Arrestations à la mine d’or de Yanfolila : cinq cadres maliens détenus

Cinq responsables maliens exerçant à la mine d’or de Yanfolila ont été placés en détention par les autorités judiciaires, dans le cadre d’une enquête portant sur l’application du code minier et de la réglementation des changes, selon des sources proches du dossier.

Les personnes concernées travaillent pour la Société des Mines de Komana (SMK), entité chargée de l’exploitation du site aurifère de Yanfolila, situé dans le sud du Mali. Les interpellations sont intervenues le vendredi 26 janvier 2026, à l’issue de vérifications menées par les services compétents.

Les faits portent sur le rapatriement des recettes d’exportation en devises, une obligation prévue par le code minier révisé et les textes encadrant les activités extractives. Les autorités cherchent à établir les flux financiers concernés ainsi que leur conformité aux règles en vigueur.

Une enquête financière est en cours afin de déterminer le volume exact des montants concernés. Aucun chiffre officiel n’a, pour l’heure, été communiqué par les autorités judiciaires.

La mine de Yanfolila constitue l’un des principaux sites aurifères du pays. Elle a produit 83 965 onces d’or, soit environ 2,61 tonnes, au cours de l’année 2023. Les réserves connues du gisement sont estimées à près de 493 000 onces, selon les données techniques publiées par l’opérateur.

L’exploitation du site est assurée par la SMK, filiale de Hummingbird Resources, société minière d’origine britannique spécialisée dans l’or en Afrique de l’Ouest. Depuis 2025, Hummingbird Resources n’est plus cotée en bourse, après le rachat de l’ensemble de ses actions par le groupe burkinabè Nioko Resources Corporation, devenue propriétaire unique du groupe.

Dans le cadre de l’application du code minier révisé, l’État malien a porté sa participation dans la Société des Mines de Komana à 20 %, conformément aux nouvelles règles encadrant les actifs miniers stratégiques.

Un accord signé en janvier 2025 entre l’entreprise et les autorités prévoit par ailleurs le versement d’environ 16,4 millions de dollars, soit près de 10 milliards de francs CFA, au Trésor public. Ce montant couvre des régularisations liées à la mise en conformité du projet minier et à certains ajustements fiscaux.

Les activités de la mine se poursuivent normalement pendant la procédure. Les autorités n’ont pas encore communiqué sur les suites judiciaires envisagées, l’instruction se poursuivant sous la conduite des services compétents.

 

Examens nationaux : le calendrier officiel arrêté pour 2026

Le ministère de l’Éducation nationale a fixé les dates des examens nationaux de l’année scolaire 2025-2026 à travers une décision officielle. Le calendrier concerne l’ensemble des cycles de formation générale, technique et professionnelle.

Pour le Certificat d’Aptitude Professionnelle, les travaux pratiques se dérouleront du 11 au 15 mai 2026, suivis des épreuves écrites prévues du 18 au 23 mai. Le Diplôme d’Études Fondamentales entamera les épreuves d’éducation physique et sportive du 11 au 23 mai, avant les compositions écrites programmées du 1er au 3 juin 2026.

Le Brevet de Technicien prévoit ses travaux pratiques du 8 au 13 juin, tandis que les épreuves écrites auront lieu du 15 au 19 juin 2026. Pour le Baccalauréat, les travaux pratiques et l’épreuve d’éducation islamique sont fixés du 10 au 12 juin, avant les épreuves écrites prévues du 22 au 25 juin.

Concernant les Instituts de formation des maîtres, les épreuves d’éducation physique et sportive se tiendront du 15 au 18 juin, les épreuves orales et pratiques du 22 au 25 juin, puis les épreuves écrites du 29 juin au 3 juillet 2026.

Le BT Santé se déroulera avec les épreuves écrites du 20 au 24 juillet, suivies, le cas échéant, des épreuves pratiques du 27 juillet au 10 août 2026. Le BT Agro-pastoral est programmé du 7 au 11 septembre 2026 pour les épreuves écrites.

Ce calendrier marque le cadre officiel d’organisation des examens nationaux pour l’année scolaire 2025-2026.

Lors de la précédente session, les examens nationaux avaient mobilisé environ 135 000 candidats à l’échelle du pays, selon les données communiquées par le ministère de l’Éducation nationale, illustrant l’ampleur logistique de ces épreuves.

 

 

65ᵉ anniversaire de l’Armée malienne : la nation rend hommage à ses forces

Le Mali a commémoré ce mardi le 65ᵉ anniversaire de la création de son armée nationale, à l’occasion d’une cérémonie officielle présidée par le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, Chef suprême des Armées.

La cérémonie s’est tenue à la place d’armes du 34ᵉ Bataillon du Génie militaire de Bamako, en présence du Premier ministre, du Président du Conseil national de Transition, du ministre de la Défense et des Anciens combattants, du Chef d’état-major général des Armées, des membres du gouvernement, ainsi que de nombreux responsables militaires. Des représentants du corps diplomatique et des partenaires du Mali ont également pris part à l’événement.

À son arrivée, le Chef de l’État a procédé au dépôt d’une gerbe de fleurs au pied du mémorial militaire, en hommage aux soldats tombés pour la patrie. Il a ensuite passé les troupes en revue après l’exécution de l’hymne national, dans un moment de recueillement et de solennité.

La commémoration a été marquée par la remise de distinctions honorifiques à plusieurs militaires, en reconnaissance de leur bravoure, de leur engagement et de leur sens du devoir. Parmi les décorations attribuées figurent notamment la Croix de la valeur militaire, la médaille du Mérite militaire, la médaille de sauvetage ainsi que la médaille des blessés. Ces distinctions ont été remises par le Chef d’état-major général des Armées, le Général de Division Oumar Diarra.

Dans le cadre de l’action sociale au profit des Forces armées, le Président de la Transition a également remis un chèque géant d’un montant de 17 213 725 920 francs CFA au ministre de la Défense et des Anciens combattants, destiné au service social des Armées. Des chèques individuels ont ensuite été remis aux ayants droit au cours de la cérémonie.

L’événement s’est achevé par un défilé militaire réunissant troupes à pied, unités motorisées et moyens aériens, illustrant la montée en puissance progressive des Forces armées et de sécurité.

Lien indissociable

S’exprimant à l’issue de la cérémonie, le Chef de l’État a rendu un hommage appuyé au Président Modibo Keïta et à ses compagnons, fondateurs de l’Armée malienne, rappelant la portée historique du 20 janvier, symbole du lien indissociable entre la Nation et son armée.

Le Président de la Transition a également souligné la résilience du peuple malien depuis 2021, estimant que cette mobilisation collective a permis d’engager des réformes profondes au sein des Forces armées et de sécurité. Selon lui, ces efforts ont contribué à la reconquête d’une grande partie du territoire national autrefois sous contrôle de groupes armés, ainsi qu’au retour progressif de l’administration et de certaines populations déplacées.

Il a salué l’engagement des Forces armées sur les différents théâtres d’opérations, menées de façon autonome ou dans le cadre de la Force unifiée de l’Alliance des États du Sahel, précisant que ces actions ont permis la destruction de plusieurs bases terroristes, la neutralisation de combattants et la reddition de certains éléments armés.

Le Chef suprême des Armées a annoncé que l’année 2026 sera consacrée à l’intensification des opérations militaires sur l’ensemble du territoire, avec un renforcement des effectifs, le redéploiement des unités et la construction de nouveaux camps afin d’assurer une présence durable de l’État.

Défense des intérêts du pays

Il a par ailleurs adressé ses félicitations aux médias publics et privés pour leur contribution à l’information nationale et leur rôle dans la défense des intérêts du pays, les appelant à poursuivre leur engagement dans un contexte sécuritaire exigeant.

Tout en réaffirmant la priorité accordée aux efforts de réconciliation, le Président de la Transition a indiqué que les combattants qui choisiront de déposer les armes continueront d’être accompagnés, tout en soulignant que ceux qui refuseront cette dynamique feront face à une réponse ferme des forces de défense.

Concluant son intervention, le Chef de l’État a réaffirmé la détermination du Mali à poursuivre la montée en puissance de son armée jusqu’à la sécurisation complète du territoire national, insistant sur la vigilance, l’unité et la mobilisation permanente face à un ennemi en constante mutation.

Extradition de Paul-Henri Damiba : le Togo applique la procédure judiciaire

Le gouvernement togolais a confirmé, à la mi-janvier 2026, l’extradition vers le Burkina Faso de l’ancien chef de l’État burkinabè, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, renversé en septembre 2022 et installé depuis lors au Togo.

Dans un communiqué officiel daté du 19 janvier 2026, les autorités togolaises indiquent avoir reçu, le 12 janvier, une demande d’extradition formulée par les autorités judiciaires du Burkina Faso. Cette requête visait l’ancien président de la transition burkinabè, poursuivi notamment pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite, corruption, blanchiment de capitaux et incitation à la commission de crimes et délits.

Après examen de la régularité de la demande, les autorités compétentes togolaises ont engagé la procédure prévue par le droit interne. Paul-Henri Damiba a été interpellé le 16 janvier 2026 à Lomé, en exécution du mandat d’arrêt joint à la demande d’extradition, avant d’être placé sous écrou.

Le dossier a ensuite été transmis à la chambre d’instruction de la cour d’appel de Lomé, juridiction compétente en matière d’extradition. À l’issue d’une audience publique tenue le même jour, la juridiction a rendu un avis favorable à la remise de l’intéressé aux autorités burkinabè. Cette décision s’est appuyée sur plusieurs éléments, notamment les garanties fournies par le Burkina Faso quant au respect de l’intégrité physique de l’ancien dirigeant, de ses droits au cours de la procédure judiciaire, ainsi que l’absence de peine de mort.

Le communiqué précise également que l’avis favorable s’inscrivait dans le cadre des instruments internationaux auxquels le Togo est membre, ainsi que sur le principe de réciprocité entre États. Paul-Henri Damiba a été remis aux autorités burkinabè le 17 janvier 2026.

Ancien officier de l’armée burkinabè, Paul-Henri Damiba avait accédé au pouvoir en janvier 2022 à la suite du renversement du président Roch Marc Christian Kaboré. Il avait lui-même été écarté huit mois plus tard, en septembre 2022, lors d’un nouveau coup d’État conduit par le capitaine Ibrahim Traoré, avant de quitter le Burkina Faso pour s’installer au Togo.

L’extradition intervient alors que le Burkina Faso demeure sous régime de transition, sans pouvoir issu d’élections nationales. Sur le plan juridique, toutefois, la demande émane des autorités judiciaires burkinabè et non d’une instance politique, ce qui constitue la base formelle retenue par la justice togolaise pour instruire la procédure.

Aucune communication officielle n’a encore précisé les suites judiciaires attendues.

 

Situation humanitaire : plus de 414 000 déplacés internes recensés au Mali

Publié à partir du bulletin OCHA partagé récemment, le dernier état des lieux humanitaire dévoile une dynamique persistante des déplacements internes. Les données confirment l’ampleur des mouvements de population et la pression croissante sur plusieurs régions du pays.

La situation humanitaire au Mali demeure marquée par l’ampleur des déplacements de population. Selon la Matrice de suivi des déplacements de septembre 2025, publiée conjointement par l’Organisation internationale pour les migrations et le ministère de la Santé et du Développement social, le pays compte 414 524 personnes déplacées internes. Ce chiffre représente une hausse de 12 357 personnes par rapport à la précédente mise à jour.

Cette évolution est attribuée à la persistance de l’insécurité dans plusieurs zones, à la dégradation des conditions climatiques et à l’élargissement progressif des opérations d’enregistrement menées sur le terrain. Les mouvements concernent principalement des ménages contraints d’abandonner leurs localités d’origine à la suite d’attaques armées, de restrictions de mobilité ou de la fragilisation de leurs moyens de subsistance.

Les données indiquent que les déplacements restent fortement concentrés dans certaines régions. Quatre d’entre elles regroupent à elles seules 70,6% de la population déplacée interne. Gao enregistre environ 227 000 personnes déplacées, suivie de Bandiagara avec près de 92 000, Ménaka avec 74 000 et Mopti avec environ 28 000 personnes.

D’autres régions accueillent également des effectifs significatifs. Tombouctou compte environ 36 300 personnes déplacées internes, tandis que Ségou en recense près de 47 000. Kidal et Taoudéni enregistrent respectivement environ 6 000 et 2 000 déplacés. Ces chiffres traduisent une dispersion géographique progressive du phénomène, au-delà des foyers historiques de crise.

La composition démographique de la population déplacée demeure préoccupante. Les femmes et les enfants représentent 58% des personnes concernées, accentuant les besoins en matière de protection, de santé, de nutrition et d’éducation. Les sites d’accueil et les communautés hôtes, souvent déjà vulnérables, subissent une pression intense sur l’accès à l’eau, aux services sociaux de base et aux moyens de subsistance.

Le rapport fait également état de la présence de réfugiés sur le territoire malien, estimés à plus de 45 000 personnes, principalement originaires du Burkina Faso et du Niger. Parallèlement, plus de 190 000 réfugiés maliens sont enregistrés dans les pays voisins, notamment au Niger, en Mauritanie et au Burkina Faso, selon les données humanitaires consolidées.

Ces mouvements croisés illustrent une crise régionale durable, où déplacements internes et exil transfrontalier se répondent. Pour les acteurs humanitaires, la situation souligne la nécessité de maintenir les mécanismes d’assistance, d’améliorer l’accès aux zones affectées et de renforcer les réponses de protection, alors que les besoins continuent d’évoluer sur fond d’insécurité persistante et de vulnérabilités climatiques.

Transformation numérique : une stratégie nationale pour structurer le secteur à l’horizon 2030

La transformation numérique est désormais érigée en priorité stratégique avec l’adoption d’un cadre national destiné à organiser le développement du secteur pour les années à venir. La stratégie couvre la période 2026-2030 et ambitionne de moderniser l’administration, sécuriser les usages et améliorer l’accès des citoyens aux services numériques.

Adoptée en Conseil des ministres le 16 janvier 2026 sur le rapport du ministre de la Sécurité et de la Protection civile, la stratégie nationale de transformation numérique marque une nouvelle étape dans la structuration du secteur. Elle intervient dans un contexte où les outils digitaux occupent une place croissante dans la gestion publique, l’économie et la vie quotidienne, souvent sans cadre suffisamment harmonisé.
Ces dernières années, l’usage du numérique s’est développé à un rythme soutenu. Les services administratifs ont progressivement intégré les plateformes en ligne, les opérateurs économiques se sont adaptés aux nouveaux modes de communication et les citoyens ont massivement adopté le téléphone mobile comme principal moyen d’accès à l’information. Aujourd’hui, près de neuf millions de personnes utilisent internet, tandis que le nombre de connexions mobiles dépasse largement celui de la population, traduisant à la fois un fort potentiel et des disparités persistantes.
La stratégie 2026-2030 entend répondre à ces déséquilibres. Elle vise à renforcer les infrastructures numériques, promouvoir l’économie digitale et développer les compétences locales afin de mieux accompagner l’évolution des usages. L’un des objectifs affichés est de réduire la fracture numérique entre les zones urbaines et rurales, où l’accès reste inégal et parfois instable.
Enjeu sécuritaire 
Le document met également un accent particulier sur la sécurisation de l’espace numérique. À mesure que l’administration se digitalise et que les données circulent davantage, les risques augmentent. Les autorités relèvent la nécessité de protéger les systèmes d’information, les plateformes publiques et les infrastructures critiques contre les cybermenaces, dans un environnement régional marqué par la multiplication des attaques informatiques et des usages malveillants.
Cette dimension sécuritaire est présentée comme un préalable à toute transformation durable. La stratégie prévoit ainsi un renforcement de la gouvernance de la cybersécurité, le développement d’une culture numérique responsable et la mise en place de mécanismes de prévention et de réponse aux incidents. L’objectif est de créer un cadre de confiance permettant aux administrations, aux entreprises et aux citoyens d’utiliser les outils numériques sans crainte.
Moteur de croissance 
Au-delà des aspects techniques, la stratégie porte une vision plus large du développement. Le numérique y est perçu comme un moteur de croissance économique, capable de stimuler l’innovation, de soutenir l’entrepreneuriat et de favoriser l’émergence de nouveaux métiers. La formation des ressources humaines occupe ainsi une place centrale, avec la volonté de renforcer les capacités locales et de limiter la dépendance à l’expertise extérieure.
Les autorités estiment que cette approche globale permettra d’améliorer l’efficacité de l’action publique, de rapprocher l’administration des usagers et de renforcer la transparence. La numérisation des procédures est appelée à simplifier les démarches, réduire les délais et limiter certaines pratiques informelles, à condition toutefois que l’accès soit équitable et inclusif.
La mise en œuvre de la stratégie s’étalera sur plusieurs années et nécessitera des textes d’application, des investissements conséquents et une coordination étroite entre les différents acteurs publics et privés. Son succès dépendra également de la capacité à traduire les orientations générales en actions concrètes sur le terrain.
À travers ce document, l’État affirme sa volonté de reprendre la maîtrise de son espace numérique et d’en faire un outil au service du développement et de la souveraineté. Reste désormais le défi de l’exécution, dans un secteur où les ambitions sont souvent fortes mais où les résultats se mesurent dans la durée.

Année de la Culture : Un bilan contrasté

Décrétée « Année de la Culture » par le Président de la Transition, l’année 2025 s’est achevée avec l’organisation de la Biennale artistique et culturelle à Tombouctou, du 18 au 28 décembre. Cette décision, largement saluée par les acteurs culturels, portait l’ambition d’aller au-delà d’une succession d’événements pour repositionner durablement la culture au cœur du projet de refondation nationale.

Le lancement officiel du programme « Mali Culture 2025 », le 27 février au Centre international de conférences de Bamako, avait donné le ton. Les autorités avaient alors mis en avant la transmission des valeurs du Mali Kura à la jeunesse, la revitalisation culturelle des territoires et le rôle de la culture dans la cohésion sociale. Une conférence nationale sur la revitalisation de la culture et du tourisme, organisée en début d’année, avait également réuni professionnels et décideurs autour des défis structurels du secteur.

Refonder

Pour de nombreux acteurs, la décision de consacrer 2025 à la culture représentait avant tout un signal politique. « Il s’agit désormais de mettre la culture au centre de tout », estime Binogo Ouologuem, membre de l’association Guina Dogon, pour laquelle la culture constitue un socle dans la quête de cohésion sociale et de paix. Une culture enracinée dans les valeurs locales, mais ouverte sur le monde, est perçue comme un levier de développement à l’échelle des territoires.

Dans les faits, plusieurs manifestations ont jalonné l’année, dont la Biennale, Ségou’Art ou encore des festivals de théâtre et de marionnettes maintenus malgré un contexte sécuritaire contraignant. Ces rendez-vous ont offert une visibilité au secteur, sans toutefois combler les attentes en matière de structuration durable.

Pour les acteurs du livre, l’Année de la Culture a ravivé l’espoir d’une relance. Niaré Fatoumata Keita, écrivaine et éditrice, plaide pour des mesures concrètes, allant du soutien à l’édition à la création de bibliothèques dans les régions et les communes. Des propositions similaires ont émergé dans le cinéma, où Salif Traoré souligne la nécessité d’une véritable école de cinéma et d’une relance des circuits de distribution et de diffusion.

Au-delà des expressions artistiques, plusieurs observateurs notent que les enjeux de diplomatie culturelle, d’industrie culturelle et d’économie culturelle sont restés peu visibles. Le financement, les infrastructures et l’accès aux marchés constituent toujours des points de fragilité.

Pour beaucoup, l’Année de la Culture aura permis de replacer le sujet dans le débat public. Reste désormais à transformer cette visibilité en politiques culturelles durables, capables de faire de la culture un pilier économique, social et symbolique du renouveau national.

Office du Niger : Abdoulaye Diané nommé nouveau président-directeur général

Le Conseil des ministres du 16 janvier 2026 a procédé à la nomination d’Abdoulaye Diané à la tête de l’Office du Niger. Cette décision intervient dans un contexte marqué par plusieurs changements à la direction de cette structure stratégique pour l’agriculture malienne.

Abdoulaye Diané prend officiellement les rênes de l’Office du Niger à l’issue du Conseil des ministres tenu le 16 janvier 2026. Il succède à une direction intérimaire assurée depuis décembre dernier par Sékou Ibrahima Barry, mise en place après l’abrogation, en novembre 2025, du décret portant nomination de Badara Aliou Traoré. Cette nouvelle désignation met ainsi fin à une période de transition à la tête de l’un des établissements publics les plus sensibles du pays.

Structure clé du dispositif agricole national, l’Office du Niger occupe une place centrale dans la production rizicole et l’aménagement des périmètres irrigués. Il concerne directement plusieurs dizaines de milliers d’exploitants et conditionne, en grande partie, les performances du secteur agricole et les politiques publiques en matière de sécurité alimentaire. À ce titre, chaque évolution de sa gouvernance suscite une attention particulière.

Interrogations

Les changements intervenus ces derniers mois n’ont pas manqué d’alimenter interrogations et attentes. Dans les cercles agricoles comme au sein de l’administration, beaucoup s’interrogent sur la capacité de l’institution à retrouver une stabilité managériale durable, indispensable à la planification des campagnes et à la conduite des projets structurants.

Ce contexte s’explique en partie par les conclusions de plusieurs missions de contrôle. Les rapports du Bureau du Vérificateur général consacrés à la gestion de l’Office du Niger, notamment sur la période allant de 2020 à 2024, ont mis en évidence diverses insuffisances. Les auditeurs relèvent des faiblesses dans le dispositif de contrôle interne, des irrégularités administratives et des manquements dans la gestion de certains marchés publics.

Sur le plan financier, les mêmes rapports font état d’irrégularités portant sur plusieurs milliards de francs CFA, liées à des paiements indus, à des dépenses insuffisamment justifiées et à des pratiques non conformes aux règles de passation des marchés. Certains faits jugés susceptibles de poursuites ont été transmis aux autorités judiciaires compétentes, conformément aux procédures prévues.

D’autres observations concernent la gestion foncière et le suivi du cadastre, éléments pourtant essentiels dans une zone où l’accès à la terre constitue un enjeu majeur. Les retards de mise à jour et les insuffisances de traçabilité ont été signalés, tout comme des difficultés dans la gestion du parc automobile et des ressources humaines.

 

La question des subventions agricoles, notamment celles relatives aux engrais, a également été évoquée dans les rapports de contrôle. Des dysfonctionnements administratifs et des retards dans la mise à disposition ont été relevés, avec des répercussions directes sur les campagnes agricoles et les producteurs.

Contraintes

Pour de nombreux observateurs, ces constats traduisent moins des défaillances individuelles que les limites d’un système confronté à de fortes contraintes. L’Office du Niger demeure une structure ancienne, aux missions multiples, soumise à des pressions économiques, sociales et institutionnelles permanentes. Sa gestion nécessite à la fois rigueur administrative, vision stratégique et dialogue constant avec les exploitants.

La nomination d’Abdoulaye Diané s’inscrit ainsi dans une volonté de relance et de réorganisation. Les attentes sont nombreuses, tant du côté des autorités que des producteurs et des partenaires techniques. Le nouveau dirigeant est désormais attendu sur la mise en œuvre effective des recommandations issues des audits, le renforcement de la gouvernance interne et la restauration d’un climat de confiance.

Au-delà du changement d’homme, c’est la capacité de l’Office du Niger à se réformer durablement qui est en jeu. Dans un contexte marqué par les enjeux de souveraineté alimentaire et de résilience économique, la performance de cette institution reste un facteur déterminant pour l’avenir du secteur agricole malien.

 

Niger : des transporteurs sanctionnés pour refus d’acheminer du carburant vers le Mali

Les autorités nigériennes ont récemment pris des mesures disciplinaires contre plusieurs transporteurs et chauffeurs ayant refusé d’acheminer du carburant vers le Mali, confronté depuis plusieurs mois à de fortes tensions d’approvisionnement en hydrocarbures. Les sanctions ont été officialisées par un arrêté du ministère nigérien des Transports.

Selon les autorités, 14 sociétés de transport spécialisées dans les hydrocarbures ont vu leur autorisation d’exercer retirée de manière définitive, tandis que 19 chauffeurs se sont vu retirer leur permis de conduire. Un autre opérateur a été suspendu pour une durée d’un an. Les personnes concernées sont accusées de ne pas avoir respecté une réquisition administrative les enjoignant d’assurer le transport de carburant vers le Mali.

Les transporteurs mis en cause avaient invoqué des risques sécuritaires élevés sur les axes routiers reliant le Niger au Mali, plusieurs convois ayant été ciblés par des groupes armés ces derniers mois. Les autorités nigériennes estiment toutefois que des dispositifs de sécurisation avaient été mis en place et que le refus de livraison constituait une infraction aux obligations réglementaires.

Cette décision s’inscrit dans le cadre de la coopération au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), dont le Niger et le Mali sont membres, et vise à garantir la continuité des flux stratégiques, notamment énergétiques. Elle intervient dans un contexte régional marqué par des attaques répétées contre les infrastructures et les convois logistiques, aggravant les pénuries et les tensions économiques.

À Niamey, le gouvernement affirme vouloir envoyer un signal de fermeté, tout en réaffirmant sa volonté d’assurer la sécurité des transporteurs sur les corridors stratégiques reliant les États membres de l’AES.

 

 

Santé publique : l’OMS plaide pour des taxes plus élevées sur le sucre et l’alcool

Dans des rapports publiés le 13 janvier 2026, l’Organisation mondiale de la santé a appelé les États à augmenter les taxes sur les boissons sucrées et les produits alcoolisés. L’objectif est de réduire les consommations nocives et de mobiliser des ressources pour des systèmes de santé sous pression.

L’OMS estime que les niveaux actuels de taxation restent généralement trop bas, favorisant l’accessibilité de ces produits même si leur impact sur la santé est bien documenté. L’agence recommande une hausse d’au moins 20 % des taxes sur les boissons sucrées, ce qui pourrait faire chuter leur consommation de 10 à 20 %, contribuant ainsi à freiner la progression de l’obésité et du diabète de type 2.

Dans le monde, 116 pays ont mis en place des taxes ciblant les boissons sucrées, mais celles-ci sont souvent limitées à certains produits comme les sodas et excluent les jus ou boissons lactées sucrées. Pour l’alcool, 167 pays prélèvent des taxes, mais leurs taux restent souvent faibles et non ajustés à l’inflation, rendant ces produits plus abordables au fil du temps.

Sur le continent africain, le défi est double. La consommation de boissons sucrées et alcoolisées augmente, notamment chez les jeunes urbains, tandis que les systèmes de santé font face à une pression financière accrue. Les maladies non transmissibles — obésité, diabète, maladies cardiovasculaires — représentent aujourd’hui une part croissante des décès, créant une charge budgétaire lourde pour des pays déjà dépendants de financements externes. Entre 2021 et 2025, certains pays d’Afrique ont enregistré une baisse de jusqu’à 70 % de l’aide extérieure, accentuant le besoin de ressources internes pour la santé.

Des analyses montrent que l’accessibilité croissante de ces produits est liée à une absence de mise à jour des taxes : entre 2022 et 2024, dans 62 pays, les boissons sucrées sont devenues plus abordables, et dans 56 pays, c’est le cas pour la bière, faute de réajustement des politiques fiscales par rapport à l’inflation et aux revenus. Ce phénomène est observé dans plusieurs économies africaines, alimentant des comportements de consommation jugés à risque par les experts sanitaires.

L’OMS souligne que des taxes bien calibrées peuvent jouer un rôle stratégique dans les politiques de santé publique. En plus de dissuader la consommation de produits nocifs, elles peuvent générer des recettes fiscales substantielles, réinvesties dans la prévention, la promotion de modes de vie sains, l’accès aux soins et le renforcement des systèmes de santé. Des exemples de pays ayant obtenu des résultats positifs grâce à de telles mesures seront prochainement publiés par l’agence.

Alors que les gouvernements cherchent des leviers pour améliorer la santé de leurs populations et assurer la viabilité de leurs systèmes de soins, la recommandation de l’OMS met l’accent sur une approche intégrée alliant fiscalité, prévention et éducation sanitaire.

 

FEMAFOOT : dix membres du Bureau exécutif démissionnent

La Fédération malienne de football est entrée dans une phase d’instabilité institutionnelle après la démission de dix membres de son Bureau exécutif, actée le mardi 13 janvier 2026. Cette évolution intervient alors que l’instance dirigeante, élue en 2023, était engagée dans un mandat courant jusqu’en 2027.

Selon des sources concordantes au sein de la fédération, les démissions concernent des responsables issus de plusieurs commissions centrales, traduisant une rupture interne d’ampleur au sein de l’organe exécutif. Les départs ont été formellement notifiés, mettant fin à leur participation aux travaux du Bureau.
Sur le plan statutaire, l’article 38.10 des statuts de la FEMAFOOT prévoit la convocation d’une Assemblée générale extraordinaire lorsque le Bureau exécutif se trouve privé d’une partie significative de ses membres. En pratique, cette disposition s’applique désormais, sans entraîner automatiquement la dissolution du Bureau en place. À ce stade, aucune décision formelle de dissolution n’a été annoncée par les instances compétentes.
Cette situation s’inscrit dans un contexte marqué par des relations tendues entre la direction fédérale et plusieurs ligues régionales, sur fond de divergences liées à la gouvernance, à l’organisation des compétitions et aux équilibres institutionnels. Ces désaccords, perceptibles depuis plusieurs mois, avaient fragilisé le fonctionnement interne de la fédération avant la vague de démissions.
Le climat sportif a également pesé sur cette évolution. L’élimination de la sélection nationale en quart de finale de la dernière Coupe d’Afrique des nations a renforcé les critiques autour de la gestion fédérale et accéléré un processus de rupture déjà engagé.
Dans l’immédiat, la convocation d’une Assemblée générale extraordinaire apparaît comme l’issue institutionnelle prévue par les textes pour statuer sur la suite du mandat et les modalités de gouvernance. Les prochains jours devraient permettre de préciser le calendrier et les options retenues, dans un contexte suivi de près par les acteurs du football national et continental.

CAN Maroc 2025 : le Mali éliminé, l’attente d’un dernier carré se prolonge

Battu par le Sénégal en quart de finale, le Mali quitte la CAN Maroc 2025 sans victoire et avec de nombreux regrets. Cette nouvelle élimination prolonge une longue attente, les Aigles n’ayant plus atteint les demi-finales depuis plus d’une décennie.

Ce vendredi 9 janvier 2026, le Mali a vu son parcours s’arrêter en quart de finale de la Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025, après une défaite un but à zéro face au Sénégal. Une sortie frustrante, tant le scénario du match et le bilan global de la compétition laissent une impression d’occasion manquée.

Disputée du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, cette CAN devait permettre aux Aigles de confirmer leur statut de sélection solide du continent. Elle se referme pourtant sur une élimination au même stade que lors de la CAN 2023 en Côte d’Ivoire. Comme deux ans plus tôt, le Mali échoue aux portes du dernier carré, incapable de faire basculer les matchs en sa faveur.

Le quart de finale face au Sénégal a été marqué par un fait de jeu précoce. Le but décisif est inscrit très tôt par Iliman Ndiaye, profitant d’une faute de main inhabituelle du gardien malien Djigui Diarra. Une erreur isolée pour celui qui aura pourtant été l’un des joueurs les plus réguliers et les plus décisifs du Mali durant cette CAN. Après ce but encaissé, le portier malien s’est parfaitement repris, réalisant plusieurs arrêts déterminants qui ont maintenu son équipe dans le match.

Sur l’ensemble du tournoi, Djigui Diarra s’est distingué comme l’un des meilleurs Maliens. Son huitième de finale du 5 janvier 2026 contre la Tunisie reste l’un des moments forts du parcours malien. Auteur de deux arrêts lors de la séance de tirs au but face aux Aigles de Carthage, il avait été l’un des principaux artisans de la qualification pour les quarts de finale, au terme d’un match long et éprouvant.

Ce succès aux tirs au but a toutefois laissé des traces. Le Mali est arrivé au rendez-vous face au Sénégal avec une fatigue évidente, conséquence d’un huitième de finale disputé jusqu’à la prolongation. À l’inverse, le Sénégal s’était qualifié plus sereinement la veille, le 4 janvier, en dominant le Soudan trois buts à un dans le temps réglementaire. Cette différence de fraîcheur s’est ressentie dans un quart de finale fermé, où chaque détail comptait.

La rencontre s’est également compliquée pour le Mali avec l’expulsion de son capitaine Yves Bissouma, laissant son équipe terminer le match en infériorité numérique. Ce carton rouge s’inscrit dans un contexte plus large, le Mali ayant écopé de trois exclusions au cours du tournoi, un chiffre révélateur d’une tension mal maîtrisée dans des matchs souvent indécis.

Le bilan chiffré de cette CAN 2025 résume les difficultés rencontrées. En cinq matchs disputés, le Mali n’a remporté aucune rencontre dans le temps réglementaire. Quatre matchs nuls, seulement trois buts marqués pour quatre encaissés, une production offensive insuffisante pour rivaliser avec les meilleures équipes du continent. Cette incapacité à concrétiser les occasions reste un problème récurrent, observé d’une compétition à l’autre.

Cette élimination prolonge surtout une attente devenue pesante. Le Mali n’a plus atteint les demi-finales de la Coupe d’Afrique des Nations depuis l’édition de 2013. Depuis cette date, malgré des générations talentueuses et des parcours souvent honorables, les Aigles butent inlassablement sur le stade des quarts de finale. La CAN 2023 en Côte d’Ivoire, perdue face au pays hôte dans les derniers instants après avoir ouvert le score, et cette CAN 2025 au Maroc en sont les illustrations les plus récentes.

Au terme de cette campagne marocaine, le constat est sans détour. Le Mali possède une base collective solide, un gardien performant et une capacité à rivaliser dans les matchs fermés, mais reste pénalisé par une attaque peu efficace et des moments d’égarement coûteux. Tant que ces limites persisteront, l’accès au dernier carré restera hors de portée.

L’élimination de ce jour referme un nouveau chapitre fait d’espoirs et de regrets. Elle rappelle surtout que le Mali, compétitif et respecté, attend toujours de retrouver les demi-finales d’une CAN, plus de douze ans après sa dernière apparition à ce niveau.

Ségou : Des civils blessés après une attaque aérienne à la foire de Dogofry

Une attaque aérienne a frappé la foire de Dogofry, dans le cercle de Sokolo, le 6 janvier, faisant de nombreux blessés parmi les civils. Les équipes de Médecins Sans Frontières, en collaboration avec les services de santé maliens, ont assuré la prise en charge des victimes.

À Dogofry, commune rurale du cercle de Sokolo, dans la région de Ségou, une attaque aérienne a brutalement interrompu le cours ordinaire de la foire locale, un rendez-vous essentiel pour les populations de la zone. Selon les informations communiquées par Médecins Sans Frontières, cette frappe a touché un espace de rassemblement civil, transformant en quelques instants un lieu de vie et d’échanges en scène de chaos et de détresse.
Très rapidement après les faits, les équipes médicales de MSF, en collaboration avec celles du ministère de la Santé, se sont mobilisées pour faire face à l’afflux de blessés. L’organisation humanitaire indique que « les équipes MSF et du ministère ont pris en charge les blessés », soulignant l’ampleur de l’urgence médicale déclenchée par cette attaque. Vingt-quatre personnes ont été référées vers l’hôpital de Niono, tandis que trente autres ont été soignées au centre de santé communautaire de Dogofry.
Derrière ces chiffres se dessinent des trajectoires de vie brutalement heurtées.
Parmi les personnes prises en charge figuraient des blessés graves, dont une femme enceinte, selon les précisions apportées par MSF. Ces éléments rappellent la vulnérabilité extrême des civils pris au piège d’un conflit qui continue de s’étendre dans le centre du Mali, où marchés, foires et rassemblements communautaires restent exposés aux violences.
La région de Ségou, et plus particulièrement les zones rurales comme Dogofry et Sokolo, demeure marquée par une insécurité persistante. Dans ce contexte, l’intervention rapide des acteurs humanitaires constitue souvent la seule ligne de survie pour des populations éloignées des grandes structures de soins. « Notre priorité est de sauver des vies et d’assurer une prise en charge médicale rapide et adaptée », rappellent régulièrement les équipes de Médecins Sans Frontières, confrontées à des situations d’urgence répétées.
Au-delà de la réponse médicale immédiate, cet événement ravive les inquiétudes relatives à la protection des civils et au respect des espaces à caractère civil dans les zones de conflit. Pour les habitants de Dogofry, la foire représente bien plus qu’un simple marché, elle est un pilier de la vie sociale et économique locale. Sa transformation en lieu de drame laisse une communauté sous le choc, confrontée à la peur, au deuil et à l’incertitude.
Alors que les blessés continuent d’être suivis médicalement, MSF maintient sa présence aux côtés des structures de santé locales, dans un environnement sécuritaire toujours instable. Une présence indispensable dans une région où chaque attaque rappelle la fragilité du quotidien et l’urgence d’une meilleure protection des populations civiles.
Cet événement intervient dans un contexte de dégradation continue de la situation de protection des civils au Mali. Selon les données consolidées du Cluster Protection Mali, 20 578 violations des droits humains ont été documentées au cours du premier semestre 2025, dont 6 591 au premier trimestre et 13 987 au deuxième. Ces violations concernent principalement des atteintes directes contre les civils et leurs biens, dans un contexte où les espaces à caractère civil restent particulièrement exposés aux violences, notamment dans les régions du centre du pays.

Cour suprême : Bamassa Sissoko prend les rênes de la plus haute juridiction

À la suite du départ à la retraite de Fatoma Théra, le magistrat Bamassa Sissoko a été nommé président de la Cour suprême du Mali. Magistrat de classe exceptionnelle, il accède à la tête de l’institution dans un contexte de réformes profondes et d’enjeux majeurs pour l’État de droit.

La Cour suprême du Mali, plus haute juridiction administrative et judiciaire du pays, connaît une nouvelle impulsion avec la nomination de Bamassa Sissoko à sa présidence. Cette désignation intervient après le départ à la retraite de Dr Fatoma Théra, qui aura marqué de son empreinte plusieurs années de fonctionnement de l’institution, notamment dans un environnement institutionnel complexe et évolutif.
Magistrat chevronné, Bamassa Sissoko appartient à la classe exceptionnelle de la magistrature malienne. Son parcours est jalonné de responsabilités de premier plan au sein de l’appareil judiciaire, en particulier dans les juridictions supérieures. Au fil des années, il s’est illustré par sa maîtrise des questions de droit administratif et juridictionnel, ainsi que par son implication dans le contrôle de la légalité des actes de l’administration publique.
Avant son accession à la tête de la Cour suprême, il a occupé plusieurs fonctions stratégiques liées à l’encadrement et à la supervision des juridictions, contribuant à la consolidation de l’autorité judiciaire et au renforcement de la sécurité juridique. Son profil, reconnu au sein du corps judiciaire, est souvent associé à la rigueur, à la discrétion et à une connaissance approfondie des équilibres institutionnels.
Son prédécesseur, Dr Fatoma Théra, quitte ses fonctions après un long passage à la présidence de la Cour suprême. Sous sa direction, l’institution a été confrontée à des dossiers sensibles, notamment en matière de contentieux administratif, électoral et de régulation des rapports entre les pouvoirs publics. Son départ à la retraite marque la fin d’un cycle et ouvre une nouvelle étape pour la juridiction suprême.
L’arrivée de Bamassa Sissoko à la présidence intervient à un moment clé pour la Cour suprême, appelée à jouer un rôle central dans l’architecture institutionnelle du pays. Au-delà de ses missions traditionnelles de juge de cassation et de contrôle de l’action administrative, la Cour est un pilier essentiel dans la protection des droits fondamentaux et le respect de la légalité républicaine.
Cette nomination s’inscrit dans le strict respect des textes régissant la magistrature malienne et traduit la volonté de continuité institutionnelle au sommet de l’appareil judiciaire.
Elle suscite également des attentes fortes, tant au sein de la communauté judiciaire que de l’opinion publique, quant au renforcement de l’indépendance de la justice et à la consolidation de l’État de droit.

Premier Conseil des ministres : l’AES installe ses mécanismes

Réunis le 20 décembre 2025 au palais de Koulouba, les ministres du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont lancé la première session confédérale du Conseil des ministres de la Confédération des États du Sahel. Présidée par le Général Assimi Goïta, la rencontre est présentée comme l’étape politique qui prépare la 2e session du Collège des chefs d’État prévue à Bamako les 22 et 23 décembre.

Au-delà de l’annonce, cette session installe, pour la première fois, un organe prévu par le Traité du 6 juillet 2024. Le texte définit le Conseil des ministres comme une instance confédérale rassemblant les portefeuilles des Affaires étrangères, de la Défense et de la Sécurité et de la coordination des questions de Développement. Il précise aussi que l’ordre du jour est fixé par le président de la Confédération après concertation, sur proposition du ministre des Affaires étrangères de l’État assurant la présidence.
Ce cadrage juridique permet de lire la réunion de Koulouba comme un moment de structuration administrative, destiné à transformer une architecture institutionnelle en instruments opérationnels. Le Traité constitutif de la Confédération des États du Sahel identifie trois domaines de compétences confédérales : la défense et la sécurité, la diplomatie et le développement.
Selon la communication officielle relayée par la présidence malienne, l’agenda de cette première session porte notamment sur le rapport d’exécution de la feuille de route de “l’An I”, sur des projets de protocoles additionnels liés aux trois piliers (défense, diplomatie, développement) et sur des textes encadrant les futures sessions parlementaires confédérales. Cette dernière pièce est centrale dans le Traité, qui prévoit des sessions confédérales des Parlements délibérant sur les questions d’intérêt commun et fixe le principe d’une représentation à nombre égal, avec des modalités renvoyées à un protocole additionnel.
Le format retenu à Bamako s’inscrit dans un calendrier de travaux en plusieurs paliers, avec des réunions préparatoires d’experts et de hauts fonctionnaires avant la session ministérielle, puis la rencontre des chefs d’État les 22 et 23 décembre.
L’enjeu annoncé est d’aboutir à des textes adoptables au plus haut niveau. La session du Collège doit aussi conduire à la désignation d’un nouveau président de la Confédération.
Dans son allocution inaugurale, Assimi Goïta a inscrit l’Alliance des États du Sahel dans une dynamique d’affirmation et d’autonomie, tout en appelant à des réponses concrètes et coordonnées face aux enjeux sécuritaires et économiques. Le discours présidentiel a également mis en avant l’ancrage populaire du projet confédéral et salué l’engagement des forces de défense et de sécurité des trois États membres.
Cette première session du Conseil des ministres installe un niveau de décision confédéral intermédiaire, appelé à traduire, en textes et en mécanismes, les orientations arrêtées par le Collège des chefs d’État.
Dans l’immédiat, le chantier le plus attendu reste la finalisation des protocoles additionnels annoncés, conçus pour préciser, domaine par domaine, les compétences confédérales et les règles de fonctionnement des organes prévus par le Traité.

AES : l’étendard remis à la Force unifiée

Le président de la Transition, chef de l’État et chef suprême des armées, le général d’armée Assimi Goïta, a présidé le samedi 20 décembre 2025 à Bamako la cérémonie solennelle de remise de l’Étendard à la Force unifiée de la Confédération des États du Sahel (FU-AES), présentée comme l’entrée en activité de ce dispositif multinational.

La cérémonie s’est tenue en présence du Premier ministre, du président du Conseil national de Transition, de responsables d’institutions, des ministres chargés de la Défense des pays membres, des chefs d’état-major, ainsi que de représentants diplomatiques et d’organisations internationales accrédités au Mali.

Dans son allocution, Assimi Goïta a présenté la remise de l’étendard comme une démarche politique et militaire, adossée à la dynamique engagée depuis la Déclaration de Niamey et le traité constitutif signé le 6 juillet 2024. Il a également mis en avant les opérations conjointes citées sous les noms Yéréko I et Yéréko II, attribuées à une planification commune, au partage du renseignement et à la mutualisation des moyens.

Sur le plan de l’architecture annoncée, le poste de commandement de la FU-AES est établi à Niamey, au sein de la base aérienne 101, site attenant à l’aéroport international Diori-Hamani. L’état-major intégré y est dirigé par un officier burkinabè, le colonel Éric Dabiré, cité comme premier responsable de cette structure.

À Bamako, la Présidence a aussi salué l’installation du commandement de la Force unifiée. Les communications relayées mentionnent également le général de brigade Daouda Traoré comme commandant de la FU-AES.

Le ministre malien de la Défense et des Anciens combattants, le général de corps d’armée Sadio Camara, a insisté sur une approche portée par la solidarité entre États membres, avec une doctrine affichée de prise en charge souveraine de la sécurité de l’espace AES.

La cérémonie a enfin donné lieu, à une présentation d’équipements associés à la Force unifiée, incluant notamment des blindés armés et des avions de combat.

 

Réforme de la Police nationale : adoption d’un projet d’ordonnance sur la Direction générale

Birahim Soumaré : « L’enfermement diplomatique n’est pas une option »

À l’approche du sommet de Bamako des 22 et 23 décembre 2025, Birahim Soumaré analyse les enjeux diplomatiques de l’Alliance des États du Sahel. L’ancien ambassadeur plaide pour une diplomatie unifiée, ouverte et fondée sur la coopération régionale et la sécurité des populations.

Le sommet de Bamako des 22 et 23 décembre 2025 est-il, selon vous, une étape de consolidation diplomatique de l’AES ou surtout un acte politique ?

Birahim Soumaré : Le sommet de Bamako va constituer une étape importante. Il peut être perçu comme une consolidation diplomatique, mais également comme un acte politique majeur pour les États de l’AES.

Il s’agira surtout de faire en sorte que les annonces politiques, la création d’institutions et le renforcement de la coopération militaire et économique puissent se traduire par une voie diplomatique unifiée. À certains moments, des nuances ont pu être observées dans les prises de position, notamment sur des dossiers régionaux sensibles. Ce sommet pourrait permettre d’harmoniser davantage le discours, compte tenu des enjeux sécuritaires et de développement.

Les experts et les ministres des Affaires étrangères ont travaillé sur des rapports et des textes préparatoires afin de donner une structuration durable à l’Alliance. Pour autant, cette structuration doit rester ouverte.

La rupture avec la CEDEAO est-elle tenable dans la durée, ou l’AES devra-t-elle recréer des canaux de dialogue régionaux ?

Birahim Soumaré : La sortie du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO a été actée en janvier 2025. À partir de cette date, l’organisation ouest-africaine a été reconfigurée par le départ de ces trois États.

Cependant, aussi bien la CEDEAO que l’AES ont intérêt à négocier des accords bilatéraux ou ad hoc, en particulier pour les États enclavés. Les défis sécuritaires dépassent les appartenances institutionnelles.

Les groupes armés opèrent selon leurs propres logiques stratégiques, indépendamment des cadres régionaux. Il est donc indispensable d’harmoniser la coopération, notamment en matière d’échange d’informations et d’opérations, afin de limiter l’impact sur les populations.

L’exemple des tensions sur l’approvisionnement en carburant au Mali illustre la nécessité de coopérer avec les États côtiers. Les trois pays de l’AES étant enclavés, l’isolement diplomatique ne constitue pas une option viable.

Comment les États voisins non membres de l’AES devraient-ils regarder cette alliance ?

Birahim Soumaré : Certains États perçoivent l’AES comme une rupture susceptible d’affecter la stabilité de la sous-région. Il s’agit néanmoins d’une initiative souverainiste affirmée. Sur le plan politique, cette dynamique peut apparaître ambivalente, car elle met parfois en tension souverainisme et intégration régionale.

L’essentiel est que l’AES se positionne comme un acteur de sa propre trajectoire, cherchant à s’autodéterminer, sans pour autant se fermer à des partenariats avec d’autres pays, y compris avec d’anciennes puissances, dès lors que les intérêts stratégiques et ceux des populations sont respectés.

La diversification des partenariats demeure essentielle. L’AES doit rester ouverte au monde.

Après le sommet de Bamako, quel sera selon vous l’enjeu diplomatique le plus urgent pour l’AES ?

Birahim Soumaré : L’enjeu principal réside dans le renforcement de l’intégration des forces de défense et de sécurité et dans la mise en place d’une diplomatie unifiée, sans confrontation directe avec la CEDEAO. Les trois États de l’AES constituent le Sahel central et sont confrontés à des défis sécuritaires, d’influence et de désinformation majeurs.

Il existe également des risques de frictions entre États de la sous-région, ce qui impose une vigilance accrue.

Sans coordination stratégique sécuritaire à l’échelle sous-régionale, il sera difficile de contenir durablement la menace armée. Ces dynamiques sont étroitement liées à des enjeux de contrôle et d’exploitation des ressources stratégiques, soutenues par des intérêts extérieurs.

Il est important que le sommet mette en évidence ces réalités, notamment autour des ressources minières. Enfin, une évolution de la CEDEAO vers une organisation davantage centrée sur les peuples pourrait faciliter une coopération fonctionnelle avec l’AES. L’espace sous-régional ne doit pas devenir un terrain d’influence de puissances extérieures, mais un cadre de coopération équilibrée au service des populations.

 

Mouvement des populations : la pression humanitaire s’accentue au Mali

Entre juillet et septembre 2025, le Mali a connu une hausse marquée des déplacements internes et des arrivées de réfugiés, dans un contexte sécuritaire dégradé. Ces données sont issues de la mise à jour opérationnelle de l’UNHCR Mali pour le troisième trimestre 2025.

Au 30 septembre 2025, la situation des mouvements de populations au Mali demeure caractérisée par des niveaux élevés de déplacements internes et par une augmentation notable de la population réfugiée. Selon les données consolidées par les autorités nationales et l’UNHCR, 334 167 réfugiés maliens vivaient dans des pays d’asile tandis que 831 réfugiés maliens étaient rentrés au pays. À l’intérieur du territoire, le nombre de personnes déplacées internes s’élevait à 402 167, avec 194 236 personnes déplacées ayant regagné leur localité d’origine. Dans le même temps, le Mali accueillait 165 700 réfugiés enregistrés et 85 774 en attente d’enregistrement, portant la population réfugiée totale à plus de 251 000 personnes.

Cette évolution est étroitement liée à la persistance de l’insécurité dans certaines zones du pays et le long des frontières. Depuis le 5 août 2025, le cercle de Koro, dans la région de Bandiagara, a enregistré des afflux significatifs de réfugiés burkinabè fuyant les violences. Ces arrivées ont contribué à plus que doubler la population réfugiée au Mali en un an, celle-ci étant estimée à environ 123 000 personnes en septembre 2024. Les nouveaux arrivants sont majoritairement des femmes, des enfants et des personnes âgées, arrivant dans des conditions de grande vulnérabilité et présentant des besoins immédiats en abris, en alimentation, en eau potable, en hygiène, en assainissement et en articles ménagers essentiels.

Urgence niveau 1

Face à cette situation, l’UNHCR a déclaré une urgence de niveau 1 en septembre 2025 et a ouvert une nouvelle unité de terrain à Koro afin de renforcer la coordination et la réponse humanitaire. Au cours du trimestre, plus de 27 700 nouveaux arrivants ont bénéficié d’un enregistrement biométrique dans cette zone, dont près de 90% de ressortissants burkinabè. Les enfants représentaient 58% des personnes enregistrées. Par ailleurs, cinq réfugiés ont obtenu des titres de voyage délivrés par la Commission nationale chargée des réfugiés.

Les activités de protection ont également été renforcées durant la période. L’UNHCR a apporté un appui technique aux autorités nationales pour la finalisation de la feuille de route sur l’asile. Cent trois survivants de violences basées sur le genre ont bénéficié d’une assistance multisectorielle comprenant un accompagnement médical et psychosocial ainsi que des références vers des services spécialisés. Des kits de dignité ont été distribués à 327 femmes et 73 filles. Des actions de sensibilisation ont touché 2 753 réfugiés, personnes déplacées internes et membres des communautés d’accueil, tandis que 160 leaders communautaires ont participé à des sessions de renforcement des capacités.

Diverses assistances malgré des moyens limités

Dans le secteur de l’éducation, 14 000 kits scolaires ont été distribués à des élèves réfugiés, déplacés internes et issus des communautés d’accueil dans les régions de Tombouctou, Gao et Ménaka. À Bamako, dix étudiants réfugiés ont bénéficié d’une prise en charge de leurs frais de scolarité à travers le programme de bourses DAFI.

L’assistance en abris et en articles non alimentaires a concerné 1 458 ménages réfugiés, déplacés internes et familles vulnérables des communautés d’accueil. Les interventions ont porté sur la construction de 617 abris de transition, 250 abris d’urgence et 91 abris résilients au climat, ainsi que sur une assistance en espèces destinée à la réhabilitation ou à la reconstruction de 500 abris endommagés. En complément, 2 752 ménages ont reçu des kits d’articles essentiels comprenant notamment des nattes, des ustensiles de cuisine, des jerrycans et des couvertures.

Dans le domaine de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement, un forage équipé d’un système solaire, d’un réservoir et de bornes-fontaines a été installé sur le site de Kenewe, dans le cercle de Koro, au bénéfice des réfugiés et des communautés d’accueil. Neuf blocs de latrines et une douche d’urgence ont également été construits sur le site.

Sur le plan des solutions durables, les autorités maliennes ont adopté une décision ministérielle instituant un comité d’orientation chargé de la stratégie nationale sur les solutions durables, au sein duquel l’UNHCR est membre. Durant le trimestre, 136 réfugiés maliens sont rentrés volontairement, principalement depuis le Burkina Faso, la Mauritanie et le Niger. Quatre personnes ont quitté le Mali dans le cadre de programmes de réinstallation vers le Canada et la Nouvelle-Zélande.

Sur le plan financier, l’appel de fonds de l’UNHCR pour le Mali en 2025 s’élève à 85 millions de dollars. Au 30 septembre 2025, seuls 32% de ce montant étaient financés, laissant un déficit de 68%. L’UNHCR indique avoir engagé des mesures d’efficience visant à rationaliser les opérations et à limiter l’impact des contraintes budgétaires sur l’assistance aux populations concernées.

Femmes et leadership : Un mémorandum pour la citoyenneté

L’Institut néerlandais pour la démocratie multipartite (NIMD) a réuni les 12 et 13 décembre 2025 à Bamako des femmes de différentes générations autour d’un dialogue consacré au leadership et à la citoyenneté au féminin. Les échanges ont abouti à l’adoption d’un mémorandum final proposant des recommandations concrètes pour renforcer l’inclusion des femmes dans la vie publique et communautaire.

Organisé autour du thème « Leadership et citoyenneté au féminin : bâtir une société inclusive et paisible », ce dialogue intergénérationnel s’inscrit dans une dynamique de réinterrogation des stratégies en faveur de la participation des femmes.

L’objectif affiché était de renforcer le rôle des femmes et des jeunes filles comme actrices du changement, capables de porter des initiatives innovantes et solidaires au sein de leurs communautés.

La rencontre intervient dans la continuité du projet « L’école des élues », mis en œuvre par le NIMD, qui a permis la formation de 105 jeunes femmes et filles sur des thématiques clés telles que le leadership féminin, l’histoire des luttes des femmes, l’éducation aux médias, les techniques de négociation, l’entrepreneuriat, le dialogue et le plaidoyer. Ces acquis ont servi de socle aux discussions et aux propositions formulées durant le symposium.

Une centaine de participants ont pris part aux travaux, parmi lesquels des partenaires techniques et financiers, des personnes ressources, des bénéficiaires du projet, des représentants d’organisations de la société civile, ainsi que des partenaires du NIMD.

Les échanges se sont tenus en format hybride, associant des participantes de Bamako et celles connectées depuis Ségou, Koutiala, Mopti et Tombouctou, favorisant ainsi une diversité de points de vue et d’expériences.

Les travaux ont été structurés autour de deux panels de haut niveau : le premier sur le thème « Investir sur les femmes, bâtisseuses de paix », et le second consacré au « Leadership et engagement civique des femmes », mettant en lumière les leviers nécessaires pour renforcer l’inclusion sociale.

Ces panels ont été suivis de travaux de groupe thématiques, orientés vers l’identification de priorités de plaidoyer.

Un mémorandum final au cœur du plaidoyer

Point d’orgue de la rencontre, le mémorandum final constitue une synthèse des défis structurels auxquels les femmes sont confrontées et propose des solutions opérationnelles.

Cinq axes majeurs y sont développés : l’engagement socio-économique, l’engagement des communautés, l’engagement des femmes elles-mêmes, l’engagement des médias et l’engagement des institutions.

Sur le plan socio-économique, les participantes recommandent le renforcement des capacités techniques et émotionnelles des femmes, ainsi que la multiplication des opportunités de subvention et de mentorat.

Concernant les communautés, l’accent est mis sur la création de cadres de collaboration avec les acteurs d’influence, notamment les leaders coutumiers et religieux, et sur la mise en place de réseaux de plaidoyer au niveau politique.

Le mémorandum insiste également sur la nécessité pour les femmes de consolider leurs réseaux d’entraide et d’influence, en exploitant davantage les outils numériques pour informer, mobiliser et partager les ressources.

Dans le domaine des médias, il préconise le renforcement des partenariats entre les organisations féminines et les faîtières de médias, ainsi que l’organisation de sessions de formation médiatique dédiées aux femmes.

Enfin, au niveau institutionnel, il appelle à une meilleure vulgarisation et application des textes relatifs à la participation des femmes à la gestion publique, à travers l’implication de leaders identifiés.

Destiné aux femmes, à leurs organisations, aux leaders d’influence, aux institutions publiques et aux partenaires, ce mémorandum se veut un outil de plaidoyer stratégique. Comme l’a souligné Célia d’Almeida, Représentante pays du NIMD au Mali, les recommandations seront partagées avec des acteurs clés tels que le Réseau des communicateurs traditionnels pour le développement (RECOTRADE), reconnu pour son influence sociale, ainsi qu’avec les ministères concernés et les partenaires techniques et financiers, entre autres.

Cette démarche confirme la volonté du NIMD de traduire les échanges du dialogue intergénérationnel en actions concrètes et durables en faveur du leadership féminin au Mali.

Mohamed Kenouvi