Étiquette : Mali
Kayes : enlèvement de cinq techniciens indiens sur un chantier d’électrification
Cinq techniciens indiens ont été enlevés le 6 novembre dans la zone de Kobri, à une cinquantaine de kilomètres de Kayes, alors qu’ils se rendaient sur un site d’intervention dans le cadre d’un projet d’électrification rurale.
L’Union africaine appelle à une réponse urgente à la crise au Mali
Face aux attaques récurrentes et aux blocages qui perturbent l’accès aux biens essentiels, l’Union africaine exprime son inquiétude et appelle à une mobilisation internationale coordonnée. Le contexte sécuritaire demeure sous fortes tensions dans plusieurs régions du pays.
Tombouctou : exécution publique de la créatrice de contenus Mariam Cissé à Tonka
Mariam Cissé, créatrice de contenus originaire de Tonka, a été enlevée le jeudi 6 novembre 2025 à la foire d’Echel, dans le cercle de Goundam, avant d’être exécutée publiquement le vendredi 7 novembre. Les faits se sont déroulés dans une zone où des groupes armés affiliés au JNIM exercent un contrôle territorial et social constant.
Mariam Cissé a été capturée le jeudi 6 novembre 2025 à la foire d’Echel, un marché hebdomadaire situé à environ vingt kilomètres au nord-ouest de Tonka, dans le cercle de Goundam, région de Tombouctou. Elle y participait aux activités commerciales lorsqu’un groupe d’hommes armés l’a contrainte à les suivre. Le vendredi 7 novembre, elle a été exécutée publiquement dans une localité sous l’influence directe des groupes armés opérant dans la zone, en présence d’habitants rassemblés.
Tonka est située à environ 38 kilomètres de Goundam et à un peu plus de 120 kilomètres au sud-ouest de la ville de Tombouctou. Depuis plusieurs mois, la zone est placée sous l’autorité effective de combattants affiliés au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM). Ces groupes y organisent des patrouilles, contrôlent les axes et encadrent les marchés, les déplacements inter-villageois ainsi que certaines pratiques sociales.
Dans les jours ayant précédé son enlèvement, une vidéo montrant la présence d’hommes armés avait circulé localement après avoir été filmée par Mariam Cissé dans un contexte non précisé. Ce contenu, largement relayé dans la région, a été présenté par plusieurs habitants comme l’élément ayant attiré l’attention des groupes armés sur son activité. Ces informations circulent dans les échanges communautaires depuis l’annonce de sa mort et n’ont pas fait l’objet d’un communiqué officiel.
Mariam Cissé était suivie pour ses vidéos mêlant humour, témoignages du quotidien et promotion culturelle de Tonka. Sa présence en ligne lui avait valu une audience importante parmi la jeunesse de la région de Tombouctou et dans la diaspora. Son exécution a suscité une profonde émotion sur les réseaux sociaux et dans les localités du cercle de Goundam, où elle était largement reconnue.
Les proches de la jeune femme et les relais communautaires de Tonka organisent les rites funéraires selon les usages locaux. Les autorités administratives et sécuritaires n’avaient pas publié de communication publique au moment de la rédaction de cet article.
Moctar Ousmane Sy : « Sécuriser les corridors ne signifie pas forcément déployer davantage de troupes »
Acteur de la société civile, Moctar Ousmane Sy propose depuis un certain temps des analyses sur la crise du carburant et ses répercussions sur la vie quotidienne. Dans cet entretien, il avance des solutions à court terme fondées sur la coordination des acteurs et la sécurisation des axes d’approvisionnement. Propos recueillis par Massiré Diop.
Comment renforcer la sécurité des corridors sans alourdir la charge de l’armée, déjà mobilisée ailleurs ?
Sécuriser les corridors ne signifie pas forcément déployer davantage de troupes. Il s’agit aussi de reconnaître les efforts déjà fournis et de sécuriser les axes prioritaires de manière ciblée. Cela passe par une meilleure coordination des forces engagées, par la circulation de l’information au niveau local et par l’identification des zones les plus exposées. Le but n’est pas d’ajouter de la pression à une armée déjà mobilisée sur plusieurs fronts, mais de rendre plus efficaces les dispositifs existants. L’essentiel est de renforcer les dispositifs existants sur les axes prioritaires sans créer de pression supplémentaire sur les unités déjà engagées ailleurs. Il s’agit d’optimiser les ressources, pas de les disperser.
Quelles alternatives le Mali peut-il envisager face à sa dépendance aux ports d’Abidjan et de Dakar ?
Diversifier les itinéraires et les points de stockage est une piste importante. La dépendance à un seul axe ou à un seul port fragilise l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement. Si des voies alternatives sont identifiées et rendues opérationnelles, même de manière progressive, cela peut réduire les risques de rupture. Ce processus de diversification ne peut se faire que progressivement. Cette diversification est une question de stratégie logistique.
Dispose-t-on réellement des moyens pour créer de vraies réserves stratégiques de carburant ?
Renforcer les réserves stratégiques est une nécessité pour faire face aux périodes de tension. Cela demande une planification et une anticipation. Même si les ressources sont limitées, la construction progressive de capacités de stockage est possible si elle s’inscrit dans une logique d’État, avec des objectifs clairs et un suivi régulier.
Comment impliquer concrètement les transporteurs et les autorités locales dans la gestion de cette crise ?
Il faut associer de manière active les transporteurs, les autorités locales et les acteurs du secteur. Ils sont au cœur du terrain, ils connaissent les routes, les risques et les réalités quotidiennes. Le dialogue avec toutes les parties prenantes, y compris dans les zones affectées, peut faciliter le passage des convois et réduire les risques d’incidents. La coordination est la clé.
Crise énergétique : Le Mali replonge dans le noir
Après quelques mois d’amélioration dans la fourniture d’électricité, les coupures intempestives reviennent en force à Bamako et dans les régions, paralysant l’économie du pays.
Depuis le début du mois de septembre, la fourniture d’électricité au Mali s’est brutalement dégradée. Les longues heures d’obscurité, qui rappellent les pires moments de 2023 et 2024, sont de retour.
À Bamako, les habitants n’ont désormais droit qu’à quelques heures d’électricité par jour. Dans le quartier de Niamakoro, en Commune VI du District de Bamako, les foyers passent la plupart de leurs soirées à la lueur de lampes rechargeables.
Fatoumata Keïta raconte : « depuis septembre, on dirait qu’on est revenu en arrière. Avant, on avait au moins douze heures de courant par jour. Aujourd’hui, c’est seulement six. Quand l’électricité revient, c’est un ouf de soulagement, mais elle ne dure pas ».
Même scénario dans la plupart des quartiers de la capitale, avec des coupures continues d’environ douze heures désormais devenues la norme.
Les régions à l’agonie
Dans les régions, la situation est encore plus dramatique. « Avant le mois de septembre, on avait seize heures d’électricité par jour. Aujourd’hui, c’est quatre heures tout au plus. Et, depuis deux semaines, les groupes de la centrale sont éteints, faute de carburant. Nous vivons dans le noir total », témoigne un habitant de Douentza.
À Ansongo, où les habitants bénéficiaient encore de seize heures d’électricité quotidiennes jusqu’à fin octobre, la ville est de nouveau plongée dans l’obscurité depuis début novembre, en raison d’un manque de gasoil dans la centrale locale d’Énergie du Mali (EDM-SA).
Dans d’autres localités, comme Mopti, les délestages atteignent parfois vingt heures d’affilée. Ségou, pour sa part, s’en sort un peu mieux. Selon des informations recueillies sur place, la ville continue de bénéficier d’environ six heures d’électricité par jour, tout comme Bamako.
Le système électrique malien repose encore en grande partie sur des centrales thermiques alimentées en gasoil et en fuel, ce qui rend l’approvisionnement énergétique très dépendant de l’importation d’hydrocarbures et du fonctionnement continu des corridors routiers.
À Kayes, la situation diffère légèrement de celle observée dans d’autres régions. Plusieurs habitants et transporteurs interrogés indiquent que la ville connaît moins de ruptures d’approvisionnement en carburant et des coupures d’électricité moins fréquentes que Bamako ou Mopti. Cette situation serait liée au fait que Kayes constitue le premier grand point de stockage sur le corridor Dakar – Bamako et que certains convois hésitent désormais à poursuivre leur route au-delà, en raison des risques d’attaques sur l’axe menant vers l’intérieur du pays.
Sans confirmation officielle à ce stade, cette perception locale illustre néanmoins l’impact direct de l’insécurité sur la circulation des produits énergétiques.
Le choc pour les « petits » métiers
À Bamako, la crise énergétique a profondément transformé le quotidien des artisans et des petites entreprises. Les ateliers tournent au ralenti, les machines restent muettes et les pertes économiques s’accumulent.
Chez les boulangers, la situation est critique. « Avant, on faisait trois fournées par jour, aujourd’hui à peine une seule », se désole Abdoulaye Keïta, propriétaire d’une petite boulangerie à Faso Kanu. « On a un groupe, mais il ne tourne plus régulièrement, parce que se procurer du gasoil est devenu très difficile », poursuit-il, désabusé.
Même impasse du côté des soudeurs. À Sogoniko, dans un atelier poussiéreux, les travailleurs sont assis devant leurs postes éteints. Moussa Diarra, la quarantaine, confie : « depuis près de deux semaines, on ne travaille presque plus. La soudure dépend du courant et le groupe est en panne. Avant, je pouvais gagner 10 000 à 15 000 francs CFA par jour. Aujourd’hui, c’est à peine la moitié. »
Le constat est identique chez les tailleurs. Issa Samaké, couturier aux Halles de Bamako, peste contre la situation : « les clients viennent avec des habits à confectionner, mais sans courant comment faire ? Les machines à coudre électriques sont à l’arrêt pendant des heures. On fait ce qu’on peut à la main, mais ce n’est pas rentable. »
Dans le secteur du froid, les pertes sont tout aussi considérables. Adama Coulibaly, vendeur de poissons et de poulets congelés à Faladié, montre ses congélateurs dégivrés. « Mes produits pourrissent sans électricité. J’ai perdu beaucoup d’argent ces derniers temps. Même alimenter le groupe électrogène est devenu difficile », se plaint-il.
Mariam Doumbia, propriétaire d’une crèmerie à Sogoniko, vit pratiquement la même situation : « mes congélateurs tournent au ralenti et une grande partie des glaces fond. Les clients se plaignent, certains vont ailleurs. »
Un impact économique dévastateur
En plus des petits métiers du secteur informel, les PME et PMI sont les premières à encaisser le choc. Selon des économistes, les coupures actuelles entraînent d’importantes pertes.
« La crise énergétique a un impact direct sur les revenus des PME-PMI et cela va se prolonger sur l’employabilité au Mali. Des études récentes ont montré que nombre d’entreprises sont à la porte de la fermeture ou ont mis une partie de leurs employés en chômage technique », souligne Dr Abdoulaye N’Tigui Konaré, économiste.
Il explique que même les entreprises ayant investi dans des groupes électrogènes ou des panneaux solaires ne sont plus aussi rentables qu’avant, le coût du thermique étant devenu exorbitant.
Des organisations professionnelles, dont la CNPM et la CCIM, alertent sur les délestages prolongés qui fragilisent fortement les petites et moyennes entreprises, entraînant pertes financières, ralentissement de la production et risque accru de fermeture ou de chômage technique.
Restructuration et diversification énergétique
Depuis le déclenchement de la crise énergétique, en 2022, le gouvernement a multiplié les mesures pour tenter de stabiliser l’approvisionnement en électricité. En décembre 2023, une décision importante a été prise : la réduction du nombre de fournisseurs de carburant d’EDM-SA, jugé trop élevé et source de retards dans les livraisons. Cette rationalisation visait à sécuriser davantage l’approvisionnement en fuel, à réduire les coûts et à limiter les interruptions dans les centrales thermiques.
En mars 2024, une convention a été signée entre la Société nigérienne du pétrole (SONIDEP) et l’Office malien des Produits Pétroliers (OMAP) pour la livraison de gasoil en provenance du Niger, ouvrant une nouvelle route d’approvisionnement. Parallèlement, la Russie a livré environ 20 millions de litres de gasoil, un appui ponctuel destiné à atténuer la pression sur les stocks.
Dans le même temps, la viabilité financière d’EDM-SA est restée un défi central. Le 7 mars 2024, une convention de restructuration de la dette bancaire de l’entreprise, évaluée à près de 300 milliards de francs CFA, a été conclue avec plusieurs banques. Elle prévoyait un étalement des remboursements sur dix ans, dont une année de différé, afin de renforcer la trésorerie de la société et de lui permettre de maintenir un minimum d’exploitation. Cette mesure s’inscrivait dans un plan de redressement plus global visant la maîtrise des coûts, l’amélioration du recouvrement et l’optimisation de la gouvernance.
Le pari du solaire et les mesures d’urgence
Sur le plan structurel, le gouvernement a lancé, entre fin mai et début juin 2024, la construction de centrales solaires à Safo (100 MW), Sanankoroba (200 MW) et Tiakadougou – Dialakoro (100 MW). L’objectif affiché est de réduire la dépendance au thermique et d’augmenter progressivement la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique national.
En parallèle, en juin 2024, le Président de la Transition a remis 25 groupes électrogènes à EDM-SA pour atténuer les délestages et assurer un soutien temporaire aux réseaux urbains et régionaux, en attendant la mise en service des installations solaires.
En février 2025, le gouvernement a instauré un Fonds d’appui aux infrastructures de base et au développement social. Le 14 juillet, 24 milliards de francs CFA sur les 34 milliards mobilisés ont été alloués à EDM-SA pour garantir l’achat de carburant et stabiliser l’exploitation des centrales. Il était également prévu dans les mois suivants la livraison de 160 000 à 200 000 tonnes d’hydrocarbures importés de Russie afin de sécuriser l’approvisionnement.
Ces efforts témoignent d’une volonté de rompre avec la dépendance au fuel importé, mais la crise actuelle montre les limites du système. Entre centrales thermiques à l’arrêt faute de carburant et projets solaires encore en phase de construction, le pays est confronté à une équation énergétique qui pèse sur l’ensemble de l’économie.
Mohamed Kenouvi
Chauffeurs routiers : retour au dialogue après la polémique
À la suite d’un reportage télévisé perçu comme mettant en cause les chauffeurs dans les difficultés d’approvisionnement en carburant, des tensions sont apparues au sein du secteur du transport routier. Le Premier ministre a reçu les syndicats ce jeudi 6 novembre 2025 pour apaiser le climat et clarifier les engagements de part et d’autre.
Festival Nord du Mali : La 2ème édition révèle l’inestimable héritage septentrional
Après le succès de sa première édition, le Festival Nord du Mali revient pour la deuxième, transformant l’esplanade du Stade du 26 Mars à Bamako en un véritable carrefour culturel du 6 au 9 novembre 2025.
L’initiative, portée par Aboubacar Sako dit Plaisir, se positionne comme un événement d’envergure nationale entièrement dédié à la valorisation des cultures du Nord. Elle ambitionne de faire de Bamako le théâtre d’une richesse culturelle qui, comme le souligne son initiateur, « nous rassemble au-delà des différences ».
Le budget prévisionnel de cet événement, affiché à 50 806 850 francs CFA, est à la mesure de l’ambition affichée pour cette nouvelle édition, qui s’annonce « plus riche en rencontres, concerts, expositions, panels et moments de partage ».
La scène musicale accueillera une pléiade d’artistes emblématiques, symboles de la diversité et de la profondeur du répertoire du Nord. Le public aura l’occasion d’y retrouver de grands noms tels que Thialé Arby, Oumar Konaté, Kader Tarhanine, Afel Bocoum, ainsi que HB Ardo et Denis Almaloum. La présence du groupe Songhoï Blues et d’artistes comme Mc Flow et Abocar Madjou parachève cette affiche, promettant un panorama complet des sonorités qui font vibrer le Nord du Mali.
Au-delà de la musique, cette deuxième édition est marquée par des innovations majeures, ancrées dans la volonté d’honorer l’histoire et l’identité du Nord. L’une des plus marquantes est la reproduction en grande taille du monument Alfarouk de Tombouctou. Cette initiative représente un hommage concret aux racines et un puissant moyen d’affirmer la richesse du patrimoine de la région.
En prélude au festival, un Challenge Vidéo Officiel a été lancé autour de la chanson Festival Nord du Mali du groupe Bifenix. Le concours invite le public à publier sur les réseaux sociaux des vidéos créatives- danse, playback ou sketch- avec, à la clé jusqu’à 100 000 francs CFA et des tickets gratuits pour les concerts. Son objectif est de mobiliser la jeunesse et de populariser la musique du festival. Les participations sont ouvertes jusqu’au 1ᵉʳ novembre 2025.
La deuxième édition a été annoncée le 18 octobre 2025, au CICB, lors d’une conférence de presse. Les organisateurs ont reconnu que le principal défi cette année était la mobilisation du public, rendue difficile par la crise nationale du carburant. Malgré un contexte difficile qui complique la circulation et la logistique, les organisateurs affichent leur détermination à maintenir l’événement.
Pour M. Sako, le Festival Nord du Mali n’est pas qu’une manifestation culturelle, mais également un acte d’unité, de résistance et d’espoir, symbole de la foi, de la solidarité et de la créativité qui font vivre la culture malienne.
Décès de l’ancien ministre Oumar Hamadoun Dicko à Abidjan
L’ancien ministre malien Oumar Hamadoun Dicko est décédé le 4 novembre à Abidjan, où il résidait depuis plusieurs années selon sa famille. Figure connue de la scène politique nationale, il avait occupé plusieurs fonctions gouvernementales au début des années 2000 et plus récemment en 2019.
Suspension des cours : Une mesure diversement accueillie
Face aux perturbations dans l’approvisionnement en carburant, les ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur ont annoncé la suspension des cours du 27 octobre au 9 novembre 2025. Une mesure exceptionnelle qui suscite des réactions mitigées au sein de la communauté éducative.
Le communiqué conjoint publié le 26 octobre 2025 par les ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a mis fin aux rumeurs : les cours sont suspendus sur toute l’étendue du territoire national jusqu’au dimanche 9 novembre inclus.
« Les cours reprendront le lundi 10 novembre 2025 », précisent les deux départements ministériels, qui justifient cette décision par « les perturbations dans l’approvisionnement en carburant qui affectent les mouvements des acteurs de l’école ».
Depuis plusieurs jours, la rareté du carburant a fortement entravé la mobilité, à Bamako comme à l’intérieur du pays. Un grand nombre d’élèves et d’étudiants peinent à se rendre dans leurs établissements, tandis que des enseignants se retrouvent bloqués à plusieurs kilomètres de leur lieu de travail.
« Il devenait pratiquement impossible d’assurer la régularité des cours, surtout dans les établissements éloignés de la ville », souligne un responsable scolaire de Ségou, saluant une mesure « réaliste dans les circonstances actuelles ».
Cependant, d’autres acteurs du secteur éducatif craignent un nouvel allongement du calendrier académique. « On venait à peine de retrouver un rythme normal après les retards de la rentrée. Deux semaines d’interruption, c’est un vrai défi pour achever les programmes à temps », alerte Adama Diarra, enseignant dans un lycée de Bamako.
Les parents d’élèves, quant à eux, oscillent entre compréhension et appréhension. « On comprend que les conditions ne sont pas réunies pour continuer les cours, mais on espère que le gouvernement tiendra sa promesse de réaménager le calendrier afin que les enfants ne soient pas pénalisés », plaide Mamadou Keïta, un parent.
Le communiqué précise en effet que des dispositions sont en cours pour réaménager les calendriers scolaire et universitaire afin d’assurer la continuité pédagogique et l’exécution des programmes. Les autorités affirment par ailleurs tout mettre en œuvre pour un retour rapide à la normale dans l’approvisionnement en carburant.
En attendant, les établissements scolaires et universitaires sont contraints de fermer leurs portes, plongeant des milliers d’élèves et d’étudiants dans l’incertitude. Cette suspension, bien qu’annoncée comme temporaire, illustre une fois de plus la vulnérabilité du système éducatif national face aux crises conjoncturelles qui continuent de perturber son fonctionnement régulier.
Mohamed Kenouvi
Alexis Kalambry : « Une guerre ne se gagne pas uniquement par les armes »
Dans cet entretien, le journaliste Alexis Kalambry analyse la dynamique actuelle des groupes armés au Mali et les raisons profondes de leur enracinement. Il estime que seule une réponse combinant sécurité, justice, développement et discours religieux inclusif peut ramener la stabilité durable. Propos recueillis par Mohamed Kenouvi.
Est-ce que l’on comprend clairement aujourd’hui ce que veulent les jihadistes ?
On doit d’abord se poser la question : que veulent-ils ? Parce que, visiblement, ils ont les mêmes attitudes que des terroristes classiques. On ne peut pas dire qu’ils défendent une idéologie précise, puisqu’ils ne conquièrent ni villages ni contrées. Ils viennent, sèment la terreur, puis s’en vont. Ils profitent surtout de la faiblesse et de l’absence de l’État pour s’imposer localement. Ils avancent masqués derrière des causes religieuses, mais leurs motivations réelles sont souvent opportunistes, liées au contrôle social et économique local.
Pourtant, à leurs débuts leurs revendications semblaient plus claires…
Effectivement. En 2012, leur discours portait sur le départ des Occidentaux. Ils disaient : « si la France s’en va, nous n’avons plus de revendication ». Mais aujourd’hui, la France et la MINUSMA sont parties et les jihadistes sont toujours là. Ils continuent de combattre, tout en renouvelant sans cesse leurs prétextes. On ne peut donc plus dire avec certitude ce qu’ils veulent réellement. Aujourd’hui, leurs revendications changent au gré des circonstances. Cela prouve qu’ils s’adaptent plus qu’ils ne défendent une cause fixe.
Comment expliquez-vous alors leur capacité à se maintenir ?
Ils exploitent les divisions communautaires et les différends non résolus par la justice : conflits de terres, oppositions entre éleveurs et sédentaires, rivalités entre villages. Ils s’enracinent en tissant des alliances locales, parfois en se mariant dans les familles de chefs. La crise actuelle, avec son lot de frustrations et de misère, nourrit leur discours. Ils se présentent comme des sauveurs dans un contexte où l’État est absent. Quand la justice n’existe pas ou qu’elle est perçue comme partiale, ces groupes deviennent des arbitres de proximité, ce qui renforce leur ancrage.
Quelle réponse pourrait inverser cette tendance ?
Quelle que soit notre puissance militaire, une guerre ne se gagne pas uniquement par les armes. Il faut le développement, le dialogue et surtout la présence effective de l’État. Mais cela ne suffit pas. Les jihadistes s’appuient sur une idéologie religieuse. Nous devons donc construire un discours religieux alternatif, tolérant et rassembleur. C’est seulement ainsi que nous pourrons espérer une solution durable à cette crise. Il faut une réconciliation locale capable de restaurer la confiance et de combler les vides.
Transition : La descente aux enfers des hommes politiques
Depuis le début de la Transition, plusieurs personnalités politiques et figures publiques font face à la justice. Arrestations, mandats d’arrêt internationaux et condamnations se succèdent, dans un climat de méfiance et de crispation politique.
L’ancien Premier ministre Moussa Mara a écopé le 27 octobre 2025 de deux ans de prison, dont un ferme, pour des faits qualifiés « d’atteinte au crédit de l’État », liés à des propos diffusés sur les réseaux sociaux en juillet dernier.
Quelques semaines plus tôt, le 19 août, Choguel Kokalla Maïga, lui aussi ancien Premier ministre, avait été placé sous mandat de dépôt dans le cadre d’une enquête portant sur des soupçons « d’atteinte aux biens publics, faux et usage de faux ».
En parallèle, plusieurs anciens ministres sont visés par des mandats d’arrêt internationaux. Tiéman Hubert Coulibaly, ancien ministre de la Défense, fait l’objet depuis juillet 2022 d’un mandat international pour « crime de faux, usage de faux et atteinte aux biens publics », dans une affaire d’achats d’équipements militaires datant de 2015. Les mêmes accusations concernent l’ancien Premier ministre Boubou Cissé et Mamadou Igor Diarra, ex-ministre de l’Économie et des Finances.
Des affaires successives
D’autres personnalités notables alimentent également ce panorama judiciaire. Mohamed Youssouf Bathily, dit Ras Bath, est détenu depuis le 13 mars 2023 pour des propos jugés diffamatoires. Condamné en appel à 18 mois de prison, dont 9 avec sursis, il reste détenu dans le cadre d’autres procédures en cours.
L’activiste et ancien membre du Conseil national de Transition Adama Diarra, alias Ben le Cerveau, a été reconnu coupable en septembre 2023 « d’atteinte au crédit de l’État » et purge une peine de deux ans, dont un an ferme. Sa demande de libération provisoire a été rejetée en février dernier.
Issa Kaou N’Djim, également ancien membre du Parlement de la Transition, a pour sa part été condamné le 30 décembre 2024 à deux ans de prison, dont un ferme, pour offense publique et injures via les systèmes d’information.
Le Président du parti dissous Alternative pour le Mali Mamadou Traoré, surnommé Le Roi, a été condamné le 19 juin 2025 à un an de prison ferme pour « atteinte au crédit de l’État » et « diffusion de fausses nouvelles ».
En juin 2024, onze responsables politiques avaient été interpellés à Bamako après avoir tenu une réunion jugée illégale par les autorités. Parmi eux figuraient trois anciens ministres – Mohamed Aly Bathily, Yaya Sangaré et Moustapha Dicko – ainsi que plusieurs Présidents de partis dissous. Ils ont été poursuivis pour « atteinte à la sûreté de l’État » et « troubles à l’ordre public » avant d’être libérés le 5 décembre 2024.
Le dossier de Clément Dembélé, figure connue de la lutte contre la corruption, s’ajoute à cette longue liste. Interpellé en novembre 2023 alors qu’il devait animer une conférence de presse sur la gouvernance et la crise énergétique, il a été accusé d’avoir proféré des menaces contre le Président de la Transition et son entourage.
Appels à la libération
La multiplication de ces procédures inquiète les organisations de défense des droits humains. Amnesty International, Human Rights Watch et d’autres organisations internationales ont appelé à la libération des détenus politiques et au respect des droits de la défense.
L’Union européenne a de son côté insisté sur la nécessité d’une transparence totale dans le traitement des affaires judiciaires, ainsi que sur le respect des standards internationaux relatifs à la liberté d’expression et à la détention.
« La condamnation et la peine prononcées à l’encontre de Moussa Mara illustrent le mépris persistant des autorités pour les obligations du Mali en matière de droits humains, conformément à la Constitution et aux traités internationaux ratifiés par le pays », a déclaré Marceau Sivieude, Directeur régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. Selon lui, « au lieu de museler les voix critiques, les autorités doivent mettre fin à la répression croissante de l’opposition pacifique et libérer immédiatement les personnes détenues pour le simple fait d’avoir exprimé leur opinion ».
Un analyste politique malien ayant requis l’anonymat abonde dans le même sens : « ces détentions répétées de responsables politiques, d’activistes et de figures publiques envoient un signal inquiétant. Elles restreignent la liberté d’expression et créent un climat de peur dans l’espace public ».
Mohamed Kenouvi
Otages et rançons : un marché qui alimente la violence
Deux ressortissants émiratis enlevés fin septembre près de Bamako ont été libérés le 30 octobre après un mois de captivité. Derrière cette libération, des transactions financières qui risquent de nourrir durablement les circuits du terrorisme au Sahel.
Les enlèvements ont eu lieu sur le terrain d’un aéroclub situé à une quinzaine de kilomètres de Sanankoroba, au sud de Bamako, appartenant à l’un des otages, un homme connu pour ses actions caritatives dans la région. L’aéroclub, doté d’une piste de 800 mètres, accueille depuis plusieurs années des apprenants en pilotage d’ULM. Une vidéo diffusée peu après sur un canal lié au JNIM montrait des hommes armés parlant en fulfuldé, confirmant la piste d’un rapt jihadiste.
Ce cas illustre l’évolution du phénomène : au début des années 2000, les otages étaient principalement des Occidentaux, souvent libérés contre des rançons versées par des États ou des intermédiaires. Mais selon l’International Crisis Group, l’Observatoire sahélien des droits humains et le Centre d’études stratégiques de Dakar, la majorité des rapt-contre-rançon enregistrés depuis 2020 visent désormais des ressortissants régionaux, expatriés africains, commerçants et agents publics.
Le groupe JNIM, affilié à Al-Qaïda, a fait de la rançon une de ses principales sources de revenus, aux côtés de la contrebande de carburant, de l’orpaillage artisanal et de l’extorsion sur les axes routiers. D’après un rapport du Conseil de sécurité des Nations unies, les montants versés pour les libérations d’otages dans le Sahel entre 2015 et 2025 dépassent 400 millions de dollars, contribuant directement à la résilience financière des réseaux jihadistes.
La libération des deux Émiratis, pour laquelle plusieurs sources évoquent un paiement d’environ 50 millions de dollars, confirme la persistance de ce schéma. Derrière la compassion légitime, ces transactions renforcent la capacité logistique des groupes armés et pérennisent un système économique parallèle où la peur, l’argent et la négociation deviennent les leviers d’une guerre sans fin.
Financement humanitaire : le Mali face à une baisse historique des contributions
Au 31 octobre 2025, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) constate un effondrement du financement humanitaire au Mali. Moins de 16 % des besoins sont couverts, un recul de plus de moitié par rapport à 2024 alors que la crise s’aggrave dans le pays.
Le Financial Tracking Service (FTS) d’OCHA, plateforme mondiale de suivi des financements, indique que le Plan de réponse humanitaire 2025 du Mali, chiffré à 771,3 millions de dollars — soit environ 468 milliards de francs CFA — n’a mobilisé que 120,5 millions de dollars, soit 73 milliards de francs CFA. Ce taux de couverture de 15,6 % est l’un des plus faibles enregistrés depuis plus de dix ans.
En 2024, le plan d’aide du Mali, évalué à 751 millions de dollars (456 milliards CFA), avait été financé à hauteur de 269 millions (163 milliards CFA), soit 36 % des besoins. En un an, les financements ont donc chuté de plus de 55 %, alors que les besoins ont, eux, légèrement augmenté, traduisant un désintérêt progressif des bailleurs pour les crises prolongées du Sahel.
À l’échelle mondiale, seulement 35 % des besoins humanitaires ont été couverts en 2025, selon OCHA, contre plus de 50 % en moyenne au cours de la décennie précédente. Cette baisse est liée à la multiplication des crises simultanées, au ralentissement économique mondial et à la redirection de l’aide vers l’Europe de l’Est et le Moyen-Orient.
Sur le terrain, les conséquences sont tangibles et mesurables. Le secteur de la sécurité alimentaire, qui absorbe la plus grande part du plan, n’a reçu que 22,2 millions de dollars, soit environ 13 milliards de francs CFA, sur 423 millions demandés (254 milliards CFA). La nutrition, deuxième priorité, affiche un financement de 16,6 millions de dollars (9,9 milliards CFA) sur 68,6 millions attendus, soit 24 % de couverture. Les programmes de santé, eux, n’ont reçu que 6,3 millions de dollars (3,7 milliards CFA) sur 38,3 millions demandés, tandis que l’éducation d’urgence plafonne à 4,4 millions de dollars, soit à peine 11 % de son objectif.
Le secteur eau, hygiène et assainissement (WASH), pourtant vital dans un contexte de déplacement massif et de contamination des nappes, n’a mobilisé que 3,5 millions de dollars (2,1 milliards CFA) sur 34,5 millions requis. La protection des civils, la réponse aux violences basées sur le genre et l’appui logistique affichent également des niveaux critiques, tous inférieurs à 20 % de couverture.
Les principales zones affectées demeurent les régions du Centre (Mopti, Ségou) et du Nord (Gao, Tombouctou, Kidal, Ménaka), où les organisations signalent des ruptures d’approvisionnement dans les entrepôts du Programme alimentaire mondial (PAM) et des interruptions de programmes communautaires soutenus par l’UNICEF et le HCR.
Les principaux bailleurs — Union européenne, Allemagne, États-Unis, Royaume-Uni, Canada et Italie — maintiennent leurs contributions, mais sans rehaussement. Le PAM, par exemple, n’a pu distribuer que 60 % des rations prévues en octobre, tandis que certaines ONG locales rapportent la suspension de projets d’eau potable dans le delta intérieur du Niger faute de financements supplémentaires.
À deux mois de la clôture budgétaire, les acteurs humanitaires préviennent que plus de la moitié des programmes prévus pour 2025 risquent d’être suspendus, accentuant les vulnérabilités dans un pays où plus de 7 millions de personnes ont besoin d’assistance, dont plus de 400 000 déplacés internes et 250 000 réfugiés étrangers.
« L’ECO doit renforcer la souveraineté économique des pays africains » – Modibo Mao Makalou
L’économiste Modibo Mao Makalou revient sur les enjeux du passage à la monnaie unique de la CEDEAO prévue pour 2027. Il analyse la position du Mali entre l’UEMOA et l’AES, ainsi que les défis d’une souveraineté monétaire réelle pour les États africains.
Le débat sur le FCFA s’intensifie au moment où la région connaît de fortes recompositions politiques. Quelle lecture en faites-vous ?
Modibo Mao Makalou : En effet, il existe présentement 2 zones monétaires à l’intérieur de la Communauté Économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui disparaîtront avec le lancement de la monnaie unique de la CEDEAO, l’ECO qui est prévu pour 2027. Il existe 8 monnaies en Afrique de l’Ouest pour 15 pays : les 8 pays membres de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA) qui possèdent une monnaie commune, le franc CFA (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger Sénégal et Togo), et les 7 autres pays membres de la CEDEAO qui possèdent une monnaie nationale : le cédi au Ghana, le dalasi en Gambie, le dollar libérien au Libéria, le franc guinéen en Guinée, le leone en Sierra Leone, le naira au Nigeria, et l’escudo au Cap-Vert verront leur monnaie disparaitre au profit de l’ECO en 2027. Ces monnaies nationales à l’exception de l’escudo du Cap-Vert sont regroupées au sein de la Zone Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (ZMAO) et ne sont pas convertibles entre elles, ce qui augmente les coûts de transactions et tend à défavoriser les échanges commerciaux formels. L’UEMOA et la ZMAO utiliseront la monnaie unique ECO lorsqu’elle sera lancée à l’horizon 2027 car le FCFA et les 7 autres monnaies pourront disparaitre même si l’idée d’une monnaie commune parait plus probable.
Le Mali, membre de l’UEMOA mais aussi de l’AES, peut-il durablement concilier les deux cadres ?
MMM : Une union économique et monétaire pourrait favoriser une utilisation plus efficace des ressources et stimuler la croissance économique. Les 3 pays membres de la Confédération de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) ; Burkina Faso, Mali et Niger sont aussi membres avec 5 autres pays (Bénin, Cote d’ivoire, Guinée Bissau, Sénégal, et Togo), de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) qui est une organisation d’intégration économique et monétaire régionale établie par le Traité de Dakar du 10 janvier 1994. Parmi les objectifs de l’UEMOA on peut citer la création d’un marché commun avec la libre circulation des personnes, des biens, des services, des capitaux, du droit d’établissement aux personnes pour les activités libérales et les salariés ainsi que l’amélioration de la compétitivité, de la concurrence, et de la convergence des politiques économiques et sociale, de même que l’élaboration d’un tarif extérieur commun (TEC) à l’encontre des non-membres, et l’adoption d’une politique commerciale et des politiques sectorielles. A priori, aucune incompatibilité n’existe pour le moment entre l’AES et ‘l’UEMOA même si l’AES ambitionne d’être une union économique et monétaire à terme.
Quels seraient les avantages et inconvénients pour le Mali d’une monnaie nationale indépendante ?
Le futur Eco pourrait-il renforcer la souveraineté économique des pays africains ou simplement rebaptiser le FCFA ?
MMM : La création d’une monnaie nationale est une décision politique qui doit répondre à des impératifs techniques de fixation du taux de change (quantité de monnaie nationale qu’on peut échanger contre une unité de monnaie étrangère) pour faciliter les échanges avec les principaux partenaires commerciaux tout en assurant la stabilité des prix donc d’assurer le maintien du pouvoir d’achat des citoyens. La création d’une monnaie nationale implique la création d’un institut d’émission qui servira de banque centrale nationale. Celle-ci agira principalement comme une banque pour les banques commerciales en contrôlant les flux de monnaie et de crédits dans l’économie, de manière à assurer son premier objectif, en l’occurrence, la stabilité des prix.
Les banques commerciales pourront alors solliciter des prêts auprès de la Banque Centrale (des réserves de banque centrale), qui leur servira en grande partie à couvrir des besoins de liquidités à très court terme. Le principal instrument dont dispose la Banque Centrale pour réguler le crédit dans l’économie et pour contrôler la quantité de monnaie en circulation et, par conséquent, la demande de réserves de banque centrale émanant des banques commerciales, consiste à fixer les taux d’intérêt (le coût du crédit).
La création d’une monnaie doit se faire en fonction de la quantité et de la qualité de la production de biens et services dans notre économie et de nos échanges de biens et services avec nos principaux partenaires économiques et commerciaux. Il est surtout crucial d’avoir une banque centrale autonome qui aura les fonctions suivantes : assurer la stabilité des prix ; gérer les réserves officielles de change ; veiller à la stabilité du système bancaire et financier ; promouvoir le bon fonctionnement et assurer la supervision du système financier et bancaire ; et assurer la sécurité des systèmes de paiement.
La monnaie joue un rôle très important pour ce qui concerne les objectifs de la politique économique non seulement pour préserver le pouvoir d’achat des citoyens mais aussi pour les transactions économiques d’un pays avec les autres pays. Rappelons que la solidité d’une monnaie est établie selon les normes internationales lorsque les avoirs extérieurs nets (liquidités disponibles en or et devises) de la Banque Centrale peuvent couvrir 3 mois d’importations. Il est important de souligner que l’ECO sera une monnaie ouest africaine émise par une banque centrale fédérale dont le taux de change sera flexible et adossé à un panier de monnaies internationale. Les pays de l’Afrique de l’Ouest qui respecteront les critères de convergence macroéconomiques de la CEDEAO seront éligibles pour adopter l’EC0 en 2027 selon la CEDEAO.
Quel rôle le secteur privé peut-il jouer dans cette transition monétaire et financière ?
MMM : Afin d’accélérer l’intégration régionale et le développement de nos pays, la politique monétaire ne peut se substituer à une politique de développement holistique et durable. Les pays de l’UEMOA doivent donc continuer à améliorer la viabilité des finances publiques et financer davantage les économies nationales. Le secteur privé est un moteur de la croissance économique, cependant il fait face à des difficultés de financement surtout pour les investissements nationaux ou sous régionaux. Il importe donc de mobiliser l’épargne à travers la création des marchés financiers et baisser les taux d’intérêt et augmenter la durée des prêts auprès des banques et établissements financiers pour ce qui concerne le financement des investissements productifs mais aussi sociaux et environnementaux.
Enfin, pensez-vous que les citoyens comprennent vraiment les enjeux autour du FCFA ?
MMM : La BCEAO est l’Institut d’émission commun des Etats membres de l’UMOA et de l’UEMOA, chargé notamment d’assurer la gestion de leur monnaie commune, le Franc de la Communauté Financière Africaine (FCFA), de leurs réserves de change et de mettre en œuvre la politique monétaire commune. L’Accord de Coopération monétaire signé entre l’UMOA et la France en décembre 1973 a été modifié en décembre 2019 avec des révisions importantes y compris la fermeture du compte d’opérations de la BCEAO auprès du trésor français. La France devient toutefois le garant de dernier ressort du FCFA pour assurer la convertibilité illimitée du FCFA en euro et maintenir sa parité fixe avec l’euro, cependant les représentants français ne siègent plus dans les organes de gouvernance de la BCEAO (conseil d’administration, comité de politique monétaire et commission bancaire). Notons par ailleurs que la pérennité des accords de coopération monétaire après la mise en place de l’euro est garantie par la décision du conseil européen du 23 novembre 1998 n° 98/683/CE “concernant les questions de change relatives au franc CFA et au franc comorien”.
Crise du carburant : Le pouvoir d’achat des Maliens à rude épreuve
Les effets de la crise du carburant que traverse le Mali depuis plusieurs semaines s’étendent à tous les secteurs d’activité. Perturbant profondément le système d’approvisionnement du pays, elle provoque une hausse des prix et fragilise davantage un pouvoir d’achat déjà affaibli.
Depuis près d’un mois, le Mali vit une pénurie d’hydrocarbures qui impacte durement la vie économique et sociale. Transport, commerce ou encore éducation, les effets de la crise se font sentir partout. Alors que les autorités tentent d’organiser la distribution du peu de carburant disponible, les consommateurs redoutent les conséquences d’une situation qui menace directement leur quotidien.
« Depuis le 20 octobre, nous avons dû arrêter toutes nos activités, faute de gasoil », explique M. Touré, responsable d’une compagnie de transport interurbain. Une situation difficile pour le personnel et les usagers, contraints à un arrêt total des activités pendant une semaine, du transport de voyageurs au fret. Ce n’est qu’après la décision gouvernementale de ravitailler en priorité certains véhicules, dont ceux du transport public, que la compagnie a pu obtenir du carburant pour un premier bus et relancer sa ligne Bamako – Mopti le 27 octobre. Un signe d’espoir que le responsable souhaite durable, alors que le reste du parc attend toujours d’être ravitaillé. « Nous n’avons pas modifié nos tarifs, car nous obtenons le gasoil au même prix », précise-t-il.
Transports perturbés et prix en hausse
Mais cette stabilité ne se vérifie pas partout. Dans la capitale, les principaux moyens de transport, notamment les minibus SOTRAMA et les moto-taxis, ont augmenté leurs tarifs. Sur certains axes, les trajets sont passés de 300 francs CFA à 400 ou 500 francs. Les moto-taxis facturent désormais entre 1 500 et 4 000 francs CFA chaque trajet, parfois le double du tarif habituel. Certains conducteurs justifient ces hausses par le prix du carburant, vendu au marché noir jusqu’à 4 000 ou 5 000 francs CFA le litre. Dans plusieurs quartiers périphériques de Bamako, comme Kalaban, Faladié ou Baco-Djicoroni, les longues files de véhicules créent des embouteillages jusqu’à tard dans la nuit, perturbant le ramassage scolaire et la distribution des produits alimentaires.
La crise touche aussi les activités de transport de marchandises. Les maraîchers, livreurs de pain et transporteurs de produits frais peinent à acheminer leurs denrées, ce qui entraîne des pertes économiques importantes. Dans plusieurs marchés de Bamako, le prix de la tomate, de l’oignon ou du piment a doublé en une semaine. Les longues files d’attente dans les stations aggravent le désordre : des conducteurs de moto-taxis dorment sur place, à des kilomètres de leur domicile, pour espérer quelques litres d’essence.
Dommages collatéraux
L’école, elle aussi, subit de plein fouet les conséquences de la crise. La pénurie de carburant perturbe les déplacements des enseignants et des élèves. Le 26 octobre 2025, dans un communiqué conjoint lu à la télévision nationale, le ministre de l’Éducation et son homologue de l’Enseignement supérieur ont annoncé la suspension des cours dans tous les ordres d’enseignement du 27 octobre au 9 novembre 2025. La mesure s’explique par les difficultés de transport engendrées par la pénurie. Certaines écoles avaient déjà anticipé une suspension depuis au moins une semaine et d’autres tentaient de fournir du carburant à leurs enseignants pour maintenir les cours dans une année déjà menacée par des grèves.
Pour beaucoup de parents, cette mesure a été un soulagement, car ils peinaient à assurer le déplacement de leurs enfants. Mais elle révèle aussi l’ampleur d’une crise qui paralyse la vie nationale. Si le télétravail reste une alternative pour certaines entreprises, d’autres se retrouvent bloquées : l’électricité est rationnée et les groupes électrogènes tournent au ralenti faute de gasoil.
Boubacar Sacko, cadre dans une banque de la place, témoigne : « la semaine dernière, nous avions encore du carburant, mais cette semaine, nous travaillons depuis la maison parce que notre stock est épuisé ». Le 28 octobre, la ville de Bamako s’est transformée en une immense file d’attente. L’arrivée d’un convoi de citernes, la veille, a permis de livrer certaines stations, mais les bouchons étaient tels que ses automobilistes ont préféré passer la nuit sur place. Fonctionnaires, conducteurs de motos-taxis ou livreurs de pain : tous sacrifient leur confort pour continuer à « tenir ».
Prix sous tension
La maîtrise des prix constitue l’un des défis les plus redoutés de cette crise. Malgré les assurances du Gouvernorat du district de Bamako sur la disponibilité des produits et la stabilité des tarifs, les inquiétudes demeurent. Lors d’une réunion tenue le 27 octobre, les autorités locales ont rappelé que les prix du riz, du mil et du maïs n’avaient pas changé. Mais sur le terrain la situation évolue vite.
Fortement dépendant des importations pour ses biens de consommation courants, le Mali est vulnérable à toute perturbation logistique. « Nous importons presque tout ce dont nous avons besoin, ce qui nécessite des moyens de transport et d’énergie conséquents », explique le Dr Sékou Diakité, enseignant à la Faculté des sciences économiques et de gestion (FSEG). Le manque de carburant, souligne-t-il, perturbe dangereusement la chaîne d’approvisionnement et crée un effet domino sur les prix.
« La rareté du carburant, associée à la mauvaise habitude d’augmenter les prix même sans raison, entraîne une hausse quasi inévitable », poursuit le chercheur. Le retard des livraisons perturbe la loi de l’offre et de la demande, provoquant une inflation progressive. Même si le prix officiel à la pompe est inchangé, les longues heures d’attente et les surcoûts du transport augmentent indirectement les prix finaux.
Certaines structures comme les boulangeries, qui fonctionnent au gasoil en l’absence d’électricité, ont réduit leur production, tandis que d’autres ont relevé leurs prix. L’électricité, elle-même tributaire du carburant, voit son coût grimper, entraînant une hausse des charges dans les petites entreprises artisanales et industrielles. Sur le marché, les prix du sucre, du riz et du mil restent officiellement stables, mais les commerçants et consommateurs s’interrogent : jusqu’à quand ? Face à l’ampleur de la pénurie, plusieurs associations de consommateurs ont demandé au gouvernement de publier un calendrier clair de distribution et d’intensifier la communication sur les volumes disponibles afin d’éviter la désinformation.
Trouver l’équilibre
Pour gérer l’urgence, « il faut explorer toutes les voies d’approvisionnement », recommande le Dr Diakité. Il plaide pour un approvisionnement rapide et encadré, tout en imposant des règles strictes aux opérateurs économiques. À long terme, il suggère la construction d’une raffinerie nationale afin d’importer du pétrole brut et d’augmenter les capacités de stockage. Il estime également nécessaire de constituer un stock de sécurité pour les forces armées, afin de préserver leur mobilité opérationnelle.
L’extension rapide de Bamako complique encore la situation. Ses habitants, installés toujours plus loin du centre, dépendent des transports motorisés pour travailler, étudier ou commercer. « Cette crise peut être l’occasion pour l’État de reprendre le contrôle du circuit du carburant et de réduire la mobilité des groupes armés terroristes », estime Mahamadou Beïdaly Sangaré, enseignant-chercheur à la FSEG. Selon lui, elle devrait pousser le Mali à diversifier ses sources d’approvisionnement et à relancer le dossier des biocarburants, un secteur prometteur encore peu exploré.
Pour les observateurs, cette crise agit comme un révélateur des fragilités structurelles du pays, entre dépendance extérieure, manque d’infrastructures, déficit de coordination et de communication entre acteurs publics et privés. Elle souligne aussi la nécessité d’une planification durable pour éviter que les crises logistiques ne se transforment en crises sociales.
Départs de ressortissants : Aly Tounkara appelle au discernement
Alors que les États-Unis, l’Italie, l’Allemagne et l’Australie ont appelé leurs ressortissants à quitter le Mali, les autorités maliennes observent une prudente réserve. Ces appels interviennent dans un climat marqué par la pénurie de carburant, la multiplication des attaques contre les convois et une tension sécuritaire croissante autour de Bamako.
Les ambassades concernées évoquent une dégradation rapide de la sécurité et une imprévisibilité accrue des conditions de déplacement, notamment sur les grands axes. Les représentations américaine et italienne ont explicitement recommandé un départ « immédiat » par vols commerciaux, tandis que Berlin et Canberra déconseillent tout voyage vers le Mali, citant la menace terroriste, les enlèvements et la crise énergétique. Les alertes s’ajoutent à celles déjà émises par les Pays-Bas et le Royaume-Uni, qui classent le pays en zone rouge sur leurs portails de sécurité.
Dans une analyse publiée le 29 octobre 2025, le Dr Aly Tounkara, enseignant-chercheur et expert au Centre des Études Sécuritaires et Stratégiques au Sahel (CE3S), estime ces appels « hâtifs » au regard du contexte malien. Selon lui, le Mali ne saurait être comparé à la Syrie, en raison de la différence des structures armées, de la sociologie du pouvoir et du maillage territorial assuré par les Forces armées maliennes. Il rappelle que l’armée bénéficie d’un équipement aérien renforcé, de formations diversifiées depuis 2012 et d’une forte résilience populaire face à la menace jihadiste.
L’expert souligne que, si chaque État a le devoir de protéger ses ressortissants, les véritables partenaires d’un pays se mesurent dans les périodes de crise aiguë. Il invite à relativiser la gravité du risque en soulignant la capacité de l’État malien à garantir une certaine continuité territoriale et la détermination des populations à défendre leur souveraineté.
Pour finir, Aly Tounkara interroge la portée politique et symbolique de ces retraits : que restera-t-il de la perception du Mali si « l’apocalypse prédite » ne se produit pas ? Et quelle légitimité accorder aux groupes armés dont la violence, loin d’inspirer la confiance, alimente le rejet populaire ?
Pour lui, la crise actuelle exige plus de discernement que d’alarmisme, dans un pays où la fragilité coexiste avec une résilience éprouvée.
Axe Ségou–Bamako : deux commerçants égyptiens enlevés, la piste jihadiste évoquée
Deux ressortissants égyptiens, présentés comme commerçants ambulants, ont été enlevés le mardi 28 octobre 2025 sur la route reliant Ségou à Bamako. Selon plusieurs sources locales et sécuritaires, l’incident s’est produit en pleine journée dans une zone régulièrement ciblée par des groupes armés.
Détenu depuis août : Moussa Mara écope de deux ans de prison
LCCP : Un levier de 100 milliards FCFA pour bâtir les champions miniers maliens
AFG Bank Mali a lancé ce lundi son Local Content Champion Program, dotant les sous-traitants locaux du secteur minier d’un outil de financement et d’accompagnement sans précédent. L’initiative, qui porte l’engagement total du groupe Atlantique, ambitionne de créer 2 000 emplois et de faire émerger trente entreprises nationales de classe mondiale.
Coupes CAF : le football malien signe un doublé historique
Le Stade Malien de Bamako et le Djoliba AC se sont tous deux qualifiés pour la phase de groupes des compétitions africaines interclubs. Une performance pleine qui offre au pays un taux de réussite de 100 % à ce stade de la saison.
À l’issue des deux tours préliminaires des compétitions africaines interclubs 2025-2026, les clubs maliens ont réalisé un exploit retentissant. Le Stade Malien de Bamako, engagé en Ligue des champions de la CAF, a validé sa qualification historique pour la phase de groupes après sa victoire 2-0 face au FC Nouadhibou de Mauritanie, ce dimanche 26 octobre au Stade du 26-Mars. Ce succès, obtenu après un nul encourageant (1-1) à l’aller, permet aux « Blancs de Bamako » d’accéder pour la première fois de leur histoire à ce niveau de la compétition. Il s’agit également de la seconde présence d’un club malien à ce stade, après le Djoliba AC la saison passée.
En Coupe de la Confédération, le Djoliba AC a lui aussi confirmé sa solidité. Après avoir gagné 1-0 à Ouagadougou à l’aller, les « Rouges » ont récidivé à domicile en s’imposant 2-1 face à l’USAFA du Burkina Faso. Ce deuxième succès consécutif leur ouvre les portes de la phase de groupes et confirme leur statut parmi les équipes les plus régulières du continent.
Avec ces deux qualifications, le Mali réalise un parcours sans faute et conserve son indice continental en progression. Cette performance collective reflète la montée en puissance du football national, portée par une nouvelle génération ambitieuse et mieux préparée pour rivaliser sur la scène africaine. Les supporters espèrent désormais voir leurs clubs briller dans les phases de groupes et prolonger cet élan victorieux.
Transition : Une union sacrée est-elle possible ?
Dans un message adressé le 15 octobre dernier au Président de la Transition, le Président du Parti pour l’action civique et patriotique (PACP) dissous, Yeah Samaké, appelle à une union des forces pour sauver le Mali. Son initiative relance le débat sur la possibilité d’une union sacrée des Maliens dans un contexte de crise multidimensionnelle profonde.
Dans son message, Yeah Samaké invite à « dépasser les clivages » afin de bâtir ensemble un Mali fort, souverain et prospère. « Je viens en paix, avec le cœur d’un patriote sincère », écrit-il, avant de tendre « une main fraternelle pour le Mali ».
Cet appel à l’unité intervient dans une période où la cohésion nationale est plus que jamais mise à l’épreuve. Mais une union sacrée rassemblant acteurs politiques et forces vives autour des autorités de la Transition est-elle réellement possible dans le climat actuel ?
Méfiance
L’appel de Yeah Samaké, au-delà de sa portée symbolique, ravive le débat sur les conditions d’un dialogue inclusif dans un Mali fragmenté par les tensions politiques et sociales.
Depuis plusieurs mois, une partie de la population réclame un retour à un ordre institutionnel normal, tandis qu’une autre affiche un soutien indéfectible aux autorités actuelles, convaincue que les anciens dirigeants ont failli. Cette fracture du corps social s’accompagne d’une crispation politique qui rend toute initiative d’union nationale difficile à concrétiser. Comme le souligne un analyste politique, « il ne suffit pas de tendre la main, encore faut-il qu’elle soit saisie. Or, aujourd’hui, la main de la réconciliation se heurte au mur de la méfiance et du ressentiment ».
Depuis la dissolution des partis politiques en mai dernier, la scène politique est figée, et les relations entre la Transition et les anciens acteurs politiques restent tendues. Bien avant cette mesure, plusieurs leaders d’opinion, anciens ministres, Présidents de partis et figures religieuses avaient été arrêtés, réduits au silence ou contraints à l’exil.
Dans ce contexte, l’appel à l’union sonne à la fois comme une exhortation patriotique et comme un rappel de la nécessité du pardon. « L’union des forces est possible, mais elle exige un changement profond des attitudes et des pratiques. Elle suppose un leadership capable d’inclure plutôt que d’exclure, de réconcilier plutôt que de punir, et surtout une confiance mutuelle qui fait aujourd’hui défaut », souligne notre interlocuteur.
Les conditions d’une union nationale crédible
Malgré les obstacles, plusieurs observateurs considèrent que l’union sacrée de tous les Maliens demeure une nécessité stratégique pour sortir le pays de l’impasse actuelle.
Cependant, pour qu’une telle union soit possible, elle doit reposer sur des bases sincères. La libération des anciens responsables politiques et des leaders d’opinion incarcérés constituerait un signal fort d’apaisement.
« Le Mali a besoin de tous ses fils. L’Imam Mahmoud Dicko, Moussa Mara, Ras Bath, Ben le Cerveau, Rose « la vie chère », Mamadou Traoré dit Le Roi, l’Imam Sékou Sidibé, l’Imam Bandiougou Traoré, etc., ont tous leur utilité dans la gestion de la crise actuelle », estime Sékou Niamé Bathily, élu local et cadre de l’ancien parti RPM.
Par ailleurs, la restauration du débat public permettrait de retisser le lien entre dirigeants et citoyens. Pour M. Bathily, « il faut accepter qu’il y a des Maliens qui souffrent de la gouvernance actuelle du pays et que d’autres ont le droit d’en parler ».
Enfin, la mise en place d’un cadre de concertation réellement inclusif — associant acteurs politiques, religieux, militaires et société civile — pourrait donner corps à l’idée d’un consensus national.
« Le Mali a déjà connu des moments d’unité dans l’adversité, notamment lors de la crise de 2012. Si la Transition actuelle veut réussir, elle doit comprendre que la force d’un État réside dans sa capacité à écouter et à rassembler, non à imposer et à diviser », conclut un ancien responsable politique.
Mohamed Kenouvi
Mali/États-Unis : Washington lève la caution de visa imposée aux voyageurs
Éveil Mali lance les « Ateliers Citoyens II » : La jeunesse et les femmes, vecteurs de bonne gouvernance
Le lancement officiel de la Phase II du projet « Les Ateliers Citoyens » d’Éveil Mali, sous la direction de son Coordinateur national Hamma Cissé, s’est déroulé à Bamako le 25 octobre 2025. Ce projet, financé par le Fonds d’Appui aux Moteurs du Changement (FAMOC) du royaume du Danemark, vise à renforcer la participation citoyenne et le leadership des jeunes et des femmes maliennes dans la gestion des affaires publiques.
AFG Bank Mali prépare le lancement du LCCP pour soutenir les entreprises locales
AFG Bank Mali procédera ce lundi 27 octobre 2025, à partir de 9h00, à l’hôtel Radisson Collection, au lancement officiel du Local Content Champion Program (LCCP), sous la présidence du Ministre des Mines, le Professeur Keïta.
Cette initiative ambitieuse vise à renforcer la compétitivité des entreprises maliennes du secteur minier et à faire émerger de véritables champions nationaux grâce à un accompagnement financier structuré.
Plusieurs activités marqueront cette journée, notamment un panel sur “Financement et compétitivité locale : bâtir des champions du contenu local” et des rencontres B2B entre acteurs du secteur, institutions financières et entreprises locales.
À travers ce programme, AFG Bank Mali entend confirmer son rôle de catalyseur du développement économique, en mettant le financement au service du conteu local.
Niger : enlèvement d’un pilote humanitaire à Niamey et libération de l’ancien préfet d’un département du nord-est
Dans la nuit du 21 au 22 octobre 2025, un ressortissant américain, pilote de l’ONG Serving In Mission (SIM) présent au Niger depuis 2010, a été enlevé à Niamey. Le lendemain, le 22 octobre, le commandant Amadou Torda, ancien préfet du département de Bilma, ainsi que quatre de ses compagnons (deux gendarmes, deux soldats de la Garde nationale) ont été libérés après plus d’un an de captivité.
Le pilote américain, âgé de 48 ans selon plusieurs sources, a été retiré de son domicile situé dans le quartier Château 1, un secteur sécurisé près de l’hôtel Bravia et du palais présidentiel. Trois hommes armés non identifiés l’ont emmené. Le Département d’État des États-Unis a indiqué que l’ambassade américaine à Niamey travaille avec les autorités nigériennes pour obtenir sa libération. Aucune revendication n’a encore été faite, et les forces de sécurité nigériennes ont engagé des recherches dès le mercredi 22 octobre. Il s’agit, selon les médias, du premier enlèvement d’un ressortissant étranger à Niamey depuis 2011.
Le pilote enlevé exerçait des missions de transport aérien d’urgence humanitaire pour SIM International, organisation active dans plusieurs pays du Sahel. SIM confirme sa présence au Niger, en soulignant les défis sécuritaires grandissants dans la région.
La seconde situation concerne la libération du commandant Amadou Torda et de ses quatre compagnons qui avaient été enlevés le 21 juin 2024 alors qu’ils revenaient vers Bilma, dans la région d’Agadez. L’enlèvement avait été attribué à un groupe armé non identifié. Des documents de l’époque mentionnaient la mort d’un membre de la délégation et la mise en œuvre d’une vaste opération de recherche par les forces de défense et de sécurité nigériennes. Leur libération, intervenue le 22 octobre 2025 après plus de 16 mois de détention, marque un soulagement dans la communauté locale mais s’inscrit dans un contexte d’insécurité récurrente dans cette zone du nord-est du pays.
Ces deux affaires reflètent la persistance des risques sécuritaires au Niger où les enlèvements – tant de ressortissants étrangers que de représentants de l’État – interviennent dans un contexte de dégradation de la sécurité, en particulier dans les régions du Sahel et du nord-est. L’enlèvement à Niamey d’un humanitaire opérant dans un quartier hautement sécurisé illustre notamment l’extension des menaces urbaines. De son côté, la libération des otages de Bilma souligne la lenteur du processus de réponse, mais aussi la capacité de l’État à conduire des opérations de recherche et de négociation.
L’ONG humanitaire concernée, active depuis des années au Niger, signale que le contexte opérationnel s’est durement complexifié ces dernières années, avec une multiplication d’attaques et d’enlèvements dans les zones rurales et frontalières. Les otages libérés de Bilma étaient détenus dans des conditions qui restaient obscures jusqu’à récemment, et leur retour pose la question de la prise en charge et de la réinsertion de personnels de sécurité confrontés à de tels conflits.
Enfin, la multiplication de ces opérations d’enlèvement met en lumière les défis de l’État nigérien en matière de sécurisation de ses frontières, de protection des humanitaires et de maintien de l’ordre dans des zones de faible densité administrative. Le retour à la normale pour les familles et les organisations concernées va nécessiter une gestion psychologique, matérielle et institutionnelle.
Étienne Fakaba Sissoko : “L’Eco ne sera pas une rupture brutale, mais une recomposition institutionnelle sous contrainte politique
Alors que la mise en circulation de la monnaie unique “Eco” est annoncée pour 2027, les incertitudes économiques et politiques fragilisent toujours le projet. L’économiste Étienne Fakaba Sissoko estime que cette transition ne sera pas une rupture brutale, mais une recomposition institutionnelle sous fortes contraintes régionales.
Où en est selon vous le projet de passage du franc CFA à la monnaie unique “Eco” annoncé pour 2027 ?
Le calendrier de 2027 reste celui inscrit dans la feuille de route officielle de la CEDEAO. Mais il faut reconnaître que cette échéance relève davantage de l’ambition politique que de la réalité économique.
La plupart des pays ne remplissent pas encore durablement les critères de convergence fixés — déficit budgétaire inférieur à 3 % du PIB, inflation maîtrisée, réserves suffisantes pour trois mois d’importations.
La succession de chocs — pandémie, guerre en Ukraine, crise énergétique, insécurité régionale — a repoussé les ajustements nécessaires.
De plus, la recomposition géopolitique actuelle, marquée par la sortie du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO, complexifie l’architecture du projet monétaire commun. Ces pays demeurent membres de l’UEMOA, mais leur arrimage politique à la CEDEAO est désormais suspendu, ce qui fragilise la gouvernance collective.
En réalité, 2027 sera sans doute une étape symbolique, marquant le lancement d’un noyau d’États “prêts” sur le plan macroéconomique et institutionnel, plutôt qu’un basculement simultané de l’ensemble de la région.
Quelles différences majeures distinguent le futur Eco du FCFA actuel, sur le plan technique et institutionnel ?
Il faut distinguer deux trajectoires : la réforme déjà engagée au sein de l’UEMOA et le projet d’Eco plus large porté par la CEDEAO.
La réforme UEMOA, amorcée en 2019, a été importante sur le plan institutionnel :
• suppression du compte d’opérations logé au Trésor français ;
• fin de l’obligation de dépôt de 50 % des réserves de change en France ;
• retrait des représentants français des instances de la BCEAO et de la Commission bancaire.
Cependant, cette réforme n’a pas modifié le cœur du régime monétaire : la parité fixe avec l’euro et la garantie de convertibilité par la France ont été maintenues, désormais sous la forme d’une ligne de crédit.
Le futur Eco de la CEDEAO, en revanche, suppose un changement d’échelle et de philosophie. Il devrait inclure des pays aux structures économiques très différentes — Nigeria, Ghana, Sierra Leone, Cap-Vert — ce qui nécessitera de repenser entièrement la gouvernance, les règles de convergence, et le régime de change.
C’est sur ce terrain institutionnel que se jouera la véritable rupture avec le modèle actuel.
L’arrimage à l’euro reste-t-il une garantie de stabilité ou un frein à la souveraineté monétaire ?
C’est à la fois une source de crédibilité et une contrainte systémique.
L’arrimage à l’euro a permis de préserver la stabilité des prix, de limiter les dérapages monétaires et de maintenir la confiance des investisseurs. En 2024, la BCEAO affichait l’une des inflations les plus faibles du continent et un niveau de réserves satisfaisant : c’est la face vertueuse du système.
Mais cette stabilité a un coût : la perte d’autonomie de décision. La BCEAO ne peut pas ajuster son taux de change pour soutenir ses exportations, ni utiliser pleinement la politique monétaire pour amortir les chocs.
Donc, l’arrimage protège contre l’instabilité, mais il verrouille la capacité d’adaptation.
L’enjeu aujourd’hui n’est pas de rompre brutalement avec le peg, mais de le redéfinir dans un cadre africain maîtrisé : un système plus flexible, appuyé sur un fonds de stabilisation régional, des marchés financiers intégrés et une coordination budgétaire renforcée.
Quelle place occupe aujourd’hui la France dans la gouvernance du système monétaire ouest-africain ?
Formellement, la France n’exerce plus de pouvoir décisionnel dans la gouvernance monétaire de l’UEMOA. Elle ne siège plus dans les conseils de la BCEAO ni dans les comités de politique monétaire.
Son rôle se concentre désormais sur la garantie de convertibilité, assurée par une ligne de crédit, et sur la parité fixe avec l’euro.
Autrement dit, l’influence directe a disparu, mais l’influence structurelle demeure.
Tant que la stabilité de la zone dépendra de l’ancrage à l’euro et du soutien de Paris en cas de crise de liquidité, la relation restera asymétrique.
C’est ce que j’appelle une indépendance encadrée : l’Afrique de l’Ouest a gagné en autonomie institutionnelle, mais pas encore en souveraineté stratégique.
Quels défis spécifiques le Mali devra-t-il affronter dans cette transition, notamment après la création de l’Alliance des États du Sahel (AES) ?
Le Mali se trouve aujourd’hui au carrefour de trois dynamiques contradictoires : son appartenance à l’UEMOA, sa rupture politique avec la CEDEAO et son adhésion à l’Alliance des États du Sahel.
Cette triple appartenance pose un défi de cohérence monétaire.
Techniquement, Bamako reste adossé à la BCEAO, donc au système du franc CFA, mais la sortie de la CEDEAO complique son intégration à la future monnaie Eco.
Politiquement, l’AES évoque la création d’une architecture économique autonome, voire de mécanismes de paiement intra-Sahel, mais sans cadre technique ou institutionnel concret à ce jour.
Le Mali devra donc préserver la stabilité de sa monnaie actuelle tout en préparant sa position stratégique dans les recompositions à venir. Cela suppose de renforcer la discipline budgétaire, la transparence financière et la résilience économique interne, faute de quoi toute ambition de souveraineté monétaire resterait illusoire.
Selon vous, le débat sur le FCFA est-il avant tout économique, politique ou symbolique ?
C’est un débat éminemment total : à la fois économique, politique et symbolique.
Sur le plan économique, il interroge la performance réelle du système : la zone CFA a assuré la stabilité nominale, mais pas la transformation structurelle des économies.
Sur le plan politique, il pose la question du pouvoir : qui décide de la politique monétaire africaine, selon quelles règles et au profit de qui ?
Et sur le plan symbolique, il touche à la mémoire postcoloniale, à la quête de dignité et à la légitimité des institutions héritées.
En vérité, le débat sur le franc CFA est le miroir des contradictions africaines : vouloir la souveraineté sans en assumer les disciplines internes.
Changer de monnaie n’aura de sens que si nous changeons notre rapport à la production, à la dépense publique et à la gouvernance.
Autrement, l’Eco ne serait qu’un rebranding monétaire, sans transformation économique réelle.
Finalement, le passage du franc CFA à l’Eco ne doit pas être vu comme un acte de rupture, mais comme un processus d’ajustement institutionnel vers une souveraineté monétaire effective.
Le véritable enjeu n’est pas de savoir quand l’Eco sera lancé, mais dans quelles conditions il sera viable.
Car sans discipline budgétaire, sans convergence macroéconomique et sans vision partagée du développement, aucune monnaie ne peut être souveraine — fût-elle rebaptisée Eco.
AFG Bank Mali lance le LCCP pour soutenir les entreprises locales du secteur minier
AFG Bank Mali a annoncé le lancement du Local Content Champion Program (LCCP), une initiative ambitieuse visant à renforcer la participation des sous-traitants et fournisseurs locaux dans le secteur minier malien.
Doté d’une enveloppe de 100 milliards de FCFA, le programme vise à identifier, accompagner et valoriser des champions locaux à fort potentiel. Ces entreprises bénéficieront d’un appui structuré combinant financement sur mesure, renforcement des capacités et conseil en investissement. Les financements proposés incluent des mécanismes innovants tels que le leasing, l’affacturage, les garanties et des solutions de capital-risque.
Le LCCP cible principalement les sous-traitants locaux opérant dans les services, la logistique, la sous-traitance ou la fourniture de biens liés aux opérations minières.
À travers ce programme, AFG Bank Mali ambitionne de créer 2 000 emplois d’ici 2027 et de faire émerger une trentaine de champions nationaux.
Le lancement officiel est prévu le 27 octobre 2025 à Bamako. Cette rencontre réunira les acteurs du secteur minier, les institutions publiques et les partenaires techniques.
Loulo-Gounkoto : la mine d’or redémarre après neuf mois d’arrêt
Suspendues depuis janvier 2025, les activités du complexe aurifère Loulo-Gounkoto, dans la région de Kayes, ont officiellement repris à la mi-octobre. Ce redémarrage met fin à plus de neuf mois d’interruption provoquée par un différend fiscal et contractuel entre l’État malien et la société Barrick Gold Corporation, jusque-là opératrice principale du site.
Selon plusieurs sources industrielles, la production a redémarré progressivement sous la supervision d’une administration provisoire malienne nommée en juin. Les premières extractions de minerai ont déjà repris sur la mine de Loulo, tandis que les opérations de traitement sont en phase de montée en puissance. Le complexe, considéré comme le plus important du pays, avait produit près de 723 000 onces d’or en 2024 avant la suspension des activités.
La reprise marque un tournant pour le secteur minier national, dont les recettes avaient connu une forte contraction au premier semestre 2025. Les autorités maliennes, qui entendent renforcer leur contrôle sur les ressources naturelles, affirment vouloir garantir la continuité de la production tout en renégociant les conditions d’exploitation pour mieux préserver les intérêts de l’État.
Barrick Gold, tout en réaffirmant sa volonté de dialogue, n’a pas encore annoncé de retour officiel à la gestion du site. Le complexe Loulo-Gounkoto emploie plusieurs milliers de travailleurs maliens et constitue l’un des piliers des exportations du pays. Sa relance devrait contribuer à stabiliser les revenus aurifères et à soutenir les réserves budgétaires dans un contexte économique tendu.
Côte d’Ivoire : Un scrutin sans suspense mais à forte portée régionale
À deux jours de la présidentielle du 25 octobre, la Côte d’Ivoire se prépare à un vote marqué par l’absence de ses grandes figures d’opposition. Face à une scène politique recomposée, Alassane Ouattara aborde ce rendez-vous décisif dans une région en pleines turbulences.
Cinq candidats sont officiellement en lice pour la présidentielle ivoirienne du 25 octobre 2025, validés par le Conseil constitutionnel au terme d’un processus tendu. Le Président sortant Alassane Ouattara, 83 ans, brigue un quatrième mandat sous les couleurs du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix. Face à lui, quatre visages aux parcours contrastés tentent de rompre la logique d’un pouvoir solidement installé. Simone Ehivet, ancienne Première Dame et ex-compagne de Laurent Gbagbo, veut incarner un retour moral et patriotique après des années de silence politique. Jean-Louis Billon, homme d’affaires et ancien ministre du Commerce, mise sur la souveraineté économique et la bonne gouvernance. Ahoua Don Mello, proche de l’ancien Président Gbagbo, prône une alternative nationaliste, tandis que Henriette Lagou ADJOUA, indépendante, s’appuie sur sa réputation de ténacité politique. Malgré la présence de ces profils contrastés, la campagne s’est déroulée dans un calme relatif, sans grands rassemblements, révélant à la fois la discipline du pouvoir et la résignation d’une partie de l’électorat.
Mais, derrière la diversité affichée, la compétition semble déjà pliée. Plusieurs figures majeures de la vie politique ivoirienne – Laurent Gbagbo, Guillaume Soro, Tidjane Thiam et Pascal Affi N’Guessan – ont été écartées de la course pour des raisons judiciaires ou administratives. Ces exclusions nourrissent la contestation et fragilisent la perception de légitimité du scrutin. Le véritable enjeu pourrait alors résider dans le taux de participation. Entre lassitude électorale et sentiment d’inutilité du vote, la mobilisation populaire déterminera la portée politique du résultat.
Au-delà des frontières ivoiriennes, ce scrutin résonne dans une Afrique de l’Ouest en recomposition. La CEDEAO, affaiblie par le retrait du Mali, du Niger et du Burkina Faso, tente de restaurer son autorité morale en prônant l’alternance et la bonne gouvernance. Les tensions frontalières, la pression migratoire venue du Sahel, l’inflation et la menace jihadiste complètent un paysage d’incertitudes. Dans ce contexte, la stabilité de la Côte d’Ivoire est un enjeu collectif pour la région, entre promesse de continuité et besoin d’exemplarité démocratique.
À l’heure où la CEDEAO tente de restaurer son image d’espace d’alternance et de stabilité, la Côte d’Ivoire, par son poids économique et politique, reste observée comme le baromètre de la démocratie ouest-africaine.
