Action Anticipatoire : la Croix-Rouge malienne engage le dialogue national  

À l’initiative de la Croix-Rouge malienne, la première édition de la plateforme de dialogue national sur l’Action Anticipatoire (AA) s’est ouverte ce mercredi 23 juillet au Centre international de conférences de Bamako. Placée sous le thème « Institutionnaliser l’action anticipatoire au Mali : vers un cadre national durable et inclusif », cette rencontre de trois jours vise à renforcer la résilience des communautés face aux catastrophes climatiques et humanitaires.

Dans une salle remplie de représentants des services de l’État, d’organisations humanitaires, d’experts techniques et de partenaires financiers, l’heure était à l’unité autour d’une ambition d’agir avant que la crise ne frappe.
Coorganisée avec la Plateforme Nationale de Réduction des Risques de Catastrophes (PNRRC), la rencontre marque un tournant vers l’institutionnalisation des Actions Anticipatoires (AA) dans les politiques nationales.
La représentante de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), Dorien Dolman, a souligné que cette approche « constitue aujourd’hui une réponse concrète et innovante pour réduire les impacts des catastrophes avant même qu’elles ne surviennent, tout en renforçant la résilience des communautés vulnérables ». Selon elle, entre 2022 et 2024, 7,7 millions de personnes ont été protégées dans le monde grâce à un investissement global de 17,8 millions de francs suisses.
« L’organisation de cette plateforme constitue un moment charnière dans l’histoire de l’action humanitaire anticipatoire au Mali », a affirmé le Secrétaire général de la Croix-Rouge malienne, Nouhoum Maïga. Depuis 2016, la Croix-Rouge malienne mène des actions pilotes de « Forecast-based Financing » (FBF) pour anticiper notamment les inondations, à travers l’élaboration de déclencheurs et l’activation de plans d’actions précoces en coordination avec la Direction Nationale de l’Hydraulique.
Institutionnaliser pour mieux protéger
Pour le Colonel Cheick Fatamady Koné, représentant du Directeur Général de la Protection Civile, l’enjeu est clair : « La mise en œuvre des Actions Anticipatoires n’est plus une option, mais une nécessité stratégique. Ces approches permettent d’agir en amont des crises à partir d’indicateurs prévisionnels fiables, afin de réduire les impacts humanitaires, matériels et économiques des catastrophes. » En 2024, a-t-il rappelé, le Mali a enregistré 95 décès et 154 blessés liés aux aléas climatiques, sans compter les lourdes pertes agricoles et infrastructurelles qui freinent le développement.
Durant ces trois jours, du 23 au 25 juillet, participants et experts vont plancher sur l’intégration des AA dans la stratégie nationale de réduction des risques, les systèmes d’alerte précoce, les données et déclencheurs, ainsi que sur des thématiques comme la digitalisation ou le financement anticipatif.
Des sessions parallèles aborderont notamment l’intégration des AA dans les politiques publiques, l’engagement communautaire ou la limite entre prévention et anticipation.
Des acquis divers
Parmi les acquis déjà enregistrés figurent la mise en place d’un Groupe Technique de Travail sur les AA, l’adoption d’une feuille de route nationale, la cartographie des zones de vulnérabilité, la co-création de prototypes de messages d’alerte et l’élaboration d’un premier jet du plan national AA inondations.
« Ces avancées structurantes posent les jalons d’un système anticipatif efficace et intégré », a salué le Colonel Koné, en rappelant l’engagement des plus hautes autorités, notamment du Président de la Transition, le Général Assimi Goïta, à placer la gestion des risques et des catastrophes au cœur des politiques publiques.
La FICR en soutien
La FICR, par la voix de Mme Dolman, a réaffirmé son engagement à soutenir la Croix-Rouge malienne dans l’intégration juridique et stratégique des AA, ainsi que la mobilisation des ressources pour leur mise en œuvre effective. Elle a aussi salué le rôle moteur de la Croix-Rouge malienne, « un exemple particulièrement inspirant dans la région », qui a su activer ses plans anticipatoires là où d’autres pays ont échoué faute de coordination.
En ouvrant les travaux de cette première édition de la plateforme de dialogue national sur l’action anticipatoire, le représentant du Directeur Général de la Protection Civile a appelé à « des échanges ouverts, francs et constructifs » pour transformer l’anticipation en un pilier de la protection civile malienne.
« L’espoir des communautés vulnérables repose sur notre capacité à innover, à coopérer et à agir à temps », a-t-il insisté.
Mohamed Kenouvi

Dialogue humanitaire au Mali : le FONGIM initie le Café des ONG  

Dans le cadre de la campagne ‐ Le Mali en action, la contribution des ONG internationales – le Forum des ONG internationales au Mali (FONGIM), qui regroupe 110 organisations, a organisé la première édition du Café des ONG internationales ce 24 juin 2025. Ce cadre d’échange a permis aux acteurs d’aborder les défis et les perspectives des ONG dans un contexte difficile, où malgré les efforts, les besoins restent supérieurs aux moyens.

Le Mali traverse depuis plus d’une décennie une crise multidimensionnelle, dont les conséquences ont contribué à une dégradation de la situation socio-économique des communautés dans plusieurs localités du pays. Déplacement de populations, fermeture d’écoles ou de centres de santé, inaccessibilité à l’eau ou absence d’activité économique : ces maux ont aggravé la vulnérabilité de certaines couches sociales.
Pour répondre à leurs besoins et appuyer l’État dans ses missions, plusieurs organisations internationales, dont celles regroupées au sein du FONGIM, ont apporté leur assistance dans divers secteurs. C’est ainsi qu’en 2024, les organisations membres du FONGIM ont appuyé 880 écoles en kits et équipements scolaires, scolarisé 122 851 enfants dans le système classique, inscrit 10 925 enfants dans les Centres de Stratégie de Scolarisation Accélérée – Passerelle (SSAP) et construit ou réhabilité 295 salles de classe.
Dans le domaine de la santé, plus de 556 centres ont reçu des appuis en médicaments, vaccins ou autres équipements.
Sur le plan de la sécurité alimentaire, 868 789 personnes ont bénéficié d’une assistance alimentaire d’urgence, et 67 271 personnes ont été soutenues dans des activités génératrices de revenus. En matière de lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) et dans le cadre de la cohésion sociale, les ONG ont également apporté leur soutien à de nombreuses personnes, ainsi que dans la création d’emplois.
Mais malgré ces réalisations, les défis sont immenses, et les attentes envers les ONG restent grandes.
Défis persistants
Confrontées à la persistance de la crise, et donc à la croissance des besoins, ces organisations doivent faire face à de multiples défis, dont des préjugés qui ont la vie dure. Tantôt perçues comme des sauveurs, elles sont souvent vues comme des « espions » ou des acteurs qui contribuent à la dépravation des mœurs. Les ONG sont surtout « confrontées à trois crises majeures : politique, sécuritaire, environnementale », selon un responsable du FONGIM, ce qui fait que l’écart reste important entre les moyens disponibles et les besoins à satisfaire.
Elles en ont conscience : désormais, les ONG « ont la lourde responsabilité de transformer les perceptions négatives en perceptions positives », en rappelant qu’elles interviennent dans un cadre légal et qu’elles n’ont pas vocation à remplacer l’État, mais à l’appuyer.

4ème édition du FoMAH : Une mobilisation collective pour la résilience et l’action humanitaire au Sahel

La 4ème édition du Forum Malien des Acteurs Humanitaires (FoMAH) s’est tenue, ce jeudi 26 décembre 2024, au Centre International de Conférences de Bamako (CICB), sous le thème « Résilience et action humanitaire dans le Sahel ». Ce rendez-vous annuel, organisé par le consortium S.O.S – Solidarité 223, OPEN Mali et SOPOTOI, a rassemblé plus de 60 organisations humanitaires locales et internationales, ainsi que des représentants de l’État et des collectivités locales.

 

Urgence humanitaire : Lancement du Plan de Réponse de la Croix-Rouge malienne

La Croix-Rouge malienne a lancé, le 2 décembre 2024 à Bamako, un appel d’urgence de 5,6 milliards FCFA pour fournir une assistance à plus de 200 000 personnes dans plusieurs régions du pays. Cet appel répond à une situation d’urgence humanitaire complexe au Mali, caractérisée par l’insécurité alimentaire, les inondations et les déplacements de populations.

Plus de 1,3 million de personnes sont estimées en situation d’insécurité alimentaire au Mali, dont plus de 120 000 en situation d’urgence. En septembre 2024, le pays comptait plus de 378 000 personnes déplacées internes.
Cette situation s’est aggravée en raison des récentes inondations qui ont touché plusieurs régions du pays, affectant près de 370 000 personnes et déplaçant des milliers de familles dont les habitations ont été détruites ou gravement endommagées.
La réponse de la Croix-Rouge malienne face à cette situation d’urgence complexe sera mise en œuvre sur 12 mois (novembre 2024 – octobre 2025) dans les régions de Koulikoro, Kayes, Ségou, Sikasso, Gao, Tombouctou, Mopti et le district de Bamako. Le plan de réponse a été présenté en présence de la présidente de la Croix-Rouge malienne, ainsi que des représentants du ministère de la Santé et du Développement social et de la Fédération internationale des Sociétés de Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
« La Croix-Rouge du Mali et ses partenaires du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge font appel à l’altruisme et à la solidarité humanitaire, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, pour venir en aide aux populations vulnérables », a déclaré Nouhoum Maiga, secrétaire général de la Croix-Rouge malienne. À ce jour, plus de 800 millions de FCFA ont déjà été récoltés auprès des partenaires internationaux.
« La réponse humanitaire que nous mettons en place aujourd’hui déterminera l’avenir de milliers de familles. Nous nous engageons pleinement à soutenir cet effort collectif », a assuré Dr. Abdoulaye Guindo, secrétaire général du ministère de la Santé et du Développement social.
Une fois complètement mobilisé, le montant de 5,6 milliards FCFA servira à réaliser plusieurs activités du plan de réponse en faveur des populations touchées, construit autour de trois piliers : l’assistance intégrée, la santé, l’eau, l’assainissement et l’hygiène, ainsi que la protection et la prévention.
Le plan prévoit notamment la distribution de kits d’abris et d’articles ménagers essentiels aux ménages touchés, ainsi que des aides financières pour permettre aux ménages les plus vulnérables de couvrir leurs besoins essentiels. Il inclut également la mise en place et l’équipement de périmètres maraîchers ainsi que la formation des communautés sur les techniques agricoles, d’élevage, de soins animaliers et d’activités génératrices de revenus.
Des activités de surveillance communautaire et de promotion de la santé seront également menées pour réduire les risques sanitaires dans les zones touchées.
Mohamed Kenouvi

 

Face à l’insécurité persistante : MSF suspend ses activités à Nampala

L’organisation humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF) a récemment décidé de suspendre temporairement ses activités à Nampala, dans la région de Ségou. Cette suspension fait suite à une attaque ciblant l’une de ses équipes le 14 octobre dernier.

Selon les informations fournies par MSF, une équipe accompagnant des agents de santé locaux a été attaquée à la périphérie de Nampala par un groupe armé. En raison de ces tensions sécuritaires, MSF a jugé nécessaire de suspendre temporairement ses interventions médicales pour préserver la sécurité de son personnel.
Rappelons que sur place, les équipes de MSF prodiguaient des soins médicaux d’urgence, particulièrement pour les habitants déplacés par les conflits. Lors de l’attaque, des assaillants ont dépouillé les membres de l’équipe, mettant en péril à la fois leur sécurité et celle des patients. Le retrait temporaire de MSF laisse ainsi la localité sans accès à des soins de santé essentiels, dans une zone où l’aide humanitaire reste limitée.
Malgré leur neutralité, les organisations sont de plus en plus visées par des groupes armés. Dans son communiqué, MSF rappelle aux parties au conflit leur devoir de respecter les civils, les infrastructures de santé et les acteurs humanitaires. Cette situation souligne la nécessité de renforcer les dispositifs de sécurité pour les équipes opérant dans des zones de conflits.
Cette suspension des activités de MSF n’est pas la première dans cette zone. En novembre 2023, confrontée à une situation similaire, l’organisation avait temporairement déplacé une partie de ses opérations vers des localités moins exposées comme Molodo et Niono, dans le but de continuer à prodiguer des soins, mais dans des conditions moins risquées.
Depuis le début de ses opérations en 2022, MSF est la seule organisation internationale à offrir des soins gratuits aux résidents de Nampala. Ses interventions sont particulièrement vitales pour les jeunes enfants et les femmes enceintes, particulièrement exposés à des maladies saisonnières telles que le paludisme. La suspension de MSF crée ainsi un vide considérable dans l’accès aux soins pour cette population vulnérable.
Des garanties de sécurité réclamées pour une reprise des activités
En collaboration avec les autorités maliennes, MSF a entamé des discussions pour obtenir des assurances permettant un retour sur le terrain en toute sécurité. La reprise de ses activités reste conditionnée à la mise en place de mesures de sécurité claires pour éviter que des incidents similaires ne se reproduisent. Les négociations en cours visent à garantir la protection du personnel humanitaire conformément aux principes du droit international humanitaire.

« 8 mai » : la Croix-Rouge malienne veut rehausser la visibilité de ses actions

Dans le cadre de la commémoration de la journée internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge célébré  chaque année le 8 mai, la Croix-Rouge malienne en partenariat avec la délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) au Mali a animé une conférence de presse mercredi 3 mai 2023 au siège de la société nationale à Bamako pour annoncer les différentes activités prévues pour cette édition.

Comme tous les ans, cette journée en hommage au père fondateur du Mouvement Croix-Rouge / Croissant-Rouge Henri Dunant,  est l’occasion de souligner le travail humanitaire accompli par la Croix Rouge malienne et ses partenaires et de sensibiliser l’opinion publique à l’importance de la solidarité nationale.

Elle est également une opportunité pour l’ensemble du mouvement Croix-Rouge / Croissant Rouge de mettre en avant la force du réseau mondial et la contribution des 17 millions de volontaires à travers les 192 pays membres.

Placée sous le thème « Toujours près des communautés avec le Cœur », la célébration de  journée du 8 mai 2023 vise à rehausser la visibilité et la lisibilité des actions du mouvement international de la Croix Rouge et du Croissant Rouge auprès du public.

« Le message que je souhaite passer est de ne pas oublier toutes ces personnes déplacées, réfugiées, blessées, affectées par les conflits ou le changement climatique  et qui sont en besoin d’un minimum d’assistance ou de protection, au nom de notre principe d’humanité. Nous sommes tous des humains, peu importe le statut de la personne dans le besoin, nous devons essayer de nous entraider au maximum », a plaidé Antoine Grand, Chef de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge au Mali.

Une célébration avec faste

Plusieurs activités sont au programme cette année, en plus de la conférence de presse  du 3 mai. Il s’agit  d’une cérémonie de don de sang en partenariat avec une université publique ou privée prévue le même jour, d’une marche humanitaire le 8 mai précédée d’un dépistage du cancer  du col de l’utérus le 5 mai en collaboration avec le CSREF de la Commune I et d’une collecte et dons d’habits et de tout biens essentiels aux personnes déplacées

Par ailleurs, d’autres activités seront menées auprès du grand public, des médias et des volontaires à l’instar des séances d’orientation sur le mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, d’une campagne digitale qui a commencé le 1er mai et se poursuivra jusqu’au pour mettre en lumière l’apport incommensurable des volontaires et du personnel de la Croix-Rouge, et des SMS Flash envoyés aux clients des trois réseaux de téléphonie mobile du pays avec des messages clairs appelant à soutenir les actions humanitaires de la Croix-Rouge au Mali.

« Nous avons plus de 40 projets qui s’articulent autour de la santé, la protection des adolescents, l’assistance humanitaire, le rétablissement des liens familiaux, la lutte contre les VBG, de l’eau, hygiène et assainissement entres autres », a rappelé Mme Assitan Coulibaly, présidente de la Croix-Rouge Malienne

Fondée  le 20 août 1965, la Croix-Rouge malienne fêtera   dans quelques mois ses 58 ans d’actions humanitaires au Mali. Aujourd’hui, elle compte plus de 4000 volontaires actives

Assistance humanitaire : un besoin de plus de 454 milliards de francs CFA

À travers le Plan de réponse humanitaire, la communauté internationale envisage apporter une assistance multisectorielle d’urgence répondant aux besoins vitaux et permettant aux populations des zones en crise au Mali de rester dignes, en assurant un accès minimum et équitable aux services sociaux de base et en préparant les bénéficiaires à mieux résister aux chocs. Ce Plan a été présenté le mardi 31 janvier 2023 par le Bureau du Mali de la Coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA). Visant à apporter une assistance humanitaire à 5,7 millions de personnes affectées par les conflits et les chocs climatiques, le Plan de réponse humanitaire 2023 pour le Mali nécessite pour sa mise en œuvre la mobilisation de 751,4 millions de dollars américains, soit 454,8 milliards de francs CFA. Malgré les efforts de l’État et de ses partenaires, qui ont assisté plus de 2,9 millions de personnes sur les 5,3 millions ciblées par la réponse humanitaire en 2022, par la mobilisation de 260 millions de dollars sur les 686 millions recherchés, la tendance des besoins est toujours croissante, avec une hausse de 17% par rapport à janvier 2022.