial digne des exigences de la corporation et aux risques encourus etc. « Notre rôle est de veiller sur la sécurité des locaux, des prisonniers, des structures pénitentiaires et des populations en gardant les criminels et bandits derrière les barreaux. Malgré cela, le corps des surveillants de prison ne bénéficie à  ce jour d’aucun texte législatif », fulmine un jeune sergent de la maison d’arrêt de Bamako. Révision du statut des agents Les autorités à  ce niveau restent muettes pour revoir le statut de ces agents qui ne savent plus à  quel se vouer. Par conséquent, ils sont nombreux à  tenter de joindre les deux bouts pour subvenir à  leurs besoins élémentaires. « Même les prisonniers ne peuvent pas nous respecter car ils savent que nous aussi subissons de mauvais traitements », déplore un surveillant frustré de la prison de Kati. Cependant, les autorités notamment celles en charge de l’administration pénitentiaire sont vivement interpellées pour mettre ces agents dans toutes les conditions afin qu’ils jouent pleinement leur rôle d’antan. Modibo Fofana

Boukary Daou est en prison!

Il n’aura même pas été entendu par le Procureur. Accusé d’incitation au crime et au délit (article 35 de la loi sur la presse), de publication de fausse nouvelle (article 37), notre confrère Boukary Daou a été transféré de la BIJ à  la prison centrale de Bamako. Son procès est prévu pour le 16 avril 2013 mais d’ores et déjà , des avocats vont demander la mise en liberté provisoire. Le Directeur de publication du journal le Républicain avait été interpellé au siège du journal le 9 mars dernier après la publication d’une lettre ouverte adressée au Président de la République par intérim par un officier de l’armée malienne. La missive indexait le traitement jugé de faveur accordé au Capitaine Sanogo, qui dirige désormais le Comité de réforme de l’armée. Il est reproché à  Daou d’avoir publié ce document qui, selon les autorités maliennes, est de nature à  provoquer des soulèvements au sein de l’armée. Consternation A l’heure qu’il est, ses avocats se battent pour obtenir sa liberté provisoire en attendant sa comparution devant le juge prévue le 16 avril prochain. Me Lamissa Coulibaly, un de ses défenseurs s’est dit surpris de la décision prise ce lundi. « On s’attendait à  ce qu’il soit libéré aujourd’hui » a-t-il déclaré à  RFI quelques minutes après avoir appris la décision de la justice. Plusieurs personnes présentes hier pour soutenir le journaliste ont témoigné que ses confrères «Boukary Daou est le premier surpris de ce qui lui arrive» ajoutera-t-il. La presse malienne se réunit ce matin pour décider de la conduite à  tenir face à  ce qu’elle qualifie d’atteinte à  la liberté de la presse. Un conseil de crise a été mis en place qui avait réussi à  mobiliser la quasi-totalité des organes de presse pour les journées presse morte des 12 et 13 mars derniers. Un comité qui a l’intention de continuer à  se battre dans cette affaire. « 16 avril, quand les débats de fonds vont commencer, nous allons pouvoir faire les observations utiles pour mettre en vue les failles de l’accusation » a fait valoir Mahamane Hamèye Cissé, directeur du journal Le Scorpion, et président du comité. C’’est un Boukary Daou fatigué, mais convaincu de son innoncence, qui a passé sa première nuit à  la prison centrale de Bamako.

Bollé : atelier de création pour les femmes en milieu carcéral

Il est dix heures ce vendredi matin au Centre de détention, de rééducation et de réinsertion pour femmes et filles de Bollé à  Bamako. Elles sont quatorze détenues, sous un hangar, à  préparer le matériel pour débuter des travaux en atelier. Réparties en quatre groupe, elles s’essayent à  la prise de vue, à  la manipulation de la camera, à  la peinture et au bogolan. Cette initiative est l’œuvre de la réalisatrice de film documentaire Awa Traoré. C’’est la troisième année qu’elle essaie, avec sa structure BEKA Film, de partager un instant de bonheur avec les femmes du milieu carcéral. Malgré un début difficile, cette jeune réalisatrice n’a pas démérité. Pour elle, «Â les deux premières années n’étaient pas évidentes puisque la prison est un lieu sensible surtout quand il s’agit des femmes. Il fallait trouver les moyens de rentrer petit à  petit, d’installer une certaine confiance avant de pouvoir aller très loin dans les activités. » Awa Traoré a gagné cette confiance en célébrant avec les détenues, la journée internationale de la femme avec des projections de films sur les conditions des femmes, la relations mère-enfant, les femmes battantes, etc. Parole aux détenues Pour cette troisième édition, la parole est donnée aux femmes détenues de s’exprimer sur la crise malienne, de savoir si elles sont au courant de l’actualité hors de leur lieu de détention et ce qu’elles en pensent. Un pari osé mais qui vaut la peine d’être salué car tous les Maliens ont droit à  l’information. Awa se réjouit aujourd’hui parce que ces femmes participent pleinement aux activités, apprennent et oublient pour un moment leur quotidien. «Â Pour moi C’’est le plus important » indique-t-elle. l’autre objectif de cet atelier est non seulement de permettre à  ces femmes de découvrir leur talent caché par le biais de ces activités culturelles, ce qu’elles peuvent en faire si elles sont libérées plus tard, mais aussi de les faire participer à  la journée de la femme célébrée chaque 8 mars. «Â Cet atelier nous fait du bien, C’’est un moment de vie inoubliable. à‡a nous réconforte de voir des gens de l’extérieur penser à  nous. Cette formation est très bénéfique, en plus elle est gratuite. Après la sortie, J’essayerai de mettre en pratique ce que J’ai appris ». nous confie une détenue. Par ailleurs, le Directeur Adjoint du centre de détention, Sidibé Dramane, trouve que cet atelier participe à  la réinsertion des détenues et contribue à  diminuer la récidive. 8 Mars: Bollé a aussi droit à  la lumière Pour le moment C’’est la prison de Bollé qui bénéficie des activités de BEKA Film. Cependant, Awa Traoré regrette le fait que les prisons au Mali manquent énormément d’activités culturelles. Elle pense que la culture est faite pour des gens qui ont des histoires et de surcroà®t les personnes détenues. « Il faut mettre en place un dispositif pour qu’il y ait plus d’activités culturelles dans les prisons. à‡a leur permet de s’exprimer, de se découvrir et de reconstruire une personnalité. » Son ambition est d’être accompagnée tout au long de l’année par des partenaires techniques et financiers. Débutée ce 28 février, la phase pratique de l’atelier prend fin le 4 mars. Des expositions sont prévues du 8 au 10 mars au centre de détention de Bollé, du 14 au 16 mars au centre Awa Keita, du 22 au 24 mars au centre Soleil à  Hamdallaye et du 29 au 31 mars au centre Anko art.

Libye : Des maliens en prison à Jedidah

Prison de Jedidah-Libye: 300 Maliens dans les geôles du CNT, 40 portés disparus – L’information nous a été donnée par certains ressortissants maliens, rapatriés de Libye, il y a quelques jours : « Nous avons laissé derrière nous plusieurs Maliens, de toutes les ethnies, dans la prison de Jedidah, l’une des plus terribles en Libye. Pendant notre fuite, on nous a dit qu’il y avait des gens qui ont disparu ». Contacté par nos soins, dans l’après-midi du vendredi 16 septembre, un diplomate basé dans un pays arabe et qui requiert l’anonymat, a confirmé les faits. Selon lui, ce sont environ 300 Maliens qui croupissent dans la prison de Jedidah, en Libye et on dénombre 40 personnes disparues. Le diplomate de souligner que « toutes ces informations ont été transmises aux ministères des Affaires Etrangères et à  celui des Maliens de l’Extérieur ». Pour le moment, c’est silence radio du côté de Bamako. Comme à  l’accoutumée. C’est à  l’international que des voix s’élèvent pour dénoncer les exactions commises par le Conseil national de transition. C’est ainsi que l’un des membres de l’association Défense-Etrangers en Libye, avec qui nous avons échangé au téléphone, affirme, lui aussi, qu’environ 600 personnes, surtout des maliens et nigériens, sont détenues et « torturées » par les nouvelles autorités libyennes. « Sur la base d’informations fiables, environ 300 étrangers, essentiellement des Touareg du Mali, croupissent actuellement dans les prisons libyennes. Ils sont persécutés par les forces de sécurité du nouveau régime » du Conseil national de transition (CNT), selon un communiqué de l’association, publié sur un site Internet. « Certains disent qu’ils ont été tués et enterrés dans une fosse commune. Il faut que les gouvernements de leurs pays d’origine réagissent enfin, et que le CNT donne sa version des faits », poursuit-elle. Selon l’association, les témoignages ont été recueillis auprès de contacts sur place qui se cachent et craignent pour leur vie, ou bien de détenus qui soudoient des geôliers pour pouvoir communiquer avec l’extérieur. Ils ont affirmé avoir saisi les autorités maliennes et sollicité une rencontre pour leur « expliquer la situation et demander les mesures prises pour réclamer la libération des étrangers emprisonnés en Libye ». Il faut reconnaà®tre que de tout temps, les Africains au Sud du Sahara, et les noirs en général, connaissent une vie très difficile en Libye. Au temps de Kadhafi, cette main-d’œuvre bon marché était l’objet de discrimination et d’exactions de toutes sortes. Ils étaient dépossédés de leurs biens tous les jours, sans compter le grand nombre qui était jeté en prison sans jugement. Certains y perdaient la vie. Avec la guerre contre le régime Kadhafiste, la situation des sud sahariens a été encore pire. Tout noir est confondu aux mercenaires de Kadhafi et est livré à  une torture impitoyable s’il n’est pas tout de suite abattu. Ceux qui ont regagné le Niger, le Mali ou le Burkina Faso savent à  quel prix ils ont pu sauver leur tête. Aujourd’hui, dans les zones conquises par le CNT, nous confie le diplomate que nous avons contacté, aucune juridiction véritable n’existe pour le moment. Le pays est donc livré aux nouveaux maà®tres. Espérons que, dans un proche avenir, nos autorités compétentes sortiront nos compatriotes dans cette situation qui n’a que trop duré.

DSK, la sortie de piste

Tout le monde, qu’on l’aime ou pas, se demande comment un homme aussi intelligent, et futur candidat à  la présidentielle française, a pu tomber si bas. En quelques heures, Dominique Strauss Kahn est passé de tout puissant Directeur du FMI à  simple taulard dans l’une des prisons les plus célèbres du monde, Rikers Island. Comment cela est-il possible ? C’’est la question que tous se posent alors que l’homme, inculpé pour agression sexuelle, tentative de viol et séquestration risque jusqu’à  70 ans de prison. Les hypothèses sont nombreuses aujourd’hui 72heures après son arrestation et celle qui court le plus parmi ses proches est celle du complot. Ils relèvent de nombreuses incohérences dans le dossier de l’enquête et crient à  la manipulation ou encore au piège dans lequel DSK serait tombé, tout le monde connaissant ses penchants pour les femmes. Mais s’il était coupable, vraiment coupable des faits qui lui sont reprochés, C’’est à  un véritable « suicide politique » que nous sommes en train d’assister. Selon de nombreux psychanalystes interrogés par nos confrères européens, il pourrait s’agir d’un passage à  l’acte de DSK qui traduirait un acte manqué, celui de devenir un présidentiable. Action qui dans le langage « psy » consiste à  céder d’une manière ou d’une autre à  une intense pression externe que l’on a excessivement intériorisée. Une sortie de piste volontaire? Sous les feux de la rampe et épié de toutes parts, alors qu’on lui reproche d’être monté dans la Porsche de son conseiller en communication, de s’acheter des costumes à  prix d’or, DSK a très bien pu « craquer » se laissant entraà®ner à  l’une de ses plus inavouables faiblesses. Freud définit en 1914 le passage à  l’acte comme une mise en action de quelque chose que le patient a oublié et réprimé, mais qu’il reproduit, sans savoir qu’il s’agit alors d’une répétition. Pour Lacan, le passage à  l’acte est un acte sans parole (il n’a pas de sens). Le passage à  l’acte est une faillite de la pensée. Il n’y a aucune ingérence de la raison dans l’acte posé. C’est aussi une tentative pour rompre un état de tension psychique intolérable. Le passage à  l’acte est soudain, impulsif, parfois violent et dangereux, adapté ou non au réel objectif. Il arrive en réponse à  un élément déclenchant ou à  une situation de tension intérieure. DSK aurait donc « obéi » à  cet état de surveillance permanent autour de lui, mettant en acte le pire du pire, c’est-à -dire agissant au creux de sa faiblesse dans le pays par excellence o๠l’acte lui serait fatal, déjouant inconsciemment sa destinée d’homme politique. Ce langage technique ne semble dire qu’une chose: DSK n’aurait jamais eu réellement envie de poursuivre jusqu’au sommet du pouvoir. Cet homme, que beaucoup dans son entourage disaient fatigué, dont d’autres soulignaient l’insistance de sa femme à  le pousser à  se présenter à  la présidentielle, aurait en définitive, par un acte insensé pour le commun des mortels et pour lui-même, donné sens à  ce qui profondément l’anime ? L’acte manqué s’avère donc un acte réussi. Un acte qui résonne en tout cas comme un suicide politique. Les images au tribunal il y a quelques heures, le montrent comme un homme assommé, absent de lui-même, sous le coup monstrueux de ce qu’il a, et s’est à  lui-même, infligé. A la fois bourreau et victime.

Témoignage : Un 8 Mars avec les femmes de la prison de Bollé

Comme toutes les femmes elles ont aussi des droits : droit à  l’épanouissement, droit à  l’instruction et à  l’éducation pour une vie future meilleure. C’’est ainsi que grâce au soutien indéfectible du CNCM (centre national de la cinématographie du Mali) la société BE KA FILMS, une structure pour la diffusion, la distribution et la production de films a projeté deux films documentaires pour les femmes détenues, rien que pour elles. Cette activité a pour but de non seulement de faire participer pleinement les femmes détenues du centre Bollé à  la célébration du 8 mars, à  contribuer à  leur éducation mais aussi à  la promotion des films documentaires africains qui sont jusque là  très peu vus par les africains. Les deux films documentaires ‘’Collier et la perle » de Mamadou Sellou Diallo‘’ et ‘’Bilim Bi jam » de Bell Simon Pierre sont des films très instructifs, avec les sujets touchant directement les femmes. Il faut entendre par documentaire, la réalité filmée. Le premier film ‘’ le Collier et la perle » de 52minutes aborde la thèse de la construction sociale de l’identité féminine à  travers la relation mère-enfant. Le réalisateur filme sa femme enceinte qui par la suite accouche d’une fille. Il montre dans son film, comment le corps de la mère après l’accouchement se reconstruit. Cette femme ‘’ déchue de sa grâce, victime de l’amour et du sexe » comme le souligne le réalisateur prend soin de sa fille en lui transmettant les codes et valeurs de la féminité par des petits gestes du quotidien. Ce film est donc une lettre d’un père à  sa fille qui apprend à  être femme auprès de sa mère et sa grand-mère. Un film très poétique et intimiste réalisé avec pudeur et respect. Le second » Bilim Bi jam » de 26 minutes à  monter le portrait d’une brave femme hors pair du Cameroun profond, une jeune dame d’une trentaine d’année qui se bat pour gagner sa vie dans les métiers habituellement réservés aux hommes( le transport en motos, le sillage de bois, l’exploitation de terre, la production d’huile de palme) rien que pour vivre dignement et subvenir au besoin de sa famille. Une fille étrange comme le titre du film l’évoque amène le spectateur dans ses aventures et nous montre une fois de plus que seul le travail libère l’Homme. Moi, en tant qu’organisatrice de cette activité, je suis plus que contente. C’’est un bonheur de voir le bonheur de ces femmes devant l’écran, de partager leur joie de découvrir et de se découvrir à  travers les films projetés. Mais pour la pérennisation d’une telle activité qui pour la première fois projection était non payante il faudra des soutiens pour une remontée d’un minimum de recette pour les réalisateurs des films pour qu’ils puissent continuer à  produire.

Niger: Tandja en prison depuis dimanche

Depuis sa destitution il y a bientôt une année, Mamadou Tandja vivait en résidence surveillée dans un quartier de la capitale nigérienne. Cette décision de la junte de garder Tandja enfermé sans chef d’accusation était fortement critiquée par la famille de l’ex- chef d’Etat. Celle-ci avait alors porté plainte devant la communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (CEDEAO) à  la fin de l’année dernière contre les putschistes. l’organisation avait à  son tour, demandé aux militaires de libérer Tandja si elle n’a aucun motif d’accusation pour le garder. Mais à  la fin de la semaine dernière, la cour d’Etat a levé l’immunité présidentielle dont jouissait l’homme. Hier dimanche donc, la junte a transféré Tandja à  la prison de Kollo pour corruption et détournements de deniers publics. Rappelons qu’en 2009, l’ancien président nigérien Mamadou Tandja avait manifesté son désir de rester au pouvoir malgré la fin proche de son dernier mandat. Il avait, pour ce faire, demandé une prolongation de trois ans de son mandat, contrairement à  la constitution en vigueur.. C’’était son dernier mandat à  la tête du pays et ne pouvait selon la constitution nigérienne, plus se présenter. Néanmoins, malgré le refus toute la classe politique, de l’assemblée nationale et de la cour constitutionnelle, Mamadou Tandja a organisé un référendum en août 2009. Ses pairs de l’union africaine, de la CEDEAO et de l’union économique et monétaire ouest africaine, avaient en vain tenté de le ramener à  la raison. Le référendum eut lieu et la constitution modifiée. Ce qui coûtera au pays une suspension de toutes les organisations aussi bien africaines qu’internationales. Le 18 février 2010 oà¹, l’armée prend le pouvoir sans violence et assigne le président déchu à  résidence. Le général Salou Djibo et son équipe seront quelques mois plus tard, reconnus par la communauté internationale. Des élections générales sont prévues dans quelques semaines pour rendre le pouvoir aux civils. La question du sort réservé à  Tandja était restée en suspens jusqu’à  ce que sa famille dépose une plainte auprès de la Cour de justice de la CEDEAO. s’il est vrai que par le dépôt de cette plainte, la famille de Tandja aspirait à  voir ce dernier en finir avec l’état de détention extrajudiciaire dans lequel il se trouvait, il n’en demeure pas moins que C’’est cette plainte qui suscite aujourd’hui des misères à  l’ex-président. La Cour de Justice d’Abuja a donné raison à  la famille et demander à  la junte de libérer Tandja si elle n’a contre lui aucune charge. Or, tout le monde, y compris Tandja lui-même savait que les griefs contre lui ne manquaient pas : trituration de la Loi Fondamentale afin de s’octroyer un bonus de 3 ans en plus de ses deux mandats ; refus solennel de se soumettre à  la décision de la Cour Constitutionnelle ; gestion des Fonds PPTE, etc… Le président déchu avait d’ailleurs tenté d’arrêter cette action en justice en envoyant une lettre dans laquelle, il demandait à  cette institution judiciaire communautaire de ne pas prendre en compte la démarche entreprise par sa famille. Requête rejetée par la Cour dont la décision en faveur de la famille pousse aujourd’hui Tandja Mamadou en prison. Il est désormais officiellement poursuivi pour le détournement de plus de quatre milliards de francs CFA de la société nigérienne de produits pétroliers. Certainement le premier d’une longue liste de chefs d’inculpation…

Reportage: une matinée à la Maison centrale d’arrêt de Bamako

5634. Voilà  le chiffre qui représente exactement le nombre de prisonniers que compte la Maison centrale d’arrêt de Bamako. Et, tenez-vous bien, pour un centre censé accueillir moins de 400 détenus, nous en sommes à  des milliers. N’est-ce pas là  un défi aux droits humains. Entre quatre grands murs élevés et fortifiées par des serrures géantes, se trouve un autre monde à  peine vivable. Le logis d’un vivier de prisonniers qui, semble-t-il, on perdu tout espoir de survie, sinon de renouer avec l’extérieur. Jamais une visite n’aura été autant triste pour le reporter que je suis. A voir leurs visages défaits et sombres, l’on mesure le traitement inhumain dont font l’objet ces milliers de détenus. Les péripéties d’une visite Arrivé aux environs de 10 heures, je n’en sortirai que deux heures après. Dépouillé de mon stylo, appareil photo et dictaphone, depuis la porte, je n’avais plus que mes yeux pour voir et mes oreilles pour entendre. Après avoir franchi le grand portail de l’établissement pénitentiaire, sous l’œil vigilent et très méfiant des surveillants, J’ai commencé mes observations. En pénétrant dans les profondeurs de l’établissement, je me confondais souvent avec des visiteurs o๠d’autres personnes. Et soudain, J’ai rencontré un ancien ami écroué depuis maintenant quelques mois parce qu’accusé d’avoir détourné l’argent d’une promotrice de pharmacie. C’’est avec des larmes aux yeux que je l’ai serré contre moi. Alors sans gêne, je me suis familiarisé avec lui. Accompagné de mon ami prisonnier, J’ai pu jauger le degré de traitement inhumain réservé aux détenus. Logés dans de minuscules chambres assombries, les y sont entassés, comme des animaux, par centaines. l’espace réduit assombrit l’âme et empêche l’air de passer, de même que la lumière du jour. Sans parler des odeurs pestilentielles qui s’en dégagent. Droits humains violés O๠sont-elles passées ces associations et organisations qui se réclament militants des droits de l’Homme. J’ai pu observer de visu comment on prépare à  manger pour ces prisonniers. A peine tamise t-on des sacs de riz, qu’on renverse dans la marmite d’eau bouillante…et sans aucune mesure d’hygiène. Selon un surveillant, les frais de repas journalier pour un prisonnier n’excèdent pas 500 F CFA. Et les détenus n’ont droit au riz que les dimanches. A l’infirmerie, qui n’existe que de nom, il n’y a que du paracétamol et pas d’antibiotiques en cas d’infections de toutes sortes. Bref, ici, le décor est planté pour précipiter le détenu à  la mort. Et, tenez-vous bien, chaque jour, des détenus y meurent. En sortant de là , on apprécie davantage la liberté et malgré les difficultés dehors, on réalise qu’on a plus de chances que d’autres, dont l’initiative et la liberté de mouvement sont brimées… A Suivre…