Étiquette : Mali
Iran–USA : les discussions nucléaires relancées à Genève
Washington et Téhéran doivent reprendre leurs discussions indirectes sur le nucléaire ce 26 février à Genève, sous médiation omanaise. Cette nouvelle session intervient dans un climat de pression militaire et d’escalade verbale.
Ligue 1 Pro : Point sur les matchs en retard du Stade malien et du Djoliba AC
En raison de leur participation aux compétitions africaines, le Stade malien de Bamako et le Djoliba AC ont accumulé quatre journées de retard dans le championnat national, la Ligue 1 Pro Orange. Les deux clubs ont entamé, le 18 février 2026, la série de rattrapage de ces rencontres, dont les résultats pourraient bousculer le classement général de la phase aller.
Commande publique pour les PME: vers une mise en œuvre effective?
Une exposition prévue le 4 mars 2026 à Bamako vise à préparer les artisans à l’orientation d’une partie de la commande publique vers les entreprises nationales. Présentée comme un signal fort en faveur des PME, la mesure devra encore relever plusieurs défis pour être pleinement effective.
Afrique du Sud : la publication qui a structuré la réconciliation
En Afrique du Sud, la publication du rapport final de la Truth and Reconciliation Commission (TRC), en 1998, a marqué un tournant institutionnel majeur après l’apartheid. Rendu public, le document a consacré la reconnaissance officielle des violations et structuré la mise en œuvre des réparations et des réformes.
Près de trois décennies plus tard, l’expérience sud-africaine demeure une référence en matière de justice transitionnelle. Si le rapport n’a pas effacé les inégalités héritées de l’apartheid, il a matérialisé le passage entre l’établissement des faits et l’ouverture d’une phase de mise en œuvre fondée sur un document officiellement rendu public.
Confédération AES : la stratégie d’action de l’An II en ligne de mire
Réunis à Ouagadougou du 24 au 26 février 2026, experts et ministres de la Confédération des États du Sahel (AES) travaillent à l’élaboration d’une feuille de route pour la deuxième année d’existence de l’organisation. Le document, proposé par le Burkina Faso et enrichi par le Mali et le Niger, doit servir de cadre stratégique aux prochaines étapes de l’intégration confédérale.
CVJR : le rapport à l’épreuve de la publication
Après huit années d’enquête et plus de 30 000 dépositions, le rapport final de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation, remis aux autorités en décembre 2022, demeure inédit. Document clé de la justice transitionnelle, son absence de publication laisse en suspens un processus pourtant essentiel pour la mémoire, la vérité et la réconciliation nationale.
Mauritanie-Mali-Sénégal : lancement d’un projet transfrontalier pour renforcer la gestion de l’eau
Les Nations Unies ont déclaré que la Mauritanie, le Mali et le Sénégal ont lancé un projet transfrontalier d’une valeur de sept millions de dollars visant à renforcer la gestion de l’eau et à réduire les conflits liés à sa rareté dans les zones frontalières, un projet, qui sera mis en œuvre dans un délai de 24 mois et qui bénéficiera directement à plus de 151 000 personnes.
Carburants : des stocks en légère baisse à Bamako
Les stocks d’essence et de gaz butane ont légèrement reculé à Bamako entre le 17 et le 22 février 2026, selon les autorités locales. Les volumes restent jugés suffisants, mais la dépendance du pays aux importations maintient le marché sous vigilance.
Guinée–Mali : nouveau financement pour achever l’interconnexion électrique
La Guinée a obtenu un financement additionnel pour finaliser le projet d’interconnexion électrique avec le Mali. Plus de 37 000 nouveaux branchements sont annoncés dans les zones concernées.
Un accord a été signé le 20 février 2026 entre la ministre guinéenne de l’Économie, des Finances et du Budget et le représentant de la Banque africaine de développement. Il porte sur un financement de 26,12 millions de dollars, complété par un don de 3,84 millions de dollars du Fonds africain de développement. Cet appui vient renforcer les ressources déjà mobilisées pour mener à terme le Projet d’Interconnexion Électrique Guinée–Mali.
Selon les autorités, les fonds permettront la réalisation de 37 500 nouveaux branchements électriques. Les ménages, les infrastructures sociales telles que les écoles et centres de santé, ainsi que les petites activités productives figurent parmi les principaux bénéficiaires attendus. L’objectif affiché est d’améliorer la couverture électrique et de soutenir le développement économique local.
L’interconnexion entre les deux pays s’inscrit dans une dynamique de coopération énergétique régionale visant à sécuriser l’approvisionnement et à optimiser l’exploitation des ressources disponibles. L’extension du réseau devrait contribuer à réduire les déficits d’accès à l’électricité dans certaines zones et à renforcer l’intégration des systèmes énergétiques sous-régionaux.
Avec ce financement supplémentaire, les autorités entendent accélérer la mise en œuvre du projet et consolider l’impact des investissements engagés dans le secteur de l’énergie.
Femmes et enfants au Mali : 459 recommandations pour préparer 2027
Le rapport général des États généraux sur la situation de la Femme, de l’Enfant et de la Famille a été remis le 19 février 2026 au président de la Transition. Parmi les 459 recommandations formulées, figure la proposition de consacrer 2027 à la femme, à l’enfant et à la famille.
Le document, officiellement transmis au palais de Koulouba par la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme DIARRA Djénéba SANOGO, est l’aboutissement d’un processus national de concertation ayant mobilisé près d’un millier de participants. Les travaux ont débouché sur 459 recommandations et 349 actions prioritaires structurées autour de trois axes : le renforcement de la cellule familiale, l’autonomisation économique des femmes et leur participation à la vie publique, ainsi que la protection des enfants contre les violences, abus et formes d’exploitation.
Le rapport intervient dans un contexte où les indicateurs sociaux rappellent la persistance de nombreux défis. Les femmes, qui représentent près de la moitié de la population active, demeurent confrontées à un accès limité au financement, à la terre et aux opportunités économiques formelles. Les inégalités en matière d’éducation, notamment en milieu rural, continuent d’affecter les filles, avec des taux d’abandon scolaire encore élevés. Les mariages précoces, les violences basées sur le genre et les difficultés d’accès aux services de santé maternelle et infantile freinent également leur plein épanouissement.
Pour les enfants, les contraintes sont multiples. La pauvreté, l’insécurité dans certaines régions, le travail des mineurs et l’insuffisance d’infrastructures scolaires et sanitaires compromettent l’exercice effectif de leurs droits. Les crises successives ont accentué la vulnérabilité des familles, limitant leur capacité à assurer protection, encadrement et accompagnement éducatif.
Les recommandations issues des États généraux entendent répondre à ces fragilités structurelles par une approche intégrée. Elles prévoient notamment le renforcement des mécanismes de prévention des violences, l’amélioration de l’accès des femmes aux ressources productives, la promotion de leur leadership dans les instances décisionnelles et la consolidation des dispositifs de protection de l’enfance. La proposition de faire de 2027 l’année dédiée à la femme, à l’enfant et à la famille s’inscrit dans cette dynamique, à l’occasion du trentième anniversaire du département ministériel concerné.
Les autorités présentent ces assises comme une initiative d’envergure nationale financée sur budget interne et soutenue au plus haut niveau de l’État. Le défi reste désormais celui de la mise en œuvre. La traduction effective des 349 actions prioritaires en programmes concrets, dotés de ressources suffisantes et assortis de mécanismes de suivi, sera déterminante pour transformer les engagements en améliorations tangibles.
La remise du rapport marque une étape institutionnelle importante. Elle ouvre une phase d’attente et d’exigence, dans laquelle la cohérence entre les ambitions affichées et les réalisations concrètes conditionnera la confiance des citoyens et l’impact réel sur la vie des femmes, des enfants et des familles.
Exclusif – NDC Energie reprend les stations Total Energies : un tournant stratégique dans le secteur pétrolier malien
Le réseau des stations‑service Total Energies, le plus dense du Mali, avait été cédé en janvier 2025 à la société béninoise Coli Energy, liée au groupe Petro Benin. Cet épisode avait marqué le retrait officiel de la multinationale française du marché malien, sur fond de tensions géopolitiques.
Un an plus tard, en janvier 2026, ce même réseau change à nouveau de mains : il est désormais racheté par NDC Energie (Niangadou Distribution Company), fondé et dirigé par Mamadou Niangadou, dit Mama Libanais. Le montant de la transaction n’a pas été rendu public, mais l’opération porte sur 80 stations-service réparties sur tout le territoire.
NDC devient un acteur incontournable de la distribution
Jusqu’ici, NDC qui a été créée en 2015, ne disposait que de 4 stations à Bamako, mais l’entreprise était déjà l’un des plus grands importateurs de carburant du pays, disposant de plus de 200 camions citerne et approvisionnant des réseaux de stations-service, l’opérateur public EDM‑SA, ainsi que plusieurs sociétés minières, dont la mine de lithium de Goulamina dans la région de Sikasso. Avec ce rachat, NDC passe d’un rôle d’importateur dominant à celui d’opérateur intégré, capable de contrôler à la fois l’entrée du carburant dans le pays et sa distribution au détail.
Le parcours récent de son fondateur, Mamadou Niangadou, trentenaire, n’a pas été linéaire. En mai 2024, il avait été inquiété dans le cadre de l’instruction sur l’affaire EDM‑SA, une procédure qui avait conduit à son placement en détention provisoire. Selon plusieurs sources judiciaires, il avait été libéré après le paiement d’une importante caution auprès de la Cour suprême. Malgré cet épisode, le 6 décembre 2025, Mamadou Niangadou a été élevé au rang de Chevalier de l’Ordre national du Mali, une distinction remise par les autorités de la Transition à plusieurs acteurs du secteur, soulignant leur rôle stratégique dans l’approvisionnement du pays en hydrocarbures dans un contexte de tensions sécuritaires sur les corridors logistiques.
Un nouveau paysage pour le secteur pétrolier malien
Le marché sort en effet d’une crise de carburant majeure, débutée en septembre 2025 et directement liée à la dégradation sécuritaire sur les corridors Dakar–Bamako et Abidjan–Bamako, où les attaques djihadistes ont perturbé le transport des hydrocarbures pendant plusieurs mois. Les ruptures répétées, les files d’attente interminables et la pression sur les importateurs ont marqué durablement les consommateurs. Mais depuis janvier 2026, la situation semble stabilisée, grâce à une meilleure sécurisation des axes et une coordination renforcée entre les opérateurs.
Le retrait de Total Energies, l’arrivée de Coli Energy, puis la prise de contrôle par NDC redessinent profondément le marché. Pour la première fois, un acteur 100 % malien contrôle un réseau national de cette ampleur, comptant plus de 1100 employés, dans un secteur longtemps dominé par des opérateurs étrangers. Cette intégration pourrait renforcer la résilience du marché, à condition que les défis logistiques et sécuritaires restent maîtrisés.
Fodé Traoré
Alhadji Dicko : « Notre objectif est de nous qualifier pour la Coupe du monde »
Les Aigles du Mali s’apprêtent à participer à la première fenêtre de qualification pour la Coupe du monde FIBA Qatar 2027, prévue du 26 février au 1er mars prochain en Égypte. À quelques jours de cette importante échéance, le sélectionneur national Alhadji Dicko se confie, dans cet entretien exclusif, sur les préparatifs du tournoi. Propos recueillis par Mohamed Kenouvi
Bilan humanitaire 2025 : Plus de 2 millions de personnes assistées par le CICR et la Croix-Rouge malienne
Le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge au Mali a présenté le bilan de ses activités pour l’année 2025 lors d’un café de presse organisé le 17 février 2026 au siège de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Bamako. Au total 2,3 millions de personnes ont été touchées en 2025.
Face aux journalistes, le chef de délégation du CICR au Mali, Nicolas Lambert, et le directeur général de la Croix-Rouge Malienne, Nouhoum Maïga ont détaillé les réalisations de l’année écoulée et présenté les perspectives opérationnelles pour 2026.
Selon les chiffres communiqués, les actions du CICR ont permis de toucher environ 1 100 000 personnes en 2025, malgré une baisse de 15 % du budget. Les interventions ont concerné plusieurs secteurs clés, notamment la protection des personnes affectées par les conflits, la sécurité alimentaire, la santé, l’accès à l’eau et la prévention.
Dans le domaine de la protection, 83 visites ont été effectuées dans 13 lieux de détention afin de suivre les conditions de détention et le traitement des détenus. Le rétablissement des liens familiaux est resté un axe fort : 22 222 appels téléphoniques ont été facilités entre personnes séparées, 641 messages Croix-Rouge échangés et huit familles réunifiées, dont des enfants.
Sur le volet sécurité alimentaire et économique, les équipes ont conduit des réponses d’urgence ciblées au profit de 22 970 ménages via une assistance alimentaire, tandis que 10 310 ménages ont reçu des biens ménagers essentiels. En parallèle, 11 808 ménages ont bénéficié d’un appui en semences, outils et intrants agricoles pour renforcer leurs moyens de subsistance.
Dans le secteur de la santé, plus de 24 000 patients ont été pris en charge, dont 13 784 blessés et cas urgents nécessitant des soins d’urgence ou chirurgicaux. Trente centres de santé ont également reçu un soutien, couvrant plus de 221 000 personnes à travers des programmes de santé communautaire.
L’accès à l’eau et l’habitat figurent aussi parmi les priorités. Au total, 44 ouvrages hydrauliques ont été réalisés ou réhabilités, au bénéfice de 162 400 personnes. La solarisation de 42 infrastructures a été assurée pour garantir la durabilité et la continuité des services. Enfin, 17 sessions de formation en droit des conflits armés ont été organisées au profit de 214 militaires.
Des besoins persistants et une priorisation en 2026
Évoquant les perspectives, Nicolas Lambert a annoncé un budget prévisionnel de 33 milliards de FCFA pour 2026. Il a souligné que les besoins humanitaires restent élevés, avec une possible évolution de la cartographie des zones d’intervention. Toutefois, la stratégie restera concentrée principalement sur le centre et le nord du pays, avec une logique de priorisation des actions.
De son côté, la Croix-Rouge Malienne a présenté un bilan également soutenu. En 2025, près de 13 milliards de FCFA ont été mobilisés pour ses opérations, avec plus de 1,2 million de bénéficiaires atteints dans différents domaines.
Dans le domaine de la santé et du bien-être social, 938 251 personnes ont été touchées à travers des interventions en santé maternelle et infantile, la prévention des épidémies et le soutien psychosocial.
En gestion des catastrophes, 613 personnes ont été formées aux premiers secours et au dépistage, tandis que 116 074 personnes ont reçu une assistance d’urgence. En outre, 210 membres d’équipes d’intervention et volontaires ont été formés à la préparation et à la réponse aux urgences ainsi qu’aux activités génératrices de revenus.
Sur le plan de la sécurité alimentaire et des moyens d’existence, 3 830 bénéficiaires ont reçu des appuis via des formations agricoles, des dotations et des distributions alimentaires ou monétaires. Des transferts en cash d’un montant global de 807 698 000 FCFA ont été distribués à 11 887 ménages.
Les actions de protection et de cohésion sociale ont concerné plus de 62 000 personnes, notamment des migrants, déplacés internes et communautés hôtes. Des campagnes de sensibilisation ont touché près de 40 000 personnes sur les droits des migrants et les violences basées sur le genre.
Enfin, les programmes environnementaux et d’assainissement ont permis de sensibiliser plus de 68 000 personnes, d’organiser des journées de salubrité, de planter 2 000 plants et d’aménager deux périmètres maraîchers.
Remaniement : le ministère des Réformes reste, les questions aussi
Malgré la prolongation en 2025 de la transition pour 5 ans renouvelables et l’absence d’échéances électorales immédiates, le ministère délégué auprès du Premier ministre, chargé des réformes politiques et du soutien au processus électoral, a été maintenu lors du remaniement du 12 février 2026. Un choix qui suscite plusieurs interrogations.
UA : Conakry désignée siège du Centre africain de développement minier
La Guinée a été officiellement choisie pour abriter le siège du Centre africain de développement minier (CADM), à l’issue du 39ᵉ Sommet de l’Union africaine tenu les 14 et 15 février 2026 à Addis-Abeba. Cette décision confère à Conakry un rôle stratégique dans la gouvernance du secteur extractif continental.
Créé dans le cadre de la Vision minière africaine adoptée en 2009, le CADM accompagne les États dans l’élaboration de politiques minières favorisant la transformation locale et la création de valeur. Le secteur minier représente environ 10 % du PIB africain et plus de 40 % des recettes d’exportation de plusieurs pays du continent. L’Afrique détient près de 30 % des réserves mondiales de minerais critiques, notamment le cobalt, le manganèse, la bauxite et le lithium.
Le ministre guinéen des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, a indiqué que son pays assumera pleinement ses responsabilités financières et techniques pour assurer le fonctionnement du Centre. La commissaire de l’UA chargée du Développement économique a salué une étape majeure pour renforcer l’expertise africaine face à la compétition mondiale autour des ressources stratégiques.
Premier producteur mondial de bauxite et détenteur d’importantes réserves de fer et d’or, la Guinée consolide ainsi sa position dans la chaîne de valeur minière africaine. Cette désignation intervient alors que la demande mondiale en minerais critiques, essentiels à la transition énergétique et aux technologies numériques, connaît une forte progression.
Marchés urbains : un apport important à l’économie en Afrique
Les marchés en Afrique contribuent au développement socioéconomique des villes. Ils permettent aux acteurs d’accéder à des revenus réguliers et aux consommateurs d’avoir accès à des produits. Cependant, l’existence de ces marchés influence négativement l’économie, l’environnement et la société. Entre la gestion des déchets, le caractère informel de l’activité et la qualité des produits, les marchés urbains en Afrique doivent relever de nombreux défis pour améliorer leur contribution au développement urbain.
Marchés en flammes : économie fragile et gouvernance en question
Dans la nuit du 15 au 16 février 2026, un violent incendie a ravagé une grande partie du marché Dossolo Traoré, dit Sougouni-Coura, en commune II du district de Bamako. Ce nouveau sinistre, survenu à la veille du mois de Ramadan, relance avec acuité la question de la sécurisation et de l’organisation des marchés, maillons essentiels mais vulnérables de l’économie urbaine.
Au lendemain de ce sinistre, le spectacle était celui d’un champ de ruines. Des hangars tordus, des étals réduits en cendres, des marchandises calcinées : vêtements, denrées alimentaires, produits cosmétiques, ustensiles de cuisine. Plusieurs commerçants ont tout perdu. Selon les premières estimations du Collectif national des acteurs des marchés du Mali (CNAM-Mali), près de 80 % de la zone centrale aurait été touchée. Aucune perte en vie humaine n’a été signalée, mais l’impact économique est considérable.
Sougouni-Coura n’est pas un marché périphérique. Avec une superficie estimée à 300 000 m² et un rôle stratégique dans l’approvisionnement de Bamako, il alimente une partie importante des circuits de distribution de la capitale. Sa vulnérabilité dépasse donc les seuls commerçants sinistrés : elle concerne l’ensemble de la chaîne commerciale urbaine.
Ce nouvel incendie n’est pas un cas isolé. Le Grand Marché de Bamako a connu plusieurs sinistres majeurs ces dernières années : décembre 2017 (avec un décès), juin 2018, puis mars 2025. En moins d’une décennie, les feux à répétition dessinent une tendance préoccupante. La question n’est plus celle d’un accident ponctuel, mais d’un problème structurel. Ces sinistres présentent des caractéristiques communes : déclenchement nocturne, propagation rapide dans des structures majoritairement en matériaux légers, et difficultés d’accès pour les secours. Dans la plupart des cas, les incendies surviennent à des périodes de forte activité commerciale, notamment à l’approche de grands événements religieux, lorsque les stocks sont reconstitués et les installations électriques davantage sollicitées.
Causes évitables
Selon les premiers témoignages, l’incendie de Sougouni-Coura serait parti d’un court-circuit aux environs de 23 heures, favorisé par un vent nocturne. Les équipes de la protection civile ont été confrontées à un obstacle récurrent à savoir l’inaccessibilité du site. Allées encombrées, étals débordant sur les passages, absence de couloirs de secours clairement dégagés. Les véhicules d’intervention ont eu du mal à progresser.
Abdoulaye Cissé, du CNAM-Mali, estime que « cette catastrophe pouvait être prévenue ». Il pointe la prolifération des branchements électriques anarchiques. Dans certaines zones, plusieurs commerçants se raccordent sur un même compteur, parfois contre le paiement informel d’environ 10 000 FCFA par mois. Des réfrigérateurs et congélateurs supplémentaires sont installés, notamment en période de forte demande. Un seul compteur peut alimenter plusieurs appareils, sans dispositif de sécurité adapté.
La veille du Ramadan constitue un facteur aggravant. Avec le mois de jeûne, les stocks augmentent, les chambres froides tournent davantage, l’activité nocturne s’intensifie. La combinaison surcharge électrique – promiscuité – absence de dispositifs anti-incendie crée un terrain propice aux sinistres.
Dans plusieurs marchés de la sous-région, notamment à Dakar ou à Abidjan, des réaménagements récents ont intégré des dispositifs obligatoires tels que des extincteurs normalisés, des issues de secours matérialisées et des bornes incendie raccordées au réseau hydraulique urbain. À Bamako, ces standards restent encore marginaux dans la majorité des sites commerciaux traditionnels.
Pourtant, le problème dépasse la seule électricité. Beaucoup de marchés de Bamako ne disposent ni d’extincteurs fonctionnels en nombre suffisant, ni de bornes incendie accessibles, ni de bacs à sable. Les plans d’aménagement sont souvent inexistants ou non respectés. Les couloirs d’évacuation sont progressivement occupés par des installations nouvelles, parfois tolérées par les autorités locales.
Un état des lieux réalisé à la suite du procès-verbal de négociations du 27 juillet 2021 entre le gouvernement et les organisations professionnelles révélait déjà que, sur 110 marchés inspectés dans 11 capitales régionales et le district de Bamako, la majorité ne disposait pas de plans d’aménagement approuvés, ni de délimitation claire. Plusieurs faisaient l’objet de litiges fonciers. Sougouni-Coura, bien qu’aménagé et doté d’un titre foncier, reste « fortement occupé ».
L’inventaire foncier avait également mis en évidence l’absence de bornage clair et la présence d’extensions non autorisées dans plusieurs marchés du district. Cette occupation progressive des espaces initialement prévus pour la circulation ou les équipements de sécurité réduit considérablement la capacité d’intervention en cas d’urgence.
Une économie sous-protection
Selon les données disponibles, le commerce constitue l’un des principaux pourvoyeurs d’emplois en milieu urbain. Il concentre une part importante de la valeur ajoutée du secteur informel, qui domine largement l’activité économique nationale.
Les incendies frappent un secteur déjà fragile. Selon les données de l’Enquête régionale intégrée sur l’emploi et le secteur informel (ERI-ESI), le commerce constitue l’activité dominante du secteur informel au Mali. L’emploi informel représente plus de 90 % des unités économiques privées. La majorité des commerçants ne tient pas de comptabilité formelle et ne dispose ni d’assurance ni de couverture adaptée.
Cela explique la difficulté à établir des bilans précis après chaque sinistre. Entre magasins de stockage et boutiques de détail récemment ravitaillées en vue du Ramadan, les pertes sont difficilement quantifiables. Faute de traçabilité et de documents comptables, toute évaluation reste approximative.
Les marchés constituent pourtant un pilier de l’économie urbaine. Ils structurent l’approvisionnement alimentaire, génèrent des milliers d’emplois directs et indirects et participent à la stabilité sociale. Leur vulnérabilité expose donc non seulement des commerçants individuels, mais aussi l’équilibre économique de quartiers entiers.
Dédommagement
Pour l’heure, aucun bilan financier consolidé n’a été communiqué. Les commerçants sinistrés se sont réunis le 17 février pour discuter des démarches à entreprendre. Beaucoup n’espèrent pas un dédommagement intégral, mais au moins un appui pour redémarrer leurs activités.
Les organisations professionnelles évoquent la nécessité d’un fonds de soutien d’urgence destiné aux acteurs sinistrés. Une telle mesure permettrait d’éviter l’effondrement d’activités familiales qui constituent souvent l’unique source de revenu de ménages entiers.
Le mois de Ramadan accentue la gravité de la situation. Pour de nombreuses familles, cette période représente un pic de revenus. L’incendie prive brutalement des dizaines de ménages de leur principale source de subsistance. En ce mois de jeûne, les marchés enregistrent traditionnellement une hausse significative des transactions. La destruction des stocks à cette période a donc un effet multiplicateur sur les pertes économiques, bien au-delà des seules infrastructures détruites.
L’absence d’assurance structurée rend toute indemnisation systémique difficile. Les pertes sont assumées individuellement ou, dans certains cas, partiellement compensées par des aides publiques ponctuelles ou des élans de solidarité.
Le déficit de formalisation réduit l’accès au crédit et aux produits d’assurance. En cas de catastrophe, les pertes sont assumées individuellement, en l’absence de mécanismes de mutualisation des risques.
Rebâtir
La répétition des incendies pose la question de la reconstruction sur des bases nouvelles. Plusieurs capitales ouest-africaines ont engagé, après des sinistres similaires, des programmes de modernisation : redéfinition des allées, installation d’extincteurs obligatoires, contrôle des branchements électriques, création de couloirs de secours permanents.
À Bamako, la réorganisation des marchés supposerait une combinaison de mesures comme l’audit des installations électriques, le contrôle régulier, l’interdiction des branchements multiples non conformes, la matérialisation d’issues de secours, des bornes d’eau fonctionnelles, la sensibilisation des commerçants aux risques incendie.
La modernisation implique également une clarification foncière et une gestion concertée associant collectivités locales et organisations professionnelles. Le CNAM-Mali plaide depuis plusieurs années pour une implication intense des acteurs dans la gouvernance des marchés.
Outre la reconstruction matérielle, il s’agit d’engager une transformation structurelle. Un marché moderne ne se limite pas à des hangars reconstruits, il suppose une planification, des normes de sécurité, un minimum de formalisation et des mécanismes de protection contre les risques.
Les incendies répétés rappellent que les marchés, socles de l’économie urbaine, évoluent dans une fragilité persistante. Tant que les causes structurelles – désordre spatial, branchements anarchiques, absence d’équipements de sécurité et informalité massive – ne seront pas traitées de manière cohérente, le risque demeurera.
L’incendie de Sougouni-Coura révèle les limites actuelles de l’organisation des marchés urbains. La remise en état du site implique une révision des dispositifs de sécurité et des modalités de gestion.
Emploi : l’État renforce ses services régionaux
Le gouvernement a adopté, le 18 février 2026, un projet de décret révisant les cadres organiques des Directions régionales et des Services subrégionaux de l’Emploi et de la Formation professionnelle. Ces structures, créées en 2009 pour mettre en œuvre les politiques nationales au niveau territorial, ont vu leur organisation jugée inadaptée après plus de dix ans d’application.
La réforme vise à corriger ces insuffisances et à redéfinir les effectifs nécessaires au fonctionnement des services déconcentrés pour les cinq prochaines années. Elle intervient dans un contexte où le marché du travail malien est largement dominé par l’informel. En effet, près de 97,5 % des emplois privés relèvent du secteur informel, avec une forte concentration dans le commerce (environ 81,7 % de l’activité informelle). Le chômage, en particulier chez les jeunes, reste élevé, et une proportion significative de la population active ne bénéficie ni de contrat formel ni de protection sociale.
En renforçant l’encadrement administratif au niveau régional et subrégional, les autorités entendent améliorer l’efficacité des dispositifs d’insertion professionnelle, d’accompagnement à l’entrepreneuriat et de formation qualifiante. Cette réorganisation vise aussi à rapprocher les services publics de l’emploi des populations, notamment dans les régions où l’accès aux opportunités économiques formelles est limité.
Le village Nangnerki, mémoire vivante
Au cœur du Festival Nangnerki, un espace capte immédiatement l’attention des visiteurs : le village reconstitué. Plus qu’un décor, il s’agit d’une immersion dans l’univers sénoufo et, au-delà, dans les fondements culturels du Mali. Installé à l’occasion de la 7ᵉ édition du festival, à proximité de la foire artisanale, cet espace se veut un lieu de transmission et de réflexion sur l’identité à l’heure de la modernité.
Dès l’entrée, le visiteur traverse un enclos de paille évoquant l’organisation traditionnelle d’un village sénoufo. Les cases portent des inscriptions précises : chambre des femmes, chambre du chef du village, cuisine. Construites en matériaux traditionnels, elles sont animées par des femmes qui y circulent, donnant au site une dimension vivante et non muséale.
L’initiative est portée par Kassim Bengaly, directeur du festival, avec la conception du styliste et scénographe Yacouba Touré. Leur ambition est de créer un pont entre générations. « Les enfants de la ville ne connaissent malheureusement pas le village. À travers cette scénographie, ils peuvent avoir envie d’y aller », explique Vieux Touré, figure du projet. Pour lui, connaître ses origines demeure essentiel à toute construction identitaire.
Le parcours dévoile des objets d’époque, une moto ancienne, une radio, une lampe tempête, mais aussi une forêt sacrée symbolique et un python, figure spirituelle forte dans la culture sénoufo. Un grenier traditionnel, un cheval et un espace royal complètent l’ensemble. Les visiteurs peuvent revêtir des tenues sénoufo ou bamanan, transformant la visite en expérience participative.
Un espace est également dédié aux Korêduga et aux guérisseurs, qui présentent leur rôle social et la pharmacopée traditionnelle. Cette présence rappelle l’importance persistante des savoirs locaux dans l’organisation communautaire.
En plus de la scénographie, le projet repose sur un travail de recherche mené avec des anciens et en collaboration avec la direction régionale de la culture. Le village Nangnerki apparaît ainsi comme un outil pédagogique et patrimonial, destiné à rapprocher les jeunes urbains d’un héritage parfois éloigné de leur quotidien.
Dans un contexte marqué par l’urbanisation et l’évolution des modes de vie, cette reconstitution interroge la place de la tradition dans la société contemporaine. Elle ne cherche pas à figer le passé, mais à rappeler qu’une identité se construit aussi à partir de sa mémoire. Ici, le village n’est pas seulement un lieu ; il devient un symbole de continuité culturelle.
Bandiagara : Koro face à l’afflux des réfugiés burkinabè
Le HCR fait état d’une forte augmentation des arrivées de réfugiés burkinabè dans le cercle de Koro. Plus de 71 000 personnes y sont désormais enregistrées, selon les données arrêtées fin décembre 2025.
Depuis avril 2025, plus de 51 000 nouveaux réfugiés burkinabè ont été enregistrés dans le cercle de Koro, dans la région de Bandiagara, d’après le dernier point de situation du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Ce chiffre porte à plus de 71 000 le nombre total de réfugiés recensés dans la zone, auxquels s’ajoutent environ 6 000 personnes pré-enregistrées.
Selon les informations communiquées par le HCR et ses partenaires, une partie importante des nouveaux arrivants provient de localités du nord du Burkina Faso situées à proximité de la frontière malienne. Des villages des provinces du Yatenga et du Loroum sont régulièrement cités parmi les zones de départ, notamment Mené, Bongole et Pela pour le Yatenga, ainsi qu’Ingani, Posso et Andekanda pour le Loroum. D’autres évaluations humanitaires mentionnent également Birigondogo, Gona, Yansa et Madougou comme localités d’origine de familles ayant franchi la frontière vers Koro.
La majorité des réfugiés sont des femmes et des enfants. Les déplacements se sont effectués dans un contexte d’insécurité persistante dans ces zones rurales, poussant des ménages entiers à quitter leurs habitations et leurs terres agricoles.
À Koro et dans les communes environnantes, les réfugiés sont principalement accueillis par les communautés hôtes. Le HCR indique que cet afflux exerce une pression sur les services de base, notamment l’accès à l’eau, aux soins de santé, à l’éducation et aux abris. Les opérations d’enregistrement et d’assistance se poursuivent en coordination avec les autorités locales et les partenaires humanitaires.
Approvisionnement : le Premier ministre inspecte les stocks de denrées essentielles
Le 14 février 2026, le Premier ministre Abdoulaye Maïga a effectué une visite dans plusieurs entrepôts de produits de première nécessité à Bamako. Cette sortie visait à vérifier la disponibilité des stocks à l’approche du Ramadan et du Carême.
Sur instruction du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, le Chef du Gouvernement s’est rendu dans deux structures majeures d’approvisionnement. À la Société Mamadou Diarra S.A, il a été fait état de 15 000 tonnes de sucre et de 45 000 tonnes de riz disponibles en magasin. Aux Établissements Gaakoye et Frères, la délégation a pu constater la présence d’importantes quantités de riz, de sucre et d’huile destinées au marché national.
Selon les données fournies par la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence, les stocks disponibles auprès des grossistes au 14 février 2026 sont estimés à 94 641 tonnes de riz, 50 152 tonnes de sucre, 7 984 tonnes de farine de blé, 4 877 tonnes d’huile et 3 773 tonnes de lait en poudre. Ces chiffres ne prennent pas en compte les volumes déjà répartis dans les circuits de distribution.
Cette visite intervient dans un contexte de suivi renforcé des produits de grande consommation, marqué par une attention particulière aux conditions d’approvisionnement et aux tensions observées ces derniers mois sur certains marchés. Les autorités entendent ainsi rassurer les populations sur la disponibilité des denrées essentielles et prévenir toute spéculation à l’approche des périodes de forte demande.
Au terme de la tournée, le Premier ministre a salué l’implication des opérateurs économiques, des services du ministère de l’Industrie et du Commerce ainsi que des forces de sécurité dans la sécurisation des circuits d’approvisionnement. Les autorités estiment que les volumes actuels devraient permettre de couvrir les besoins des ménages dans les semaines à venir.
Coupes CAF : le Stade malien en quarts, Djoliba sauve l’honneur
Le samedi 14 février, le Stade malien a perdu 1-0 contre le Simba SC en Ligue des champions de la CAF, mais reste leader de son groupe et rejoint les quarts de finale. Le lendemain, dimanche 15 février, le Djoliba AC a écrasé le FC San Pedro 4-0 en Coupe de la Confédération, offrant une note d’espoir à ses supporters.
39e sommet de l’UA : sécurité et eau au cœur des priorités
Réunis les 14 et 15 février 2026 à Addis-Abeba, les chefs d’État africains ont défini les grandes orientations politiques du continent. Au terme du 39e Sommet de l’Union africaine, la stabilité institutionnelle, la lutte contre l’insécurité et l’accès durable à l’eau se sont imposés comme des priorités majeures.
Médina Coura : Des dégâts matériels après un incendie
Un violent incendie a ravagé une partie du marché de « Sougouni-coura », à Médina Coura, en commune II du district de Bamako dans la nuit du 15 au 16 février 2026. Si aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée, les dégâts matériels sont considérables et de nombreux commerçants ont tout perdu.
Le sinistre s’est déclaré peu après minuit dans ce marché très fréquenté du district de Bamako. Alertés aux environs de 00h30, les sapeurs-pompiers sont intervenus rapidement pour contenir les flammes et empêcher leur propagation vers d’autres zones commerciales. Leur intervention a permis d’éviter un embrasement plus large dans ce secteur dense où les installations sont souvent rapprochées.
Plusieurs boutiques et étals ont été entièrement détruits. Des stocks de marchandises, constitués pour certains à crédit ou en prévision des prochaines semaines d’activité, sont partis en fumée. Au lever du jour, commerçants et riverains constataient l’ampleur des pertes, entre désolation et inquiétude pour la reprise des activités.
Les circonstances précises de l’incendie restaient à établir. Une enquête a été ouverte afin d’en éclaircir les causes.
Le marché de Médina Coura constitue un espace économique vital pour de nombreuses familles. Il regroupe des vendeurs de produits alimentaires, d’articles divers et de biens de consommation courante, contribuant fortement à l’économie informelle de la capitale. La destruction de plusieurs points de vente représente un coup dur pour ces acteurs déjà confrontés à un environnement économique contraint.
Cet incendie relance par ailleurs les interrogations sur les conditions de sécurité dans les marchés urbains. Promiscuité des installations, branchements électriques précaires et absence d’équipements anti-incendie adaptés sont régulièrement pointés du doigt lors de précédents sinistres.
En attendant les conclusions de l’enquête, l’heure est au constat et à la solidarité. Pour les commerçants sinistrés, l’enjeu est désormais de pouvoir se relever rapidement afin de préserver leur activité et les revenus qui en dépendent.
Loulo-Gounkoto : dix ans de plus pour Barrick après deux ans de bras de fer
Le gouvernement malien a renouvelé pour dix ans le permis d’exploitation de la mine d’or de Loulo, dans la région de Kayes, mettant fin à près de deux années de tensions entre Bamako et le groupe canadien Barrick Mining. Le décret, adopté en Conseil des ministres le 13 février 2026, intervient à la veille de l’expiration du permis initial accordé le 14 février 1996 pour une durée de trente ans.
Le site est exploité par la Société des Mines de Loulo (SOMILO S.A.), détenue à 80 % par Barrick et à 20 % par l’État malien. Son périmètre, initialement de 48 km², couvre désormais plus de 261 km² dans le cercle de Kéniéba.
Le différend avait éclaté après l’adoption du Code minier révisé en 2023, qui renforce la fiscalité et la participation de l’État dans les projets extractifs. Les exportations avaient été suspendues, une administration provisoire installée sur le complexe Loulo-Gounkoto, quatre employés détenus et environ trois tonnes d’or temporairement saisies. Barrick avait saisi le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), avant de retirer sa procédure dans le cadre d’un accord conclu fin 2025. Bamako s’était alors engagé à lever les poursuites et à restituer la pleine gestion du site.
Les tensions ont pesé sur la production nationale. Selon des chiffres provisoires rendus publics, la production industrielle d’or du Mali est tombée à 42,2 tonnes en 2025, contre 54,8 tonnes en 2024 et 66,48 tonnes en 2023. Loulo-Gounkoto, principal actif aurifère du pays, n’aurait produit qu’environ 5,5 tonnes en 2025, contre plus de 22 tonnes l’année précédente.
L’or représente 80 à 85 % des recettes d’exportation du Mali. En 2024, le complexe aurait généré près de 900 millions de dollars de revenus pour Barrick. Une nouvelle étude de faisabilité évoque des réserves exploitables pour six ans en surface et seize ans en souterrain, avec une production annuelle brute estimée à environ 420 920 onces.
Au-delà de la dimension technique, ce renouvellement formalise un compromis : appliquer le nouveau cadre minier voulu par l’État tout en préservant un investisseur majeur dans un secteur vital pour les finances publiques. Il marque également un signal de stabilisation contractuelle après un épisode de confrontation juridique et opérationnelle suivi de près par les acteurs du secteur extractif.
Fonction publique : un nouveau Statut général adopté en Conseil des ministres
Le Conseil des ministres du 13 février 2026 a adopté un projet d’ordonnance portant nouveau Statut général des fonctionnaires. Le texte vise à corriger les insuffisances relevées dans l’application de la loi n°02-053 du 16 décembre 2002, modifiée, qui encadrait jusqu’ici la gestion des agents de l’État.
Selon le communiqué officiel, la réforme redéfinit le champ d’application du statut conformément à la Constitution de 2023, intègre le Service national des jeunes dans le stage probatoire et remplace le système de notation par un dispositif d’évaluation du personnel. Elle prévoit également une nouvelle grille indiciaire avec une réduction du nombre d’échelons, institue une indemnité de départ à la retraite et précise la position des fonctionnaires appelés à servir au sein d’autorités administratives indépendantes.
Adopté par voie d’ordonnance, le texte devra être soumis au Conseil national de Transition pour ratification. Il s’inscrit dans la mise en œuvre des recommandations du Dialogue inter-Maliens et de la Conférence sociale, évoquées par le gouvernement.
La fonction publique malienne regroupe plusieurs dizaines de milliers d’agents répartis entre administrations centrales, services déconcentrés et collectivités territoriales. La masse salariale constitue un poste majeur du budget national, faisant de la gestion des carrières, de la formation continue et des mécanismes d’avancement des enjeux structurants pour l’administration publique.
Poids structurant
Selon les données budgétaires récentes, la masse salariale publique représente près de 35 % des dépenses de l’État et environ 48 % des recettes fiscales. Dans le projet de loi de finances 2026, elle est estimée à plus de 1 134 milliards de FCFA, contre un peu plus de 1 056 milliards en 2025, confirmant son poids structurant dans l’équilibre budgétaire national.
Un autre axe de la réforme porte sur la rationalisation de la formation continue et l’encadrement plus strict des avancements de catégorie par voie de formation. Le gouvernement met en avant la nécessité d’assurer une plus grande équité dans les promotions et d’adapter les compétences des agents aux évolutions technologiques et organisationnelles de l’administration, notamment dans le contexte de la modernisation et de la digitalisation des services publics engagées ces dernières années.
La nouvelle ordonnance intervient également dans un climat social marqué par des revendications récurrentes de syndicats de la fonction publique sur les conditions de travail, les carrières et les rémunérations. En introduisant un système d’évaluation en remplacement de la notation et en instituant une indemnité de départ à la retraite, les autorités entendent formaliser davantage les parcours professionnels et sécuriser les droits des agents en fin de carrière, tout en cherchant à renforcer la performance et la transparence dans la gestion des ressources humaines de l’État.
En 2025, le gouvernement avait engagé une revalorisation progressive des salaires dans le cadre du Pacte de stabilité sociale et de croissance, avec une hausse programmée de la valeur du point d’indice à partir de janvier 2026 et un impact budgétaire global estimé à plus de 100 milliards de FCFA. Parallèlement, une opération d’enrôlement biométrique a conduit à la suspension des rémunérations de plus de 36 000 agents non recensés, représentant plusieurs dizaines de milliards de francs CFA.
Fatoumata Keïta et Fatoumata Yaranangoré : Deux femmes à la rencontre de leur destin
Dans leurs ouvrages autobiographiques, Fatoumata Keïta et Fatoumata Yaranangoré retracent un parcours de résistance face aux attentes sociales. Deux récits qui placent l’éducation au cœur de l’émancipation.
Traité nucléaire : Un monde désormais sans cadre contraignant
Depuis l’expiration du traité New START, aucun accord juridiquement contraignant ne limite plus les arsenaux nucléaires stratégiques des États-Unis et de la Russie. Cette situation intervient alors que plusieurs États dotés de l’arme nucléaire sont engagés dans des tensions ou des conflits persistants.
La fin du traité New START met un terme au dernier accord bilatéral encadrant les forces nucléaires stratégiques américaines et russes. Entré en vigueur en 2011, cet accord s’inscrivait dans l’architecture de contrôle des armements développée depuis la fin de la Guerre froide, dans le cadre du Traité de non-prolifération nucléaire. New START fixait des limites précises au nombre d’ogives nucléaires stratégiques déployées ainsi qu’au nombre de vecteurs autorisés, incluant les missiles balistiques intercontinentaux, les missiles lancés depuis des sous-marins et les bombardiers lourds, selon des règles de comptage définies. Il prévoyait des échanges de données et des inspections sur site.
À ce jour, aucun dispositif juridiquement contraignant n’est venu remplacer ces mécanismes. À la suite de l’expiration du traité, la Russie a indiqué que les obligations qui en découlaient ne s’appliquaient plus. Les États-Unis et la Russie ont toutefois maintenu des échanges, par le biais de canaux de communication militaire et stratégique, et la question d’une éventuelle poursuite de l’observation de certains paramètres a fait l’objet de discussions. Les Nations unies ont relevé l’absence de cadre formel de contrôle des armements entre les deux principales puissances nucléaires.
Selon les estimations internationales les plus récentes, neuf États possèdent des armes nucléaires, les États-Unis et la Russie concentrant l’essentiel des ogives mondiales sur un total estimé à plus de douze mille, dans un contexte international marqué par plusieurs foyers de tension.
La guerre en Ukraine se poursuit entre la Russie et un pays soutenu par plusieurs puissances nucléaires occidentales. En Asie du Sud, l’Inde et le Pakistan restent engagés dans une rivalité militaire durable, tandis qu’en Asie de l’Est, la Corée du Nord développe ses capacités balistiques et la Chine modernise son arsenal stratégique.
Au Moyen-Orient, le programme nucléaire iranien reste au cœur de l’actualité internationale. L’Iran poursuit l’enrichissement de l’uranium à des niveaux élevés tout en participant à des discussions diplomatiques d’encadrement, dans un contexte régional tendu.
Dans ce contexte, l’expiration du traité New START laisse les relations nucléaires stratégiques entre grandes puissances sans cadre juridiquement contraignant commun. Elles reposent désormais sur des engagements unilatéraux et des contacts bilatéraux, dans un environnement international marqué par des crises et rivalités multiples.
Alerti : une réponse technologique face à la récurrence des inondations au Mali
Les inondations ne sont plus des événements exceptionnels au Mali. Ces dernières années, notamment lors des saisons hivernales 2023 et 2024, de fortes pluies ont provoqué la montée rapide du fleuve Niger et la saturation des caniveaux urbains, en particulier à Bamako, Ségou et Mopti.
Des quartiers entiers ont été submergés après quelques heures de précipitations intenses, révélant la fragilité des infrastructures de drainage et l’urbanisation souvent anarchique des zones inondables. Les bilans publiés par les autorités ont fait état de pertes en vies humaines, de milliers de sinistrés et de dégâts matériels considérables, notamment sur les habitations précaires.
Ces épisodes répétés mettent en lumière une difficulté structurelle entre autres l’anticipation. Si la Protection civile intervient régulièrement en urgence, les alertes arrivent souvent tardivement, lorsque l’eau a déjà envahi les habitations. Le problème n’est donc pas uniquement l’intensité des pluies, mais aussi l’absence de dispositifs locaux capables de signaler rapidement une montée anormale des eaux dans les quartiers à risque.
C’est en réfléchissant à tout ce qui vient d’être dit qu’a été conçu Alerti, un système d’alerte précoce imaginé par de jeunes Maliens. Il s’agit d’un capteur installé sous forme de poteau, semblable à un poteau électrique, placé dans des zones exposées aux crues ou aux accumulations d’eau. Le dispositif surveille en temps réel l’état de l’eau en période de pluie. Lorsque le niveau atteint un seuil critique, une alerte est transmise immédiatement à la Protection civile afin de déclencher des mesures d’urgence.
L’intérêt d’un tel système réside dans la rapidité de transmission de l’information. Dans une situation théorique où quelques dizaines de minutes peuvent aggraver une situation, disposer d’un signal automatisé peut améliorer la coordination des secours. Toutefois, l’efficacité d’Alerti dépendra de son déploiement à grande échelle, de sa maintenance et de son intégration dans un réseau d’intervention déjà contraint par des moyens limités.
Le projet a obtenu le 2ᵉ prix au Orange Summer Challenge 2025, ce qui lui a offert une visibilité accrue. Mais au-delà de la distinction, une grande question demeure : comment intégrer durablement ce type d’innovation dans une politique globale de prévention des risques, combinant aménagement urbain, sensibilisation des populations et planification climatique ?
IBRAHIM BABY






























