Biennale : la reprise ne fait pas l’unanimité

Plus de 10 ans que la Biennale artistique et culturelle, dans sa forme initiale, est à l’arrêt. Le gouvernement du Mali entend la relancer en juillet prochain à Mopti, où elle devait se tenir après la dernière édition de 2010 à Sikasso. Alors que les autorités justifient leur démarche par une recommandation des Assises nationales de la Refondation (ANR), de l’avis de certains acteurs culturels, « la Biennale n’est plus nécessaire ».

La Biennale artistique et culturelle va revenir 6 ans après l’organisation de l’édition spéciale de 2017 à Bamako. Elle se tiendra du 6 au 16 juillet 2023 dans la Venise malienne. « Elle est une forte recommandation des ANR et une volonté politique affichée du Président de la Transition, le Colonel Assimi Goïta. Elle s’inscrit également dans le cadre de la mise en œuvre du Plan d’action du gouvernement, du Cadre stratégique de la Refondation de l’État et de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger, afin de répondre à une aspiration profonde des Maliens qui repose sur la paix, la quiétude, le vivre-ensemble, l’unité nationale », justifie Alamouta Dagnoko, Directeur national de l’Action culturelle (DNAC), structure en charge de l’organisation de l’évènement.

Le lancement officiel a été effectué à Mopti le 31 mars dernier, sur le thème « Le Mali, une histoire commune, une seule nation, un même destin », par Andogoly Guindo, le ministre en charge de la Culture. Signe que la reprise de l’activité culturelle est en bonne voie. Ce retour toutefois ne fait pas l’unanimité.

« La Biennale est une pratique d’un autre temps, certes populaire par la nostalgie du passé, mais imaginée pour prendre en charge des enjeux qui n’existent plus. Elle n’est pas en phase avec les réalités d’aujourd’hui et les enjeux de la culture et de la construction citoyenne. C’est d’ailleurs pourquoi les tentatives de reprise de l’événement ont échoué », a réagi l’opérateur culturel, Alioune Ifra NDiaye.

Selon ce dernier, à la place de la Biennale, il est souhaitable d’investir plutôt dans le développement d’un programme structurant, comme par exemple la création d’un réseau de diffusion sur l’ensemble du territoire. « Cela pourrait être un réseau de 70 équipements culturels, avec des espaces de 200 places en moyenne, capables de diffuser du théâtre, de la musique, de la danse, du cinéma, des expositions, des conférences-débats et d’accueillir des manifestations populaires. Ce qui ferait un potentiel de plus de 2 millions de spectateurs et de 10 080 dates par an pour les artistes et les acteurs culturels maliens », explique-t-il.

Mopti : le Premier ministre Choguel Maiga en visite de trois jours

Le Premier ministre, Dr Choguel Kokalla Maiga est arrivé cet après-midi à Mopti pour une visite de 72h. Le chef du gouvernement arrive dans une région qui souffre d’un manque d’eau et d’électricité depuis plusieurs jours. Selon des locaux, ce problème a paralysé les activités économiques et scolaires de la ville.  Ces problèmes viennent s’ajouter aux problèmes sécuritaires de la région. Deux jours avant la visite, le 14 mars, le Premier ministre a reçu une délégation des forces vives de la région de Mopti. La délégation lui a fait un rapport de la situation difficile dans la région.

Biennale artistique et culturelle : un patrimoine en péril

Grande manifestation de l’art et de la culture datant de 43 ans, la Biennale, dans sa forme initiale, est à l’arrêt depuis l’édition 2010 à Sikasso. Alors que l’organisation de l’édition spéciale de 2017 avait suscité l’espoir de sa relance, elle n’a pas été pérennisée. Faisant craindre la disparation de cet évènement qui regroupait durant 10 jours à Bamako ou dans une capitale régionale les populations du Mali.

À Sévaré, depuis 2012, avec son sourire et sa main levée en guise de salutation, la statue de la Biennale artistique et culturelle attend toujours l’organisation de l’événement qui a nécessité sa construction. Après Bamako (2003), Ségou (2005), Kayes (2008) et Sikasso (2010), le Président Amadou Toumani Touré fondait l’espoir de finir son deuxième mandat avec une Biennale en 2012 dans sa ville natale, Mopti. Tel n’a pas été le cas. « Les évènements politico-sécuritaires de 2012 ont fait que la Biennale qui devait se tenir à Mopti n’a pas pu être organisée », regrette Alamouta Dagnoko, Directeur national de l’Action culturelle, structure chargée de l’organisation de la rencontre.

En 2017, « pour promouvoir le dialogue interculturel et intercommunautaire, la cohésion sociale et l’unité nationale », le ministère de la Culture avait initié une édition spéciale qui, pour diverses raisons (dont des « politico-sécuritaires encore », regrettent les acteurs culturels), n’ont pas permis de mettre en œuvre l’initiative.

Brassage

Alors que le pays est toujours confronté à l’instabilité politique et à la crise sécuritaire, la crainte de voir disparaitre la manifestation culturelle d’envergure nationale qui permettait depuis 1979 de « favoriser le brassage et l’interpénétration des populations et de contribuer à l’émergence d’une culture de paix et de citoyenneté », s’installe.

Elle inquiète d’autant plus que, sur l’aspect contenu artistique, la Biennale était une source d’émulation des savoirs culturels maliens. Elle mettait en compétition l’ensemble des régions du pays et le District de Bamako dans une large gamme de disciplines artistiques et culturelles : danse traditionnelle, orchestre, pièce de théâtre, ballet, ensemble instrumental traditionnel, orchestre moderne, exposition d’œuvres d’art, chœur, solo de chant, etc.

Ces compétitions entre les formations artistiques, les artistes et créateurs des différentes localités du Mali ont permis la création et la promotion de plusieurs orchestres locaux et nationaux : le Kanaga de Mopti, le Super Biton de Ségou, le Diaba de Tombouctou, le Kene Star de Sikasso… En outre, l’initiative a révélé de nombreux artistes maliens qui ont ensuite acquis une renommée internationale, entre autres Ali Farka Touré, Abdoulaye Diabaté, Oumou Sangaré, Babani Koné, Tata Bambo Kouyaté, Haïra Arby ou encore Kandia Kouyaté.

Relance

L’idée de l’événement, elle même, vient, de la Semaine nationale de la jeunesse initiée en 1962 par le Président Modibo Keïta. « Deux ans après l’indépendance, le Président Modibo Keïta, ayant vu l’importance, la nécessité et le rôle du patrimoine culturel national dans la conscientisation, a créé la Semaine nationale de la jeunesse, qui a existé jusqu’en 1968, année où il a été évincé du pouvoir. C’est de l’idée de ces manifestations qu’est née celle de la Biennale, créée par un arrêté en 1979 », raconte M. Dagnoko.

Le Directeur national de l’Action culturelle, pour avoir assisté « deux fois à l’arrêt puis à la relance de la Biennale (de 1968 à 1970 et de 1990 à 2003) », est optimiste quant à une « très prochaine reprise » de l’activité. « Nous sommes dans la perspective que la Biennale sera peut-être organisée en 2023. Je ne saurais le dire aujourd’hui avec exactitude, mais nous sommes dans la posture de faire en sorte que cet évènement, qui est un bien commun, une institution nationale, reprenne le plus tôt possible », assure le Directeur.

Si elle devait se tenir, ajoute-t-il, c’est sera à Mopti qui détient aujourd’hui le témoin de la Biennale. Selon Yacouba Poudiougou, de la Jeunesse régionale de Mopti, « toute la région l’attend avec impatience et ne perd pas espoir ». Tout comme la statue de la Biennale artistique et culturelle de Sévaré qui, malgré 10 ans d’attente, ne perd pas son sourire.

Sécurité : explosion d’un bus à son passage sur une mine, plusieurs morts civils

Hier jeudi 13 octobre 2022, sur l’axe Sevaré Bandiagara le Bus d’une compagnie de transport nommée DC a été victime d’une attaque à l’engin explosif improvisé EEI.

Le bus a sauté sur un engin explosif improvisé sur l’axe Sévaré-Bandiagara-Bankass-Koro, surnommée la route du poisson. Une route très prisée par tous les transporteurs car elle constitue l’unique voie goudronnée qui mène au pays Dogon. Selon Président du collectif des associations des jeunes du pays Dogon Adama Diongo, il s’agit de la route la plus meurtrière du Mali à cause notamment d’actes terroristes.

Le bilan au lendemain de l’attaque fait état de 10 morts et de nombreux blessés qui ont été évacués sur Bandiagara et Koro selon le collectif des jeunes du pays Dogon. D’après un rapport d’OCHA publié le 14 septembre et couvrant la période de janvier à août 2022, plus de 230 civils ont été victimes d’engins explosifs improvisés au Mali. Parmi les victimes, « tous des civils », 72 ont trouvé la mort et 167 ont été blessés. La région de Mopti est la plus affectée avec 36% d’incidents liés aux EEI.

Inondations : quelle prise en charge des sinistrés ?

Selon le Bureau des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA Mali), au 3 octobre 2022, plus de 41 000 personnes étaient sinistrées par des inondations depuis le début de la saison des pluies dans le pays. Les acteurs humanitaires, en appui à l’État, sont à pied d’œuvre pour porter assistance à ces victimes.

Fin septembre, dans le cercle de Djenné, dans la région de Mopti, le fleuve Bani, sorti de son lit et dépassant  sa cote d’alerte de plus de six mètres et demi, a occasionné des « inondations spectaculaires » dans 13 localités, affectant 12 860 personnes.  Depuis, l’assistance s’organise pour venir en aide à ces populations du centre du Mali.

C’est OCHA Mali qui coordonne les différentes actions d’aide, notamment celles de l’État, à travers la Protection civile, fortement mobilisée auprès des sinistrés et d’autres acteurs humanitaires.

Réponses d’urgence

« Aussi bien les acteurs humanitaires que les partenaires de l’État aident les ONG à venir en aide à ces personnes sinistrés. Il y a eu des tentes distribuées, mais aussi d’autres non vivres, comme les nattes et les moustiquaires », indique Ibrahima Koné, Chargé national de l’Information publique à OCHA Mali.

Des produits pharmaceutiques, des couvertures, des seaux en plastique, des cartons de savon ont été également distribués avec le concours de la Direction régionale de la Protection civile de Mopti et de partenaires comme l’Unicef, le PAM, la Croix-Rouge malienne et les ONG Care et Save the Children.

Les sinistrés du cercle de Djenné bénéficient également d’assistance en vivres. À en croire un rapport du mois de septembre de la Direction régionale du Développement social et de l’économie solidaire (DRDSES), près de 1 500 ménages ont été assistés avec plus de 65 tonnes de riz, 4 500 litres d’huile, 23 tonnes de mil et 460 kg de sel.

Bilan élevé

La région de Mopti n’est pas la seule à être touchée par les inondations. Selon une compilation des données des Directions régionales du Développement social et de l’économie solidaire réalisé par OCHA, à la date du 25 septembre dernier 9 649 personnes étaient sinistrées dans la région de Koulikoro, 9 168 à Ségou, 4 844 dans le District de Bamako, 3 844 dans la région de Gao, 1 269 à Tombouctou, 112 à Sikasso, 77 à Kidal et 64 à Kayes.

Sur l’ensemble du pays, 5 177 ménages sont touchés. 5 632 maisons ont été détruites, 600 points d’eau endommagés et 7 personnes sont décédées.

Engins explosifs improvisés: la région de Mopti très impactée

Le nouveau rapport du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), publié le 14 septembre, est sans appel. « Plus de 230 civils ont été victimes d’engins explosifs improvisés (EEI) au Mali cette année», affirme le document. Parmi les victimes, « tous des civils », 72 ont trouvé la mort et 167 ont été blessés. Une baisse comparée à 2021 : 103 morts et 297 blessés. Les dommages, qui ont « fortement touché des femmes et des enfants », ont eu lieu de janvier à août 2022. La région de Mopti, terrain d’affrontements militaires depuis 2015, est la plus impactée, selon le même rapport. En outre, elle est la plus menacée par les dangers des engins explosifs. Face à cette situation, OCHA annonce un décaissement de plus de trois millions de dollars américains (Plus de 1900 milliards de francs CFA) pour assister 823 000 personnes.

Mali : le Premier ministre Moctar Ouane en déplacement dans la région de Mopti

Le Premier ministre de la transition, Moctar Ouane entame ce jeudi une visite de travail dans la région de Mopti a annoncé le porte-parole du gouvernement dans un communiqué en date du 17 mars. Le document ne précise pas la durée de la visite, toutefois, le chef du gouvernement aura un agenda chargé. Il procédera au lacement des travaux (2×2 voies) Sévaré- Mopti et à l’inauguration de l’unité d’hémodialyse de l’hôpital Sominé Dolo. Il rendra visite aux victimes des violences inter communautaires. Le Premier ministre présidera une réunion du cadre politique de gestion de la crise au Centre ainsi qu’une conférence avec les forces vives de la région pour recueillir leurs préoccupations et décliner les nouvelles orientations du gouvernement dans la gestion de la crise au Centre.

Mali- Journée mondiale de l’Environnement : La biodiversité au cœur des préoccupations

Le monde célèbre ce 5 juin la Journée mondiale de l’Environnement, sur le thème de la biodiversité. Cette édition appelle à l’action pour lutter contre la perte accélérée des espèces et la dégradation du monde naturel. Selon l’ONU, « un million d’espèces végétales et animales sont menacées d’extinction, en grande partie à cause des activités humaines ». Et, dans les dix prochaines années, une espèce sur quatre pourrait avoir disparu de la planète.

La biodiversité est la multitude d’êtres vivants qui composent la vie sur la Terre. Elle englobe les quelque 8 millions d’espèces présentes sur la planète, des plantes et des animaux aux champignons et aux bactéries, et les écosystèmes qui les abritent, tels que les océans ou les forêts.

La biodiversité est très importante car elle est indispensable au bien-être et à la santé des êtres humains, toutes les espèces dépendant les unes des autres. C’est conscient de cela que le Mali a adopté le 27 mai dernier un projet de loi portant création d’une aire protégée dite « Réserve de biosphère du Gourma », afin de protéger les éléphants de cette zone, située dans le Sahel Nord, qui font partie de ces espèces menacées de disparition depuis 1990. La réserve se situe entre les Régions de Mopti et de Tombouctou et couvre une superficie totale de 4 263 320 hectares.

La Journée mondiale de l’Environnement a été initiée par l’Organisation des Nations Unies en 1972. Elle met en avant un enjeu spécifique important, différent chaque année, concernant l’environnement.

Boubacar Diallo

Mopti : La fièvre hémorragique Crimée-Congo fait sept morts

Une épidémie de fièvre hémorragique appelée « Crimée-Congo » s’est déclarée dans la région de Mopti, précisément dans le village de Kèra, près de Korientzé. La maladie a déjà fait 7 morts, selon la direction régionale de la santé. Plusieurs personnes suspectées d’être contaminées ont été mises en quarantaine. Dans une correspondance adressée aux direteurs régionaux de la santé, la direction générale de la santé les a exhorté à mettre en place les mesures préventives. Notamment, renforcer la surveillance épidemiologique, isoler les cas présumés des autres patients et appliquer strictement les techniques de soins en isolement (…) sensibiliser les populations sur les manifestations cliniques de la maladie, entre autres. Entre humains, la transmission de la maladie peut survenir à la suite d’un contact direct avec du sang, des sécrétions, des organes ou des liquides biologiques de sujets infectés.

Dialogue national inclusif: Les concertations de Mopti se poursuivent ce mardi

Dans le cadre du Dialogue National Inclusif, les concertations régionales de Mopti se sont ouvertes ce lundi (21 octobre 2019). L’objectif est de construire une vision nationale partagée, à la hauteur des défis de développement. Pour un diagnostic effectifs des préoccupations de cette partie du pays, et une analyse participative et inclusive des forces vives de cette région, les échanges vont porter sur les aspects du frein au développement des différents secteurs. 

L’objectif de cette rencontre est de proposer d’un commun accord des solutions ou des propositions à même de contribuer au développement mais aussi et surtout à la stabilité sécuritaire de ce la région. Les élus locaux et autres participants à ces jours de concertation vont à la fin des échanges élaborer un plan d’action et un chronogramme en guise de conclusion pour la région de Mopti.

Le Premier Ministre dans la région de Mopti

Le Premier ministre, Boubou Cissé, a entamé depuis ce jeudi une visite  de cinq jours en 5ème région qui le conduira  successivement à Mopti, Youwarou, Ténenkou, Kémacina et Djenné.

Le Premier Ministre, Boubou Cissé est attendu,  à Ténenkou, où il aura des entretiens avec les autorités administratives, politiques, les représentants de la société civile et des communautés.

L’information a été  donnée mardi à Ténenkou, par l’adjoint du préfet de Cercle, Ibrahim Koïta, au cours d’une réunion à laquelle ont pris part les sous préfets de Diondiori, de Kareri, de Togoro Kotya, de Toguéré Coumbé, les élus locaux, les autorités traditionnelles, les responsables des services techniques et les représentants de la société civile.

Les populations entendent échanger avec le Premier Ministre sur plusieurs sujets dont, entre autres, l’enclavement du cercle, l’accès à la connexion internet 3G, la circulation des motos, l’emploi des jeunes, l’accompagnement des femmes et les questions de sécurité et de santé.

FAMa : Riposte et harcèlement payent

Régulièrement cible d’attaques, les forces armées maliennes semblent, à les en croire, enclencher les modes ripostes et harcèlements depuis quelques semaines.

« Tirs de harcèlement ». Depuis quelques semaines, la formule est très usitée par les forces armées maliennes dans leurs différents canaux de communication. Ces tirs auraient, selon les FAMa, permis de récupérer des armes abandonnées et de « nettoyer des sites de prédilection de certains terroristes ». L’opération de tirs de harcèlement dans le secteur de Diafarabé (Mopti) a été menée simultanément avec une autre à Sokolo, dans le cercle de Niono (Ségou). L’opération de Diafarabé s’est déroulée sous la supervision  du Chef d’état-major général des Armées « himself », le général de division Abdoulaye Coulibaly, accompagné de certains officiers, précise le portail web des FAMa. Ces ciblages interviennent seulement quelques jours après une embuscade qui a coûté la vie à quatre soldats maliens à Diakera, dans la localité de Diafarabé. Pour l’heure, les représentants de l’armée restent encore évasifs sur le bilan réel de ces opérations. « Cela requiert du temps », selon le Colonel Diarran Koné, patron de la Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA). « Nous ne pouvons rien évaluer sans avoir totalement fini ». Les résultats déjà obtenus sont « fort appréciables », confie-t-il néanmoins. « Les animaux qui avaient été enlevés reviennent, ce qui veut dire que ceux qui les avaient ne sont plus en mesure de les retenir. Les populations qui avaient fui Diafarabé, où des Fama se trouvent actuellement, regagnent elles aussi leurs domiciles », affirme le Colonel Koné.

Difficile combat

Toutefois, en dépit de ces « succès », la situation sécuritaire au Mali est toujours des plus préoccupantes, dans le centre du pays notamment. En poste à la Brigade territoriale de Boni (Mopti), qu’il présente comme l’un des principaux fiefs terroristes, un élément des FAMa affirme que ces difficultés sont dues à un problème de coordination. « La collaboration avec les populations s’avère souvent difficile » reconnait-il. En cause, la peur générée par les djihadistes. Il affirme en outre que la tâche leur est rendue difficile par la présence de « forces hostiles étrangères » concourant à rendre l’équation du centre très complexe. « Nous avons eu des résultats concrets, en neutralisant et arrêtant plus de 50 terroristes. Mais la situation reste néanmoins difficile, nous devons faire face à la présence de groupes armés étrangers ». Un « coup dur » porté à nos ennemis, précise-t-il.

Centre du Mali : Au bord d’une crise humanitaire sans précédent

La crise sécuritaire qui secoue le centre du Mali a provoqué ces derniers mois une dégradation de la situation humanitaire dans les régions de Mopti et Ségou, où, selon le Bureau de la Coordination des affaires humanitaires des Nations Unies au Mali (OCHA), des milliers de personnes seront en insécurité alimentaire dans les prochaines semaines. Insécurité grandissante, conditions de vie précaires, réserves agricoles épuisées, hivernages perturbés, déplacés massifs, le centre du Mali n’a jamais été aussi proche d’une crise humanitaire sans précédent et dont les conséquences pourraient être lourdes pour tout le pays. Si des actions sont en train d’être menées pour éviter le pire, la situation est pour l’heure très préoccupante.

« Durant la période de soudure, plus de 256 000 personnes seront sévèrement affectées par l’insécurité alimentaire, tandis que 668 000 autres seront sous pression dans la région de Mopti, où se trouvent environ 46% des personnes en situation de crise ou d’urgence au Mali », prévient le dernier rapport de situation du Bureau de la Coordination des affaires humanitaires des Nations Unies au Mali, en date du 6 mai 2019.

Mais déjà, selon les résultats du « Cadre harmonisé » de mars 2019, la crise alimentaire touche actuellement plus de 187 000 personnes et en menace 414 000 autres.  Elle s’est accentuée dans le centre du pays en raison de la perturbation des activités agro-pastorales des populations et de la libre circulation des personnes et des biens, dues essentiellement à l’insécurité, notamment à la menace djihadiste de plus en plus forte.

Situation critique

« Plusieurs dizaines de villages dans les cercles de Bankass, Koro, Bandiagara et Douentza n’ont pas pu cultiver pendant deux hivernages successifs et le cumul du déficit céréalier place systématiquement de nombreuses familles, déplacées ou pas, sous la menace de la famine », indiquait un document de presse de l’association Dogon vision début mai.

La situation au centre du Mali perturbe les circuits des marchés et provoque l’absence de cultures vivrières, mais elle affecte également la mobilité des personnes et des animaux, entrainant ainsi des mouvements inhabituels de populations.

En une année, le nombre de personnes déplacés internes dans la région de Mopti a explosé. Selon la Direction nationale du développement social, à la date du 27 mai 2019, il était de 49 663 personnes, réparties entre les cercles de Bandiagara, Bankass, Djenné, Douentza, Koro, Mopti, Tenenkou et Youwarou.

Victimes pour la plupart des conflits intercommunautaires qui secouent le centre du pays, ces déplacés font face à une forte dégradation de leurs conditions de vie, au point que l’accès à certains services sociaux de base, tels que l’éducation pour les enfants et la disponibilité de l’eau potable et des services nutritionnels est  fortement remis en question.

« Les ménages déplacés ont besoin d’un important soutien, car ils ont généralement peu accès à des moyens de subsistance et disposent d’une capacité d’adaptation limitée. Les personnes actuellement déplacées ne peuvent plus cultiver leurs terres, impactant ainsi leurs conditions de vie futures », relève Silvia Caruso, Directrice et Représentante du Programme alimentaire mondial (PAM) au Mali.

« La fourniture d’une aide alimentaire d’urgence ne sera plus possible dès le mois de juillet, moment le plus critique de la saison de soudure. Un montant supplémentaire de 18 millions de dollars est dès à présent nécessaire pour assurer une réponse jusqu’à la fin de cette période », ajoute- t-elle.

Causes multiples

De nombreuses causes expliquent la situation plus que jamais déplorable dans laquelle se retrouve aujourd’hui le centre du Mali. L’insécurité qui y règne et qui contribue essentiellement à la dégradation de la situation humanitaire est le résultat de l’accumulation de plusieurs facteurs.

« À l’origine, cette crise est liée à la gestion des ressources naturelles. Les deux types de populations que sont les agriculteurs et les éleveurs cohabitent au centre du Mali et il leur est demandé de se partager et d’exploiter le même espace. L’éleveur tenant  à son bétail et l’agriculteur à sa terre, les incompréhensions ne manquent pas », explique Adama Diongo, Président du collectif des associations des jeunes du pays dogon.

Pour lui, si par le passé, les ancêtres avaient toujours su trouver les arrangements pour que ces incompréhensions ne dégénèrent pas, aujourd’hui, d’autres acteurs, plus radicaux sur le terrain, interfèrent dans les moments de frustrations entre communautés et sont en posture de commandement pour multiplier les exactions. « En plus de cela, il faut relever la faiblesse de l’État malien dans la zone. Il ne contrôle pas la situation et laisse libre cours aux attaques », ajoute-t-il.

Le secteur est devenu le centre de toute la problématique humanitaire depuis 2017, en raison du problème sécuritaire qui s’est progressivement déplacé du nord vers le centre, surtout dans la région de Mopti.

« Il y a le banditisme armé et la criminalité ambiante, sans oublier l’état de siège imposé à certaines communautés. Tous ces éléments empêchent les populations de circuler librement et de mener leurs activités économiques », pointe Ibrahima Sangaré, Directeur national du développement social.

Quelles réponses ?

Pour faire face à la situation, le gouvernement du Mali, en collaboration avec ses partenaires, et de nombreuses ONG et associations sur le terrain conjuguent leurs efforts pour un retour à la normale dans le centre du pays.

L’État vient en aide aux populations touchées à travers divers appuis, dont le renforcement des mesures sécuritaires pour contrer les bandits armés et l’enregistrement des déplacés pour mieux leur porter assistance.

« Déjà, plus de 500 tonnes de mil et 255 tonnes de riz ont été distribuées aux populations victimes de la crise au centre et des actions de sensibilisation sont en cours pour permettre aux résidents de rester sur place, pour encourager le retour des populations déplacées dans des zones de provenance sécurisées », déclare M. Sangaré.

Pour sa part, le Collectif des associations des jeunes du pays dogon, créé il y a un an, s’est fixé comme objectif de contribuer à l’avènement de l’apaisement au centre et mène des actions pour venir en aide aux déplacés internes.

« Depuis que nous avons commencé, nous avons pu récupérer une cinquantaine de tonnes de céréales, que nous avons pu redistribuer dans la région de Mopti. Plusieurs donateurs se sont manifestés et nous ont apporté des céréales et d’autres produits de première nécessité », indique Adama Diongo.

Par ailleurs, la France est également attentive à la situation humanitaire au centre du Mali. Le 9 avril dernier, l’ambassadeur Joël Meyer a signé deux conventions d’un montant d’environ 1 milliard de francs CFA au bénéfice de plus de 65 000 personnes dans les régions de Mopti et Tombouctou.

Ce financement, alloué à deux projets, l’un porté par le PAM et l’UNICEF et l’autre par l’ONG Solidarité Internationale, s’inscrit dans les engagements français au titre de la Convention internationale relative à l’assistance alimentaire.

Le projet « Assistance alimentaire et nutritionnelle aux populations vulnérables au centre du Mali », d’un montant de 656 millions de francs CFA, permet des transferts monétaires aux personnes déplacées internes et assure le dépistage et la prise en charge de la malnutrition aigüe, modérée et sévère pour 5 000 enfants dans la région de Mopti.

Selon le Service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France au Mali, il « vient de débuter et l’identification des bénéficiaires est en cours, à travers un processus communautaire basé sur des critères de vulnérabilité à l’insécurité alimentaire ». Un autre programme, dédié au cercle de Bankass et mis en œuvre par l’ONG Première urgence internationale a également été financé récemment.

Malgré les différentes mesures prises, l’horizon ne semble pas près de se dégager. Les besoins en matière d’assistance saisonnière et d’urgence sont loin d’être couverts et l’aide aux personnes en situation de crise alimentaire et nutritionnelle, y compris les déplacés internes, risque d’être fortement réduite. « Aujourd’hui, nous craignons une grande famine. Les villageois n’ont pratiquement plus rien, les réserves de vivres sont épuisées et des greniers ont été brûlés », s’inquiète M. Diongo.

Le coût des mesures de lutte contre le terrorisme pour les populations civiles dans la région du Liptako Gourma

Les populations se perçoivent doublement victimes, prises en tenailles entre les groupes extrémistes violents et les mesures restrictives des États.

 

Les États du Liptako-Gourma, espace regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, ont instauré dans plusieurs parties de leurs territoires des mesures restrictives de mobilité pour endiguer la menace terroriste.

Depuis le 31 décembre 2018, le gouvernement du Burkina Faso a instauré l’état d’urgence dans sept de ses 13 régionsface à l’augmentation des attaques attribuées à des groupes extrémistes violents. Dans tous les pays du Liptako-Gourma, l’état d’urgence a permis aux autorités d’adopter des mesures spéciales notamment sur le plan sécuritaire telles que les restrictions de déplacement, l’interdiction de circulation des motos ou pick-up ou encore la fermeture de certains lieux comme les marchés ou les foires hebdomadaires dans les zones touchées.

Les autorités soutiennent que les groupes extrémistes violents utilisent les motos pour commettre des attaques, ainsi que les marchés, notamment les marchés hebdomadaires, pour s’approvisionner en nourriture. Elles soupçonnent également que les groupes dégagent des bénéfices des trafics illicites, tels que la contrebande de carburant, pour financer leurs activités.

Dans le Centre du Mali, la décision prise par le chef d’état-major de l’armée, le 1er février 2018, d’interdire l’utilisation des motos et pick-up dans de nombreuses localités, a suscité des réactions mitigées. Alors que les autorités sont convaincues qu’elles ont permis de réduire significativement le nombre des attaques, particulièrement celles perpétrées par des individus armés à moto, les populations se plaignent des conséquences de ces mesures.

Malgré les restrictions, la menace terroriste persiste et s’est étendue à d’autres parties du Liptako-Gourma

Si celles-ci visent à mettre un terme aux attaques terroristes, elles privent les communautés d’une grande partie de leurs moyens de subsistance et augmentent ainsi leur vulnérabilité.

Entre juin et septembre 2018, l’Institut d’études de sécurité (ISS) a mené des entretiens dans plusieurs localités du Liptako-Gourma pour comprendre les implications des mesures de lutte contre le terrorisme. Les résultats montrent que l’interdiction des motos et pick-up ont une incidence négative sur la circulation des personnes et des marchandises dans les zones périphériques dépendantes de ces moyens de transport.

Dans certaines localités, les restrictions à l’utilisation des véhicules ont entraîné une augmentation des coûts du transport et  des marchandises. Dans le cercle de Ténenkou, dans la région de Mopti, au Mali, le prix d’un kilogramme de poisson fumé est passé de 1 250 francs CFA (2,15 dollars US) à 2 250 francs CFA (3,87 dollars US).

L’approvisionnement des marchés est affecté par les difficultés de transport des producteurs de villages voisins tels que Nouh Bozo et Sènè Bambara. Cette situation accroît le risque d’insécurité alimentaire dans la région. La perturbation des chaînes d’approvisionnement réduit également les moyens de subsistance des agriculteurs qui ne parviennent pas à écouler leurs produits sur les marchés des centres urbains.

Dans la région de Diffa, au sud-est du Niger, où Boko Haram est actif, il est interdit de circuler et les marchés sont fermés depuis 2015. Ces mesures ont, ensuite, été étendues à la région de Tillabéri après de nombreuses attaques terroristes imputées à des personnes armées se déplaçant à motos.

Les restrictions imposées à l’utilisation de certains véhicules ont entraîné une hausse des prix du transport et des marchandises

À Tillabéri, les motos sont utilisées pour les évacuations sanitaires et l’approvisionnement en médicaments. Les mesures de sécurité restrictives ont dissuadé certains agents de santé de se rendre dans les zones où l’état d’urgence avait été décrété. Cette situation a entravé le fonctionnement des centres de santé intégrés ou des cases de santé, qui constituent les structures de base pour la prise en charge sanitaire dans la région.

Pour la plupart des personnes interrogées, les mesures prises n’ont pas permis de mettre fin aux attaques terroristes et ont eu un impact notamment sur le plan socioéconomique. Elles dénoncent également le fait que les actions ont été menées sans consulter les populations locales pour s’assurer de leur efficacité et de leur applicabilité dans des contextes spécifiques.

Dans plusieurs localités de la province du Soum (Burkina Faso), limitrophe de la région de Mopti (Mali) où des mesures d’interdiction de circulation sont en vigueur depuis mars 2017, les tendances ne permettent pas d’affirmer que les mesures ont été efficaces.

Immédiatement après la mise en œuvre des restrictions, le nombre d’attaques a diminué puis de nouveau augmenté. Ainsi, malgré les restrictions et l’interdiction de circulation, l’insécurité liée à la menace terroriste persiste et s’est même étendue à d’autres zones de la région du Liptako-Gourma.

La figure ci-dessous illustre l’évolution des attaques avant et après l’instauration des mesures restrictives dans la province du Soum.

L’impact économique de la fermeture des marchés hebdomadaires est sans équivoque. Outre la perte de revenus pour les commerçants, les marchés occupent une place centrale dans la vie des populations et représentent d’importants espaces d’échanges sociaux, politiques et culturels. Ils contribuent ainsi à renforcer la cohésion sociale dans les zones secouées par des tensions intercommunautaires.

Les restrictions n’ont pas seulement privé les personnes de leurs moyens de subsistance et de l’accès aux services sociaux de base. Elles ont pu aussi accroître leur vulnérabilité à l’extrémisme violent, les groupes exploitant notamment cette situation pour attirer les jeunes.

Les mesures restrictives de lutte contre le terrorisme rendent difficile l’instauration d’un climat de confiance entre le gouvernement et les citoyens

Bien que les autorités considèrent les mesures restrictives comme efficaces et décisives dans la lutte contre l’extrémisme violent dans le Liptako-Gourma, les populations locales manifestent leur frustration et leur désapprobation. Elles se considèrent comme des victimes prises en tenailles, entre les groupes extrémistes violents et les réponses du gouvernement. Les États de la région doivent remédier aux lacunes associées à ces actions de lutte contre le terrorisme et améliorer la communication avec les communautés locales lors de leur mise en œuvre.

Les restrictions devraient être progressivement assouplies lorsque la situation sécuritaire le permet. Elles pourraient aussi être accompagnées d’autres efforts en matière de fourniture des services sociaux de base, notamment l’accès à l’alimentation et aux soins de santé. En offrant ces services, les forces de sécurité et de défense pourraient jouer un rôle social et compenser le manque de personnel de l’État et d’organisations humanitaires dans ces zones.

Les mesures restrictives de lutte contre le terrorisme peuvent être contre-productives si elles rendent difficile l’établissement d’une relation de confiance entre le gouvernement et les citoyens. Pour prévenir et combattre l’extrémisme violent, les États du Liptako-Gourma doivent élaborer des stratégies fondées sur la communication et l’implication des communautés. Cela renforcera les relations entre l’État et les citoyens ainsi que la résilience des communautés face à l’extrémisme violent.

                          

Cet article a d’abord été publié sur le site de l’Institut d’études de sécurité (ISS)

 

Jean Kassogue : « Si l’Etat prend ses responsabilités, Dana Ambassagou n’a plus intérêt à faire la guerre »

Lors de la visite du Premier ministre dans la région de Mopti cette semaine, le groupe d’auto-défense Dana Ambassagou s’est engagé à déposer les armes. Après avoir combattu ceux qu’ils appellent les forces extrémistes, les responsables du mouvement affirment désormais « laisser faire » l’Etat. Enfin le bout du tunnel dans le centre ? Le nouveau porte-parole du groupe Jean Kassogué répond à nos questions.

Le mouvement s’est engagé le 2 octobre à déposer les armes. En juillet déjà, un cessez-le-feu unilatéral avait été entériné conduisant à une dissidence au sein du mouvement, quelle en était la cause ?

La première signature de cessez-le feu n’a pas permis de mettre fin au conflit. Au contraire, il s’est intensifié. Cela veut dire que les vrais acteurs n’ont pas été consultés. A l’époque Youssouf Toloba a été clair. Il a dit que depuis qu’il a commencé le combat, aucune autorité ne lui a tendu la main. Ils ont voulu le contourner, hors, c’est lui qui a créé le mouvement Dana Ambassagou. Il a nommé des personnes qui ont signé en sa place, sans le consulter, il s’estime donc trahit. Quand nous avons commencé à travailler avec lui, nous nous sommes rendu compte que ceux qui l’entouraient sur le plan politique n’étaient pas à la hauteur. Mais Toloba lui-même est une personne extrêmement intelligente. Il a dit être prêt au dialogue. Mais il a fait savoir que toute personne voulant agir au nom du mouvement sans passer par lui, il ne sera jamais d’accord. Il est le premier responsable. C’est lui qui répond en cas de problème. Toloba ne cherche qu’à défendre le pays dogon contre ceux qui l’attaque.

C’est donc le fait qu’il n’ait pas été associé qui le dérangeait ?

Ils ont fait croire à l’opinion que ceux qui ne sont pas venu signer sont des bandits, des ennemis à la paix. Ce n’était pas vrai. Le problème est que la personne derrière le mouvement n’avait pas été consultée. Mais à partir du moment où l’Etat lui a tendu la main, il s’est dit prêt pour la paix. Et cela n’a pas tardé. Il a été convaincu au bout de trois semaines de discussion. Maintenant, vu que l’armée à assurer vouloir prendre la situation à bras le corps, il a signé le document et il dit  vouloir observer la suite. S’ils ont besoin de lui, il répondra à l’appel et apportera toute l’assistance nécessaire.

Il existerait un accord tacite entre le gouvernement et le mouvement pour la sécurisation du centre ?

Je ne crois pas du tout. Avant lorsque l’armée était alertée sur la survenue d’une attaque, elle trainait des pieds pour répondre. C’est pour cela que le mouvement a pris les choses en main. Ceux qui sont payés pour assurer la sécurisation, il est grand temps de leur céder la place.

D’où proviennent donc vos armes ?                                                              

Les chasseurs sont nantis de pouvoirs magiques. Ils ont d’abord combattu avec leurs fusils de chasse, mais par la suite, ils ont gagné des butins de guerre au fil des succès contre ces terroristes.  Ces derniers acculés ont dit ne plus vouloir combattre contre les chasseurs, préférant l’armée malienne.  Quand les gens voient ces chasseurs avec des armes de dernière génération, ils y voient la main de l’Etat derrière. Mais non, au contraire l’Etat cherche à désarmer le mouvement. L’Etat n’arme ni de près, ni de loin Dana AmbaSagou. La situation était chaude et les chasseurs ont usé de leurs pouvoirs mystiques pour venir à bout de terroristes et prendre leurs armes par la suite.

Avez-vous confiance en la capacité de l’armée à sécuriser la zone ?

Toloba a dit que ‘’si’’ sa signature  peut occasionner la paix définitive, il l’apposera. Le mot ‘’si’’ est une réserve. Si l’Etat prend toutes ses responsabilités pour faire face aux terroristes, Dana Ambassagou n’a plus intérêt à faire la guerre. Nous ne pouvons pas tous dire avoir confiance, il nous faut attendre de voir les forces à l’œuvre. Nous avons entendu beaucoup de choses, ce que nous voulons maintenant c’est du concret. Le gouverneur de Mopti a assuré à Toloba que l’Etat est prêt à prendre la relève à compter du 1er octobre. Nous verrons si cela est réel ou pas. Nous avons mis en place une équipe de suivi, maintenant avoir une confiance totale dépendra de l’Etat.

Election présidentielle : la MINUSMA appuie le processus

La Mission des Nations Unies au Mali réaffirme son accompagnement au  processus électoral en cours dans le pays. Lors de sa conférence de presse bimensuelle le 21 juin la porte-parole de l’organisation a rassuré de leur engagement aux côtés des autorités.

Toutes les attentions convergent sur la présidentielle prévue dans un mois. Malgré la volonté des autorités à tout mettre en œuvre pour la réussite de ce scrutin du 29 juillet, des difficultés d’accès aux régions du nord et le centre demeurent. C’est dans ce cadre que la MINUSMA appuie déjà le gouvernement dans l’acheminement du matériel électoral, formation des agents  et sécurisation du processus. « La MINUSMA apporte un appui à l’organisation des prochaines élections générales de 2018 (présidentielle de juillet et législatives de novembre), a déclaré Mme Myriam Dessables, porte-parole de la mission. Ainsi,  4,798 Tonnes de matériel (nouvelles cartes d’électeurs) pour les quatre  régions : Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal.

La division des Affaires électorales de la MINUSMA a organisé le 12  et 13 juin une session de renforcement des capacités de 64 agents d’appui logistiques recrutés. « Ces agents d’appui équipés chacun d’un véhicule 4X4 et de moyens de communication (ordinateurs, cellulaires) seront déployés dans les prochains jours dans les 49 cercles du Mali y compris le District de Bamako dans le cadre de la mise en œuvre de toutes les opérations électorales y compris la distribution des cartes d’électeurs biométriques dont le lancement officiel a eu lieu ce 20 juin sur toute l’étendue du territoire national », a fait savoir la porte-parole de mission lors de cette conférence de presse.

Dans le même but, la Division des Affaires électorales de la MINUSMA a pris part aux travaux du séminaire international  ayant lieu du 19 au 20 juin à Bamako. Ladite rencontre organisée par la CENI en collaboration avec l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), s’est déroulée en présence de plusieurs représentants des Institutions, du ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation, la Délégation générale aux élections(DGE), la Cour Constitutionnelle, les représentants des partis politiques et des experts internationaux. Objectif : échanger  sur le rôle de la CENI dans le processus électoral.

Des campagnes de sensibilisation des leaders communautaires et des médias sur leurs rôles respectifs en tant qu’acteurs dans la promotion d’une culture de paix, de la cohésion sociale et de la prévention des conflits ont également été organisées à Gao. Deux autres sont prévues  à Mopti ce 22 juin et à Tombouctou le 13 juillet. « Plus de 10 sessions de sensibilisation communautaire ont eu lieu à Bamako et dans les régions avec plus de 5000 personnes participantes », comptabilise Mme Myriam Dessables.

 

Urbanisation de Mopti : Les ordures comme remblais

Fondée au 12ème siècle par Kifou Naciré, pêcheur originaire de Sina, Mopti est consacrée commune en 1955. Depuis, la ville, dont l’arrondissement central se trouve sur une presqu’île, n’a cessé de s’agrandir. A quel prix ?

Mopti, capitale de la 5ème région  administrative du Mali, est un port fluvial de grande importance. Pour l’économie du Mali, mais aussi de la sous-région, vers laquelle sont exportés poissons et produits agricoles, dont le riz, produit à grande échelle dans les périmètres irrigués. Le dynamisme se voit également dans son urbanisation, ultra-rapide. Ainsi, partout où cela est possible, on voit depuis quelques années des tas d’ordures descendre dans l’eau et des bâtiments s’y dresser au bout de quelques mois. « Vous voyez, la ville se construit sur les remblais. Mais tous ces bâtiments reposent sur des déchets. Or ceux-ci sont biodégradables. Ça prendra des années, des décennies, mais ça va finir par s’affaisser », s’inquiète Antoine Mansa Traoré, Directeur régional de l’assainissement.

« Mopti s’est construite sur les remblais », se défend un élu local. « Depuis le temps colonial, on a gagné de l’espace pour agrandir la ville. Il faut cependant dire que c’était fait avec la technicité et le sérieux requis, à l’époque ». Pour lui, difficile de faire autrement, avec une population qui a triplé en 50 ans. Selon les données de l’Institut national des statistiques, cité par le site Populationdata.com, la commune urbaine de Mopti, soit les villes de Mopti et Sévaré, compte aujourd’hui environ 206 000 âmes, contre 100 000 il y a moins d’une décennie. Il faut donc trouver où se loger.

« Ici, avant, c’était l’eau.  Maintenant, c’est notre terrain. On a remblayé avec des ordures, de la terre et du gravier. Nous mettons les matériaux, nous mettons le feu pour les compacter et on en rajoute. Au bout de cinq ans nous avions la superficie suffisante pour construire », témoigne Fatoumata Sangho, habitante d’une maison sur la digue. « La ville doit gagner de l’espace, on ne peut pas faire autrement », assure M. Dicko, habitant de Gangal, un des vieux quartiers. Point de vue partagé par les acteurs locaux, qui ne peuvent cependant pas donner l’assurance d’un contrôle des risques. En cas de crue du fleuve, de pluies diluviennes, comment vont réagir les digues? « C’est entre les mains de Dieu », répond Fatoumata Sangho depuis son fauteuil, l’œil sur ses vaches, qui broutent tranquillement les ordures fraîchement déversées pour gagner encore un peu de place ….

Kouakourou : Résister ou se soumettre ?

À Kouakourou dans la région de Mopti, depuis plus de trois semaines, la population est cloîtrée, prise dans l’étau que resserrent peu à peu les djihadistes, qui occupent la forêt, empêchant quiconque d’entrer ou de sortir par voie terrestre ou fluviale. La présence passive de l’armée, dans une zone où les relations entre djihadistes et populations sont souvent complexes, exacerbe les tensions dans ce terroir où la loi du plus fort a le plus souvent cours.

« Dans tout Kouakourou, vous ne trouverez personne pour vous dire ce que nous vivons sur le terrain », affirme, méfiant, Moussa Kondo, ex-élu de la ville. Dans cette commune du cercle de Djenné, balayée par une crise sans précédent, le mot d’ordre est de se taire. « On parlera quand la situation sera meilleure », assure Kondo, même si les choses vont de mal en pis, comme la foire du village, activité économique principale de ce chef-lieu, qui depuis 3 semaines n’a plus ouvert ses portes. Et s’il n’y avait que ça. Les djihadistes, en représailles, ont brûlé les principaux moyens de subsistance du village, enlevé le cheptel et détruit plusieurs périmètres rizicoles. « Il y a vraiment un blocus là-bas , il ne peuvent ni entrer ni sortir, ni aller aux champs, les animaux de labours ont éte emmenés. Comme le blocus ne date pas de très longtemps, apparemment ils parviennent à s’auto-suffire. Même sur le fleuve quand vous essayez de passer pour aller à Mopti, les djihadistes interceptent les pirogues et les font retourner. Ils sont en état de siège ! », explique un habitant d’une commune voisine du cercle de Djénné. Kouakourou est en crise et la population en résistance. Les hommes patrouillent dans les rues, dans un climat de tension permanente qui redouble une fois la nuit tombée. « Tout le village est sur le pied de guerre. Tous les jeunes sont sortis, avec des gourdins, des haches, des harpons, des fusils de chasse. C’est inédit ! Nous faisons avec les moyens du bord, nous gérons ça à notre manière. Nous pensons que ça pourra marcher », lâche Moussa Kondo, la voix lasse, fatigué de rester en alerte de longues heures jusqu’à l’aube.

« Tout le village est sur le pied de guerre. Tous les jeunes sont sortis, avec des gourdins, des haches, des harpons, des fusils de chasse »

Les djihadistes, installés depuis 2015 dans la forêt voisine de Korori, ont fait récemment monter d’un cran la rigueur de leur charia, en exigeant des femmes et des filles qu’elles portent le voile. « Ils ont commencé à frapper les femmes qui n’obtempéraient pas, et pas seulement à Kouakourou. Ici, c’est principalement un village bozo, des pêcheurs, et à présent ils ne veulent plus que les femmes pêchent et ils les battent. Les hommes se sont révoltés et tout est parti de là », explique Abdramane Diallo, natif de la commune et membre de l’association Tabitaal Pulaaku, qui suit la situation de très près. « Les gens disent que les djihadistes sont des Peuls mais il y a plusieurs ethnies parmi eux, ils parlent la langue c’est vrai mais c’est la langue que tout le monde parle ici. Ils sont en armes, entraînés et capables du pire. Les villageois pensaient pouvoir leur tenir tête seuls, puis ils ont fait appel à l’armée, qui est venue et repartie, pour revenir encore. Les contingents sont là, ils campent et il ne se passe rien », déplore Abdramane Diallo.

Photo : AF 2014

Résister ou se soumettre « Les militaires sont avec nous et le village est mobilisé. Nous sommes derrière l’État », lance Moussa Kondo avec conviction. Pourtant, certains pointent du doigt l’inaction manifeste des forces de sécurité. « Elles sont en ville, mais il n’y a pas de patrouilles. Les djihadistes sont à quelques kilomètres et elles n’y vont pas. Rien ne bouge, rien ne change, le village est toujours sous embargo », confie une source sous anonymat.

« Là-bas, l’armée est plus le problème que la solution »

Pour Abdramane Diallo, la présence de l’armée dans la zone cause problème : « L’armée malienne n’est pas là-bas et quand elle vient c’est pour de timide opération coup de poing et puis elle s’en va, ça aggrave la situation car les djihadistes sont fâchés de savoir que les habitants ont fait appel à l’armée. Vous savez, avant qu’elle ne vienne, la population souhaitait négocier. Les djihadistes connaissent les villageois, ils cohabitent depuis deux ans. Généralement, ce sont des enfants du terroir, qui sont nés ou ont grandi ici. L’armée malienne doit soit jouer son rôle régalien, et les chasser, soit partir, et laisser la population transiger. Là-bas, l’armée est plus le problème que la solution ».

Pour certains, une autre solution serait le retour du maire de Kouakourou, parti au Hadj et bloqué à Bamako sans possibilité de pouvoir regagner son village.  « Il sait comment négocier avec les djihadistes et a compris qui si on ne se mêlait pas de leurs affaires, on pouvait vivre tranquille. Mais c’est aussi un problème politique », poursuit Abdramane Diallo, « l’opposant au maire de Kouakourou, qui voulait sa place, est celui qui a mobilisé pour mettre sur pied cette résistance ».

Pour la population de Kouakourou, comme des communes des cercles de la région de Mopti, sous la férule des djihadistes, l’avenir est chargé d’incertitudes. Il n’existe en tout et pour tout que deux possibilités, résister ou se soumettre. Par manque d’État, la seconde solution est souvent jugée plus salutaire. « Tout le monde les rejette, personne n’est d’accord avec eux, mais ils s’imposent avec leurs armes. Il n’y a pas d’État. Ceux qui sont censés le représenter ne font que passer et ne posent aucun acte pour nous sortir de nos problèmes. Que voulez-vous faire, à part négocier ? », interroge un habitant du cercle de Mopti, qui ne voit malheureusement pas, dans l’état actuel des choses, d’autre choix.

 

FCG5Sahel: Nouvelle étape pour la concrétisation

On attendait depuis le sommet de juillet dernier un acte fort marquant la mise en oeuvre de la Force Conjointe du G5 Sahel. Ce dernier est arrivé le samedi dernier à Sévaré avec l’inauguration par le président en exercice du G5 Sahel du Poste de commandement.

La ville de Sévaré, située a quelques kilomètres de Mopti, au centre du Mali, est également stratégique dans le dispositif de défense du territoire du Mali par les forces armées maliennes et leurs alliés. Elle abrite donc depuis le samedi 9 septembre 2017, un autre symbole de la coopération entre les forces, sous-régionales cette fois-ci, pour assurer la sécurité, lutter contre le terrorisme, les trafics et la criminalité transfrontalière. Voulue par les cinq pays de la sous-région : Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad, la Force conjointe devrait être à terme composée de 5 000 hommes et fonctionner avec des ressources issues des pays concernés et leurs partenaires. Pour abriter le commandement de la Force, dirigée par le Malien Didier Dako, des locaux ont été mis à disposition, premier pas vers une opérationnalisation qui avance. Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a montré son optimisme face à cette étape et a assuré l’engagement ferme de ses pairs de rendre actives très rapidement les unités de cette « Force » pour assurer la sécurité et la stabilité de leurs pays.

Le QG du G5 sera en contact permanent avec des armées des cinq pays membres. Mali, Mauritanie, Niger, Burkina Faso et Tchad vont mobiliser ensemble quelque 5 000 militaires au total pour lutter contre les terroristes dans l’espace qu’ils partagent au Sahel. A en croire le Commandant de la Force, le déploiement d’un premier contingent devrait se faire d’ici la fin de l’année et le gros des troupes seront sur zones en 2018.

A noter que, outre Sévaré, la force devrait comprendre trois PC : l’un pour l’ouest de la zone à N’Beiketial, près de Nema, en Mauritanie, le deuxième pour le centre, à Niamey au Niger, et le troisième pour l’est à Wour, dans le Tibesti tchadien.

Amadou Djoum, agent de l’INPS pris en otage : Plus de cent trente jours de silence

Dans le Centre du Mali, un nouvel ordre s’est installé. Pas de loi, ni de foi, juste la terreur. Des hommes affiliés à l’illustre Amadou Kouffa y règnent en maitres incontestables. Intimidations, peur, braquages, prise d’otages, assassinats sont devenus monnaie courante dans ce cercle vicieux. Le 26 avril 2017, Amadou Ndjoum, la trentaine avancée, agent de l’INPS à Sévaré, marié et père de quatre enfants, a été enlevé par un groupe armé à Walado. Plus de quatre mois de détention ont passé dans un silence assourdissant de la part du gouvernement, malgré la mobilisation de sa famille et, depuis trois mois, d’un collectif qui œuvre à sa libération. Retour sur un fait qui dépasse l’entendement.

Cela ressemble à un fait divers, mais ça n’en est pas un. C’est plutôt un drame. Le 26 avril 2017, Amadou Ndjoum, agent de l’Institut National de Prévoyance Sociale de Sévaré, tombe dans les filets d’un groupe armé à Walado, dans la localité de Youwarou. Marié et père de quatre enfants, Amadou Ndjoum, en mission, empruntait un véhicule de transport en commun avec d’autres passagers. Ce jour-là, comme chaque mois depuis cinq ans, il s’était mis en route pour aller verser les pensions des retraités de l’Institut. Conscient de l’insécurité permanente, il avait pris l’habitude de dissimiler l’argent dans un carton, en mettant par dessus des mangues. 10 000 000 de francs CFA étaient contenus ce 26 avril dans ce coffre-fort de circonstance. Tout se passait heureusement en ce début de matinée, mais cela ne dura pas longtemps. Tout à coup, le bus fut immobilisé par des hommes armés de kalachnikovs, au nombre de trois, sur trois motos. L’un d’eux le montra du doigt en disant: « c’est lui Amadou Ndjoum ». Identifié, il fut  aussitôt appréhendé, ligoté, les yeux bandés et mis derrière l’un de ses trois ravisseurs sur une moto. Ils traversèrent avec lui la ville de Dogo en pleine journée. Contre toute attente, aucun bien, ni de Ndjoum, ni des autres passagers, n’a été emporté. Dès lors on pouvait s’interroger sur les motivations profondes de ce rapt si particulier. Pourquoi enlever cet homme au lieu de l’argent ? Quelle valeur avait-il au point d’être le seul extrait parmi tout ce monde ? D’après des informations émanant de la famille de l’infortuné, parmi les ravisseurs se trouvait l’un des fils d’un des retraités auxquels il versait leurs pensions. D’autres témoignages, recueillis auprès du frère de Ndjoum et du collectif, accréditent la thèse selon laquelle les djihadistes souhaitaient échanger l’agent de l’INPS contre l’un des leurs, détenu par les autorités maliennes. Pour l’association Kisal, il s’agirait d’un certain Dicko, qui serait, d’après des rumeurs persistantes, le beau-père d’Amadou Kouffa.

Mobilisation familiale Le jour même de l’enlèvement, vers 16 heures environ, l’un des ravisseurs appela un ami d’Amadou Ndjoum pour l’informer du rapt de ce dernier. D’ailleurs, des images de l’otage lui ont été envoyées par Viber pour prouver qu’il allait bien. Aussitôt, cet ami de Ndjoum en informa l’un de ses neveux, qui répandra instantanément la nouvelle. Aucune demande formelle de rançon n’a été formulée, ni aucune revendication ou explication de l’enlèvement. Dès le lendemain, le neveu de Ndjoum, Hamadoun Bah, s’est rendu à la gendarmerie et chez le Gouverneur pour les informer de sa disparation. Il espérait que ce fils du pays, capturé en mission, ferait l’objet d’attention de la part des autorités. Que nenni.  Plusieurs fois il s’entendra répondre « on est là-dessus ». 10 jours après la capture, le 7 avril, le neveu de Ndjoum reçoit une vidéo réalisée par les geôliers. L’agent payeur y apparait à genoux. Derrière lui se tiennent des hommes armés et enturbannés. Il s’exprime en peul, puis en bambara et en français, se disant bien portant et bien traité. Souriant, il lance un appel pressant pour sa libération. Cette vidéo a permis de savoir qu’il était séquestré par des hommes de la Katiba du Macina, qui a fusionné avec des groupes opérant dans le Sahel pour donner « Jamaat Nosrat Al-Islam Wal-Mouslimin », sous le  commandement d’Iyad Ag Agaly. Dans cette partie du Mali, « après Dieu, c’est Amadou Kouffa », le détenteur d’autorité. Des hommes qui lui sont affiliés enlèvent presque au quotidien de paisibles citoyens. C’est un vase huis clos où les règlements de comptes empoisonnent la stabilité sociale. Le maire de Dogo, sollicité par la famille, avait assuré faire tout son possible. Entre temps, l’une des grandes sœurs de Ndjoum s’est rendue sur les lieux, où elle a rencontré, le jour de la foire de la localité, des éléments de la Katiba. Ceux-ci lui ont assuré que le jeudi d’après ils reviendraient avec son frère et que c’est le maire qui le recevrait.  Une lueur d’espoir naquit, le laps d’une semaine. Tout le monde crut à son imminente libération, quand survint un retournement de situation. Le maire, qui devait recevoir le prisonnier, aurait été inquiété par les allers-retours des FAMAs, qui le soupçonnaient d’être proche des djihadistes. Il quitta Dogo pour Bamako, où, depuis, il est injoignable. Le jeudi du rendez-vous arriva. L’otage était bel et bien là, mais, le maire étant absent, les éléments de la Katiba s’en retournèrent avec lui, après s’être approvisionnés au marché. Depuis lors, aucune nouvelle n’a filtré. Selon sa femme, « des gens sont souvent enlevés, mais deux ou trois jours après ils sont libérés », ce qui renforce l’hypothèse qu’il pourrait être détenu à des fins importantes, comme un échange. Quant au carton, il a été livré au logeur de Ndjoum, qui, quelques jours après, l’ouvrit et y trouva les 10 millions, qu’il remit peu après à l’INPS de Sévaré.

Mobilisation collective Face au constat d’immobilisme de l’Institut et du gouvernement, un collectif pour la libération de Ndjoum et de tous les otages maliens a vu le jour. Un mois après le rapt, un jeune fonctionnaire malien de Bandiagara, du nom d’Oumar Cissé, a sonné l’alarme via Twitter. Cinq personnes actives, toutes maliennes, deux de la diaspora et trois de l’intérieur, formèrent un collectif qui compte aujourd’hui une trentaine de sympathisants à travers le monde. Il mène une campagne quotidienne sur les réseaux sociaux, comme Twitter et Facebook. Des actions ont été entreprises, comme la publication de plusieurs articles qui ont permis de rallier à la cause plusieurs hommes politiques, hommes des médias, activistes et citoyens engagés. Une lettre ouverte a été adressée au Président de la République, appelant à son implication et à celle du gouvernement. Le collectif, dans son plaidoyer, lui disait combien il serait glorieux de s’investir pour qu’un fils du Mali sorte d’un danger de mort. Car, selon ses membres, cela est possible. « Combien de fois les autorités maliennes ont-elles fait libérer des otages étrangers, souvent dans l’ombre ? ». Au centième jour de sa mobilisation, correspondant aux 128 jours de détention de Ndjoum, le collectif a organisé un point de presse au mémorial Modibo Keita. Pour Dia Sacko, membre active, « l’objectif principal est d’appeler à un sursaut national autour des otages maliens. Pour ce qui concerne Amadou Ndjoum, il s’agit d’en appeler à la responsabilité de l’INPS et à l’action du gouvernement malien ». Une plainte a été déposée par son frère le 15 juin 2017 à Sévaré, puis transmise au tribunal de la Commune  VI de Bamako.

Sortir du silence Le silence de l’INPS face à un tel acte, plus d’un ne l’a pas compris. D’ailleurs, d’après Cheick Oumar Ndjoum, la famille n’a reçu la visite des agents de Mopti que 4 jours après l’enlèvement. Aucune démarche n’a été entreprise pour sa libération. Son épouse a été invitée à prendre le salaire de son mari, mais elle a répondu que c’était son mari qu’elle voulait, non cet argent. Du côté du gouvernement, c’est le silence radio. Pas même un communiqué de presse. Le ministre de l’administration territoriale, Tiéman Hubert Coulibaly, a à titre personnel appelé une fois Mme Ndjoum et suit la mobilisation sur Twitter. La plainte reçue par le procureur antiterroriste près le Tribunal de la Commune VI traine toujours. Un silence que certains assimilent à une inaction. « Nous ne pouvons rien vous dire, l’enquête est en cours », confie un agent de la Sécurité d’État. Selon le chargé de communication du ministre de la Justice, « le sujet est très difficile à aborder » et « à ce stade, il ne pourra rien dire ». Quant à celui du ministère de la Solidarité et l’action humanitaire, dont relève l’INPS, il n’a pas voulu s’exprimer. Y a-t-il une implication sérieuse des autorités dans le dossier ou est-ce le statu quo ? Sa famille et le collectif, eux, ne perdent pas espoir. « Chaque jour nous espérons sa libération » répète Dia Sacko, l’une des personnes se battant pour sa cause. Aujourd’hui, pouvons-nous dire avec sincérité : « les champs fleurissent d’espérance » et « les cœurs vibrent de confiance» ? Amadou Ndjoum mérite t-il de croupir en détention en silence ?

 

Hombori : le nouveau no man’s, no justice land ?

Il n’est caché de personne que le centre du Mali, principalement la région de Mopti, depuis 2015 est devenu un foyer actif de banditisme dont la violence est traduite par plusieurs attaques, prises d’otages, intimidation et assassinat de populations civiles, innocentes.

Plus de 52 attaques en deux ans

Les études sur la problématique de l’insécurité à laquelle fait face le Mali, dans son septentrion et sa région centre, dénombrent plus de 52 attaques depuis 2015, contre des militaires et populations civiles. Des attaques perpétrées par divers milices auto-proclamées, qui ont causé plusieurs morts. Le climat insécuritaire au Nord a fini par déteindre sur la quiétude en région de Mopti, réveiller des anciennes appréhensions intra et inter-communautaires, qui ont conduit à la propagation de menaces en bande armée. Sévaré et Douentza sont à ce jour l’épicentre des tensions, également les plus touchés par les trafics en tout genre.

Mopti dans le tourbillon djihadiste

Les attaques s’intensifient dans la zone du Delta intérieur du Mali, depuis près deux ans. Les créations actives de milices d’auto-défense se transformant en Katiba, prêtant aussitôt allégeance à des groupes djihadistes, démontrent la réalité du danger de ces zones, ce constat n’est que la partie immergée de l’iceberg, de la violence dont sont confrontés les habitants des zones de conflits. La tension est palpable, les menaces, prise d’otage font désormais partie du quotidien des habitants.

Doit-on se formaliser avec l’inacceptable ?

Des échos remontés de témoins directs découvrent l’impuissance de nos concitoyens de l’intérieur, les victimes et parents de victimes sans défense, rentrent en rupture pour la plupart dans leur foi en l’État et la justice, par conséquent se murent dans le fatalisme. La ceinture insécuritaire qui les tenaillent, angoisse les populations de la région de Mopti, pris en étau entre deux tourbillons : confrontation entre bandes armées d’un côté, combats de riposte entre les armées officielles engagées dans la lutte contre le terrorisme et les narco-djihadistes, de l’autre.

Est-il qu’en entendant, c’est une autre section du Mali qui est en train de perdre espoir en l’état malien. C’est le cas de cette famille de Hombori dont le chef, non moins chef religieux a été pris en otage. Les habitants du quartier (…) et ses ressortissants à Bamako, sont ébranlés et sous le choc, depuis quelques jours par l’annonce d’une éventuelle exécution de leur ami, frère, père et guide religieux. Cette commune du cercle de Douentza est en proie aux exactions d’hommes armés jouant aux caïds dans toute la zone. Ils sont identifiés des habitants que la peur muselle.

Une éventuelle exécution

Monsieur (…) aurait été exécuté il y a deux jours par ces ravisseurs. Pour l’heure la mort n’est pas constatée par le retour du corps. Ce qui nous convie à la prudence. La nature de sa prise d’otage ne saurait être définie ou difficilement définissable, tant les familles des victimes remettent leur sort entre les mains de Dieu, désarmées , face à des sans foi ni loi. De source familiale et traçable, Monsieur (…) a été fait otage au retour d’une mission maraboutique dans un village à quelques kilomètres de sa ville. Il était en compagnie de son chauffeur, lorsque des hommes surgissent de nulle part, extraie le chauffeur de la 4X4, et partent avec le bien et son propriétaire. Dans ce trafic humain, le mode opératoire reste idem à celui du rapt à Youwarou en avril 2017, sur la personne d’Amadou Ndjoum, agent de l’I.N.P.S toujours entre les mains de ses ravisseurs. Monsieur (…) à sa capture avait une conséquente somme d’argent sur lui. Le mobile demeurant le même, l’argent. L’échange d’otage leur fonds de commerce principal.

Dernièrement plusieurs attaques dans le cercle de Douentza

Les dernières attaques depuis 2016 recensées dans la localité de Hombori découvrent peu à peu comment la violence fait rage, s’installe dans cette ville. La dernière en date est l’attaque d’un poste de la douane et d’une brigade territoriale de la gendarmerie. Hombori est victime des soubresauts du conflit du Nord, qui se déplace vers l’épicentre du Mali depuis 2013. Cette ville de la région de Mopti, se rappelle au bon souvenir des touristes par l’authenticité de son rocher caméléon, dont les couleurs se ravivent au coucher du soleil. Aujourd’hui Hombori tremble de peur, ses femmes maltraitées par les bandits armés, ses enfants enlevés pour les utilisés contre les leurs, prise d’otage et disparition sont plus que tout le quotidien de cette commune du cercle de Douentza. Hombori la ville aux 25.527 âmes se trouve actuellement balafré par diverses attaques. Le sublime visage rayonnant est défiguré par la peur de ses habitants tant la nature des violences ne leur était pas une habitude.

Le Mont hombori le nostalgique dont le flan gaude découvre la poétique Main de Fatma (Garmi Tondo), pour laquelle plusieurs touristes à la découverte du Mali faisait le détour pour le massif imposant de 1153 mètres, ne sait plus sur quel pied danser. Hombori comme Sévaré sont des zones à sécuriser d’urgence. Ne nous conformons pas à l’habitude de la barbarie chaque innocent tombé est une perte regrettable pour le Mali.

La reprise des villes aux proies à l’insécurité est infailliblement un gage de reprise d’une santé économique. Puissions-nous un jour sortir de la spirale infernale !

 

Une trentaine de morts dans de nouvelles violences au centre du Mali

De nouvelles violences intercommunautaires ont fait une trentaine de morts dans le centre du Mali. Les affrontements ont pour l’heure cessé mais la tension reste toujours vive.

Un nouveau carnage intercommunautaire. Dans la nuit du vendredi 16 juin, Souleymane Guindo, chasseur dogon perd la vie dans le cercle de Koro situé dans la région de Mopti. Selon son fils d’une vingtaine d’année qui l’accompagnait, il a été assassiné par un peul. C’est ce dernier qui réussit à s’échapper qui alla donner l’alerte dans son village. Le lendemain (samedi 17), une expédition punitive est lancée par les dogons pour venger la mort de leur « frère ». « Les chasseurs dogons se sont rendus dans deux villages peuls où ils ont massacré et brulé des greniers de mils » affirme Madio Dame, maire de Dioungani. Le bilan est lourd. Selon les autorités, 31 personnes ont péri dont 27 peuls et 4 dogons.

Un détachement de l’armée malienne s’est rendu sur les lieux dimanche 18 pour essayer d’apaiser la situation. « Nous avons fait une expédition avec le gouverneur de Mopti (Sidi Samake) pour voir les différents protagonistes et les demander de calmer le jeu, et de ne pas se provoquer mutuellement » explique Dame. Les différentes parties ont fait montre de leur bonne volonté, mais la situation serait toujours précaire. « Il y’a toujours des tensions, ils ont promis d’arrêter, mais c’est toujours tendu » estime le maire. Pour éviter de nouveaux affrontements, les localités ont demandé l’appui du gouvernement. « Nous avons besoin d’une présence militaire qui pourrait prévenir d’éventuels débordements » souhaite Dame. Une enquête serait en cours pour situer les différentes responsabilités et punir les fautifs.

Les violences se multiplient dans le centre du Mali depuis plus d’un an maintenant. Le 14 février 2017, des affrontements ethniques avaient causé la mort de 20 personnes dans le centre du pays.

 

Centre du Mali : un notable enlevé à Boni et le poste de sécurité de San attaqué

Les régions de Mopti et de Ségou ont de nouveau été le théâtre d’attaques de groupes armés vendredi 2 septembre. Profitant de l’absence des FAMA, une trentaine d’hommes qui semble appartenir à un mouvement à caractère ethnique peul, a occupé la ville de Boni pendant trois heures. « Ils ont fait leur entrée dans la ville à 15 heures avant de se retirer vers 18 heures. Pour l’instant, on ne déplore aucune victime, mais les assaillants ont pris en otage un notable », expliquent nos sources.

Au même moment, le poste de sécurité de la ville de San a été attaqué par un autre groupe. Là également, il y a eu plus de peur que de mal. « Il n’y avait aucun gendarme sur place », affirment une source sécuritaire. La localité a d’ailleurs déjà connu une attaque armée qui avait ciblée une position des forces armées maliennes. Selon certains observateurs, il s’agit de mouvements qui veulent se faire entendre afin d’être intégrés dans le processus de DDR. D’autres soutiennent que ce sont des groupes terroristes à la solde d’Iyad Ag Ghaly, qui cherchent à semer le désordre au centre du pays. « Ils posent des actes et les attribuent aux Peuls », indique-t-on.

Retour au calme en région de Mopti

La mission gouvernementale qui s’est rendu jeudi dernier dans la région de Mopti, o๠une trentaine de civils ont été tués suite à  des conflits intercommunautaires violents opposants bambaras et peuls, est rentré dimanche à  Bamako. Une quarantaine de personnes composaient cette mission officielle accompagnée des forces armées maliennes. Les ministres de la Solidarité, de l’Action humanitaire et de la Reconstruction du Nord, Hamadou Konaté, de la décentralisation et de la Réforme de l’à‰tat, Mohamed Ag Erlaf, de la réconciliation nationale, Ould Sidi Mohamed et de la Défense, Tiéman Huberrt Coulibaly, avaient fait le déplacement ainsi que des élus locaux et des représentants de la Minusma. à€ l’issue de ces 3 jours, côté bambara on s’est engagé à  ne plus prendre les armes et du côté peul, le maire de Nampala, dans le cercle de Niono, composé d’une forte communauté Peule, s’est engagé à  sensibliser les populations pour faire taire les armes. Une commission a été créée ce week-end à  Dioura, elle est composée de 24 membres incluant des bambaras, peuls, tamasheqs et bellas. Cette commission a pour but de favoriser la paix et le dialogue entre les deux communautés, pour restaurer le vivre ensemble. La commission arrivée à  Bamako hier, se réunira autour du ministre de la réconciliation Ould Sidi Mohamed dès mardi matin 10 h pour trouver des solutions aux problèmes. Dans le cercle de Ténenkou, la situation est actuellement au calme. Durant leur séjour, les autorités se sont déplacées sur les lieux des évènements tragiques et ont pu rencontrer les différentes parties, peuls comme bambaras, ainsi que les familles des victimes. Dimanche ils se sont rendus avec les familles dans les cimetières o๠sont enterrées les victimes pour adresser des prières aux disparus. Pour rappel, une trentaine de personnes majoritairement peules sont décédées suite aux conflits intercommunautaires entre peuls et bambaras. Rien que dans la commune de Kareri, on dénombrait le 1er mai, plus d’une vingtaine de victimes peules, en représailles du meurtre du troisième adjoint Bambara de la commune de Kareri par des peuls. Ce dernier était membre de l’association des chasseurs locale, qui ont décidé de le venger. Selon une souce sur place, ce conflit ne serait pas dû à  la confrontation entre agriculteurs bambaras et éleveurs peuls, comme on a pu l’entendre ou le lire ici ou là , « Actuellement, il n’y a pas de culture. Les animaux vont partout o๠ils veulent. Les cultures commencent à  partir de l’hivernage, il n’y a même pas de pluies, agriculteurs et éleveurs n’ont pas de raison particulière de s’opposer ». Une autre piste serait l’amalgame entre peuls et djihadistes. Le front de libération du Macina, actif dans la région, compte quasi-exclusivement dans ses rangs des peuls, ce qui aurait renforcé le rejet de cette communauté et l’amalgame. Les peules avaient massivement fui la zone après ces exactions. « ils ont encore peur. La mission officielle a promis qu’elle mettra en place des forces de l’ordre au niveau de Dioura. Nous avons demandé à  chacun de retourner chez soi. Les peuls nous ont répondu que si l’armée est présente, ils sont prêts à  revenir », affirme Mamadou Coulibaly, maire de Kareri. Ces récents événements violents qui ont frappé la région de Mopti sont pris très au sérieux par le gouvernement qui semble prêt à  tout mettre en œuvre pour que les tueries cessent et installer la paix entre ces communautés dans la région.

Attaque djihadiste à Boni

Selon des sources militaires et de sécurité, un assaillant a été tué et cinq autres arrêtés. »Une position de notre armée a été attaquée dans la nuit de mardi à  mercredi à  Boni, entre Douentza et Hombori », a affirmé un officier malien, joint au téléphone par l’AFP dans le nord du Mali, faisant état d’un « bilan provisoire d’un assaillant tué et cinq autres arrêtés ». Des assaillants ont infiltré la ville « avant le début de l’attaque », a précisé la même source militaire, l’attribuant aux « terroristes du Front de libération du Macina » (FLM), un groupe basé dans le centre du pays, apparu début 2015 et dirigé par le prédicateur radical malien, Amadou Koufa, un Peul. Un renfort militaire a quitté la région de Mopti (centre) pour la localité de Boni, a déclaré une autre source militaire. Le FLM est allié au groupe jihadiste malien du nord du pays Ansar Dine. Ces deux groupes revendiquent régulièrement des attaques dans le Nord et le Centre.

Portrait : Belco, l’élue de Mopti

Pondérée et humble, madame Dicko Belco Samassékou est récemment entrée en politique. Trois ans de combat sur le terrain et la voilà  au parlement. l’honorable Belco Samassékou, la voix trainante, le sourire voilé, le regard pudique, la mise simple, nous reçoit avec beaucoup de correction. « Je suis entrée en politique en 2012 pour aider le candidat IBK à  devenir président du Mali afin que la paix revienne au nord de notre pays, que l’éducation se remette sur de bons rails, que les femmes et les enfants soient protégés » lance d’entrée notre hôte qui était jusqu’en février dernier et ce pendant près de vingt ans la directrice financière et du matériel de la mission évangélique luthérienne au Mali. Comptable gestionnaire de formation, elle n’a eu aucun mal à  s’engager dans l’arène politique suite à  la demande des populations de Mopti d’o๠elle est originaire. Leader associative Leader d’associations faà®tières de défense des droits des femmes et des enfants, elle est membre de la commission travail, emploi, promotion de la femme, jeunesses, sport et protection de l’enfant. A ce titre, elle se bat pour sensibiliser ses collègues hommes à  voter le projet de loi instituant le quota de 30 % de femmes dans toutes les sphères de décision au Mali. Le combat loin d’être gagné est intelligemment mené par la députée Belco et ses douze collègues femmes. A ce moment précis de l’entretien, elle perle quelques larmes et formule des prières pour feue Oumou Simbo Keà®ta arrachée à  l’affection des siens en pleine législature. A cette triste note, la députée joint des félicitations suite à  la décision du chef de l’Etat de porter à  la tête de la Cour Constitutionnelle madame Manassa Dagnoko. « C’’est un pas important que le président vient de poser et nous espérons que d’autres actes aussi forts seront posés pour la promotion des femmes maliennes ». Membre du parlement panafricain, elle est partagée entre les voyages, les travaux parlementaires à  Bamako, les obligations familiales et des déplacements fréquents à  Mopti pour écouter la base électorale. «Déjà , J’ai mis 4 millions pour l’achat de panneaux solaires afin d’électrifier les CESCOM de Mopti et J’ai déplacé le ministre sur place pour voir l’état de la route de Korienzé. Devant les populations, il a pris le ferme engagement de bitumer plus de 50 kilomètres de route. Nous avons l’obligation d’être aux côtés de nos populations et je m’y emploie au quotidien ». l’élue de Mopti jure la main sur le C’œur que « l’assemblée est une institution utile mais malheureusement de l’extérieur le peuple ne voit pas tout le travail que les députés abattent. Par exemple, je me bats pour que l’arsenal répressif contre l’excision, les mariages forcés et précoces soient renforcés mais les résultats ne sont pas visibles tout de suite ». Initiatrice du réseau parlementaire malien de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose, madame Dicko Belco Samassékou prie pour « le retour de la paix et de la stabilité, base de tout développement socio-économique ». Quid de son avenir politique ? « Je suis investie par les populations de Mopti et je soutiens sans faille le président IBK en tant que membre du RPM donc mon avenir est aux côtés du chef de l’Etat, premier défenseur des femmes maliennes ».

Région de Mopti : Aga Khan améliore les conditions d’existence de 200 000 personnes

Durant 5 jours, la caravane de journalistes, accompagnée d’Ibrahim Diallo, Chargé de Communication Afrique de l’Ouest du réseau Aga Khan, et du Directeur du PDCRM, Zana Koné, a pu constater les progrès réalisés dans des domaines aussi vitaux et multiformes que la santé, l’éducation et le développement de la petite enfance, le développement rural (agriculture, maraà®chage) le renforcement de la société civile, l’environnement /résilience aux changements climatiques. Si le réseau Aga Khan n’avait pas existé, Zakaria Camara l’aurait sûrement inventé, tant le Directeur Général de l’Opération Riz Mopti manquait de mots assez forts, pour magnifier le partenariat fécond liant son institution, l’Office du Riz Mopti, à  la Fondation Aga khan. Grâce à  ses interventions multiformes, comme la formation des exploitants en SRI (Système de Riziculture Intensif) avec en ligne de mire l’augmentation sensible du rendement, passé de 3 à  6 tonnes voire 10 tonnes à  l’hectare. Aujourd’hui, ce partenariat a permis de former 885 exploitants dont 88 femmes dans la zone d’intervention de la Fondation, à  Mopti nord, Mopti sud et Sofara. Des zones oà¹, grâce à  l’accompagnement du Réseau Aga Khan, l’Office Riz Mopti a réussi des tests de micro-doses, de cultures d’oseille et autres techniques culturales innovantes. Grâce à  ce même partenariat, l’Office Riz Mopti a pu s’offrir deux magasins et distribuer 14 tonnes de semences améliorées. Autosuffisance alimentaire Zakaria Camara assure, volontiers, que l’Office Riz Mopti est capable de nourrir tout le Mali s’il avait les moyens de ses ambitions. Il attend, cette année, une campagne de moyenne production. Pour le moment, seuls 4% de ses 60 000 hectares sont en maà®trise totale. Résultat : 96% à  l’Office Riz Mopti dépendent de la pluviométrie. Le souhait du Directeur Général, est de trouver des partenaires capables de l’aider à  être moins dépendant des caprices de la pluviométrie. Séance tenante, le Directeur du Programme de Développement Coordonné dans la Région de Mopti (PDCRM), le projet phare de la Fondation Aga Khan au Mali, Zana Koné, lui a donné l’assurance que la Fondation Aga Khan, fait partie de ceux-là , en précisant qu’un projet test d’aménagement de 50 hectares a même été lancé dans la zone de Sarémala grâce à  un soutien financier conséquent de l’OFDA, avec lequel la Fondation travaille en synergie. Le champ modèle de Douti Koné à  Bounguel est une réalisation concrète du Programme de Développement Coordonné dans la Région de Mopti. Douti fait partie des 27 paysans semenciers. En cette période de pré-récolte, son champ, qui s’étend sur un hectare, a fière allure à  côté de l’état piteux des champs voisins. La botte sécrète de Douti, c’est le «Toronion» une semence à  croissance rapide (70-90 jours) qui a été retenue par les producteurs de la contrée eux-mêmes parmi la kyrielle de variétés proposées. Cerise sur le gâteau, cette variété offre un rendement de plus d’une tonne à  l’hectare contre…600 kg pour les variétés locales. C’’est une réponse du Programme pour endiguer les effets du changement climatique. Ici, l’ambition du PDCRM C’’est de créer un réseau dense de producteurs semenciers afin d’approvisionner toute la zone en semences améliorées adaptées au changement climatique. Champs écoles Autre objectif visité par les journalistes, C’’est le champ école de Ladji Dembélé à  Komo dans la commune de Dandougou Fakala, un village situé à  130 km au sud de Mopti. Le champ est une véritable école à  ciel ouvert o๠différentes techniques culturales sont expérimentées, o๠une formation est assurée pour lutter contre les nuisibles des plantes, o๠les plantes adaptées à  la sécheresse sont testées. En tout, 8 champs de formation, 52 écoles-paysans de restitution dont 12 champs de femmes ont vu le jour dans les cercles de Mopti et de Djenné. La formation a touché, cette année, 3 022 producteurs dont 835 femmes. Dans les champs écoles, les pratiques paysannes sont comparées aux pratiques améliorées. On a à  faire avec 16 variétés améliorées de sorgho à  l’image des variétés locales améliorées, comme le « Guéfoué » ou le « Toronion ». s’y ajoutent la « Synthétique 06 » la « Maà¯wa » ou la « Synthétique 03 », des hybrides appelées localement « Wolosso » dont le rendement peut aller jusqu’à  2 tonnes à  l’hectare contre seulement 600-700 kg pour la variété locale. Pour les membres de la Coopérative des producteurs de gombo de Madiama, le Programme de Développement Coordonné dans la Région de Mopti de la Fondation Aga Khan apparaà®t comme une véritable aubaine. Voilà  une population brave regroupée au sein de la coopérative « Marayiriwako » comprenant des Markas, Peuls, Bozos, Rimaà¯bé, Dogon, qui a vaillamment cherché, mais en vain, son salut à  travers la culture du gombo. Il a fallu que la Fondation Aga Khan entre dans la danse avec son savoir-faire, et à  la clé, une étude de marché, des séances de formation, une aide à  la commercialisation et un accompagnement financier conséquent pour que la coopérative trouve le chemin de la prospérité. Avec une encaisse de 2 000 100 FCFA. Cette coopérative, forte 532 femmes et de 8 hommes seulement, souhaite aller de l’avant en se dotant d’un magasin, d’une bascule et d’autres petits matériels. La coopérative qui pratique déjà , en plus du gombo servant de locomotive, la culture du riz, du mil et de l’arachide, veut aussi s’adonner à  des cultures de contre-saison, à  la l’aviculture et à  la pisciculture. 200000 personnes bénéficiaires des actions de la fondation Aga Khan C’’est dans une véritable ambiance de fête que la population de Djébitaga, village insulaire Somono situé à  quelques encablures des berges du fleuve Niger à  Mopti a reçu la caravane de presse. La délégation de la Fondation Aga Khan accompagnant la caravane des journalistes, à  laquelle s’étaient joints des responsables d’Orange Mali conduite par Modibo Coulibaly, a été accueillie dans les dédales sablonneux de Djébitaga par les youyous de femmes. « Fama, soyez les bienvenus » pouvait-on entendre, par-ci par-là . En réalité, les 2 500 âmes de Djébitaga, dont la vie est rythmée par les clapotis des vagues du « Djoliba » nourricier, ne savaient plus, dans la spontanéité qui les caractérise, comment extérioriser leur immense joie. La Fondation Aga Khan, qui travaille en synergie, le cas échéant, avec d’autres partenaires, vient de doter le village, grâce à  un appui financier de la Fondation Orange, d’une maternité pour environ 25 millions de FCFA. Avant, il fallait faire près d’une heure d’horloge pour évacuer par pinasse les femmes en travail avec tous les aléas que comportait une telle solution. Sans compter les cas des patients dont le pronostic vital était engagé. En plus, de la gynéco-obstétrique, la Direction Régionale de la Santé a affecté un agent de santé pour assurer le paquet minimum. La nouvelle maternité de Djébitaga fait partie des 15 maternités pour la construction desquelles la Fondation Orange a débloqué la coquette somme de 173 450 000 FCFA. En ce jeudi 30 octobre, jour d’inauguration de sa nouvelle maternité, le chef de village de Djébitaga, Birama Traoré, chaleureusement entouré de ses conseillers, avait tout l’air d’un homme comblé. Aussi, s’est-il fait un devoir d’exprimer, au nom de sa communauté, sa gratitude à  l’endroit de la Fondation Orange et surtout de la Fondation Aga Khan par laquelle le bonheur est arrivé. En définitive, ce sont 200 000 personnes qui bénéficient des actions de la Fondation Aga Khan dans les cercles de Mopti et de Djenné, un choix qui se justifie par le fait qu’ils sont dans le peloton de queue, pour ne pas dire qu’ils sont la lanterne rouge quant à  l’indice de développement humain au Mali. Des actions qui se déclinent dans les domaines de la santé, de l’éducation et développement de la petite enfance, du développement rural (agriculture et maraà®chage) et de l’environnement/résilience aux changements climatiques.

Mopti : trois assassinats en une nuit

La violence et la mort. Les habitants de Mopti n’ont pas réussi à  s’habituer à  cela. Et quand elles y sont confrontées à  l’horreur, elles n’en reviennent pas que cela ait pu se passer dans leur ville. Vendredi 05 septembre 2014, dans la nuit, des individus opèrent dans la ville et tuent trois personnes. On ne sait à  ce jour pas si ce sont les mêmes auteurs pour les trois crimes mais cela est vraisemblable au regard du mode opératoire. Un vrai film d’horreur La première victime s’appelait Issa Goro. Il était boutiquier à  Sévaré. Son corps a été retrouvé devant la porte de sa boutique qui fait face d’ailleurs au commissariat de police de Sévaré. Apparemment égorgé dans son sommeil. La deuxième victime, également un jeune homme dont l’identité n’a pas été révélée. Lui aussi, tué sous le nez des forces de sécurité, devant la poste de contrôle de Barbé, à  l’entrée de Sévaré. Selon des témoins, il s’agirait d’un apprenti chauffeur, obligé de passer la nuit sur place parce qu’ n’ayant pas eu de voiture pour le retour. Au mauvais endroit au mauvais moment, dirait-on. Une troisième personne subira le même sort. Elle succombera à  ses blessures alors qu’il tentait d’échapper à  son ou ses agresseur(s). A l’incompréhension et l’inquiétude a très vite succédé la colère. Les habitants sont ulcérés que les forces de sécurité puissent être ainsi narguées sans réagir. Le jeune Moussa Sylla se demande « si on tue les citoyens devant la poste de contrôle et le commissariat de police, o๠serons-nous en sécurité dans ce pays ? « . Le plus curieux dans l’affaire, c’est que les assassins n’ont rien volé et n’ont enlevé aucun organe des victimes. Ce qui fait penser à  un règlement de compte. Mais on ignore pour l’instant le motif de cette vindicte et le lien entre les trois victimes. D’aucuns pensent que ce serait une « action de défiance » aux forces de sécurité, histoire de montrer que personne n’est à  l’abri et que la population n’est guère protégée. Du côté de la police, l’enquête suit son cours. Deux féticheurs avaient été arrêtés puis relâchés, faute de preuve. Aucune autre piste n’a été évoquée pour l’instant. Et la population se demande qui peut bien être l’auteur de ces actes barbares et surtout s’il va de nouveau frapper.

Mopti et Bandiagara inaugurent leur village artisanal

Bâti sur une superficie de 3 hectares, le village artisanal de Mopti est un endroit moderne convivial et fonctionnel pour la relance économique en 5è région. La pose de la première faite avait été faite en 2010 sous l’ancien président Amadou Toumani Touré. Il aura couté à  l’Etat malien un peu moins de 2 milliards de CFA. l’architecture comprend : une zone de production, une d’exploitation vente, une zone d’animation et des bureaux ; Le président de l’assemblée nationale, Issaka Sidibé, en compagnie des ministres de l’artisanat et du tourisme, de l’emploi et de la formation professionnelle, ont procédé ensemble à  l’inauguration officielle le lundi 1er septembre 2014. Avec ce village artisanal, il s’agit de donner plus de visibilité au savoir-faire malien. « Sa gestion, qui sera votre affaire, devra être saine et transparente. Son occupation et son animation seront le gage de sa rentabilité », a déclaré Mme Berthé Aissata Bengaly, ministre de l’artisanat et du tourisme. Le président l’Assemblée nationale Issaka Sidibé qui a eu tous les honneurs de la population de Mopti, a salué la grande mobilisation pour cette fête : « Notre présence ici vise à  encourager Mopti pour booster la relance économique du Mali car le tourisme a souffert avec la crise. Je félicite le gouvernement pour la réalisation de ce joyau architectural. J’encourage les bénéficiaires à  en faire un bon usage ». Relance économique et touristique Côté artisans, « ce joyau est un rêve qui prend forme», estime Mamadou Minkoro Traoré, président de l’Assemblée permanente des chambres des métiers du Mali (APCM). Sans oublier les emplois crées, avec plus d’une centaine de personnes qui pourront y exposer et vendre leurs produits, se réjouit Mahamane Baby, ministre de l’emploi et de la formation professionnelle. Quant à  Oumar Bathily, maire de la ville de Mopti, il a donné toutes les assurances pour la bonne exploitation du nouvel endroit. Après la ville de Mopti, la délégation s’est rendue à  Bandiagara à  une centaine de km pour inaugurer la Maison des femmes, d’un coût de 300 millions de francs et financée par le royaume du Danemark, un appui aux artisans à  travers un programme qui prend en compte les jeunes, les femmes et promeut la création d’emplois. Car l’artisanat joue un grand rôle dans la vie économique, sociale et culturelle du Mali. Il représente 40 à  46% de la population active et occupe une large part du PIB. l’inauguration de l’autre Maison des artisans est prévue ce mardi à  Djenné.

Confort et sérénité à l’hôtel Ambedjele de Mopti

Des chambres disséminées dans un espace de verdure, une piscine aux dimensions de rêve, des matériaux locaux comme le bois ou la pierre taillée pour orner les chambres, une décoration purement africaine faà®te avec goût et imagination font que cet hôtel-resort, situé entre Mopti et Sévaré, ne vous laissera pas indifférent. San Nientao, son propriétaire est revenu depuis un mois au Mali, avec l’idée de pérenniser un projet humanitaire. Celui de créer un groupe de volontaires à  Mopti pour réhabiliter des rues, intervenir dans le domaine de l’éducation, du sport et de la culture mais aussi de l’économie. Enfant de Mopti, Mohamed Nientao est marié à  Clémence et père de trois enfants. Amoureux de sa ville fondée par ses ancêtres bozos, les familles Kanta, Niaré, Nassiré et Nientao, la ville a toujours été un carrefour de plusieurs ethnies et cultures, explique t-il. Mopti était un pôle économique majeur au Mali et la crise a touché de plein fouet le tourisme bien avant la guerre, mais le plus dur est désormais derrière et le jeune entrepreneur encourage la jeunesse, la société civile à  participer à  la reconstruction du pays par l’initiative privée pour redémarrer un Mali nouveau. Car croit Nientao, Mopti possède un potentiel incroyable. C’’est une presqu’à®le entourée d’eau et de berges sauvages. La ville a surtout besoin de ses habitants pour la nettoyer et la rendre économiquement viable et attractive. l’hôtel Ambedjele est le fruit du travail et de la passion d’un homme qui a su lui rendre son potentiel touristique. Mohamed et Clémence Nientao vous y attendent et se feront un plaisir de vous faire découvrir cet endroit unique. Journaldumali.com : Vous venez d’ouvrir l’hôtel Ambedjele à  Mopti, qu’offre t-il au visiteur ? Mohamed San Nientao : Ambedjele signifie en langue dogon bienvenue. D’o๠le choix de ce nom pour cet hôtel que J’appellerai plutôt un resort et qui est complètement différent de ce que l’on peut voir ailleurs. Vous avez 24 chambres, 3 suites sur un site d’un hectare. Ici, les clients auront une qualité de service haut standing avec un personnel qualifié et souriant. Ceux qui viendront dans cet hôtel auront plus de loisirs qu’ailleurs. Il y’a par exemple un terrain de volley-ball, une table de ping-pong, un jeu de fléchette électronique, la pétanque, une piscine qui fait 30 mètres de long et une autre traditionnelle pour garder ce côté local, puisqu’il n’y a pas de carreaux au fond (rires). Vous utilisez beaucoup les matériaux locaux comme le bois, la terre, le basin pour les draps de lit etC’… ? l’idée est de faire de la production locale en donnant du travail aux Mopticiens. Les matériaux de l’hôtel sont constitués à  90% de pierre travaillée par des artisans du pays dogon. A l’intérieur, les draps sont en basin et teints par les femme de Mopti. La plomberie, les lavabos et autres commodités sont réalisés en terre par des artisans de Mopti dont la célèbre Khadija Nienta. Quant aux lumières dans le jardin, ce sont des poteries cuites de Mopti. Il y’a deux aspects importants à  Ambedjele, premièrement créer de la richesse localement et rendre aux Mopticiens leur fierté. Parce qu’en Afrique, de manière générale, on a souvent tendance à  penser que ce qui vient d’ailleurs est meilleur. Nous avons un vrai potentiel ici et qu’il suffit juste de mettre en valeur. Combien a coûté la rénovation de cet hôtel? Pour réaliser une telle structure, il faut bien entendu avoir le capital nécessaire au départ et au Mali, beaucoup de gens ont ce capital même si C’’est une question de visibilité et de spécialisation. Dans mon travail, J’ai eu la chance de faire le tour du monde en fréquentant beaucoup d’hôtels, ce qui m’a donné des idées. Pour Ambedjele, j’ai eu réel coup de C’œur parce que le site a d’abord été crée par des espagnols. En 2008, je suis venu y célébrer mon mariage et j’en suis littéralement tombé amoureux. Lorsque j’y suis revenu en 2012 au moment de la crise, j’ai été attristé par l’état de dégradation de l’hôtel après le départ des espagnols. Financièrement, le coût de viabilité de l’hôtel est important avec les factures d’eau et d’électricité et le gérant de l’époque n’a pas su garder la main. J’ai donc décidé d’aller à  Barcelone voir les espagnols pour racheter l’hôtel. Je les ai convaincus que malgré la dureté de la situation, il ne fallait surtout laisser tomber parce que cet endroit avait de la valeur. Aujourd’hui, depuis mon arrivée à  Mopti, nous avons dépensé près de 30 millions pour restaurer l’hôtel. Parlons des tarifs, combien coûtent les prestations à  l’hôtel Ambedjele ? Mon objectif pour le moment n’est pas de faire de la rentabilité. Le plus important est de rassurer les personnes avec qui je travaille et qui sont toutes payées. Concernant les tarifs, les suites à  Ambedjele sont à  55000 CFA la nuit, les chambres classiques à  39500 CFA mais avec la crise, nous pouvons faire des remises jusqu’à  environ 35000CFA la nuit. Nous sommes aussi réputés pour le petit déjeuner à  Ambedjele. Nous proposons à  nos clients des viennoiseries, des omelettes variées, des fruits frais et du jus local. Pour l’heure, J’emploie une quinzaine de personnes sur le site et J’espère que ce nombre va augmenter avec la reprise des activités économiques. Et très bientôt nous allons intégrer un bar américain, une salle de sport et même un spa avec massage et des jacuzzis plus tard. J’ai beaucoup voyagé en Asie et cela m’a donné de belles idées d’aménagement pour créer une dimension zen à  Ambedjele Comment faà®tes-vous pour tenir, il faut quand même rentabiliser ? Je reste absolument positif et je pense que la rentabilité viendra avec le temps. Le business, C’’est fait pour gagner, mais je crois également que dans nos pays, il ne faut pas considérer le profit immédiat mais promouvoir l’entreprenariat solidaire. Même si J’ai été formé dans un environnement capitaliste, tout ce que je gagnerai dans l’avenir sera réinvesti à  Mopti. C’’est cela notre philosophie. D’ailleurs, nous avons 5000 mètres carrés de disponible autour l’hôtel et nous espérons développer nos activités en y construisant un centre de loisirs, avec toboggans, piscine et même des terrains de jeux pour les enfants…