Emmanuel Bakary Daou distingué à l’exposition « Yèrèya Sira »

Emmanuel Bakary Daou, responsable de la photographie au Journal du Mali et figure de la scène photographique malienne, a remporté le deuxième prix de l’exposition « Yèrèya Sira », organisée le 19 août 2025 à Bamako par la Maison africaine de la photographie (MAP), à l’occasion de la Journée mondiale de la photographie.

Âgé de 65 ans, né en 1960 à San au Mali, Emmanuel Bakary Daou est diplômé de l’Institut National des Arts de Bamako. Il a débuté sa carrière dans les années 1980 en combinant photographie et caricature avant de s’imposer comme photographe ambulant dès 1985. Il a par la suite collaboré avec plusieurs médias, notamment Planète Jeune, Femme Actuelle et Jeune Afrique.
Sur le plan international, son œuvre Le temps Ebola (2014), une série évoquant une épidémie fictive à Bamako, a reçu le Tierney‑Bamako Award lors de la 10ᵉ Biennale Africaine de la Photographie en 2015. Cette série se trouve aujourd’hui dans les collections du Block Museum of Art (Northwestern University), où elle est mise en lumière pour son expression visuelle forte et sa pertinence historique.
Au cours de sa longue carrière, il s’est distingué par plusieurs distinctions, dont un prix Seydou Keïta en 1998, décerné par le ministère de la Culture dans la catégorie portrait, ainsi qu’un prix média et tiers‑monde à Fribourg (Suisse) pour un reportage sur les Touaregs en 2001.
La remise du deuxième prix de l’exposition « Yèrèya Sira » s’accompagne d’une dotation de 200 000 francs CFA, ainsi que d’une prise en charge de 50 000 francs CFA pour frais de participation. Le premier prix est allé à Fatoumata Dembélé (300 000 F CFA) et le troisième à Acadou Karm Diallo (100 000 F CFA).

Les humanitaires en danger : 42 attaques recensées au Mali en 2025

La Journée mondiale de l’aide humanitaire, célébrée le 19 août, s’est tenue cette année au Mali dans un climat de violence et de restrictions sans précédent. Selon OCHA, 42 attaques contre des travailleurs humanitaires ont été recensées dans le pays entre janvier et fin juillet 2025, faisant du Mali l’un des contextes les plus hostiles pour l’action humanitaire. On deplore aussi 5 enlèvements dans la même période. 

Juillet a marqué un pic avec 81 incidents d’entraves à l’accès, contre 50 en juillet 2024, soit une hausse de 62 %. Ces entraves regroupent des interdictions de mouvement, des restrictions imposées par des acteurs armés, des menaces sécuritaires, des attaques directes et aussi des enlèvements, qui continuent d’exposer particulièrement le personnel national présent en première ligne. En juin, 76 incidents avaient été enregistrés, plus du double par rapport à l’année précédente. Entre janvier et mars, 246 contraintes d’accès avaient déjà été documentées, dont 92 pour le seul mois de mars, contre 62 à la même période en 2024. La hausse s’est amorcée dès janvier, avec 26 incidents, au-dessus du niveau de décembre 2024. La concentration la plus forte reste dans les régions du centre et du nord où l’insécurité demeure.

Cette dégradation survient alors que les besoins restent considérables. En 2025, 6,4 millions de Maliens ont besoin d’une assistance humanitaire. Le pays abrite 402 167 déplacés internes et environ 140 404 réfugiés, dont près de 70 % originaires du Burkina Faso, tandis que 318 000 Maliens ont trouvé refuge à l’étranger. Entre juin et août 2025, 819 000 personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, dont 34 000 en situation d’urgence.

Le financement ne suit pas l’ampleur de ces besoins. Au 20 août 2025, seuls 94,7 millions USD avaient été mobilisés sur un total requis de 771,3 millions USD, soit une couverture de 12,3 %. Ce déficit de plus de 670 millions USD met en péril la continuité des interventions alors que les attaques et entraves se multiplient.

Réunis à Bamako du 7 au 9 août pour le premier Forum humanitaire de l’Alliance des États du Sahel, les ministres chargés de l’action humanitaire ont décidé de mettre en place un cadre de concertation régional afin de mieux coordonner les réponses et d’intégrer les liens entre climat, sécurité, paix et développement. Ils ont souligné la nécessité d’anticiper les crises, de renforcer la redevabilité envers les communautés bénéficiaires et de promouvoir des solutions durables pour les déplacés et les réfugiés. Une volonté affirmée de diversifier les sources de financement, notamment à travers le secteur privé et les diasporas, accompagne cette démarche, tout en réaffirmant la souveraineté des États de l’AES dans la conduite de leurs priorités humanitaires.

À l’échelle régionale, la tendance est tout aussi alarmante. Au 1er août 2025, près de 19 000 personnes avaient perdu la vie en Afrique de l’Ouest et du Centre, contre 32 000 pour toute l’année 2024. Les besoins humanitaires concernent 57 millions de personnes, pour des plans visant à en assister 34,5 millions. Seuls 1,2 milliard USD, soit 16 % des 7,8 milliards USD recherchés, avaient été financés à cette date.

La commémoration du 19 août rappelle l’attentat de 2003 contre le siège de l’ONU à Bagdad, qui avait coûté la vie à 22 personnes dont Sergio Vieira de Mello, alors Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Irak. Vingt-deux ans plus tard, l’hommage rendu aux humanitaires prend au Mali une résonance particulière. Alors que les attaques s’accumulent et que les financements manquent, la protection des équipes et la garantie d’un accès sûr aux populations vulnérables apparaissent plus urgentes que jamais.

 

Afrobasket 2025 : le Mali s’offre le ticket de la demi-finale

Les Aigles se sont envolés pour la demi-finale de la 31ème édition de la compétition du championnat d’Afrique de basket-ball masculin Angola 2025, ce mercredi 20 Août. Au terme d’un match à suspens et à l’issue de la prolongation, l’équipe malienne s’impose contre les Eléphants de la côte d’ivoire, premier du groupe A, avec un score de 102 à 96.

 

La rencontre très attendue entre les deux équipes a tenu toutes ses promesses.  Après les doutes suscités par ses débuts dans la compétition, les Aigles avaient l’opportunité de se hisser à ce niveau, après leur dernière demi-finale en août 1999, perdue face à l’Angola 77-69. Privés de podium depuis leur médaille de bronze obtenue en 1972 à Dakar, les hommes du coach Elhadj Dicko reviennent avec l’espoir dans la compétition de l’Afrobasket après cette victoire bien méritée face à un adversaire de taille. Grâce à une équipe solide et bien constituée, les Aigles s’imposent dès le premier quart temps et terminent par le score de 28 à 27. Un léger retard qui sera vite remonté par la Côte d’Ivoire. Elle assure le spectacle avec des tirs à trois points et avec des tentatives infructueuses, les hommes d’Elhadj Dicko iront en mi-temps avec le score de 42 à 54 en faveur des Ivoiriens.

Loin de sombrer, les Aigles reprennent la pression et l’avantage, 71 à 69.  Le dernier quart temp est explosif, les deux équipes se rendent coup pour coup et les Aigles arrachent l’égalité en toute fin de match, envoyant les deux équipes en prolongation, 90-90. Le score final est en faveur des Aigles, 102 à 96, et ravive l’espoir d’un retour du Mali sur la scène continentale.

Après 6 confrontations de 2015 à 2025, cette victoire permet aux Aigles de compter le même nombre de match perdu face aux Eléphants et met les deux équipes à égalité, 3 victoires chacune.

 

Joseph Amara DEMBELE

Assemblée citoyenne : gouvernance et refondation au cœur des échanges

L’Observatoire de la Gouvernance et de la Sécurité Humaine (OCGS) a organisé mardi une Assemblée citoyenne à Maeva Palace, réunissant près de soixante participants autour du thème de la gouvernance et de la place des valeurs nationales dans la refondation.

En ouvrant les débats, Baba Dakono, secrétaire exécutif de l’OCGS et modérateur de la rencontre, a rappelé que cette initiative prolongeait les « conversations citoyennes » tenues régulièrement par l’Observatoire. Selon lui, l’Assemblée devait offrir un espace collectif pour réfléchir au Mali de demain, avec un regard sur le passé et le présent.
Trois communications ont introduit les discussions. Dr Abdoul Sogodogo, vice-doyen de la Faculté des Sciences Administratives et Politiques, a défini la gouvernance comme la conduite des affaires publiques fondée sur des normes partagées, insistant sur la nécessité d’une participation plus inclusive. Mamadou Ben Chérif Diabaté, médiateur social et spécialiste de la communication traditionnelle, a souligné l’importance des institutions culturelles et religieuses et regretté le manque de synergie entre elles. Amadou Diadié Sangho, enseignant et consultant, a pour sa part insisté sur le rôle central des langues nationales dans la gouvernance, estimant que l’usage exclusif du français marginalisait une grande partie de la population.
Les débats ont ensuite abordé des thèmes sensibles comme la tension entre légalité et légitimité, à travers le rôle respectif des autorités administratives et des chefs traditionnels ; la nécessité de revisiter les valeurs endogènes, de la Charte de Kurukanfuga au principe du sinangouya, en passant par les codes d’honneur et d’intégrité ; et le défi de la multiculturalité, présenté comme une richesse mais aussi un facteur de complexité pour la refondation.
Des références ont également été faites aux Assises Nationales de la Refondation et à leurs 517 recommandations, citées comme une avancée dans l’expression populaire et la gouvernance participative. Plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité de rendre ces acquis plus visibles et de renforcer leur appropriation par les citoyens.
Clôturée en début d’après-midi, l’Assemblée citoyenne a été annoncée comme un espace appelé à se renouveler. L’OCGS a indiqué que les analyses issues de ces échanges alimenteront des notes de réflexion destinées aux décideurs nationaux et internationaux.

Japon – Afrique : 9ème TICAD pour co-créer des solutions innovantes

Les autorités japonaises et l’Union africaine tiendront du 20 au 22 août 2025 à Yokohama la neuvième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD 9). L’événement, placé sous le thème « Co-créer des solutions innovantes avec l’Afrique », s’inscrit dans une feuille de route commune pour renforcer les partenariats économiques, sociaux et technologiques.

Cette édition mettra l’accent sur des approches conjointes pour répondre aux défis contemporains du continent africain, en tenant compte des évolutions globales. Les discussions seront organisées autour de trois grands axes. Le premier, consacré à la société, abordera le développement des jeunes, la formation, l’inclusion des femmes, la transformation digitale, y compris l’intelligence artificielle et les technologies spatiales, ainsi que la promotion d’une gouvernance inclusive et responsable. Le second, dédié à la paix et à la stabilité, traitera de la prévention des conflits, de la réconciliation nationale par des initiatives africaines et du renforcement de la sécurité communautaire. Le troisième, centré sur l’économie, portera sur la transformation économique, l’appui à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), la promotion des startups, les investissements, la transition énergétique et l’intégration régionale.

Par ailleurs, des thèmes transversaux viendront compléter ces priorités, tels que l’autonomisation des femmes et des jeunes, la connectivité, les partenariats public-privé et une gouvernance mondiale inclusive fondée sur le droit international. Plusieurs événements thématiques, séminaires, expositions et conférences réuniront organisations internationales, entreprises privées et représentants de la société civile.

Le Japon, à travers le TICAD, affirme sa volonté de contribuer à la croissance africaine. Cependant, ses investissements restent modestes par rapport à d’autres partenaires. En 2023, le Japon a investi 2,5 milliards de dollars en Afrique, un chiffre en croissance mais inférieur à celui de la Chine (3,96 milliards de dollars), des États-Unis (7,79 milliards de dollars) et de la Turquie, dont les investissements directs étrangers en Afrique s’élevaient à 10 milliards de dollars cette année-là. En outre, les échanges commerciaux entre la Turquie et l’Afrique ont atteint 37 milliards de dollars en 2023, renforçant son rôle croissant sur le continent. En comparaison, les investissements russes en Afrique ont atteint environ 3,3 milliards de dollars.

L’objectif affiché de cette 9ème édition est de créer un environnement propice à des partenariats mutuellement bénéfiques, tout en soutenant les priorités de l’Agenda 2063 de l’UA et les ODD (Objectifs de développement durable). La jeunesse, la technologie, l’environnement et la bonne gouvernance sont placés au centre des stratégies, avec l’ambition d’aboutir à des engagements concrets.

Ménaka : exécution de Sidi Barka, président de la société civile, enlevé en mai

Le président de la société civile de Ménaka, Sidi Barka, a été exécuté après son enlèvement survenu le 19 mai 2025 en pleine ville, ont confirmé plusieurs sources locales. Conseiller pédagogique au Centre d’Animation Pédagogique et figure reconnue de l’Union nationale des travailleurs du Mali, il avait été emmené par des hommes armés alors qu’il regagnait son domicile après la prière du soir.

Son exécution a été attribuée aux combattants de l’État islamique dans le Grand Sahara, groupe qui contrôle depuis plusieurs années de vastes zones autour de Ménaka. Depuis 2022, l’organisation est responsable de massacres et de déplacements massifs de civils dans la région. Les méthodes d’exécution rapportées dans ce cas, incluant des mises en scène avec les tenues oranges caractéristiques de Daesh, rappellent celles déjà utilisées par le groupe dans d’autres contextes.

Aux côtés de Sidi Barka, plusieurs autres otages ont perdu la vie. Parmi eux figurent Ahmadou Ag Mahamad, berger touareg, deux citoyens arabes, un musicien et d’autres habitants de la région. Certaines victimes ont été forcées de creuser leurs tombes avant d’être abattues, d’autres ont été exécutées sommairement. Les images circulant sur les réseaux et les témoignages recueillis dans la ville confirment la brutalité des faits.

Ces exécutions interviennent dans un climat marqué par l’emprise croissante de l’État islamique dans le Grand Sahara sur la zone de Ménaka, où les populations civiles demeurent exposées aux violences récurrentes, aux enlèvements et aux représailles.

Biennale artistique et culturelle 2025 : la répétition avant l’heure

Le compte à rebours des activités de la biennale artistique et culturelle, a été lancé au Centre International de  Conférence de Bamako (CICB), ce  19 août 2025.C’est la  cité des 333 saints qui accueillera du 18 au 28 décembre, l’édition 2025. Musique,  défilé de mode, visite de stands décorés à la couleur tombouctienne, ont rythmé la cérémonie.  

La biennale artistique et culturelle, édition 2025 qui se tiendra à Tombouctou se prépare activement. L’évènement majeur qui doit clôturer la célébration de l’année de la culture promet d’être un moment « unique », propice au rassemblement et à l’unité nationale, espère le ministre de la culture.

Le choix de Tombouctou est une volonté affichée des autorités pour incarner la refondation culturelle du Mali. La rencontre qui a regroupé plusieurs ministres, autorités administratives et ressortissants de la ville a été l’occasion de passer en revue les potentialités culturelles et artistiques de la cité historique, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Avant-goût

La projection du film documentaire sur l’historique de la fondation, à l’occupation française de la ville millénaire, a permis de découvrir davantage la ville et ses valeurs dont l’hospitalité, la gastronomie ou encore le style vestimentaire.

La prestation des jeunes griots avec les sonorités locales de la région, ainsi qu’un défilé proposant les différents styles vestimentaires de la région dont les treize cercles ont été présentés, ont donné un avant-goût du spectacle.

Sans occulter les défis sécuritaires et logistiques qui demeurent pour l’organisation, les autorités ont sollicité la mobilisation de toutes les couches sociales pour la réussite de l’évènement.

Depuis sa création en 1970, la biennale artistique et culturelle est une tribune de démonstration des talents des artistes locaux, de compétition, d’intégration, d’échange, et d’expression des diversités artistiques et culturelles du Mali. Son objectif est de contribuer à la paix, l’unité nationale et le vivre ensemble, tout en renforçant le dialogue intercommunautaire.

Ali Sankaré

 

Coton : Bamako accueille un forum d’investissement

Du 23 au 25 Octobre 2025, la capitale malienne abritera au centre International de Conférence de Bamako ( CICB), la grande rencontre des investisseurs nationaux et internationaux. Elle a pour objectif de relancer la filière coton, cœur battant de l’économie rurale et premier produit agricole exporté au Mali.

Face aux multiples problèmes qu’endurent les producteurs de cette filière dans les zones rurales, ce forum s’inscrit dans une optique de valorisation de l’économie et de l’industrie cotonnières tout en facilitant les échanges et la collaboration entre les différents producteurs et acteurs industriels. Ce dialogue qui augure une nouvelle ère pour cette filière au Mali, symbole de la richesse agricole, permettra d’améliorer la productivité et la rentabilité des producteurs et actionnaires, favorisera la création des emplois locaux notamment dans les communautés rurales. Au cours de cette rencontre qui enregistrera la présence de producteurs aguerris, un partage d’expérience sur les enjeux et solutions, les impacts environnementaux de la production, se fera afin de minimiser les dangers écologiques de la culture du coton. Ce cadre d’échange ouvrira aussi non seulement les portes à de nouveaux partenariats innovants, mais sera le lieu de comprendre et d’expérimenter de nouvelles méthodes de rendement qui faciliteront une accélération à de nouveaux marchés et à la croissance.

Joseph Amara DEMBELE

CICR : le programme d’appui à l’élevage fait son bilan

Le ministère de l’Élevage et de la Pêche, en collaboration avec le CICR, organise du 19 au 20 août 2025 un atelier de planification de la campagne de vaccination 2025/2026. Durant deux jours, les acteurs partageront les résultats de la campagne 2024/2025, avant d’évoquer les difficultés et les perspectives pour un secteur plus résilient.

Le CICR met en œuvre depuis 2011 un programme d’appui à l’élevage qui intervient dans la campagne de vaccination annuelle contre certaines maladies prioritaires, dont la Peste des petits ruminants (PPR), la Péripneumonie contagieuse bovine (PPCB) et le charbon bactéridien. Le CICR soutient également la mise en œuvre d’actions comme la formation et le recyclage des auxiliaires d’élevage, la réalisation d’infrastructures pastorales et l’insémination artificielle.

Depuis 2019/2020, le programme a entrepris une transition vers la prise en charge des coûts de la prestation par les éleveurs dans le cadre de la vaccination des bovins contre la PPCB. Cet objectif a été atteint lors de la campagne 2022/2023.

Pour la campagne 2024/2025, le programme visait la vaccination de plus de 3 millions de petits ruminants. Les résultats ont atteint plus de 2 millions de sujets vaccinés, soit un taux de réussite de 99 %. Ce bilan inclut également l’assistance directe à plus de 90 000 ménages pasteurs et agropasteurs.

Perspectives

Pour la campagne 2025/2026, le ministère de l’Élevage offrira 3 millions de doses contre la PPR. Un engagement salutaire qui permettra au CICR d’allouer à d’autres activités le fonds prévu pour les vaccins, tel que le renforcement du marquage des animaux faisant partie du plan national de lutte contre la maladie. Le CICR contribuera aussi à renforcer la chaîne du froid pour favoriser la conservation des vaccins.

Pour remédier aux difficultés d’accès dans les zones d’intervention, des agents communautaires de santé animale, également formés avec la contribution du CICR, participent aux côtés des services vétérinaires et des détenteurs de mandats sanitaires pour assurer le suivi de la santé des animaux. L’autre contrainte reste l’acceptation du marquage, pourtant nécessaire pour l’efficacité de la vaccination. La campagne de vaccination 2024/2025 vise 3 millions de têtes de petits ruminants pour contribuer à l’éradication de la peste des petits ruminants à l’horizon 2030.

La Cour suprême ordonne le mandat de dépôt de Choguel Maïga

Après huit jours de garde à vue au Pôle économique et financier, l’ancien Premier ministre Choguel Kokalla Maïga a été présenté ce mardi devant la Chambre d’instruction de la Cour suprême. La juridiction a confirmé les charges d’atteinte aux biens publics retenues par le procureur général et décidé de son placement sous mandat de dépôt.

L’enquête, ouverte à la suite d’un rapport du Bureau du Vérificateur général, met en cause la gestion de plusieurs structures publiques placées sous la responsabilité de Choguel Maïga lorsqu’il dirigeait la Primature. Le document pointe des irrégularités financières à l’Agence de gestion du fonds d’accès universel et à l’Autorité malienne de régulation des télécommunications et des postes, avec des dépenses jugées injustifiées et des contrats conclus en dehors des procédures légales.
La procédure judiciaire a connu plusieurs étapes depuis le début du mois. Le 1er août, l’ancien chef du gouvernement avait répondu à une première convocation des enquêteurs. Dix jours plus tard, une nouvelle audition l’avait conduit à une garde à vue prolongée jusqu’au 19 août, aux côtés de son ancien directeur de cabinet, le professeur Issiaka Ahmadou Singaré, et de trois anciens responsables financiers de la Primature. Si tous ont été inculpés, seul Choguel Maïga a été placé en détention, le professeur Singaré, âgé de 80 ans, bénéficiant d’une liberté provisoire.
Dans une déclaration transmise par son avocat, Maître Cheick Oumar Konaré, l’ancien Premier ministre a affirmé qu’il affrontait cette décision avec sérénité, considérant qu’un homme politique doit s’attendre à toutes les épreuves, « y compris la prison et la mort ».
Chef de file du Mouvement du 5 Juin – Rassemblement des forces patriotiques, Choguel Maïga avait été nommé Premier ministre en juin 2021 par les autorités de transition. Il a dirigé le gouvernement pendant trois ans avant d’être remercié en novembre 2024, à la suite de divergences avec les dirigeants militaires. Le sort judiciaire de l’ancien Premier ministre dépendra des prochaines étapes de l’instruction, dont le calendrier reste encore à déterminer.

Burkina Faso : la coordinatrice de l’ONU déclarée persona non grata

Le gouvernement burkinabè a annoncé, ce lundi 18 août, l’expulsion de la coordinatrice résidente du Système des Nations Unies, Carol Flore-Smereczniak, déclarée persona non grata sur le territoire national. La décision a été rendue publique par le porte-parole du gouvernement, Gilbert Ouédraogo, à la télévision nationale.

Les autorités reprochent à la responsable onusienne d’avoir coprésidé l’élaboration d’un rapport intitulé « Les enfants et le conflit armé au Burkina Faso », jugé mensonger et dépourvu de fondements objectifs. Selon le communiqué officiel, le document cite indistinctement groupes armés et forces nationales. Il avance également des accusations de violations contre des enfants sans annexer d’éléments vérifiables, tels que des enquêtes ou décisions judiciaires.
Le rapport, produit par une équipe spéciale des Nations Unies sur le Burkina Faso, traite de la situation politique, militaire et sécuritaire du pays et recense des atteintes graves contre les enfants conformément à la résolution 1612 du Conseil de sécurité adoptée en 2005. Il mentionne notamment des cas de recrutement forcé, d’attaques contre des écoles et de restrictions à l’aide humanitaire.
Le gouvernement affirme n’avoir pas été associé au processus d’élaboration du rapport, estimant que cette exclusion a conduit à une lecture biaisée de la situation. Dans son communiqué, il accuse certaines agences onusiennes d’user de formulations équivoques qui, selon lui, risquent de minimiser la violence exercée par les groupes armés et de jeter le discrédit sur les forces de défense et de sécurité burkinabè.
À Ouagadougou, l’exécutif explique que cette mesure vise à préserver la coopération avec les Nations Unies, tout en jugeant que Mme Flore-Smereczniak n’est plus une interlocutrice crédible. Les Nations Unies n’a pas encore réagi officiellement.

Tentative de déstabilisation : la France exige la libération de son diplomate arrêté à Bamako

Le ministère français des Affaires étrangères a réagi à l’arrestation au Mali de Yann Christian Bernard Vezilier, diplomate accrédité à l’ambassade de France à Bamako. Paris dénonce des accusations « sans fondement » et rappelle qu’il bénéficie des immunités prévues par la Convention de Vienne. La France réclame sa libération immédiate.

Selon le communiqué diffusé par Bamako, M. Vezilier a été interpellé dans le cadre d’une enquête visant un réseau soupçonné de complot contre les institutions. Les autorités maliennes l’accusent de travailler pour les services de renseignement français et d’entretenir des liens avec des responsables militaires et politiques locaux. Deux généraux maliens, Abass Dembélé et Néma Sagara, ont également été arrêtés.

Âgé de 45 ans, Yann Vezilier est officier mécanicien de l’air. Entré à l’École militaire de l’air en 1998, il a été promu lieutenant-colonel en 2016 et décoré chevalier de l’Ordre national du Mérite en 2020, après vingt-sept années de service. En poste à Bamako comme deuxième secrétaire de l’ambassade de France, son statut diplomatique a été confirmé par le Quai d’Orsay.

Côté malien, la communication officielle insiste sur son rôle supposé dans la constitution de cercles d’influence mêlant civils et militaires, dans le but de fragiliser le pouvoir de transition. Le gouvernement présente son arrestation comme l’aboutissement d’un plan concerté de déstabilisation.

Cette affaire survient dans un contexte de vives tensions entre Bamako et Paris. La coopération militaire française a pris fin en 2022, et les autorités maliennes ont renforcé leurs partenariats sécuritaires avec la Russie. Sur le plan intérieur, les autorités ont prolongé la transition pour cinq années supplémentaires, voire plus. Une décision loin de faire l’unanimité.

Paris réaffirme sa demande de libération immédiate et multiplie les démarches diplomatiques, Bamako maintient ses accusations et affirme détenir des preuves d’un projet de complot. Le dossier reste suivi de près pour ses implications bilatérales et régionales.

 

Hivernage 2025 : Les inondations causent une vingtaine de morts et plus de 9 000 personnes sinistrées

Le Comité Technique du Comité Interministériel de Gestion des Crises et Catastrophes, réuni le 14 août 2025 au Centre de Coordination et de Gestion des Crises (CECOGEC), a dressé un bilan actualisé de la situation des inondations au cours de l’hivernage. Au cours de la semaine du 4 au 11 août, quatre cas d’inondation, un épisode de vent violent et un cas de foudre ont été recensés.

Depuis le début de la saison des pluies, les autorités relèvent 31 cas d’inondation, 5 cas de foudre et 4 de vents violents. Ces événements ont entraîné 21 décès, 33 blessés, l’effondrement de 495 maisons, touchant au total 803 ménages, soit 9 155 personnes sinistrées.
Par comparaison, un précédent point de situation, au 31 juillet 2025, faisait état de 12 morts, 30 blessés et environ 5 307 sinistrés, répartis dans 657 ménages touchés (bilan du 31 juillet). Au 4 août, un autre bilan faisait état de 18 décès, 33 blessés, 837 effondrements d’habitations, et 6 118 sinistrés à travers les ménages touchés.
Le gouvernement malien renouvelle ses condoléances aux familles éprouvées et souhaite un prompt rétablissement aux blessés. Des opérations de sauvetage, d’évacuation et de mise en sécurité des populations sinistrées sont en cours, notamment dans les régions de Koulikoro, Kidal, Nara et San. Une assistance matérielle — vivres et biens non alimentaires — est également en cours de distribution.
Dans une perspective de prévention, plusieurs actions suivantes sont en cours de déploiement. Parmi celles-ci figurent le renforcement des piquets d’intervention rapide de la Protection civile, prépositionnement de kits d’urgence, la mobilisation des brigadiers citoyens et des volontaires dans le cadre du projet « mois citoyens » et la diffusion de messages de sensibilisation via les médias et l’application numérique SOS Sécurité.
La situation météorologique, selon les prévisions régionales, reste marquée par des pluies orageuses fréquentes et intenses sur l’ensemble du territoire, sauf dans l’extrême nord (région de Taoudéni). Les niveaux des cours d’eau, notamment du Niger et du Sénégal, sont en hausse, supérieurs aux données des trois dernières années, bien que sans risque de débordement imminent. Le remplissage des retenues de Manantali et de Sélingué se poursuit normalement, accompagné de lâchers d’eau maîtrisés à Sélingué.
Ce contexte souligne la nécessité de vigilance et le respect des consignes de sécurité. Les autorités nationales appellent la population à libérer les axes d’écoulement des eaux, à éviter les zones inondées ou à risque, à ne pas s’abriter sous les arbres pendant les orages, à ne pas utiliser d’appareil électrique ou téléphones en cas d’orage et à suivre les alertes hydrométéorologiques émises.

L’ère du soft power de l’IA

Les leaders de l’IA tels qu’OpenAI et DeepMind s’estiment engagés dans une course à la création d’une intelligence artificielle générale (IAG) : un modèle capable d’accomplir n’importe quelle tâche intellectuelle réalisable par un être humain. Dans le même temps, les gouvernements américain et chinois considèrent la course à l’IA comme une priorité de sécurité nationale, nécessitant des investissements massifs, comparables à ceux du projet Manhattan. Dans les deux cas, l’IA est envisagée comme une nouvelle forme de hard power, uniquement accessible aux superpuissances disposant de ressources informatiques considérables, ainsi que des moyens de convertir celles-ci en domination économique et militaire.

 

Cette vision est en réalité incomplète, et de plus en plus dépassée. Nous sommes en effet entrés dans une nouvelle ère depuis que le développeur chinois DeepSeek a lancé en début d’année son modèle performant et moins coûteux que ceux de ses concurrents. La capacité à concevoir des outils d’IA de pointe n’est plus l’apanage d’une poignée de géants technologiques. Divers modèles de grande qualité émergent à travers le monde, démontrant combien le véritable potentiel de l’IA réside dans sa faculté à étendre le soft power.

 

L’époque de la surenchère dans la dimension des modèles a pris fin en 2024. Depuis, la supériorité d’un modèle n’est plus seulement déterminée par son échelle (par le recours à toujours plus de données et de puissance de calcul). DeepSeek a non seulement prouvé qu’il était possible de bâtir des modèles de premier plan sans quantité massive de capitaux, mais également que le recours à des techniques de développement avancées pouvait radicalement accélérer les progrès de l’IA au niveau planétaire. Considérée comme le Robin des Bois de la démocratisation de l’IA, l’entreprise a en effet pris la décision de fonctionner en open source, ce qui a déclenché une vague d’innovations.

 

Le monopole d’OpenAI (ou la concentration du marché entre les mains d’une poignée d’entreprises) que l’on observait il y a encore quelques mois a cédé la place à un paysage multipolaire hautement concurrentiel. Alibaba (Qwen) et Moonshot AI (Kimi) en Chine ont elles aussi lancé de puissants modèles en open source, l’entreprise japonaise Sakana AI (dont je suis cofondateur) ouvre également l’accès à ses innovations en matière d’IA, de même que le géant américain Meta investit massivement dans son programme en open source Llama, recrutant activement des talents en matière d’IA issus d’autres leaders du secteur.

 

Il ne suffit plus de vanter les performances d’un modèle de pointe pour répondre aux besoins des applications industrielles. Prenons l’exemple des chatbots d’IA : ces assistants virtuels sont capables d’apporter des réponses que l’on pourrait noter 7/10 à des questions d’ordre général, mais ne parviennent pas à atteindre la précision ou la fiabilité de 9,99/10 qu’imposent la plupart des tâches du monde réel – qu’il s’agisse d’évaluation de crédit ou de planification de la production, qui dépendent profondément du savoir-faire commun des experts. Autrement dit, l’ancien cadre, dans lequel les modèles fondamentaux étaient considérés indépendamment d’applications spécifiques, a atteint ses limites.

 

L’IA adaptée au monde réel doit être capable de gérer des tâches indépendantes, des procédures ambiguës, une logique conditionnelle ainsi que des cas d’exception – autant de variables désordonnées qui imposent des systèmes étroitement intégrés. Il est par conséquent nécessaire que les développeurs de modèles endossent une plus grande responsabilité dans la conception d’applications spécifiques, et que les développeurs d’applications s’engagent plus profondément dans la technologie fondamentale.

 

Cette intégration revêt autant d’importance pour l’avenir de la géopolitique que pour celui des entreprises, comme l’illustre le concept d’« IA souveraine », qui implique pour un État de réduire sa dépendance vis-à-vis des fournisseurs technologiques étrangers, aux fins de l’autonomie nationale en matière d’IA. Historiquement, l’inquiétude des pays étrangers face aux États-Unis réside en ce que le fait d’externaliser des infrastructures critiques – moteurs de recherche, médias sociaux, smartphones – en les confiant aux mastodontes de la Silicon Valley, risque de créer pour eux des déficits commerciaux persistants en matière numérique. Si l’IA devait suivre le même chemin, les pertes économiques pourraient croître de manière exponentielle. Beaucoup redoutent par ailleurs l’existence potentielle de dispositifs d’arrêt susceptibles de couper à tout moment une infrastructure d’IA externalisée à l’étranger. Pour toutes ces raisons, le développement national de l’IA est désormais considéré comme crucial.

 

L’IA souveraine ne signifie pas pour autant la nécessité de développer chaque outil au niveau national. Du point de vue de la rentabilité et de la diversification des risques, il demeure aujourd’hui préférable de combiner des modèles issus du monde entier. L’objectif majeur de l’IA souveraine ne doit pas simplement résider dans l’autosuffisance, mais plutôt dans l’accumulation d’un soft power en matière d’IA, via la conception de modèles que d’autres souhaiteront volontiers adopter.

 

Le soft power fait traditionnellement référence à l’attraction suscitée par des principes tels que la démocratie et les droits de l’homme, par la culture associée à titre d’exemple aux films hollywoodiens, plus récemment par les technologies numériques et les plateformes telles que Facebook, ou encore, de manière plus discrète, par différentes applications telles que WhatsApp ou WeChat, qui façonnent la culture au travers des habitudes quotidiennes. Lorsque divers modèles d’IA coexisteront, ceux qui seront les plus largement adoptés deviendront des sources subtiles mais profondes de soft power, compte tenu de leur intégration dans les décisions que prendront chaque jour les individus.

 

Du point de vue des développeurs d’IA, l’acceptation par le grand public sera indispensable à la réussite. D’ores et déjà, bon nombre d’utilisateurs potentiels se méfient des systèmes d’IA chinois (mais également américains), voyant dans leur utilisation un risque de coercition, de surveillance et de violations de la vie privée, entre autres freins à une adoption généralisée. Il est par conséquent facile d’imaginer qu’à l’avenir, seules les IA les plus fiables seront pleinement adoptées par les États, les entreprises et les individus. Si le Japon et l’Europe parviennent à proposer ces modèles et systèmes, ils seront idéalement placés pour gagner la confiance des pays du Sud – une perspective aux implications géopolitiques considérables.

Une IA digne de confiance n’est pas seulement une IA supprimant les biais ou empêchant la fuite de données. À long terme, l’IA devra également incarner les principes de l’être humain, et renforcer plutôt que remplacer le potentiel des individus. Si l’IA finit par concentrer la richesse et le pouvoir entre les mains de quelques-uns, elle ne fera qu’accentuer les inégalités et mettre à mal la cohésion sociale.

 

L’histoire de l’IA ne fait que commencer, et rien ne nous oblige à ce qu’elle consiste en une course du tout au vainqueur. Au sein d’un hémisphère nord vieillissant et d’un Sud global en pleine jeunesse, les inégalités induites par l’IA risquent néanmoins de créer des fractures durables. Il est dans l’intérêt des développeurs de veiller à ce que la technologie soit un outil fiable d’autonomisation, plutôt qu’un instrument de contrôle omniprésent.

 

Ren Ito, ancien diplomate japonais, est cofondateur de Sakana AI.

 

 Project Syndicate, 2025.
www.project-syndicate.org

Rapport SIGRH : 36 151 agents non identifiés

Le processus de réalisation du Système Intégré de Gestion des Ressources Humaines des fonctions publiques de l’État et des collectivités territoriales (SIGRH) s’est achevé par la remise au chef de l’Etat du rapport SIGRH. De 2022 à 2024, il a permis le recensement de 158 317 agents de l’État et des collectivités, parmi lesquels 122 166 ont été identifiés physiquement et biométriquement. En revanche, 36 151 agents ne se sont pas présentés, représentant 4,57 % de la masse salariale, soit 48,28 milliards de FCFA par an.

La salle de banquets du palais de Koulouba a abrité, vendredi 15 Août 2025, la cérémonie de remise du rapport d’exécution du SIGRH au président de la transition Assimi GOÏTA par le ministre de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les institutions, en présence des membres du gouvernement et du président du CNT.

La remise de ce document est la suite de l’initiative entreprise par les autorités pour la modernisation de l’administration publique. Son plan d’étude repose sur trois phases : Le recensement à l’aide de fiches individuelles ; l’enrôlement biométrique à travers tout le pays, y compris les zones difficiles d’accès et les missions diplomatiques et l’intégration des données dans un logiciel conçu et hébergé au Mali, financé sur fonds nationaux. Selon le Président de la Transition, ce projet est une recommandation pour combler l’absence d’informations fiables sur les effectifs des fonctionnaires, sur la mise à jour insuffisante, sur le manque d’interconnexion entre services et de l’absence de mécanismes unifiés de gestion salariale. Face à ce fléau, il avait instruit la création d’un système intégré, sécurisé et basé sur des données biométriques.

Absences à justifier

Mme MAÏGA Fatoumata Housseni MAÏGA, membre du comité technique a mis en lumière les atouts de cette nouvelle plateforme, en insistant sur son rôle dans la modernisation de la gestion des ressources humaines. Parmi les fonctionnalités clés : un fichier unique des salaires pour plus de transparence, une interconnexion des services RH pour un meilleur suivi, des données fiables pour anticiper les besoins en personnel, et un pilotage renforcé du capital humain. Elle a également annoncé son évolution prochaine, notamment dans la gestion des concours administratifs, afin de simplifier et fluidifier les processus de recrutement dans la fonction publique.

Sans pourtant qualifier les absents de fictifs, le Ministre de la refondation, Bakary Traoré a ordonné aux agents ciblés de se régulariser dans un délai de trois mois avant toute sanction. A rappeler que le SIGRH est né des recommandations fortes des Assises nationales de la refondation et s’inscrit dans le plan d’action du gouvernement.

Joseph Amara DEMBELE

 

 

Banque nationale de développement agricole : l’Etat devient actionnaire unique

Le capital social de la Banque nationale de Développement agricole est désormais détenu à 100% par l’État du Mali. De quoi élargir la marge de manœuvre de cette institution financière dans le développement rural et l’économie du Mali

L’Etat malien est désormais le seul actionnaire de la Banque malienne de développement agricole (BNDA). Le conseil des ministres du 13 août 2025, a annoncé l’acquisition par le gouvernement des parts détenues par l’Agence française de développement (AFD), faisant passer sa participation de 77,33% à 100% au capital social.

« Conformément au droit de sortie conjointe consigné dans le pacte d’actionnaires et dans le cadre de la mise en œuvre de sa stratégie à long terme », l’AFD a décidé de céder les actions qu’elle détenait dans le capital social, explique le communiqué du conseil des ministres.

C’est en décembre 2024 que l’Etat est devenu actionnaire majoritaire avec l’acquisition des parts de la société allemande d’investissement et de développement (DEC) et le Crédit coopératif. La DEG et le Crédit coopératif détenaient respectivement 21,43% et 9,70% des actions de la BNDA.

Cette nouvelle acquisition renforce l’emprise de l’Etat sur cette institution financière stratégique pour le développement économique du pays.

Implications

Cette position d’actionnaire unique donne à l’Etat « une marge de manœuvre assez importante pour financer le développement rural et l’économie malienne », estime l’économiste Modibo Mao Makalou.

Cette prise de contrôle vise à assurer une meilleure emprise de l’Etat sur les institutions financières clés et surtout améliorer l’orientation des ressources vers des secteurs prioritaires, comme l’agriculture. Créée en 1981, la BNDA est le principal partenaire financier de plus de 6 000 organisations paysannes et d’une vingtaine de systèmes financiers décentralisés. Il injecte en moyenne annuellement plus de 60 milliards FCFA dans le secteur agricole.

De 55,08 milliards de FCFA, le capital social de la BNDA s’est établi à 61,6 milliards FCFA. En 2023, la BNDA a affiché une augmentation de plus de 13% de son actif, passant de 776,9 milliards FCFA en 2022, à 881,9 milliards FCFA en 2023. Une augmentation attribuée à celle des « Effets publics et valeurs assimilées ». Mais dans le même temps, la banque avait enregistré une baisse de son résultat net, passant de 11,8 milliards FCFA en 2022, à 5,1 milliards FCFA en 2023. Une diminution due à l’augmentation des charges d’intérêt et des investissements stratégiques entrepris par la banque.

La nationalisation de la BNDA s’inscrit dans une orientation  plus globale des autorités de renforcer la maîtrise de l’Etat sur les secteurs stratégiques de l’économie et la volonté d’une souveraineté économique accrue et un contrôle sur les ressources nationales.

Afrique : l’aide au développement subit des coupes historiques

Un rapport d’Oxfam daté du 8 août 2025, intitulé Changing Face of Aid in Africa : Outlook, failures, and reform potential, montre l’ampleur des réductions prévues dans l’aide publique au développement de l’Afrique par les bailleurs majeurs.

Le document signale que dix-sept donateurs membres du comité d’aide au développement de l’OCDE envisagent une réduction totale de 31,1 milliards USD dans leurs budgets d’aide pour l’Afrique en 2025. Parmi ces bailleurs, les États-Unis prévoient un retrait de l’ordre de 90 %, tandis que la France envisage une coupe d’environ 40%.
Plus globalement, d’autres estimations évoquent une baisse potentielle de 74 milliards USD de l’aide mondiale en 2025, soit près de 30 % des dotations d’aide publique au développement.
Le rapport insiste sur la concentration de la réduction de l’aide dans les secteurs critiques tels que la santé, la sécurité alimentaire et l’éducation.
Il rappelle que l’aide destinée aux pays les moins avancés est extrêmement faible. En 2023, elle représentait seulement 0,06 % du revenu national brut des pays donateurs du CAD, contre des engagements internationaux situés entre 0,15 et 0,20 %. Les chiffres relatifs aux inégalités soulignés dans d’autres rapports d’Oxfam font écho à cette situation. Entre 2018 et 2023, seuls 20 % des financements ont été dirigés vers des secteurs essentiels comme l’éducation, l’agriculture, l’assainissement et la protection sociale. Un rapport publié en juillet 2025 souligne que les quatre Africains les plus riches détiennent plus de richesse que la moitié de la population du continent. Depuis cinq ans, la richesse des milliardaires africains aurait progressé de 56 % ; celle des cinq plus riches a augmenté de 88 %.
À ces déséquilibres s’ajoutent des coûts élevés liés à la gestion de l’aide, qui réduisent son efficacité. Selon d’autres analyses, la part des fonds humanitaires versée directement à des organisations locales reste très faible ; les organisations de défense des droits des femmes reçoivent à peine 0,4 % de l’aide dédiée aux questions de genre. Sur le plan climatique, 70 % des financements sont attribués sous forme de prêts, ce qui alourdit la dette des pays les plus vulnérables.
Le rapport évoque aussi les pertes financières massives liées à des flux illégaux. Chaque année, le continent perd 88,6 milliards USD à ce titre, soit plus que l’ensemble des aides et investissements étrangers combinés.
Les données spécifiques au Mali ne figurent pas dans ce rapport, mais d’autres sources montrent des effets concrets des coupes budgétaires. Au Mali, le programme de littératie “Shifin ni Tagne”, financé par l’USAID à hauteur de 25 millions USD sur cinq ans, a été interrompu en 2025 à la suite d’une réduction de 90 % du financement. Ce programme touchait 20 000 jeunes et assurait le soutien de 1 000 établissements scolaires.

Le nouveau représentant du HCR reçu par le ministre de la Justice

Le nouveau Représentant du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au Mali, Pierre Camara, a été reçu en audience le jeudi 14 août 2025 par le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mamoudou Kassogué. Les échanges ont porté sur la lutte contre l’apatridie et sur l’accompagnement du HCR aux côtés du gouvernement malien.
Cette rencontre intervient dans le prolongement de l’adoption par le Mali, le 30 juin 2025, d’une loi destinée à protéger les personnes apatrides. Le texte, composé de vingt-huit articles, définit le statut d’apatride et garantit l’accès à la santé, à l’éducation, à l’emploi, au logement et à la justice. Il interdit toute expulsion sauf cas exceptionnels et ouvre des possibilités d’acquisition ou de confirmation de la nationalité malienne. Le Mali a adhéré aux Conventions de 1954 et de 1961 relatives à l’apatridie, un engagement réaffirmé par ce nouveau cadre légal (HCR).
Pierre Camara a souligné la volonté du HCR de soutenir les efforts du Mali dans la mise en œuvre de cette loi et dans la consolidation des progrès réalisés. Le ministre Kassogué a salué la collaboration avec l’agence onusienne et a adressé ses vœux de succès au nouveau représentant dans l’exercice de ses fonctions.
La nomination de Pierre Camara est intervenue en juillet 2025. Le 21 juillet, il avait présenté ses lettres de créance au ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, transmettant à cette occasion les salutations du Haut-Commissaire et rappelant que le Mali accueille environ 200 000 réfugiés et demandeurs d’asile (Media Elles).
Selon les informations disponibles, Pierre Camara est diplômé d’un Master en finance de l’Université d’État de Biélorussie et d’une Licence en sciences économiques de l’Université de Conakry. Son parcours professionnel est marqué par une longue expérience dans le domaine humanitaire et du développement.

AFG Holding finalise l’acquisition de la Société Générale Guinée  

AFG Holding a annoncé, le 11 août 2025 à Abidjan, avoir finalisé l’acquisition de la participation majoritaire du Groupe Société Générale dans le capital de sa filiale guinéenne.

L’opération, validée par les autorités réglementaires compétentes, marque une étape importante dans l’expansion du groupe panafricain dans le secteur bancaire du continent.

Avec cette transaction, AFG Holding entend renforcer sa présence en Afrique tout en soutenant le financement des économies locales, l’inclusion financière et la digitalisation des services bancaires. La direction assure que la continuité des services sera pleinement garantie pour les clients particuliers, entreprises et institutionnels, avec le maintien de l’ensemble des effectifs mobilisés pour offrir un service optimal.
Pour faciliter la transition, un contrat de services a été signé avec le Groupe Société Générale. Celui-ci couvre notamment les systèmes informatiques et les services de correspondance bancaire, afin d’assurer une intégration harmonieuse et sans interruption pour la clientèle.
Fondée en 1985, la Société Générale Guinée a joué un rôle clé dans le développement économique du pays, en accompagnant des secteurs stratégiques. « Nous nous réjouissons d’accueillir AFG, une institution financière de premier plan, pour poursuivre notre marche et entrer dans une nouvelle phase de notre histoire », a déclaré Thierno Diallo, Directeur Général de SG Guinée. « Nous sommes convaincus que ce choix alliera continuité, innovation et croissance durable, au bénéfice des clients, des collaborateurs et de l’économie guinéenne. »
De son côté, Léon Konan Koffi, Président du Conseil d’Administration d’AFG Holding, a affirmé : « Cette opération reflète notre ambition de bâtir un groupe bancaire africain fort, au service des économies du continent. Nous avons la conviction que la Guinée présente un immense potentiel de développement, et nous sommes déterminés à accompagner durablement sa dynamique de croissance. »
AFG Holding est le pôle financier d’Atlantic Group, conglomérat panafricain fondé il y a plus de quarante ans par M. Koné Dossongui. Présent dans treize pays en Afrique centrale, de l’Ouest, de l’Est et dans l’océan Indien, le groupe est également actif dans l’agriculture, l’agro-industrie, l’industrie, l’hôtellerie et les télécommunications. Il opère dans les secteurs de la banque, de l’assurance et de la microfinance, se positionnant comme un partenaire financier de référence sur le continent.

Transition : 5 ans après, quel bilan ?

Depuis le coup d’État du 18 août 2020, le Mali vit une transition charnière, marquée par des bouleversements politiques, des choix stratégiques majeurs et des mutations profondes dans les domaines sécuritaire, économique, socio-politique et de gouvernance. Cinq ans après, le bilan reste contrasté, entre acquis indéniables et insuffisances persistantes.

Débutée officiellement en septembre 2020, avec l’investiture du Colonel-major à la retraite Bah Ndaw à la Présidence, la première phase de la Transition s’est étendue jusqu’au coup de force de mai 2021, qui a porté le Colonel Assimi Goïta, alors Vice-président chargé des questions de Défense et de Sécurité, à la tête de l’État.

Ces huit premiers mois n’ont pas connu de réalisations majeures, si ce n’est la mise en place des organes institutionnels de la Transition. Depuis mai 2021, une nouvelle dynamique a été engagée, avec un recentrage des priorités sur la Défense, la souveraineté économique et la refondation politique.

Reconquête territoriale et montée en puissance des FAMa

Dès sa prise de fonction, le Président de la Transition, Assimi Goïta, a donné pour instruction de « remettre l’armée sur pied ». La priorité accordée à la Défense s’est traduite par le recrutement de 9 500 personnels supplémentaires, toutes catégories confondues, afin de répondre aux engagements opérationnels et de stabiliser les zones autrefois contrôlées par les groupes armés terroristes.

Selon le ministre de la Défense, Sadio Camara, la situation sécuritaire du pays est « totalement sous contrôle ». « Le Mali est capable de contrôler son ciel, ses frontières et d’assumer ses choix. »

Pour sa part, le Premier ministre Abdoulaye Maïga affirme : « en 2012, nous avons perdu plus de 70% de notre territoire au profit des groupes terroristes. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Peu de pays peuvent se targuer d’une telle inversion de tendance en deux ou trois ans ».

Des efforts ont été portés sur la modernisation des infrastructures militaires, l’implantation stratégique sur le territoire et l’acquisition d’équipements militaires : avions de combat, drones, véhicules tactiques blindés, engins logistiques et ambulances.

Malgré ces avancées, les attaques persistent le long des axes routiers et dans certaines zones urbaines. Les autorités reconnaissent ces incursions, tout en estimant qu’elles ne sont que « des tentatives de marquer une présence » de groupes terroristes « presque en fin de vie », selon les mots de Sadio Camara. L’amélioration de la sécurité reste toutefois un objectif prioritaire du Plan d’action gouvernemental.

Réformes et controverses

Sur le plan institutionnel, la Transition a vu, entre autres réformes, l’adoption d’une nouvelle Constitution, la création de l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE) et une nouvelle Loi électorale.

En mai 2025, la dissolution de tous les partis politiques a provoqué une vive controverse, suivie de la saisie des juridictions nationales par certains responsables des formations dissoutes, dont les jugements sont prochainement attendus.

Le Premier ministre Abdoulaye Maïga s’en défend : « il n’y a aucune volonté de porter un coup au multipartisme, qui est consacré par la Constitution. Il s’agit de mieux encadrer le monde politique ».

Parallèlement, des organisations de défense des droits humains dénoncent un rétrécissement de l’espace démocratique, évoquant des arrestations extrajudiciaires et des détentions d’opinion.

Par ailleurs, la lutte contre la corruption a été érigée en priorité. Des procès sur les questions de détournement et de corruption ont été tenus, parmi lesquels l’affaire de l’achat de l’avion présidentiel et des équipements militaires, où les principaux accusés ont été condamnés.

Une Stratégie nationale, avec son Plan d’actions 2023-2027 met l’accent sur la prévention et la sensibilisation, mais aussi sur la répression. Les rapports d’audit sont désormais transmis systématiquement au Pôle économique et financier et une Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis a été créée.

Résilience économique et réformes structurelles

Selon le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, « l’économie du Mali se porte bien », avec un taux d’inflation de 3,2%, le deuxième taux le plus bas de la sous-région. A l’en croire, le chômage est passé de 6,5% en 2020 à 3,5% en 2024. L’institut national de la statistique (INSTAT) explique que ce taux bas est le  « reflet d’une économie dominée par le secteur informel et l’agriculture de subsistance, qui absorbe une grande partie de la main-d’œuvre, même si les emplois générés sont souvent précaires et peu rémunérés »

L’État a maintenu un effort massif de subventions, notamment à l’Énergie du Mali (461 milliards de francs CFA entre 2021 et 2024), aux sociétés de production de ciment, à la transformation du blé et aux produits pétroliers.

La relance de la filière coton a constitué un levier majeur. En réglant les impayés de 69 milliards de francs CFA et en fixant un prix incitatif (De 290 à 300 francs CFA/kg), le gouvernement a permis à la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT) d’atteindre une production record de 795 000 tonnes en 2021-2022. Quatre millions de Maliens vivent directement de cette filière, qui a retrouvé son rôle moteur dans l’économie nationale. Toutefois la campagne cotonnière 2025-2026 est minée par des retards de paiements, des livraisons d’intrants insuffisantes et une nouvelle invasion de jassides.

D’autres entreprises en difficulté ont été relancées, comme la COMATEX et l’UMPP, avec des injections financières ciblées. Le Fonds de garantie pour le secteur privé est passé de 20 à 28 milliards de francs CFA, permettant de générer 150 milliards de crédits et de créer 17 000 emplois.

En dépit des indicateurs économiques au vert, une grande partie de la population malienne reste confrontée à des difficultés au quotidien. Selon un ancien responsable politique, les maux dont se plaignaient les Maliens sous le régime d’IBK sont toujours d’actualité. « Les Maliens se plaignaient de la cherté de la vie et d’un pouvoir d’achat insuffisant. Aujourd’hui, ces difficultés persistent et leurs charges ont largement augmenté avec la flambée des prix », déplore-t-il.

Un secteur minier stratégique

Le secteur minier a connu une réforme majeure, avec l’adoption en 2023 d’un nouveau Code minier et d’une loi sur le Contenu local. L’État a désormais la possibilité de détenir jusqu’à 30% des actions dans les nouveaux projets miniers, auxquels s’ajoutent 5% pour le secteur privé national.

Ce changement a permis d’accroître les recettes publiques. « Nous sommes passés de 235,5 milliards à 767,4 milliards de recettes, soit un gain de 531,9 milliards », se félicite Alousseini Sanou. La création en 2022 de la Société de recherche et d’exploitation des ressources minérales du Mali (SOREM) a ouvert la voie à la relance des mines déjà acquises, comme celles de Morila, Yatéla et Tassiga.

Le pays a inauguré en décembre 2024 la mine de lithium de Goulamina, où 85 000 tonnes ont déjà été produites et 35 000 exportées. La mine de Bougouni est en phase finale de préparation. En juin 2025, la première pierre d’une raffinerie nationale d’or d’une capacité de 200 tonnes par an a été posée, l’État y détenant 62% du capital, afin de contrôler la production aurifère et sa traçabilité.

Crise énergétique et efforts de relance

Depuis 2022, le Mali traverse une crise énergétique sans précédent, qui a lourdement pesé sur les entreprises dans plusieurs domaines et sur le secteur informel. Cependant, depuis le mois de mars 2025, une amélioration sensible de la fourniture électrique a été constatée, avec 12 à 19 heures d’électricité par jour contre 6 heures auparavant.

À la base de cette amélioration se trouvent les subventions continues de l’État à Énergie du Mali (EDM-SA), mais aussi, et surtout, l’instauration de taxes pour le Fonds de soutien aux infrastructures de base et de développement social. Trois centrales solaires sont également en construction à Safo, Sanankoroba et Tiakadougou Dialakoro depuis mai 2024, mais accusent du retard. « Les difficultés rencontrées sont indépendantes de notre volonté, mais nos objectifs seront atteints », promet le Premier ministre, qui évoque aussi le développement futur de l’énergie nucléaire.

Bilan contrasté

Au terme de cinq années de transition, le Mali a enregistré des avancées notables, notamment dans la reconquête territoriale, le renforcement de l’armée, la réforme du secteur minier et la relance de filières économiques stratégiques comme le coton. La baisse du chômage et la stabilité relative des indicateurs macroéconomiques témoignent d’une certaine résilience.

Cependant, des défis majeurs subsistent, alors que la Transition a été prolongée de cinq ans, renouvelable autant de fois que nécessaire jusqu’à la pacification du pays. Les attaques terroristes continuent de perturber la vie quotidienne, la crise énergétique n’est pas complètement résolue et les restrictions des libertés inquiètent une partie de la société civile et des partenaires extérieurs.

Mohamed Kenouvi