Étiquette : Mali
Tentative de déstabilisation : la France exige la libération de son diplomate arrêté à Bamako
Le ministère français des Affaires étrangères a réagi à l’arrestation au Mali de Yann Christian Bernard Vezilier, diplomate accrédité à l’ambassade de France à Bamako. Paris dénonce des accusations « sans fondement » et rappelle qu’il bénéficie des immunités prévues par la Convention de Vienne. La France réclame sa libération immédiate.
Selon le communiqué diffusé par Bamako, M. Vezilier a été interpellé dans le cadre d’une enquête visant un réseau soupçonné de complot contre les institutions. Les autorités maliennes l’accusent de travailler pour les services de renseignement français et d’entretenir des liens avec des responsables militaires et politiques locaux. Deux généraux maliens, Abass Dembélé et Néma Sagara, ont également été arrêtés.
Âgé de 45 ans, Yann Vezilier est officier mécanicien de l’air. Entré à l’École militaire de l’air en 1998, il a été promu lieutenant-colonel en 2016 et décoré chevalier de l’Ordre national du Mérite en 2020, après vingt-sept années de service. En poste à Bamako comme deuxième secrétaire de l’ambassade de France, son statut diplomatique a été confirmé par le Quai d’Orsay.
Côté malien, la communication officielle insiste sur son rôle supposé dans la constitution de cercles d’influence mêlant civils et militaires, dans le but de fragiliser le pouvoir de transition. Le gouvernement présente son arrestation comme l’aboutissement d’un plan concerté de déstabilisation.
Cette affaire survient dans un contexte de vives tensions entre Bamako et Paris. La coopération militaire française a pris fin en 2022, et les autorités maliennes ont renforcé leurs partenariats sécuritaires avec la Russie. Sur le plan intérieur, les autorités ont prolongé la transition pour cinq années supplémentaires, voire plus. Une décision loin de faire l’unanimité.
Paris réaffirme sa demande de libération immédiate et multiplie les démarches diplomatiques, Bamako maintient ses accusations et affirme détenir des preuves d’un projet de complot. Le dossier reste suivi de près pour ses implications bilatérales et régionales.
Hivernage 2025 : Les inondations causent une vingtaine de morts et plus de 9 000 personnes sinistrées
Le Comité Technique du Comité Interministériel de Gestion des Crises et Catastrophes, réuni le 14 août 2025 au Centre de Coordination et de Gestion des Crises (CECOGEC), a dressé un bilan actualisé de la situation des inondations au cours de l’hivernage. Au cours de la semaine du 4 au 11 août, quatre cas d’inondation, un épisode de vent violent et un cas de foudre ont été recensés.
L’ère du soft power de l’IA
Les leaders de l’IA tels qu’OpenAI et DeepMind s’estiment engagés dans une course à la création d’une intelligence artificielle générale (IAG) : un modèle capable d’accomplir n’importe quelle tâche intellectuelle réalisable par un être humain. Dans le même temps, les gouvernements américain et chinois considèrent la course à l’IA comme une priorité de sécurité nationale, nécessitant des investissements massifs, comparables à ceux du projet Manhattan. Dans les deux cas, l’IA est envisagée comme une nouvelle forme de hard power, uniquement accessible aux superpuissances disposant de ressources informatiques considérables, ainsi que des moyens de convertir celles-ci en domination économique et militaire.
Cette vision est en réalité incomplète, et de plus en plus dépassée. Nous sommes en effet entrés dans une nouvelle ère depuis que le développeur chinois DeepSeek a lancé en début d’année son modèle performant et moins coûteux que ceux de ses concurrents. La capacité à concevoir des outils d’IA de pointe n’est plus l’apanage d’une poignée de géants technologiques. Divers modèles de grande qualité émergent à travers le monde, démontrant combien le véritable potentiel de l’IA réside dans sa faculté à étendre le soft power.
L’époque de la surenchère dans la dimension des modèles a pris fin en 2024. Depuis, la supériorité d’un modèle n’est plus seulement déterminée par son échelle (par le recours à toujours plus de données et de puissance de calcul). DeepSeek a non seulement prouvé qu’il était possible de bâtir des modèles de premier plan sans quantité massive de capitaux, mais également que le recours à des techniques de développement avancées pouvait radicalement accélérer les progrès de l’IA au niveau planétaire. Considérée comme le Robin des Bois de la démocratisation de l’IA, l’entreprise a en effet pris la décision de fonctionner en open source, ce qui a déclenché une vague d’innovations.
Le monopole d’OpenAI (ou la concentration du marché entre les mains d’une poignée d’entreprises) que l’on observait il y a encore quelques mois a cédé la place à un paysage multipolaire hautement concurrentiel. Alibaba (Qwen) et Moonshot AI (Kimi) en Chine ont elles aussi lancé de puissants modèles en open source, l’entreprise japonaise Sakana AI (dont je suis cofondateur) ouvre également l’accès à ses innovations en matière d’IA, de même que le géant américain Meta investit massivement dans son programme en open source Llama, recrutant activement des talents en matière d’IA issus d’autres leaders du secteur.
Il ne suffit plus de vanter les performances d’un modèle de pointe pour répondre aux besoins des applications industrielles. Prenons l’exemple des chatbots d’IA : ces assistants virtuels sont capables d’apporter des réponses que l’on pourrait noter 7/10 à des questions d’ordre général, mais ne parviennent pas à atteindre la précision ou la fiabilité de 9,99/10 qu’imposent la plupart des tâches du monde réel – qu’il s’agisse d’évaluation de crédit ou de planification de la production, qui dépendent profondément du savoir-faire commun des experts. Autrement dit, l’ancien cadre, dans lequel les modèles fondamentaux étaient considérés indépendamment d’applications spécifiques, a atteint ses limites.
L’IA adaptée au monde réel doit être capable de gérer des tâches indépendantes, des procédures ambiguës, une logique conditionnelle ainsi que des cas d’exception – autant de variables désordonnées qui imposent des systèmes étroitement intégrés. Il est par conséquent nécessaire que les développeurs de modèles endossent une plus grande responsabilité dans la conception d’applications spécifiques, et que les développeurs d’applications s’engagent plus profondément dans la technologie fondamentale.
Cette intégration revêt autant d’importance pour l’avenir de la géopolitique que pour celui des entreprises, comme l’illustre le concept d’« IA souveraine », qui implique pour un État de réduire sa dépendance vis-à-vis des fournisseurs technologiques étrangers, aux fins de l’autonomie nationale en matière d’IA. Historiquement, l’inquiétude des pays étrangers face aux États-Unis réside en ce que le fait d’externaliser des infrastructures critiques – moteurs de recherche, médias sociaux, smartphones – en les confiant aux mastodontes de la Silicon Valley, risque de créer pour eux des déficits commerciaux persistants en matière numérique. Si l’IA devait suivre le même chemin, les pertes économiques pourraient croître de manière exponentielle. Beaucoup redoutent par ailleurs l’existence potentielle de dispositifs d’arrêt susceptibles de couper à tout moment une infrastructure d’IA externalisée à l’étranger. Pour toutes ces raisons, le développement national de l’IA est désormais considéré comme crucial.
L’IA souveraine ne signifie pas pour autant la nécessité de développer chaque outil au niveau national. Du point de vue de la rentabilité et de la diversification des risques, il demeure aujourd’hui préférable de combiner des modèles issus du monde entier. L’objectif majeur de l’IA souveraine ne doit pas simplement résider dans l’autosuffisance, mais plutôt dans l’accumulation d’un soft power en matière d’IA, via la conception de modèles que d’autres souhaiteront volontiers adopter.
Le soft power fait traditionnellement référence à l’attraction suscitée par des principes tels que la démocratie et les droits de l’homme, par la culture associée à titre d’exemple aux films hollywoodiens, plus récemment par les technologies numériques et les plateformes telles que Facebook, ou encore, de manière plus discrète, par différentes applications telles que WhatsApp ou WeChat, qui façonnent la culture au travers des habitudes quotidiennes. Lorsque divers modèles d’IA coexisteront, ceux qui seront les plus largement adoptés deviendront des sources subtiles mais profondes de soft power, compte tenu de leur intégration dans les décisions que prendront chaque jour les individus.
Du point de vue des développeurs d’IA, l’acceptation par le grand public sera indispensable à la réussite. D’ores et déjà, bon nombre d’utilisateurs potentiels se méfient des systèmes d’IA chinois (mais également américains), voyant dans leur utilisation un risque de coercition, de surveillance et de violations de la vie privée, entre autres freins à une adoption généralisée. Il est par conséquent facile d’imaginer qu’à l’avenir, seules les IA les plus fiables seront pleinement adoptées par les États, les entreprises et les individus. Si le Japon et l’Europe parviennent à proposer ces modèles et systèmes, ils seront idéalement placés pour gagner la confiance des pays du Sud – une perspective aux implications géopolitiques considérables.
Une IA digne de confiance n’est pas seulement une IA supprimant les biais ou empêchant la fuite de données. À long terme, l’IA devra également incarner les principes de l’être humain, et renforcer plutôt que remplacer le potentiel des individus. Si l’IA finit par concentrer la richesse et le pouvoir entre les mains de quelques-uns, elle ne fera qu’accentuer les inégalités et mettre à mal la cohésion sociale.
L’histoire de l’IA ne fait que commencer, et rien ne nous oblige à ce qu’elle consiste en une course du tout au vainqueur. Au sein d’un hémisphère nord vieillissant et d’un Sud global en pleine jeunesse, les inégalités induites par l’IA risquent néanmoins de créer des fractures durables. Il est dans l’intérêt des développeurs de veiller à ce que la technologie soit un outil fiable d’autonomisation, plutôt qu’un instrument de contrôle omniprésent.
Ren Ito, ancien diplomate japonais, est cofondateur de Sakana AI.
Project Syndicate, 2025.
www.project-syndicate.org
Rapport SIGRH : 36 151 agents non identifiés
Le processus de réalisation du Système Intégré de Gestion des Ressources Humaines des fonctions publiques de l’État et des collectivités territoriales (SIGRH) s’est achevé par la remise au chef de l’Etat du rapport SIGRH. De 2022 à 2024, il a permis le recensement de 158 317 agents de l’État et des collectivités, parmi lesquels 122 166 ont été identifiés physiquement et biométriquement. En revanche, 36 151 agents ne se sont pas présentés, représentant 4,57 % de la masse salariale, soit 48,28 milliards de FCFA par an.
La salle de banquets du palais de Koulouba a abrité, vendredi 15 Août 2025, la cérémonie de remise du rapport d’exécution du SIGRH au président de la transition Assimi GOÏTA par le ministre de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les institutions, en présence des membres du gouvernement et du président du CNT.
La remise de ce document est la suite de l’initiative entreprise par les autorités pour la modernisation de l’administration publique. Son plan d’étude repose sur trois phases : Le recensement à l’aide de fiches individuelles ; l’enrôlement biométrique à travers tout le pays, y compris les zones difficiles d’accès et les missions diplomatiques et l’intégration des données dans un logiciel conçu et hébergé au Mali, financé sur fonds nationaux. Selon le Président de la Transition, ce projet est une recommandation pour combler l’absence d’informations fiables sur les effectifs des fonctionnaires, sur la mise à jour insuffisante, sur le manque d’interconnexion entre services et de l’absence de mécanismes unifiés de gestion salariale. Face à ce fléau, il avait instruit la création d’un système intégré, sécurisé et basé sur des données biométriques.
Absences à justifier
Mme MAÏGA Fatoumata Housseni MAÏGA, membre du comité technique a mis en lumière les atouts de cette nouvelle plateforme, en insistant sur son rôle dans la modernisation de la gestion des ressources humaines. Parmi les fonctionnalités clés : un fichier unique des salaires pour plus de transparence, une interconnexion des services RH pour un meilleur suivi, des données fiables pour anticiper les besoins en personnel, et un pilotage renforcé du capital humain. Elle a également annoncé son évolution prochaine, notamment dans la gestion des concours administratifs, afin de simplifier et fluidifier les processus de recrutement dans la fonction publique.
Sans pourtant qualifier les absents de fictifs, le Ministre de la refondation, Bakary Traoré a ordonné aux agents ciblés de se régulariser dans un délai de trois mois avant toute sanction. A rappeler que le SIGRH est né des recommandations fortes des Assises nationales de la refondation et s’inscrit dans le plan d’action du gouvernement.
Joseph Amara DEMBELE
Banque nationale de développement agricole : l’Etat devient actionnaire unique
Le capital social de la Banque nationale de Développement agricole est désormais détenu à 100% par l’État du Mali. De quoi élargir la marge de manœuvre de cette institution financière dans le développement rural et l’économie du Mali
L’Etat malien est désormais le seul actionnaire de la Banque malienne de développement agricole (BNDA). Le conseil des ministres du 13 août 2025, a annoncé l’acquisition par le gouvernement des parts détenues par l’Agence française de développement (AFD), faisant passer sa participation de 77,33% à 100% au capital social.
« Conformément au droit de sortie conjointe consigné dans le pacte d’actionnaires et dans le cadre de la mise en œuvre de sa stratégie à long terme », l’AFD a décidé de céder les actions qu’elle détenait dans le capital social, explique le communiqué du conseil des ministres.
C’est en décembre 2024 que l’Etat est devenu actionnaire majoritaire avec l’acquisition des parts de la société allemande d’investissement et de développement (DEC) et le Crédit coopératif. La DEG et le Crédit coopératif détenaient respectivement 21,43% et 9,70% des actions de la BNDA.
Cette nouvelle acquisition renforce l’emprise de l’Etat sur cette institution financière stratégique pour le développement économique du pays.
Implications
Cette position d’actionnaire unique donne à l’Etat « une marge de manœuvre assez importante pour financer le développement rural et l’économie malienne », estime l’économiste Modibo Mao Makalou.
Cette prise de contrôle vise à assurer une meilleure emprise de l’Etat sur les institutions financières clés et surtout améliorer l’orientation des ressources vers des secteurs prioritaires, comme l’agriculture. Créée en 1981, la BNDA est le principal partenaire financier de plus de 6 000 organisations paysannes et d’une vingtaine de systèmes financiers décentralisés. Il injecte en moyenne annuellement plus de 60 milliards FCFA dans le secteur agricole.
De 55,08 milliards de FCFA, le capital social de la BNDA s’est établi à 61,6 milliards FCFA. En 2023, la BNDA a affiché une augmentation de plus de 13% de son actif, passant de 776,9 milliards FCFA en 2022, à 881,9 milliards FCFA en 2023. Une augmentation attribuée à celle des « Effets publics et valeurs assimilées ». Mais dans le même temps, la banque avait enregistré une baisse de son résultat net, passant de 11,8 milliards FCFA en 2022, à 5,1 milliards FCFA en 2023. Une diminution due à l’augmentation des charges d’intérêt et des investissements stratégiques entrepris par la banque.
La nationalisation de la BNDA s’inscrit dans une orientation plus globale des autorités de renforcer la maîtrise de l’Etat sur les secteurs stratégiques de l’économie et la volonté d’une souveraineté économique accrue et un contrôle sur les ressources nationales.
Afrique : l’aide au développement subit des coupes historiques
Un rapport d’Oxfam daté du 8 août 2025, intitulé Changing Face of Aid in Africa : Outlook, failures, and reform potential, montre l’ampleur des réductions prévues dans l’aide publique au développement de l’Afrique par les bailleurs majeurs.
Le nouveau représentant du HCR reçu par le ministre de la Justice
RSE Tour University : Quand la jeunesse malienne prend le leadership du développement durable
L’Institut RSE Mali a marqué un tournant historique dans la mobilisation de la jeunesse autour des enjeux du développement durable, en organisant les 9 et 10 aout 2025 à Katibougou, dans la région de Koulikoro, la 1ère édition de la RSE Tour University. Le plus grand évènement universitaire jamais consacré à la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) au Mali portait sur le thème : « RSE et Agriculture durable : enjeux et opportunités ».
Portée par Souleymane Ben Déka Diabaté, jeune leader et spécialiste reconnu de la RSE, cette initiative a réuni près de 400 participants sur deux jours à l’IPR/IFRA de Katibougou, haut lieu de formation en agroécologie. Étudiants, jeunes entrepreneurs, experts, ONG, entreprises et autorités locales ont répondu présents pour débattre, apprendre et s’engager.
La RSE Tour University a pour objectif de faire de la RSE un outil concret d’employabilité, de transformation sociale et d’entrepreneuriat inclusif et durable au Mali.
Les participants ont eu l’opportunité d’assister à des panels riches et inspirants animés par des experts, consultants et chefs d’entreprises. Parmi les temps forts, deux panels ont marqué les esprits. Le premier sur l’inclusion financière, avec un focus sur les micro-assurances et microcrédits, a permis d’identifier des solutions innovantes pour élargir l’accès aux services financiers aux populations vulnérables.
Le second, dédié au changement climatique, à la résilience agricole et à l’entrepreneuriat vert, a mis en lumière les défis et opportunités pour une transition écologique inclusive au Mali.
L’événement a pu compter sur l’accompagnement précieux de AFG Assurances, sponsor officiel, qui a démontré son engagement envers la jeunesse et la RSE.
À travers la présence de sa Directrice Générale et de ses experts, AFG Assurances a partagé son expérience en matière de micro-assurance, soulignant son rôle stratégique dans l’inclusion financière et la protection des populations rurales.
“Associer notre nom à cette initiative, c’est affirmer notre volonté d’accompagner les jeunes dans la construction d’un Mali plus responsable et plus solidaire”, a déclaré Madame Cissé Adam Ba, Directrice Générale d’AFG assurances.
Sama Money, autre entreprise qui a soutenu l’activité a réaffirmé son engagement à simplifier l’accès aux services financiers.
L’événement s’est clôturé par un match de gala entre les étudiants de l’IPR/IFRA de Katibougou et la jeunesse de Koulikoro, en présence de certaines personnalités de la région de Koulikoro. Tous ont salué l’initiative et exprimé leur volonté de soutenir les jeunes dans leur engagement citoyen.
Selon l’organisateur, Souleymane Ben Déka DIABATE, cette initiative s’inscrit pleinement dans les axes stratégiques des autorités maliennes, notamment la promotion de l’agroécologie et de l’entrepreneuriat vert, l’inclusion des jeunes dans les politiques de développement, et la transition vers une économie plus responsable et plus durable
Un appel à l’Etat et aux entreprises
La RSE Tour University n’est pas un simple événement. C’est un signal fort de la jeunesse malienne prête à prendre sa place dans la construction d’un Mali durable.
C’est pourquoi l’Institut RSE Mali appelle les autorités publiques, les entreprises, les ONG et les bailleurs à soutenir cette dynamique, à investir dans la formation responsable et à intégrer la RSE dans leurs stratégies.
« La RSE n’est pas une tendance. C’est une volonté, un engagement. Et c’est la jeunesse qui en portera le flambeau », souligne Souleymane Ben Déka Diabaté.
AFG Holding finalise l’acquisition de la Société Générale Guinée
AFG Holding a annoncé, le 11 août 2025 à Abidjan, avoir finalisé l’acquisition de la participation majoritaire du Groupe Société Générale dans le capital de sa filiale guinéenne.
L’opération, validée par les autorités réglementaires compétentes, marque une étape importante dans l’expansion du groupe panafricain dans le secteur bancaire du continent.
Transition : 5 ans après, quel bilan ?
Depuis le coup d’État du 18 août 2020, le Mali vit une transition charnière, marquée par des bouleversements politiques, des choix stratégiques majeurs et des mutations profondes dans les domaines sécuritaire, économique, socio-politique et de gouvernance. Cinq ans après, le bilan reste contrasté, entre acquis indéniables et insuffisances persistantes.
Débutée officiellement en septembre 2020, avec l’investiture du Colonel-major à la retraite Bah Ndaw à la Présidence, la première phase de la Transition s’est étendue jusqu’au coup de force de mai 2021, qui a porté le Colonel Assimi Goïta, alors Vice-président chargé des questions de Défense et de Sécurité, à la tête de l’État.
Ces huit premiers mois n’ont pas connu de réalisations majeures, si ce n’est la mise en place des organes institutionnels de la Transition. Depuis mai 2021, une nouvelle dynamique a été engagée, avec un recentrage des priorités sur la Défense, la souveraineté économique et la refondation politique.
Reconquête territoriale et montée en puissance des FAMa
Dès sa prise de fonction, le Président de la Transition, Assimi Goïta, a donné pour instruction de « remettre l’armée sur pied ». La priorité accordée à la Défense s’est traduite par le recrutement de 9 500 personnels supplémentaires, toutes catégories confondues, afin de répondre aux engagements opérationnels et de stabiliser les zones autrefois contrôlées par les groupes armés terroristes.
Selon le ministre de la Défense, Sadio Camara, la situation sécuritaire du pays est « totalement sous contrôle ». « Le Mali est capable de contrôler son ciel, ses frontières et d’assumer ses choix. »
Pour sa part, le Premier ministre Abdoulaye Maïga affirme : « en 2012, nous avons perdu plus de 70% de notre territoire au profit des groupes terroristes. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Peu de pays peuvent se targuer d’une telle inversion de tendance en deux ou trois ans ».
Des efforts ont été portés sur la modernisation des infrastructures militaires, l’implantation stratégique sur le territoire et l’acquisition d’équipements militaires : avions de combat, drones, véhicules tactiques blindés, engins logistiques et ambulances.
Malgré ces avancées, les attaques persistent le long des axes routiers et dans certaines zones urbaines. Les autorités reconnaissent ces incursions, tout en estimant qu’elles ne sont que « des tentatives de marquer une présence » de groupes terroristes « presque en fin de vie », selon les mots de Sadio Camara. L’amélioration de la sécurité reste toutefois un objectif prioritaire du Plan d’action gouvernemental.
Réformes et controverses
Sur le plan institutionnel, la Transition a vu, entre autres réformes, l’adoption d’une nouvelle Constitution, la création de l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE) et une nouvelle Loi électorale.
En mai 2025, la dissolution de tous les partis politiques a provoqué une vive controverse, suivie de la saisie des juridictions nationales par certains responsables des formations dissoutes, dont les jugements sont prochainement attendus.
Le Premier ministre Abdoulaye Maïga s’en défend : « il n’y a aucune volonté de porter un coup au multipartisme, qui est consacré par la Constitution. Il s’agit de mieux encadrer le monde politique ».
Parallèlement, des organisations de défense des droits humains dénoncent un rétrécissement de l’espace démocratique, évoquant des arrestations extrajudiciaires et des détentions d’opinion.
Par ailleurs, la lutte contre la corruption a été érigée en priorité. Des procès sur les questions de détournement et de corruption ont été tenus, parmi lesquels l’affaire de l’achat de l’avion présidentiel et des équipements militaires, où les principaux accusés ont été condamnés.
Une Stratégie nationale, avec son Plan d’actions 2023-2027 met l’accent sur la prévention et la sensibilisation, mais aussi sur la répression. Les rapports d’audit sont désormais transmis systématiquement au Pôle économique et financier et une Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis a été créée.
Résilience économique et réformes structurelles
Selon le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, « l’économie du Mali se porte bien », avec un taux d’inflation de 3,2%, le deuxième taux le plus bas de la sous-région. A l’en croire, le chômage est passé de 6,5% en 2020 à 3,5% en 2024. L’institut national de la statistique (INSTAT) explique que ce taux bas est le « reflet d’une économie dominée par le secteur informel et l’agriculture de subsistance, qui absorbe une grande partie de la main-d’œuvre, même si les emplois générés sont souvent précaires et peu rémunérés »
L’État a maintenu un effort massif de subventions, notamment à l’Énergie du Mali (461 milliards de francs CFA entre 2021 et 2024), aux sociétés de production de ciment, à la transformation du blé et aux produits pétroliers.
La relance de la filière coton a constitué un levier majeur. En réglant les impayés de 69 milliards de francs CFA et en fixant un prix incitatif (De 290 à 300 francs CFA/kg), le gouvernement a permis à la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT) d’atteindre une production record de 795 000 tonnes en 2021-2022. Quatre millions de Maliens vivent directement de cette filière, qui a retrouvé son rôle moteur dans l’économie nationale. Toutefois la campagne cotonnière 2025-2026 est minée par des retards de paiements, des livraisons d’intrants insuffisantes et une nouvelle invasion de jassides.
D’autres entreprises en difficulté ont été relancées, comme la COMATEX et l’UMPP, avec des injections financières ciblées. Le Fonds de garantie pour le secteur privé est passé de 20 à 28 milliards de francs CFA, permettant de générer 150 milliards de crédits et de créer 17 000 emplois.
En dépit des indicateurs économiques au vert, une grande partie de la population malienne reste confrontée à des difficultés au quotidien. Selon un ancien responsable politique, les maux dont se plaignaient les Maliens sous le régime d’IBK sont toujours d’actualité. « Les Maliens se plaignaient de la cherté de la vie et d’un pouvoir d’achat insuffisant. Aujourd’hui, ces difficultés persistent et leurs charges ont largement augmenté avec la flambée des prix », déplore-t-il.
Un secteur minier stratégique
Le secteur minier a connu une réforme majeure, avec l’adoption en 2023 d’un nouveau Code minier et d’une loi sur le Contenu local. L’État a désormais la possibilité de détenir jusqu’à 30% des actions dans les nouveaux projets miniers, auxquels s’ajoutent 5% pour le secteur privé national.
Ce changement a permis d’accroître les recettes publiques. « Nous sommes passés de 235,5 milliards à 767,4 milliards de recettes, soit un gain de 531,9 milliards », se félicite Alousseini Sanou. La création en 2022 de la Société de recherche et d’exploitation des ressources minérales du Mali (SOREM) a ouvert la voie à la relance des mines déjà acquises, comme celles de Morila, Yatéla et Tassiga.
Le pays a inauguré en décembre 2024 la mine de lithium de Goulamina, où 85 000 tonnes ont déjà été produites et 35 000 exportées. La mine de Bougouni est en phase finale de préparation. En juin 2025, la première pierre d’une raffinerie nationale d’or d’une capacité de 200 tonnes par an a été posée, l’État y détenant 62% du capital, afin de contrôler la production aurifère et sa traçabilité.
Crise énergétique et efforts de relance
Depuis 2022, le Mali traverse une crise énergétique sans précédent, qui a lourdement pesé sur les entreprises dans plusieurs domaines et sur le secteur informel. Cependant, depuis le mois de mars 2025, une amélioration sensible de la fourniture électrique a été constatée, avec 12 à 19 heures d’électricité par jour contre 6 heures auparavant.
À la base de cette amélioration se trouvent les subventions continues de l’État à Énergie du Mali (EDM-SA), mais aussi, et surtout, l’instauration de taxes pour le Fonds de soutien aux infrastructures de base et de développement social. Trois centrales solaires sont également en construction à Safo, Sanankoroba et Tiakadougou Dialakoro depuis mai 2024, mais accusent du retard. « Les difficultés rencontrées sont indépendantes de notre volonté, mais nos objectifs seront atteints », promet le Premier ministre, qui évoque aussi le développement futur de l’énergie nucléaire.
Bilan contrasté
Au terme de cinq années de transition, le Mali a enregistré des avancées notables, notamment dans la reconquête territoriale, le renforcement de l’armée, la réforme du secteur minier et la relance de filières économiques stratégiques comme le coton. La baisse du chômage et la stabilité relative des indicateurs macroéconomiques témoignent d’une certaine résilience.
Cependant, des défis majeurs subsistent, alors que la Transition a été prolongée de cinq ans, renouvelable autant de fois que nécessaire jusqu’à la pacification du pays. Les attaques terroristes continuent de perturber la vie quotidienne, la crise énergétique n’est pas complètement résolue et les restrictions des libertés inquiètent une partie de la société civile et des partenaires extérieurs.
Mohamed Kenouvi
Manuscrits de Tombouctou : Le retour qui crée l’espoir
Le 11 août 2025, les manuscrits de Tombouctou sont retournés au bercail. Plus de dix ans après avoir été exfiltrés vers Bamako, ces écrits ont été conservés et sauvés de la destruction. Avec leur retour, la ville retrouve une partie « de son âme ».
Les 39 000 manuscrits du Centre de recherche Ahmed Baba, dont 29 000 avaient été exfiltrés, retrouvent désormais leur place. Les manuscrits connus sont estimés à un total de 777 000, dont 416 000 sont détenus par une vingtaine de bibliothèques privées.
Lors de la crise en 2012, plus de 4 000 de ces documents, datant pour certains du 13ème siècle, ont été détruits. Durant les dix ans écoulés, ces écrits ont été précieusement conservés, en particulier contre l’humidité, et ceux qui étaient en mauvais état ont été réparés. Des catalogues ont été préparés pour faciliter ce travail. Pour permettre à cette mémoire de traverser le temps, un processus de numérisation a été entrepris pour l’ensemble des manuscrits.
L’âme de Tombouctou
Un travail indispensable pour sauver l’âme de Tombouctou, se réjouit Sane Chirfi Alpha, Vice-président de l’ONG SAVAMA DCI, chargé du patrimoine écrit et du développement durable. Ces manuscrits sont le symbole d’un lieu de connaissance, attesté par l’existence de l’université de Sankoré, qui, à l’époque de sa splendeur, était constituée de 3 mosquées principales et de près de 180 écoles. L’un de ses plus grands représentants est Ahmed Baba, auquel l’on doit 56 ouvrages et qui a vécu 14 ans en exil au Maroc.
Les manuscrits vont au-delà des connaissances théologiques et religieuses. Ils traitent de tous les domaines du savoir, comme les mathématiques, la médecine, la protection de l’environnement, etc. Le retour des manuscrits crée l’espoir, mais ils doivent permettre de renouer avec les activités, plaide Sane Chirfi Alpha. Car il ne sert à rien qu’ils existent sans être exploités. Et leur existence recouvre deux aspects; car leur présence physique révèle des œuvres d’art, une calligraphie d’une qualité exceptionnelle ou encore de la décoration.
Mais les manuscrits ont encore beaucoup de secrets à livrer, dans des domaines aussi divers qu’utiles pour la société actuelle. La résolution des conflits, les droits des femmes, la protection de l’environnement sont autant de thèmes traités par ces réservoirs de savoirs et de savoir-faire. Pour les exploiter, il faut une certaine maîtrise et de l’expertise.
Les copies coûtaient cher car elles étaient faites à la main et prenaient du temps, mais elles permettaient de retracer l’histoire. En effet, les marges servaient à noter les événements importants qui se déroulaient durant la période de copie, comme la révélation d’un tremblement de terre ayant touché la ville, comme indiqué lors d’un archivage.
Délégations spéciales : Une gestion temporaire à réexaminer
Depuis plusieurs années, le Mali fait face à une gestion par Délégations spéciales dans de nombreuses collectivités locales, en raison de l’absence de conseillers élus. Ces organes temporaires, bien qu’indispensables pour assurer la continuité des services publics locaux, suscitent un débat intense concernant leur légitimité démocratique, leur impact sur la gouvernance locale et l’efficacité de la gestion publique.
Les Délégations spéciales sont mises en place lorsqu’un conseil communal ou régional ne peut plus fonctionner. Cela peut résulter de la dissolution des conseils, de démissions collectives ou de l’incapacité à organiser les élections dans les délais prévus. Selon le Code des Collectivités Territoriales, elles sont composées de sept membres, dont un Président, et leur mandat ne doit pas dépasser 12 mois. Toutefois, des prolongations ont eu lieu, suscitant des questions sur la gestion à long terme et l’impact de ces délégations sur la gouvernance locale.
L’une des principales critiques des Délégations spéciales réside dans leur absence de légitimité démocratique. Ces délégations sont nommées par l’État sans consultation populaire, créant un fossé entre les autorités locales et les citoyens. La situation de la Commune VI de Bamako, qui, bien que son conseil communal ait été dissous, reste sans délégation spéciale à ce jour, en est un exemple. Cette absence de gestion claire a alimenté un sentiment de frustration parmi les habitants, soulignant la nécessité de renforcer la légitimité locale.
La prorogation des mandats des Délégations spéciales au-delà de la période légale de 12 mois soulève également des inquiétudes. C’est le cas du mandat de Balla Traoré, qui a débuté en février 2022 après la dissolution du conseil communal du District de Bamako. Bien qu’il ait succédé à une période d’instabilité, il a dirigé la Délégation spéciale du District de Bamako avec un mandat prolongé à plusieurs reprises jusqu’à juillet 2025, date de l’arrivée de la nouvelle équipe sous la direction de Abdoulaye Mahamane. Certes, cela a permis de maintenir l’ordre administratif, mais a aussi été perçu comme une atteinte aux principes de décentralisation et de démocratie locale. La gestion prolongée de cette délégation a dévoilé la nécessité de respecter les délais légaux et de garantir que les collectivités maliennes soient administrées de manière légitime.
Gestion critiquée
La gestion des finances dans les municipalités sous Délégations spéciales a également fait l’objet de critiques. Lors de la gestion de la Mairie du District de Bamako par Balla Traoré, une augmentation significative des recettes a été observée, mais cette amélioration a été contrebalancée par une dette de 18 milliards de francs CFA héritée de la gestion précédente. Cette situation a alimenté les critiques sur l’efficacité des stratégies de gestion financière. De plus, des irrégularités dans la gestion des marchés publics ont été signalées, notamment des contrats passés sans respecter les normes administratives requises. Ces critiques soulignent l’importance d’un contrôle rigoureux et d’une gestion plus transparente des fonds publics.
Des anomalies en région aussi
Les préoccupations concernant les Délégations spéciales ne se limitent pas à Bamako. En effet, des communes comme Dabia dans la région de Kayes, et dans d’autres collectivités rurales, ont aussi vu leurs conseils dissous, laissant place à des Délégations spéciales. Cependant, ces zones souffrent souvent d’un manque d’infrastructures de gestion et d’une délégation de pouvoir insuffisante, entraînant une dérive de la gestion et des tensions avec les populations locales.
L’absence de gestion démocratique, renforcée par le caractère temporaire des Délégations spéciales, a exacerbé les tensions entre les autorités et les citoyens. En régions, le manque de ressources humaines et d’infrastructures administratives complique davantage la mise en place d’une gestion locale efficace et transparente. Cette situation crée un sentiment de marginalisation parmi certaines populations locales qui se sentent souvent coupées des décisions prises par les autorités centrales.
Vers une gouvernance locale renforcée et démocratique
Pourtant, les experts s’accordent à dire qu’une gouvernance locale renforcée au Mali passe par la mise en place de mécanismes transparents et participatifs. Ils plaident également pour le respect scrupuleux des délais légaux pour la mise en place des Délégations spéciales. Des voix appellent à l’organisation d’élections municipales régulières afin de restaurer la légitimité démocratique et de permettre aux citoyens de choisir leurs représentants locaux. Des appels ont également été lancés pour une gouvernance locale participative et une gestion rigoureuse, pour renforcer l’autonomie et l’efficacité des collectivités.
MD
Les grandes vacances : Un temps pour apprendre et se former
Au Mali, les grandes vacances sont généralement un moment de repos bien mérité pour les élèves, après une année scolaire marquée par des défis multiples. Toutefois, cette période ne doit pas se réduire à de simples vacances de « vadrouilles ». Elle représente une occasion unique pour consolider les acquis et renforcer les connaissances.
Au-delà du simple repos, les cours de vacances et les ateliers ludiques et éducatifs sont des moyens efficaces pour prévenir la perte de savoirs et stimuler la curiosité des élèves. Ces activités peuvent aussi servir à ouvrir les jeunes à de nouvelles perspectives et à des compétences complémentaires, tout en leur offrant un cadre sûr et stimulant.
L’État malien a une responsabilité majeure à cet égard. Il doit déployer des programmes éducatifs adaptés, surtout pour les enfants des zones sensibles du pays, notamment dans le Centre et le Nord, où plus de 500 000 élèves sont particulièrement vulnérables. Dans un contexte d’insécurité grandissante, ces jeunes ne doivent pas être oubliés. Les laisser sans cadre structuré et sans opportunités éducatives serait les exposer davantage aux risques de recrutement par des groupes armés ou d’activités criminelles.
L’État doit garantir des programmes de soutien qui répondent aux besoins de ces élèves, leur offrant à la fois des opportunités d’apprentissage et des moments de loisirs créatifs. Les vacances doivent être un temps de ressourcement, mais aussi de formation et d’engagement, pour que la jeunesse malienne soit préparée à se construire un avenir meilleur.
Kadia Cissé, enseignante-chercheure :« La recherche n’aime pas l’isolement »
Au Mali, les femmes chercheures affrontent des défis imbriqués — entre pressions socioculturelles, obstacles financiers, techniques et stéréotypés — qui ralentissent leur pleine affirmation scientifique. Dr Kadia Cissé, enseignante-chercheure, livre un regard lucide et inspirant, ainsi que des conseils concrets pour surmonter ces freins.
Onze personnes interpellées dans une affaire de déstabilisation présumée
Les autorités de transition ont rendu publique, ce jeudi 14 août 2025, l’interpellation de onze individus soupçonnés de préparer une action visant à compromettre la stabilité des institutions.
L’annonce, faite au journal télévisé de l’ORTM, fait suite à une opération menée le 1ᵉʳ août par les services spécialisés, qui affirment avoir neutralisé un réseau incluant des éléments des forces armées et de sécurité, ainsi que des soutiens extérieurs présumés.
Parmi les personnes arrêtées figure Yann Christian Bernard Vézilier, ressortissant français, officier mécanicien de l’air. Entré en service en 1993, il est passé par les grades de sous-lieutenant en 2001, lieutenant en 2003, capitaine en 2009, commandant en 2015 et lieutenant-colonel en 2016. Décoré en 2020 comme chevalier de l’Ordre national du Mérite pour ses vingt-sept ans de service, il est présenté par Bamako comme travaillant pour le renseignement français.
Le communiqué cite également le général de brigade Abass Dembélé, ancien gouverneur de Mopti de 2020 à 2025 et fils du colonel Koké Dembélé, ex-chef d’état-major de l’armée de terre. Blessé en 2012 à Konna, il a occupé plusieurs postes stratégiques, notamment la direction de l’École d’état-major de Koulikoro, le commandement de la région militaire de Tombouctou, et a suivi une formation à l’École de guerre en France.
Autre personnalité de haut rang, la générale de brigade Néma Sagara est la première femme à atteindre ce grade dans l’Armée de l’air malienne. Formée au Mali, en France et aux États-Unis, elle a commandé à Gao et Bamako, participé à des missions de l’ONU en Côte d’Ivoire et au Liberia, et dirige depuis 2017 le Secrétariat permanent de lutte contre la prolifération des armes légères.
Huit autres noms figurent sur la liste communiquée : lieutenant-colonel Baba Dembélé, lieutenant-colonel Saybou Keïta, lieutenant-colonel Mamadou dit Tiekoro Diarra, lieutenant-colonel Tagalo Diop, capitaine Mohamed Ouattara, caporal Amadou Bouba Coulibaly, sergent-chef Boucary Karacodjo et Yacouba Kodio.
Le gouvernement affirme que la situation est « maîtrisée » et que l’enquête se poursuit pour identifier d’éventuels complices. Les autorités appellent les citoyens à signaler toute information utile aux forces de sécurité.
Choguel Kokalla Maïga placé en garde à vue
L’ancien Premier ministre malien, Choguel Kokalla Maïga, a été placé en garde à vue, ce mardi 12 août 2025, après avoir été auditionné pour la première fois le 1er août 2025 par la brigade du Pôle national économique et financier. Cette audition s’inscrit dans le cadre d’une enquête sur des allégations de détournement de fonds publics.
Selon le communiqué de son avocat, Me Cheick Oumar Konaré, Maïga a été convoqué pour des confrontations avec certains de ses anciens collaborateurs. Toutefois, ces confrontations n’ont pas eu lieu, et le placement en garde à vue a été notifié en fin de journée.
En plus de l’ex-Premier ministre, plusieurs de ses anciens collaborateurs, dont son ancien directeur de cabinet, le professeur Issiaka Ahmadou Singaré, ainsi que trois anciens directeurs administratifs et financiers de la Primature, sont également placés en garde à vue.
Cette mesure fait suite à un rapport du Bureau du Vérificateur général (BVG) qui a révélé des irrégularités financières, notamment des dépenses excessives liées à la gestion du Fonds d’accès universel (AGEFAU) et de la Primature. Maïga est présumé innocent jusqu’à une éventuelle condamnation par les juridictions compétentes.
Décès de Tiébilé Dramé, une figure clé de la transition démocratique
L’ancien ministre des Affaires étrangères et figure de la transition démocratique au Mali, Tiébilé Dramé est décédé, ce mardi 12 août 2025 à Paris, à l’âge de 70 ans. Sa disparition a été confirmée par des sources proches de la famille.
École Hôtelière Chiaka Sidibé : Dix ans d’excellence et de passion au service de l’hôtellerie
En dix années d’existence, l’École Hôtelière Chiaka Sidibé s’est imposée comme une référence incontournable dans la formation des métiers de l’hôtellerie et de la restauration au Mali. Le 7 août 2025, une conférence de presse organisée dans l’enceinte du Grand Hôtel de Bamako a marqué le coup d’envoi des célébrations de cet anniversaire.
Intelligence artificielle : Entre avantages et limites pour le journaliste
Le recours des professionnels des médias à des robots numériques pour la recherche, le tri, la rédaction d’articles et la génération d’images connaît une expansion fulgurante dans les rédactions. Malgré les opportunités, savoir manier ces outils préserve de nombreux dangers. Tel a été l’objet de réflexion des journalistes, en prélude à la 4e nuit de l’Union Nationale des Journalistes Reporters du Mali (UJRM).
Le Centre International de Conférence de Bamako (CICB) a servi de cadre à cette journée de réflexion organisée par l’UJRM, ce vendredi 08 août 2025. Placée sous le parrainage et la co-animation de M. Salif Sanogo, journaliste, et de M. Yacouba Diarra de Robot Mali, cette rencontre avait pour thème l’apport et les dangers de l’intelligence artificielle dans les rédactions. Selon M. Sanogo, « un article écrit à 15% par l’IA n’est plus un article de journaliste, c’est l’article d’un robot. Certains vont jusqu’à 80% d’usage d’IA au Mali ».
L’usage de l’IA connaît une progression rapide dans tous les secteurs, et particulièrement chez les journalistes. Selon l’enquête « State Of The Media » menée par Cision, 17% des journalistes dans le monde déclaraient utiliser régulièrement l’IA en 2024, 28% de façon occasionnelle, et le reste pas du tout. Ce taux a considérablement augmenté, atteignant 53% en 2025. Les journalistes y recourent principalement pour gagner du temps dans des tâches chronophages : transcription d’interviews ou de contenus audio, recherche documentaire, correction de textes, voire rédaction partielle d’articles. Pour M. Sanogo, utiliser l’IA pour rédiger entièrement un article soulève une question éthique importante.
Face aux risques d’un usage non contrôlé, M. Sanogo rappelle que faire écrire un texte par l’IA comporte plusieurs dangers : celle-ci puise dans des sources multiples sans toujours garantir la fiabilité, ce qui expose à des risques de plagiat, de mésinformation ou de désinformation.
Contrôler l’usage
Nonobstant ses avantages, l’intelligence artificielle a ses limites, puisqu’il faut de l’intelligence humaine pour l’utiliser efficacement. Sans requêtes claires et objectives, elle ne peut produire de résultats pertinents. Pour cela, il est essentiel de former les journalistes à une utilisation maîtrisée de ces outils. Selon le conférencier, « l’intelligence artificielle ne peut pas remplacer l’intelligence humaine ».
Pour sa part, M. Yacouba Diarra, de Robot Mali, après avoir énuméré les apports de l’IA dans le travail journalistique, a expliqué ses limites, notamment son incapacité à reproduire le sens critique et le jugement humain.
Pour contrer les menaces croissantes liées à l’IA, M. Sanogo a lancé un appel à la réflexion sur l’élaboration d’une charte visant à limiter l’usage de l’IA à 15% dans les rédactions, comme cela se fait dans certains pays.
Joseph Amara Dembélé
Camp des jeunes : Un tremplin pour le civisme
Les camps de jeunesse sont pour de nombreuses organisations l’occasion de transmettre aux jeunes les valeurs de civisme et de citoyenneté. Pour leurs initiateurs, ces cadres sont des tremplins nécessaires pour redonner à ces valeurs leur place dans une société qui cherche ses repères.
Le camp fait partie de la formation des Pionniers. L’organisation, qui existe depuis 1960, forme aux questions de citoyenneté et de civisme, explique Amadou Diawara, Commissaire au sein de l’organisation en charge du projet du Camp de la Commune III du District de Bamako. Si l’association organise régulièrement des regroupements de deux ou trois jours, cela faisait quelques années qu’elle n’avait pas pu mettre en place ce camp de deux semaines.
Dans un contexte de relance de la citoyenneté, qui est devenue une question cruciale, le Camp des Pionniers s’inscrit dans une dynamique de construction citoyenne.
Impacts positifs
L’objectif du Camp est de former les Pionniers aux principes de citoyenneté, de civisme et de don de soi pour une participation à la vie de la nation. Le camp est ouvert aux jeunes de 7 à 16 ans qui souhaitent apprendre la citoyenneté et partager l’esprit des Pionniers.
Durant deux semaines, ces jeunes seront initiés à des métiers à travers des ateliers et apprendront les techniques pionnières. Des feux de camp seront également animés, permettant une expression des talents dans divers domaines. Réservé à une centaine de participants venant des communes de Bamako et des environs, le Camp suscite l’engouement chez de nombreux jeunes en quête de repères.
Encadrés par des Pionniers et engagés à respecter un règlement, les jeunes formés sont souvent « transformés », témoignent certains parents. En collaboration avec les autorités locales, le Camp est aussi l’occasion de familiariser les jeunes avec les institutions communautaires. Les sorties de terrain qui rythment la vie au Camp permettent aux jeunes de visiter des lieux symboliques et d’effectuer un reboisement.
Financé par une participation des jeunes et une contribution de l’Association des Pionniers, le Camp se tient également grâce à des soutiens bénévoles. S’il accueille aussi bien des jeunes scolarisés que non scolarisés, il requiert surtout d’avoir « l’esprit Pionnier », insistent ses initiateurs. Donc d’intégrer les valeurs de civisme, de vivre ensemble et de cohésion sociale.
Le Camp est aussi un mode de transmission de valeurs sociétales en perte de vitesse. Ainsi, « il est certain que si chaque jeune participe à un Camp, les questions de civisme seront réglées », assure son premier responsable.
Fatoumata Maguiraga
Café statistique : favoriser la diffusion des données statistiques
L’Institut National de la Statistique (INSTAT) a organisé le 17 juillet 2025 un « café statistique » à l’intention des représentants des médias. Une trentaine de journalistes et de membres de l’INSTAT ont pris part à ce cadre d’échanges destiné à sensibiliser sur l’utilisation des données statistiques.
L’économie américaine prospérera malgré les politiques économiques de Trump
Depuis le « Jour de la libération » proclamé par Trump le 2 avril, date à laquelle le président des États-Unis a annoncé l’imposition de droits de douane très élevés à l’encontre de ses adversaires comme de ses alliés, l’opinion générale est pessimiste quant aux perspectives de l’économie américaine à court, moyen et long terme : ces droits de douane démesurés provoqueront une récession aux États-Unis et à travers le monde, c’en est fini de l’exceptionnalisme américain, le déficit budgétaire et celui de la balance courante du pays deviendront insoutenables, le statut du dollar américain en tant que monnaie de réserve mondiale disparaîtra, et le billet vert s’affaiblira considérablement au fil du temps, entend-on actuellement.
Ce pessimisme est certes justifié par plusieurs des politiques annoncées par Trump. Droits de douane, protectionnisme et guerre commerciales sont en effet de nature à provoquer une stagflation (augmentation de l’inflation et ralentissement de la croissance), tout comme les restrictions draconiennes sur l’immigration, les expulsions massives de travailleurs sans papiers, les importants déficits budgétaires non financés, ou encore les démarches contraires à l’indépendance de la Réserve fédérale des États-Unis. De même, l’économie américaine ne tirerait aucun bénéfice d’un accord de Mar-a-Lago consistant à affaiblir le dollar, de nouvelles atteintes à l’État de droit dans le pays et à travers le monde, ou de restrictions plus sévères sur les talents étrangers – scientifiques et étudiants – accueillis aux États-Unis.
Je maintiens pour autant (depuis l’hiver dernier) que l’économie américaine continuera de bien se porter – non pas grâce aux politiques de Trump, mais en dépit de celles-ci. Pour commencer, je m’attendais à ce que la discipline de marché, les conseillers plus raisonnables de Trump ainsi que l’indépendance de la Fed l’emportent, et c’est précisément ce qui s’est produit. Trump a systématiquement reculé, et il a préféré conclure des accords commerciaux plutôt que d’appliquer les droits de douane annoncés le Jour de la libération.
Si Trump a pour défaut de toujours s’emporter (« TALO », « Trump Always Lashes Out »), les justiciers obligataires et les marchés financiers l’ont davantage conduit à toujours finir par se dégonfler (« TACO », « Trump Always Chickens Out »). Ses politiques économiques les plus préjudiciables s’assouplissant, l’économie américaine connaîtra certes des difficultés, mais le scénario le plus probable pour la fin de l’année réside davantage dans ce que l’on appelle une récession de croissance (taux inférieur à la croissance potentielle) que dans une récession à proprement parler (généralement définie comme deux trimestres consécutifs de croissance négative).
Deuxièmement, dans la mesure où les effets positifs de la technologie l’emporteront toujours sur les effets négatifs des droits de douane, il est erroné de parler de fin de l’exceptionnalisme économique américain. Les États-Unis demeurent en avance sur tous les pays du monde – Chine incluse – en ce qui concerne la plupart des innovations révolutionnaires qui façonneront l’avenir. La croissance annuelle potentielle des États-Unis devrait par conséquent augmenter à un taux de 2 à 4 % jusqu’à la fin de cette décennie, avant d’afficher un taux bien supérieur dans les années 2030. Supposons que les nouvelles technologies conduisent sa croissance potentielle à augmenter de 200 points de base, et que les politiques commerciales et autres mauvaises décisions la réduisent de 50 points de base ; l’Amérique conserverait pour autant son exceptionnalisme. C’est le secteur privé singulièrement dynamique des États-Unis qui déterminera les futures perspectives de croissance du pays, pas les politiques de Trump.
Troisièmement, si la croissance potentielle s’accélère au fil du temps jusqu’à atteindre 4 %, la dette publique et la dette extérieure des États-Unis en part du PIB demeureront viables, et se stabiliseront puis diminueront progressivement (sauf imprudence budgétaire encore plus conséquente). Si le Bureau du budget du Congrès prévoit une augmentation du ratio dette publique/PIB, c’est parce qu’il présume que la croissance potentielle américaine plafonnera à 1,8 %.
Quatrièmement, tant que l’exceptionnalisme économique américain perdurera, il ne faut pas s’attendre à voir disparaître le « privilège exorbitant » conféré par la primauté mondiale du dollar. Malgré l’augmentation des droits de douane, les déficits extérieurs américains resteront probablement élevés, l’investissement en part du PIB augmentant grâce à un boom technologique prolongé, et le taux d’épargne demeurant relativement stable. Le creusement qui en résultera du côté du déficit de la balance courante sera financé par les flux entrants de capitaux (investissements de portefeuille et investissements directs étrangers).
Dans ce contexte, il est peu probable que le rôle du dollar en tant que monnaie de réserve mondiale soit significativement remis en cause, même en cas de légère diversification des actifs libellés en dollars. De même, ces flux entrants structurels limiteront les risques de baisse des taux de change, et pourraient même renforcer le dollar à moyen terme.
En résumé, il faut s’attendre à ce que les États-Unis se portent bien au cours de cette décennie, pas grâce à Trump, mais malgré lui. Il ne fait aucun doute que bon nombre de ses politiques sont potentiellement stagflationnistes. Pour autant, les États-Unis s’inscrivent au cœur de certaines des innovations technologiques les plus importantes de l’histoire de l’humanité, qui produiront un important choc positif sur l’offre globale, lequel entraînera avec le temps une augmentation de la croissance et une réduction de l’inflation. Cet effet sera certainement sans commune mesure avec les dégâts susceptibles de résulter des politiques stagflationnistes de Trump.
Il ne s’agit pas de se satisfaire de politiques préjudiciables, dont l’impact pourrait être sérieux. Mais tant que les marchés et les acteurs vigilants du marché obligataire feront leur travail, les pires instincts de Trump demeureront sous contrôle.
Nouriel Roubini, conseiller principal chez Hudson Bay Capital Management LP, est professeur émérite à la Stern School of Business de l’Université de New York. Son ouvrage le plus récent s’intitule Megathreats : Ten Dangerous Trends That Imperil Our Future, and How to Survive Them (Little, Brown and Company, 2022).
Project Syndicate, 2025.
www.project-syndicate.org
CHAN 2024 : Algérie et Sénégal frappent fort, la RDC s’enfonce
Coorganisé par le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda, le CHAN 2024 a démarré le 2 août dernier et se poursuit jusqu’au 31 août. Voici un récapitulatif des résultats de la première journée des matchs de groupes, qui s’est achevée le 5 août. Débuts réussis pour le Sénégal, le Maroc, la Tanzanie et l’Algérie, tandis que la RDC continue de broyer du noir.
La phase de groupes du Championnat d’Afrique des Nations 2024 a débuté sur les chapeaux de roue avec des premiers matchs très disputés. Dans le Groupe A, la RDC a une nouvelle fois déçu. Battus 1-0 par le pays hôte, le Kenya, les Léopards enchaînent un quatrième match sans victoire en phase finale de CHAN. Le Maroc, quant à lui, a fait respecter son statut en dominant l’Angola (2-0) grâce à une performance solide.
Dans le Groupe B, la Tanzanie a parfaitement lancé « son » CHAN en s’imposant 2-0 devant le Burkina Faso en match d’ouverture le 2 août, avec un but sur penalty d’Abdul Hamisi Suleiman et une réalisation de Mohamed Hussein. Le duel entre Madagascar et la Mauritanie, plus fermé, s’est soldé par un score nul et vierge (0-0).
Le Groupe C a été marqué par la victoire précieuse de la Guinée face au Niger (1-0), obtenue sous une chaleur accablante au Mandela Stadium de Kampala. Mais la prestation la plus marquante est sans doute celle de l’Algérie, finaliste malheureux de la dernière édition, qui a dominé l’Ouganda devant son public (3-0), envoyant un message fort à ses rivaux. Ayoub Ghezala a ouvert le score d’une tête sur corner à la 35ème minute, avant les deux buts inscrits dans le dernier quart d’heure de la rencontre par Abderrahmane Meziane (76ème minute) et Soufiane Bayazid (79ème minute).
Enfin, dans le Groupe D, le Congo a arraché le nul contre le Soudan (1-1), grâce à un but tardif qui a frustré les Soudanais, en tête depuis la première période. Le match le plus attendu de cette première journée de la phase de groupes du CHAN 2024, le choc entre le Sénégal et le Nigeria, a tenu ses promesses d’intensité. Champions en titre, les Lions ont pris le dessus (1-0) grâce à un but de Christian Gomis à la 75ème minute, dans un duel tactique très disputé.
Mohamed Kenouvi
Partis politiques : La bataille judiciaire post dissolution se poursuit
Les procédures judiciaires engagées par les partis politiques dissous par décret présidentiel le 13 mai dernier se poursuivent devant les juridictions nationales. Les premiers jugements sont attendus fin août.
Après deux reports, le Tribunal de Grande instance de la Commune I du District de Bamako a finalement tenu le 4 août 2025 l’audience de fond sur la requête visant l’annulation des textes portant dissolution des partis politiques.
Lors de cette audience, les avocats ont axé leurs plaidoiries sur les « violations de la Constitution du 22 juillet 2023, de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples », ainsi que sur la « jurisprudence » des Cours suprême et constitutionnelle du Mali.
Ils ont demandé la suspension des effets de la dissolution à titre de mesure conservatoire, en attendant que la Cour constitutionnelle ne statue sur l’affaire. Les représentants du Contentieux de l’État ont, quant à eux, soulevé « l’incompétence » du tribunal à juger cette affaire. Celle-ci a été mise en délibéré pour jugement le 25 août 2025.
En parallèle, le Tribunal de grande instance de la Commune VI reprendra également l’examen d’un recours similaire. Après le renvoi vers la Chambre de jugement le 29 juillet dernier, une nouvelle audience est prévue pour le 26 août prochain.
Des recours sur plusieurs fronts
D’autres juridictions, notamment celles des Communes III, IV et V, qui ont également été saisies, ont déclaré leur incompétence dans cette affaire. Les avocats ont déféré ces décisions devant la Cour d’appel de Bamako, afin qu’une autorité judiciaire supérieure puisse trancher sur la recevabilité de ces recours.
Le dossier est également pendant devant la Section administrative de la Cour suprême, où une requête a été transmise à l’État. Le pool d’avocats attend le mémoire en défense du gouvernement, indispensable pour faire avancer la procédure.
Malgré les lenteurs et les obstacles, les avocats des partis dissous réaffirment leur engagement. « Nous gardons foi en la justice de notre pays », ont-ils indiqué dans un communiqué de presse publié le 5 août. « À elle de confirmer que nous ne sommes pas de doux rêveurs, en se rappelant qu’elle a été une actrice majeure de l’instauration de l’État de droit au Mali », poursuit le communiqué.
Le jugement du 25 août en Commune I, suivi des autres décisions à venir, pourrait ouvrir un nouveau chapitre dans ce bras de fer entre anciens partis politiques et autorités de la Transition.
Mohamed Kenouvi
Mali – FMI 2025 : Vers des réformes indispensables pour un développement durable
Le Fonds monétaire international (FMI) a clôturé ses consultations annuelles avec le Mali le 30 juillet 2025. Malgré une croissance économique estimée à 5%, plusieurs réformes structurelles sont indispensables pour assurer un développement équitable et résilient face aux défis actuels.
Selon le FMI, « l’économie malienne affiche une certaine résilience malgré des vents contraires majeurs ». La croissance prévue pour 2025 est soutenue par la bonne performance du secteur agricole, le démarrage progressif de l’exploitation du lithium, ainsi qu’une bonne dynamique dans les services.
Cependant, ces perspectives positives sont fragilisées par des contraintes immédiates, telles que la baisse de l’aide extérieure, la chute de la production aurifère et la fermeture de la plus grande mine d’or. La normalisation des activités pourrait toutefois favoriser un rebond de la croissance à 5,4% en 2026.
Au plan budgétaire, le déficit est anticipé à 3,4% du PIB en 2025, affecté par les dépenses liées à la gestion des inondations persistantes.
Des réformes prioritaires à engager
L’objectif est de ramener le déficit budgétaire à 3%, conformément aux critères de convergence de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Le FMI recommande au gouvernement malien de se concentrer sur l’amélioration des recettes internes et une gestion rigoureuse des ressources pour préserver l’investissement public.
Un enjeu humanitaire majeur nécessite également une attention urgente. Environ 6 millions de Maliens, selon l’UNICEF, auraient besoin d’assistance en raison de situations de fragilité, notamment parmi les populations déplacées. La lutte contre la pauvreté et la protection sociale demeurent des priorités pressantes.
Le FMI salue les progrès accomplis, comme la sortie récente du Mali de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), valorisant les actions contre le blanchiment d’argent. Il encourage la poursuite de l’assainissement du climat des affaires, avec un accent sur la lutte contre la corruption, le renforcement des déclarations de patrimoine, une meilleure régulation du secteur minier et un contrôle accru des entreprises publiques.
Pour réaliser les ambitions du programme national « Mali 2063 », visant une croissance annuelle de 10% à partir de 2030, le pays doit lever les goulets d’étranglement à la croissance. Cela passe par des réformes audacieuses dans la gestion publique, une adaptation renforcée au changement climatique et une diversification accrue de l’économie.
Aujourd’hui, plus de 45% des Maliens vivent sous le seuil de pauvreté. Selon le plan de réponse humanitaire, 6,4 millions de personnes, soit 27,7% de la population, nécessitent une aide multisectorielle.
Fatoumata Maguiraga
Indicateurs clés 2025
– Croissance du PIB : 5%
– Inflation : 3,5%
– Dette publique : 50,5% du PIB
Charte nationale pour la paix – Accord pour la paix : Deux trajectoires pour une même quête
Depuis près d’une décennie, le Mali cherche une solution durable à ses crises. Entre l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger de 2015, rejeté en 2024, et la Charte nationale pour la paix, adoptée en 2025, deux approches divergentes incarnent la quête malienne de stabilité et de réconciliation. La seconde sera-t-elle en mesure de combler les lacunes de la première?
Signé en 2015, ce qu’il est convenu d’appeler « Accord d’Alger » visait à pacifier le nord du Mali en impliquant le gouvernement et deux coalitions armées, à savoir la CMA (Rébellion) et la Plateforme (Pro État). Il s’inscrivait dans un cadre international robuste, orchestré par l’Algérie et soutenu par l’ONU, l’Union africaine, l’Union européenne, la CEDEAO, l’OCI et plusieurs puissances. Ce pacte reposait sur une régionalisation avancée, un plan structuré de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR), un mécanisme de gouvernance sécuritaire mixte, ainsi qu’un programme économique ambitieux, financé en partie par un fonds fiduciaire international. Il renforçait également la représentativité des populations du nord dans les institutions nationales et reconnaissait la diversité culturelle du pays. Pour garantir son exécution, il avait mis en place un Comité de Suivi de l’Accord (CSA), composé de toutes les parties signataires, de la médiation internationale et des partenaires techniques et financiers (PTF). Le CSA était chargé de suivre les étapes, d’arbitrer les différends et de proposer des solutions de mise en œuvre. Il comptait également plusieurs sous-comités spécialisés sur les volets politique, sécuritaire et économique. Ce mécanisme de suivi, inédit dans les précédents processus maliens, visait à encadrer le respect mutuel des engagements.
Malgré ce dispositif étayé, l’Accord a patiné, miné par l’insécurité persistante, la méfiance entre les parties signataires, la fragmentation des groupes armés et la complexité bureaucratique de son application. Moins de 30% de ses dispositions ont été mises en œuvre, selon les derniers rapports indépendants. Le Comité de Suivi de l’Accord (CSA), créé pour en superviser l’exécution, s’est progressivement enlisé et les réunions ont été boycottées ou interrompues à plusieurs reprises. En janvier 2024, le gouvernement de transition a annoncé sa dénonciation officielle de l’accord, estimant qu’il n’était plus adapté aux évolutions du terrain ni aux nouvelles aspirations du peuple malien.
Voie endogène
En rupture avec ce modèle internationalisé, la Charte nationale pour la paix et la réconciliation, adoptée en juillet 2025, propose une voie endogène, fondée sur les traditions socioculturelles maliennes, le retour à l’autorité de l’État et un engagement civique renouvelé. Elle n’est pas un traité entre belligérants mais un texte de principes structurés autour de la souveraineté nationale, de la justice sociale, de la moralisation de la vie publique et de la promotion d’un Islam enraciné, tolérant et républicain. L’approche valorise les mécanismes coutumiers, le rôle des Cadis, la médiation communautaire, la parenté à plaisanterie et les solidarités locales comme socles de la reconstruction du lien social.
Cette Charte, fruit du Dialogue inter-maliens organisé entre février et mai 2024, s’inscrit dans une démarche de réappropriation nationale. Elle n’a été négociée avec aucune partie armée ni encadrée par une médiation extérieure. Le processus de rédaction, conduit par une Commission nationale, a exclu les formations politiques suspendues, la majorité des mouvements signataires de l’Accord d’Alger et les représentants des groupes armés jihadistes. Ce qui alimente les critiques sur son manque d’inclusivité. Des groupes comme la filiale sahélienne d’Al-Qaïda (JNIM) ont rejeté le document, évoquant une initiative unilatérale, sans interlocuteur ni compromis.
Énormes différences
Sur le fond, la Charte se distingue de l’Accord par l’accent mis sur des valeurs immatérielles. Elle engage la nation autour des principes de tolérance, de pardon, d’écoute mutuelle et de réconciliation. Elle met en avant la cohésion nationale, la réforme morale de l’administration, la promotion de la culture, de la mémoire collective et d’une gouvernance sobre et responsable. Elle va plus loin que l’Accord sur certains aspects éthiques et civiques, en tentant de refonder la paix à partir de l’intérieur, sans dépendance vis-à-vis d’acteurs étrangers. À la différence de l’Accord, la Charte ne traite pas de la représentativité territoriale dans les institutions nationales, ni de la réforme constitutionnelle, ni du statut des régions du Nord. Elle ne fait pas non plus mention d’un calendrier de mise en œuvre, d’indicateurs de suivi ou d’engagements budgétaires contraignants. Certains observateurs y voient une faiblesse, d’autres le choix assumé d’alléger les procédures pour favoriser l’appropriation sociale.
Mais elle est plus limitée sur les mécanismes tangibles de sortie de crise. Contrairement à l’Accord de 2015, elle ne prévoit aucun programme explicite de DDR, aucun quota d’intégration dans l’armée ou plan de réintégration structurée des ex-combattants et ne mobilise aucun financement international. Aucun cadre n’est défini pour un dialogue direct avec les principaux groupes armés actifs, comme le GSIM ou l’EIGS. En parallèle, un volet du DDR a été relancé par l’État malien début 2025. Ce processus, distinct de celui prévu dans l’Accord, vise l’intégration de 3 000 ex-combattants dits « républicains », 2 000 dans l’armée nationale et 1 000 dans des programmes d’insertion civile. Bien qu’il ne soit pas directement rattaché à la Charte nationale, ce programme traduit une volonté des autorités de réintégrer certains groupes armés dans une logique nationale, sans médiation étrangère ni négociation avec les groupes jihadistes. Par contraste, le DDR de l’Accord envisageait l’intégration de 21 000 ex‑combattants, en deux vagues successives de 13 000 puis de 8 000, dans les forces armées et la réinsertion socio-économique.
Double défi
La Charte pose ainsi donc un double défi, à savoir celui de son financement autonome et celui de son appropriation collective, dans un contexte marqué par la fragmentation de l’espace national et la défiance envers les institutions de la Transition. Sa mise en œuvre repose entièrement sur l’engagement de l’État, des collectivités, des communautés et des leaders religieux, sans levier externe de pression ni garantie internationale.
Ce changement de paradigme illustre deux visions. L’une, diplomatique et multilatérale, basée sur la négociation entre acteurs armés et institutions étatiques; l’autre, politique et culturelle, centrée sur une refondation interne portée par les Maliens eux-mêmes. L’Accord offrait une architecture ambitieuse, juridiquement encadrée, mais sa mise en œuvre a souffert de rivalités, d’ambiguïtés et de divergences d’interprétation. La Charte, plus légère institutionnellement, cherche à rétablir le lien civique et le pacte moral entre l’État et ses citoyens, sans répondre directement à la réalité des armes.
De plus, les risques liés à la Charte résident dans ses ressources limitées, l’absence d’appui logistique ou financier externe et l’exclusion de certains acteurs clés du terrain. Pourtant, elle incarne une volonté forte de réaffirmer la souveraineté nationale, de reconstruire la confiance interne et de construire un modèle de paix enraciné dans le patrimoine moral, religieux et coutumier du Mali.
Attentes non comblées
Dans plusieurs localités du nord et du centre, des populations expriment encore des attentes vis-à-vis de promesses restées inachevées depuis l’Accord de 2015, notamment en matière de sécurité, d’accès aux services de base et de développement local. La Charte, qui insiste sur la réconciliation nationale, est encore peu connue dans certaines zones rurales, malgré des efforts de sensibilisation. Cette asymétrie de réception souligne les défis liés à la vulgarisation et à l’appropriation d’un document conçu au sommet de l’État.
La trajectoire malienne reste en cours de définition. Elle est partagée entre la mémoire encore vive d’un cadre diplomatique structuré mais inachevé et l’émergence d’une architecture nationale recentrée sur les ressorts internes de cohésion. Les repères évoluent. La manière dont ces deux démarches s’inscrivent dans le vécu des populations, la capacité des institutions à en porter l’esprit et surtout l’évolution des dynamiques sécuritaires locales diront peut-être, à terme, laquelle aura été la plus opérante et efficace pour faire émerger une paix concrète et durable au profit des populations. Lesquelles ont souffert d’une crise dont le bout du tunnel n’est toujours pas à portée de vue.
MD
Ghana : Deux ministres périssent dans un crash d’hélicoptère militaire
Le Ghana est en deuil après le crash tragique d’un hélicoptère militaire qui a coûté la vie à huit personnes, dont deux ministres du gouvernement, ce mercredi dans la matinée.
Libération sans opération militaire de quatre chauffeurs marocains enlevés en janvier 2025
Le Gouvernement du Mali a annoncé, le 4 août 2025, la libération de quatre chauffeurs routiers marocains enlevés le 18 janvier 2025 dans le nord-est du Burkina Faso, près de la frontière nigérienne. L’enlèvement avait été attribué au groupe armé « État islamique dans la province du Sahel » (EIPS), actif dans la zone dite des trois frontières.
Les chauffeurs transportaient du matériel vers le Niger lorsqu’ils ont été interceptés sur un axe isolé, dans une zone où circulent fréquemment des groupes armés non étatiques.
AfroBasket 2025 : le Mali tombe en finale face au Nigeria, quintuple champion d’Afrique
Le Nigeria a conservé son titre continental en battant le Mali 78 à 64 en finale de l’AfroBasket féminin 2025, dimanche 3 août au Palais des Sports de Treichville à Abidjan. Déjà quadruple tenant du titre (2017, 2019, 2021, 2023), le Nigeria devient la première nation à remporter cinq titres consécutifs dans l’histoire de la compétition.
Le Mali avait entamé la rencontre avec intensité, remportant le premier quart-temps 26 à 21. Les Nigérianes ont ensuite rééquilibré les débats avant la pause (15-20), portant le score à 41 partout à la mi-temps. Plus tranchantes au retour des vestiaires, les D’Tigress ont pris l’ascendant dans le troisième quart (20-15), avant de conclure la rencontre avec autorité dans les dix dernières minutes (17-8), pour un score final de 78 à 64.
Sika Koné a été la meilleure marqueuse du Mali avec 16 points et 13 rebonds, bien accompagnée par Sira Thienou (14 pts), Djeneba N’Diaye (13 pts, 5 rbds) et Alima Dembélé (11 pts, 5 rbds). Le parcours malien reste solide, avec une demi-finale parfaitement maîtrisée face au Soudan du Sud (76-50).
Cette édition 2025 a été marquée par la performance historique du Soudan du Sud qui, pour sa toute première participation, a remporté la médaille de bronze en s’imposant face au Sénégal (66-65). Quatre nations — Nigeria, Mali, Soudan du Sud et Sénégal — sont qualifiées pour les tournois de qualification à la Coupe du Monde FIBA Women 2026, qui se déroulera à Berlin du 4 au 13 septembre.
Organisé du 26 juillet au 3 août en Côte d’Ivoire, l’AfroBasket 2025 a réuni 12 sélections nationales. Le Mali, déjà finaliste en 2021, confirme sa régularité au plus haut niveau africain, en attendant les prochaines échéances internationales.