Centre du Mali : Après la reconnaissance des exactions, quelles actions ?

Pour la première fois depuis le début des opérations  anti-terroristes de l’armée dans le centre du pays, il y a trois ans, un ministre de la Défense admet l’implication de militaires dans des exactions contre des civils. 25 Peuls arrêtés  par les FAMAs à Nantaka et Kobaka, dans la région de Mopti, le 13 juin,  auraient été exécutés. Une enquête a été ouverte. Qu’y aura-t-il après ?

25 morts. C’est le  nombre de civils peuls  découverts dans trois fosses communes à Nantaka et Kobaka, le 15 juin, dans la région de Mopti. Les premières allégations des associations peules Tabital Pulaaku et Kisal ont vite attiré l’attention. Le ministre de la Défense a, dans un premier temps, nié toute implication des forces armées maliennes, avant de se raviser. Si cette tragédie est au devant de la scène aujourd’hui, d’autres accusations et enquêtes sont restées jusque-là sans suite.

Que s’est-il passé ?

« En réalité, le 13 juin, l’armée a traversé le fleuve à partir de Mopti. Quelques véhicules et des camions. Ils ont encerclé le village de Nantaka, qui est dans le même secteur que Kobaka. Ils ont fait du porte à porte et arrêté tous les hommes, avant de les transporter dans leur base, non loin de là », raconte Abdarahmane Diallo, Secrétaire administratif de l’association peule Tabital Pulaaku. Il dénonce  ce qu’il qualifie de « tentative d’épuration ethnique » et non de lutte contre le terrorisme.  « Quand ils sont  arrivés  à leur base, les hommes des autres ethnies : Sonrhai, Tamacheq, Bozo, ont été libérés, mais ils ont gardé au moins 25 Peuls. Le lendemain de la fête, le vendredi, ils les ont exécutés et enterrés à la va vite dans une petite forêt, dans trois fosses », accuse-t-il.

Les habitants d’un hameau à proximité, ayant entendu des  coups  de feu, se sont rendus sur les lieux et ont découvert trois  fosses contenant respectivement 13, 7 et  5 corps. « Au moment où je vous parle, l’armée s’en prend à tout Peul dans le centre. Que ce soit dans le Delta, à Koro ou à Douentza, c’est exactement la même chose. On ne cherche même pas à savoir ce que vous avez fait », s’indigne Abdarahmane Diallo.

L’envoi par le ministre de la Défense d’une mission conduite par le chef d’État-major général des Armées a abouti à un communiqué, le 19 juin, qui confirme « l’existence de fosses communes impliquant certains personnels FAMAs dans des violations graves ayant occasionné la mort d’hommes à Nantaka et Kobaka, dans la région de Mopti ». Tiena Coulibay instruit en même temps au Procureur militaire d’ouvrir une enquête et « réitère sa détermination et sa ferme volonté à lutter contre l’impunité », engageant les FAMAs au strict respect des Droits de l’Homme.

Flambée de réactions

Les réactions des organisations de droits de l’homme et de la communauté internationale n’ont pas tardé. Deux jours après, le Canada, les États-Unis et l’Union Européenne ont exprimé leur profonde inquiétude face à ces « exécutions extrajudiciaires ». « Les États Unis restent profondément préoccupés par la détérioration de la situation au Mali et dans la région du Sahel », indique le communiqué du Département d’État. Quant à l’Union Européenne, elle « salue l’ouverture de l’enquête judiciaire et  l’engagement des autorités maliennes, au plus haut niveau, à lutter contre l’impunité ».  La MINUSMA a, lors de son point de presse du 21 juin, informé « d’une enquête spéciale ». Le 26 juin, la mission des Nations Unies a rendu publiques les conclusions de l’enquête lancée après  la mort de civils à la foire de Boulkessy, le 19 mai, et souligné que « des éléments du bataillon malien de la Force conjointe du G5 Sahel ont sommairement et/ou arbitrairement exécuté 12 civils au marché de bétail de Boulkessy ». L’expert indépendant de l’ONU sur la situation de droits de l’homme au Mali, Alioune Tine, est arrivé à Bamako et doit se rendre au centre du pays.

« C’est un grand pas. Nous espérons qu’il y aura des sanctions contre les auteurs de ces crimes… Avec les réactions de la communauté internationale nous espérons une suite », se réjouit Hamadoun Dicko, Président de la jeunesse de Tabital Pulaaku. Selon lui, les pressions ont été déterminantes, mais il dit craindre d’autres abus vers Diafarabé, où « les femmes n’osent même plus chercher du bois ».

Dans un environnement où sévissent éléments terroristes et dissensions communautaires, « prudence est mère de sureté ». C’est ce que pense Me Moctar Mariko, Président de l’Association malienne des droits de l’homme. « Il y a de fortes  présomptions contre l’armée malienne. Nous avons recueilli des déclarations, mais il faut rester très prudents et attendre que les enquêtes annoncées soient effectives ».

L’omniprésence ces derniers mois de la « question peule », les accusations d’exactions et les conflits avec les Dozos dans le centre alertent au plus haut niveau. Pour le leader de la jeunesse de Tabital Pulaaku, les autorités doivent envisager dans l’urgence une solution, faute de quoi le pire est à craindre. « S’ils continuent comme ça, beaucoup vont se dire : mieux vaut être djihadiste, pour avoir une arme », prévient-il. Le ressentiment se nourrit de la collusion supposée entre FAMAs et Dozos. Le 23 juin, des chasseurs (Dozos) attaquent le village de Koumaga, dans le cercle de Djenné. 16 morts sont recensés, selon le gouvernement, alors que des responsables de Tabital Pulaaku parlent d’une cinquantaine.

Des cas dans le silence

Selon Corinne Dufka, directrice adjointe de Human Rights Watch pour l’Afrique de l’Ouest, dans un article du Monde publié le 20 juin, « depuis 2017, plus de sept fosses communes contentant les corps d’une soixantaine d’hommes qui auraient été  tués par l’armée malienne au cours d’opérations antiterroristes » ont été documentées. « Mais aucune de ces révélations n’a abouti en justice », déplore-t-elle.  

A Douentza, selon un animateur d’une radio locale, le 9 juin, un véhicule militaire venu en renfort à Boni saute sur une mine. Trois bergers étaient à proximité. Ils auraient été tués. « L’un était un conseiller du hameau de Dalla. Quand le  maire a appris sa mort, il en a été attristé. Si mon parent est tué comme ça et que je vois des gens mal intentionnés, est-ce que je les signalerai aux militaires ? Non ! C’est ça qui aggrave la situation », témoigne-t-il. Selon un rapport de l’organisation International Alert sur le Sahel, publié le 27 juin, « l’expérience ou la perception d’abus commis par les autorités gouvernementales, souvent en toute impunité, a engendré des frustrations dont profitent les extrémistes violents ».

Le sentiment d’abandon de l’État et les violences infligées par les terroristes  finissent par se  traduire en  interrogations. « Pourquoi ils ne se sont pas occupés de nous pendant trois ans ? Mon père, chef de village de Dogo,  a été tué en 2015 par ces terroristes. Combien d’imams, des chefs de villages, ont été exécutés sans que nous entendions le gouvernement ou Tabital condamner ? », se plaint Issa Dicko, natif de Youwarou. « A chaque fois que l’armée arrête des terroristes, les gens font de cela un scandale, mais qui a une seule fois condamné les tueries de ces terroristes ? », ajoute-t-il, estimant que tout ce qui se passe vise « à nous détourner du problème du Nord ». Pour Madame Diarra Tata Maiga, Présidente de la société civile de Mopti et de l’ONG ODI Sahel, « la situation dans le centre est triste. Nos véhicules sont garés, les gens sont en train de mourir, mais à Bamako on nous parle d’élection ».

Que faire ?

« Il faut éviter l’amalgame, sensibiliser, pour que la confiance renaisse. Un miliaire doit sécuriser tout le monde », préconise Hamadoun Dicko. La formation sur les droits humanitaires doit être accentuée. « Il faut renforcer la capacité des militaires maliens. Tous n’ont pas encore compris qu’il y a une ligne rouge à ne jamais franchir », précise Me Moctar Mariko.

En attendant les conclusions de l’enquête sur  ces fosses communes,  le sujet reste sensible en cette veille de l’élection présidentielle. Cette rarissime reconnaissance   suffira-t-elle à calmer les tensions ?  

Tombouctou et Kidal : enfin le MOC

Le mécanisme opérationnel de coordination (Moc), régulièrement évoqué  tarde à se mettre en place dans les régions du Nord.  Prévue par l’Accord pour la paix, réaffirmée  comme indispensable par la feuille de route signée  le 22 mars, l’installation de cet outil annoncé le 30 avril  à Tombouctou et  à Kidal n’a pas lieu,  mais reste programmée.

Le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Tieman Hubert Coulibaly avait lors de sa conférence de presse  du 19 avril affirmé que ce dispositif essentiel  allait démarrer dans « dix jours ». Engagement non tenu, témoignage  des difficiles dépassements que les parties auront  à opérer pour avancer. Prévue officiellement pour 30 avril, la mise en place du mécanisme opérationnel de coordination à Tombouctou et à Kidal a donc été de nouveau ajournée.

Le MOC et le processus de Démobilisation, Désarmement et réinsertion(DDR) constituent le volet sensible inclus dans les mesures sécuritaires intérimaires. L’un reste  un préalable pour l’autre. La 28e réunion de la  Commission Technique de Sécurité (CTS) tenue le 19 avril à Bamako avait recommandé l’installation de ces mécanismes de coordination dans les deux régions concernées. Selon la MINUSMA, les partis signataires ont annoncé lors de la dernière session du CSA, leur engagement à « démarrer graduellement  l’opérationnalisation des unités mixtes de MOCs de Tombouctou et de Kidal avec l’enregistrement d’une cinquantaine de combattants » pour chaque région. Des informations confirmées par  Ilad Ag Mohamed, porte-parole de la CMA. « Il  y a juste un problème de  regroupement des différentes parties qui n’est pas encore fait. Du côté de la CMA, tout l’effectif est regroupé à Ber et attend qu’il rejoigne Tombouctou. Celui de Kidal est sur place.  Les FAMAs  ont déjà  désigné leur effectif mais n’ont  pas rejoint le groupe », informe-t-il. Une  première vague de 51 officiers issus des différentes parties dont 17 pour chacune pour chaque région sera bientôt acheminée. « Nous nous sommes dits qu’ au lieu d’attendre  les  200, il faut démarrer pour que chaque deux semaines  le même effectif suivra », précise Ilad Ag Mohamed. Avec la signature de la feuille de route pour la mise en œuvre du chronogramme d’actions prioritaires endossées par la 23è session du comité de suivi de l’Accord, cet énième report n’entame donc pas l’optimisme des acteurs.  La poursuite de la mise en œuvre de ce nouveau  chronogramme devrait contribuer à faire avancer un processus dont chacune des étapes  est indispensable pour le succès de l’Accord.

Pupilles de la Nation : Où en est-on ?

Une loi datant du 7 juillet 2000 instituait les Pupilles en République du Mali.  Après son accession à la tête de l’Etat, en 2013, le Président de la République avait promis son opérationnalisation. Mais elle tarde toujours à se concrétiser.

Une annonce bienvenue pourtant, qui plus est dans le contexte de crise sécuritaire que traverse le pays depuis 2012. Il faudra attendre 2016 pour entendre reparler des Pupilles. Le 27 décembre, une nouvelle loi, gommant les insuffisances de celle rédigée 16 ans plus tôt, fait surface. Un décret de création d’un Office national des Pupilles, qui devait réellement opérationnaliser la prise en charge des Pupilles, est adopté le 25 mai 2017. Pourquoi donc, près de six mois plus tard, la prise en charge des Pupilles de la Nation n’est-elle pas encore effective ?  L’explication est toute simple : le projet de loi n’est pas encore passé devant l’Assemblée Nationale pour adoption. Il devrait l’être au plus tard au mois de février, selon Amadou Diallo, conseiller technique au ministère de la Solidarité et de l’Action Humanitaire. « Une session spéciale est prévue à l’Assemblée pour les textes prioritaires de l’Etat, dont celui sur l’Office national des Pupilles », assure-t-il. Après cela, les ayants-droits des membres des forces armées tombés au combat verront leurs soins médicaux et leur éducation pris en charge par l’Etat.

Pas de triomphalisme toutefois. Les contraintes pour bénéficier de ce statut sont nombreuses. Après avoir rassemblé une pléthore de documents, le demandeur (dans ce cas l’enfant d’un Fama décédé) les dépose au Service social des Armées, qui en vérifie la régularité, mène son enquête sur les circonstances du décès et les transmet ensuite au Centre national des Pupilles. « Les procédures seront affinées et les capacités de ceux chargés de réceptionner les dossiers seront renforcées, afin qu’aucune famille ne fasse des va et vient incessants », promet Diallo. Au sein de l’Office, un comité technique examinera les dossiers avant de les soumettre, avec la liste des prétendants au statut de Pupille, au ministère de la Solidarité et de l’Action Humanitaire. Ensuite, le projet de décret n’aura plus qu’à attendre d’être présenté au Conseil des ministres (vous avez dit compliqué ?). « Tout ceci est fait pour assurer la transparence, afin qu’une personne considérée comme Pupille ne puisse pas par la suite être déchue de son statut », explique le conseiller technique. Après aval du gouvernement, une carte de Pupille de la Nation sera finalement octroyée au demandeur. « Le temps de traitement ne devrait pas être trop long, au maximum deux mois. Ce ne sont pas les dossiers de tous les enfants du Mali qui seront traités et l’Office n’a été créé que pour ça. Il fera diligence », conclut M. Diallo.

Région de Mopti : La pieuvre Katiba Macina

« Le gouvernement travaille à stabiliser la situation sécuritaire dans la région centre du pays », affirmait le Président IBK, en évoquant la situation préoccupante au centre du Mali, à la tribune des Nations-Unies, le 19 septembre dernier. Pourtant, cette situation sécuritaire, qui n’a jamais vraiment été traitée, a empiré et permis à la Katiba Macina d’étendre sa mainmise sur la majeure partie des cercles de la région de Mopti.

Là-bas, des hommes armés à moto traquent et exécutent les agents de l’État ou les chefs de villages, kidnappent ceux qui ne veulent pas adhérer à leur mouvement, interdisent fêtes et baptêmes, soumettent la population à leur charia, imposent leur loi dans une grande partie des territoires enclavés de la région centre. « Si ce que vous entreprenez ne leur plaît pas, ils viennent vous stopper, vous bastonnent et personne ne réagit. Personne ne parle, par crainte d’être éliminé. Ça nous tient dans la peur. Ils sont les chefs ici, cela ne fait aucun doute ! », témoigne un habitant du cercle de Tenenkou.

Au fil des témoignages, on comprend vite que pour les habitants, la situation a empiré. Par manque de représailles, les djihadistes en toute impunité ont intensifié leurs actions. « Pour nous, l’État a démissionné laissant le champ libre aux djihadistes qui peuvent imposer leur loi », déplore ce commerçant de la ville de Tenenkou.

Les maîtres du centre En l’espace de quelques années, les hommes d’Amadou Kouffa, ont pu conquérir à peu près tous les territoires du Macina qu’ils revendiquent, sans réelle opposition ou résistance. « Quand ils se déplacent, ils sont généralement par 2, sur 3 ou 4 motos, et quand vous voyez 6 motos ou plus, ça veut dire qu’il va y avoir une attaque », décrit ce même commerçant. Pour lui, il ne fait aucun doute que la ville de Tenenkou, le coeur, la capitale du Macina, est visée par Kouffa et ses hommes. « On reçoit souvent des menaces, comme pour la Tabaski, mais les FAMA sont présents donc ils ne font rien. La vie continue, mais la psychose est là », assure-t-il. « Ils sont quasiment partout, c’est vrai », confirme cet enseignant de la ville, « ils ont quadrillé tous les cercles. Nous avons pensé qu’avec la crue des eaux ils ne pourraient pas se mouvoir. Mais nous avons constaté depuis quelques mois qu’ils ont même des pirogues et des pinasses à moteur. Ils interviennent et stoppent les gens même sur le fleuve  », poursuit-il.  « Dans les petits villages et les hameaux, ils viennent pendant la foire. Ils ne veulent pas voir de femmes mêlées aux hommes, dans les voitures ou les pirogues et les cravachent si elles ne sont pas voilées. Il y a des femmes qui se voilent chez nous, mais c’est devenu une obligation, avec des châtiments corporels si on ne s’y soumet pas. Ce n’est pas possible ! », s’agace ce chef de famille.

Depuis quelques mois, dans de nombreux cercles de la région de Mopti, la charia est appliquée à des degrés divers, de gré ou de force. « Souvent, vers le crépuscule, ils sortent et prennent les gens en otage dans les mosquées. Sous la contrainte de leurs fusils, ils font leurs prêches pour forcer les gens à les suivre, à faire ce qu’ils veulent. Même les grands marabouts sont agressés, comme celui de Dialloubé. Tout ça effraie les gens ! », explique un agent de santé du cercle de Youwarou, l’un des seuls corps de fonctionnaires de l’État à être autorisé par les djihadistes à circuler et travailler librement.

Une armée immobile Plusieurs personnes de la région confirment cette injonction générale à des pratiques plus rigoristes de l’islam. Seules les grandes villes où les forces de l’armée malienne sont cantonnées sont épargnées, alors qu’à quelques kilomètres, en brousse, la réalité est toute autre. « L’armée reste cantonnée en ville et ne patrouille pas aux alentours, car on lui a donné la consigne ferme de ne bouger que sur instruction. Et les instructions ne viennent pas », poursuit notre agent de santé. « Je pense que c’est dû aux complicités des djihadistes avec la population. Il suffit qu’un véhicule militaire sorte en brousse pour que l’information soit donnée et que les djihadistes placent des engins explosifs sur les routes. L’armée malienne a beaucoup souffert de ça dans le cercle de Tenenkou. Elle a enregistré beaucoup de morts », ajoute-t-il.

Les effectifs et les véhicules militaires peu adaptésà la réalité du terrain, face à des hommes armés à moto qui peuvent disparaître dans les brousses parmi les populations, sont pointés du doigt par de nombreux habitants, mais aussi un certain manque de volonté politique. « Si l’armée faisait ses patrouilles au niveau des hameaux, des villages, peut-être qu’ils cesseraient. Mais ils ne le font pas. À mon avis, jusque-là, on a pas vraiment voulu chasser les djihadistes de ces zones. Dans le Macina, à Diabaly, Diafarabé, Dogo, etc., on sait exactement ou se trouve les djihadistes. Les gens là-bas peuvent vous dire où ils sont », indique cet habitant de Mondoro dans le cercle de Douentza.

Une katiba en évolution Dans ce contexte où l’État est faiblement présent, les habitants de la région de Mopti sont partagés entre le recours à la force pour chasser les djihadistes et l’organisation de cadre de concertation pour discuter avec eux. « Il faut que l’on identifie leurs chefs et que l’on s’assoit pour discuter. La plupart de ces hommes sont des chômeurs. Il faut créer de l’emploi, si chacun a de quoi vivre, sans quémander ou voler, ils cesseront tout ça. En attaquant, on risque de tuer des innocents. L’État tirera sur ses propres enfants et ce n’est pas une solution », avance cet élu du cercle de Youwarou.

Toujours est-il que prochainement seront déployées dans la région, les forces de la Minusma et du G5 Sahel. Rien de nature à inquiéter les hommes de Kouffa aux dires de certains. «  La mise en place du G5 Sahel coïncide un peu avec la mise en place du G5 des djihadistes », lance le Dr Bréma Ély Dicko, chef du département sociologie-anthropologie de l’Université des lettres et des sciences humaines de Bamako et fin connaisseur de la région. « On assiste à une évolution dans les modes opératoires. Les djihadistes sont en train d’aller vers la deuxième étape de leur implantation, qui consiste à inviter les populations à aller vers des pratiques plus rigoristes de l’islam. Vers un islam fondamentaliste. Ce ne sont plus seulement les représentants de l’État qui sont menacés, mais les populations locales, sommées de pratiquer un islam pur, débarrassé de tout syncrétisme. C’est ce que l’on voit notamment à Kouakourou et à Dialloubé », explique le chercheur, qui avoue ne pas entrevoir de portes de sortie à cette situation critique, et qui craint que la logique du tout militaire, sans appui des populations, ne parvienne à venir à bout d’un phénomène désormais bien enraciné.

 

 

Kouakourou : Résister ou se soumettre ?

À Kouakourou dans la région de Mopti, depuis plus de trois semaines, la population est cloîtrée, prise dans l’étau que resserrent peu à peu les djihadistes, qui occupent la forêt, empêchant quiconque d’entrer ou de sortir par voie terrestre ou fluviale. La présence passive de l’armée, dans une zone où les relations entre djihadistes et populations sont souvent complexes, exacerbe les tensions dans ce terroir où la loi du plus fort a le plus souvent cours.

« Dans tout Kouakourou, vous ne trouverez personne pour vous dire ce que nous vivons sur le terrain », affirme, méfiant, Moussa Kondo, ex-élu de la ville. Dans cette commune du cercle de Djenné, balayée par une crise sans précédent, le mot d’ordre est de se taire. « On parlera quand la situation sera meilleure », assure Kondo, même si les choses vont de mal en pis, comme la foire du village, activité économique principale de ce chef-lieu, qui depuis 3 semaines n’a plus ouvert ses portes. Et s’il n’y avait que ça. Les djihadistes, en représailles, ont brûlé les principaux moyens de subsistance du village, enlevé le cheptel et détruit plusieurs périmètres rizicoles. « Il y a vraiment un blocus là-bas , il ne peuvent ni entrer ni sortir, ni aller aux champs, les animaux de labours ont éte emmenés. Comme le blocus ne date pas de très longtemps, apparemment ils parviennent à s’auto-suffire. Même sur le fleuve quand vous essayez de passer pour aller à Mopti, les djihadistes interceptent les pirogues et les font retourner. Ils sont en état de siège ! », explique un habitant d’une commune voisine du cercle de Djénné. Kouakourou est en crise et la population en résistance. Les hommes patrouillent dans les rues, dans un climat de tension permanente qui redouble une fois la nuit tombée. « Tout le village est sur le pied de guerre. Tous les jeunes sont sortis, avec des gourdins, des haches, des harpons, des fusils de chasse. C’est inédit ! Nous faisons avec les moyens du bord, nous gérons ça à notre manière. Nous pensons que ça pourra marcher », lâche Moussa Kondo, la voix lasse, fatigué de rester en alerte de longues heures jusqu’à l’aube.

« Tout le village est sur le pied de guerre. Tous les jeunes sont sortis, avec des gourdins, des haches, des harpons, des fusils de chasse »

Les djihadistes, installés depuis 2015 dans la forêt voisine de Korori, ont fait récemment monter d’un cran la rigueur de leur charia, en exigeant des femmes et des filles qu’elles portent le voile. « Ils ont commencé à frapper les femmes qui n’obtempéraient pas, et pas seulement à Kouakourou. Ici, c’est principalement un village bozo, des pêcheurs, et à présent ils ne veulent plus que les femmes pêchent et ils les battent. Les hommes se sont révoltés et tout est parti de là », explique Abdramane Diallo, natif de la commune et membre de l’association Tabitaal Pulaaku, qui suit la situation de très près. « Les gens disent que les djihadistes sont des Peuls mais il y a plusieurs ethnies parmi eux, ils parlent la langue c’est vrai mais c’est la langue que tout le monde parle ici. Ils sont en armes, entraînés et capables du pire. Les villageois pensaient pouvoir leur tenir tête seuls, puis ils ont fait appel à l’armée, qui est venue et repartie, pour revenir encore. Les contingents sont là, ils campent et il ne se passe rien », déplore Abdramane Diallo.

Photo : AF 2014

Résister ou se soumettre « Les militaires sont avec nous et le village est mobilisé. Nous sommes derrière l’État », lance Moussa Kondo avec conviction. Pourtant, certains pointent du doigt l’inaction manifeste des forces de sécurité. « Elles sont en ville, mais il n’y a pas de patrouilles. Les djihadistes sont à quelques kilomètres et elles n’y vont pas. Rien ne bouge, rien ne change, le village est toujours sous embargo », confie une source sous anonymat.

« Là-bas, l’armée est plus le problème que la solution »

Pour Abdramane Diallo, la présence de l’armée dans la zone cause problème : « L’armée malienne n’est pas là-bas et quand elle vient c’est pour de timide opération coup de poing et puis elle s’en va, ça aggrave la situation car les djihadistes sont fâchés de savoir que les habitants ont fait appel à l’armée. Vous savez, avant qu’elle ne vienne, la population souhaitait négocier. Les djihadistes connaissent les villageois, ils cohabitent depuis deux ans. Généralement, ce sont des enfants du terroir, qui sont nés ou ont grandi ici. L’armée malienne doit soit jouer son rôle régalien, et les chasser, soit partir, et laisser la population transiger. Là-bas, l’armée est plus le problème que la solution ».

Pour certains, une autre solution serait le retour du maire de Kouakourou, parti au Hadj et bloqué à Bamako sans possibilité de pouvoir regagner son village.  « Il sait comment négocier avec les djihadistes et a compris qui si on ne se mêlait pas de leurs affaires, on pouvait vivre tranquille. Mais c’est aussi un problème politique », poursuit Abdramane Diallo, « l’opposant au maire de Kouakourou, qui voulait sa place, est celui qui a mobilisé pour mettre sur pied cette résistance ».

Pour la population de Kouakourou, comme des communes des cercles de la région de Mopti, sous la férule des djihadistes, l’avenir est chargé d’incertitudes. Il n’existe en tout et pour tout que deux possibilités, résister ou se soumettre. Par manque d’État, la seconde solution est souvent jugée plus salutaire. « Tout le monde les rejette, personne n’est d’accord avec eux, mais ils s’imposent avec leurs armes. Il n’y a pas d’État. Ceux qui sont censés le représenter ne font que passer et ne posent aucun acte pour nous sortir de nos problèmes. Que voulez-vous faire, à part négocier ? », interroge un habitant du cercle de Mopti, qui ne voit malheureusement pas, dans l’état actuel des choses, d’autre choix.

 

MINUSMA ET  FAMAS : Un partenariat gagnant.

La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies  pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), dans le cadre  des renforcements des capacités des Forces Armées Maliennes sur le territoire national, a procédé en fin de semaine dernière  lors d’une cérémonie officielle,  à la remise du camp de Léré (Niafunké) aux  forces armées maliennes.  

Le document de passation a été signé par le General-major Jean Paul Deconninck, commandant de la force onusienne et le General de Brigade Keita M’Bemba Moussa, Chef d’Etat Major Général des FAMAs. Situé à proximité  de la frontière Mauritanienne, le retour des FAMAs  dans  ce camp occupé depuis 2015 par  le contingent Burkinabé confirme  leur  montée en puissance dans ces zones confrontées  aux attaques terroristes et au banditisme. Occupé depuis juillet 2015 par la Minusma, le camp de Léré est  situé à 80 kilomètres de la frontière Mauritanienne.  D’une  superficie de 20, 08 hectares, le transfert de cette infrastructure située sur l’axe entre  Tombouctou et  Diabaly permettra  de consolider l’emprise des Famas dans cette zone stratégique mais aussi névralgique. Les  Famas  ont donc repris pied ce jeudi 07 septembre  2017 au camp de Léré. Le document de passation à été signé d’une part par le commandant de la force de la Minusma et d’autre part  par  le chef d’Etat major  général des forces armées maliennes. La cérémonie à enregistré la présence des notables et autorités administratives de la commune qui étaient venues accueillir les hôtes du jour. Dans son discours de remise,  le commandant de la force de la Minusma  dira que « c’est un privilège pour lui de venir à Léré pour la première fois à l’occasion de  cet événement qui consiste à remettre officiellement le camp de Léré au CEMGA ».  Une  démarche qui s’inscrit dans la droite ligne des objectifs de la force de la MINUSMA, mais aussi des forces armées maliennes. « Ceci correspond à certains de nos objectifs, moins d’emprises, plus de possibilité et de capacité à être déployer dans d’autre régions, cela aussi correspond à l’objectif du CEMGA qui est de se redéployer sur l’ensemble du territoire et particulièrement dans les régions du centre » avait  souligné  le chef de force onusienne.  L’enjeu  est de taille dans cette partie du territoire où les terroristes font des incursions mortelles. Conscient de la lourdeur de la tâche, le chef de la force des Nations Unies au Mali continuera d’assister les FAMAs dans leurs missions. «  Nous sommes complémentaires dans notre action du contrôle du terrain, d’appui aux populations,  d’appui aux autorités en vu du bon déploiement des services publics, des services des autorités » à fait savoir devant les troupes,  le General-major Jean Paul Deconninck. La résolution 2364, du juin 2017 prolongeant le mandat de la MINUSMA met l’accent sur la collaboration avec les Forces de Défenses et de Sécurité Malienne, avec la possibilité notamment de faire du mentoring des Forces Armées Maliennes. C’est donc le début d’un processus de transition entre la MINUSMA et les autorités maliennes  qui est enclenché visant la stabilisation et l’extension progressive de l’autorité de l’Etat.  Pour le General-major Deconninck, « la transition est loin d’être terminée, beaucoup reste à faire ensemble». C’est vraisemblablement aux forces armées maliennes de prendre la relève car «  nous ne sommes pas appeler à rester indéfiniment » a conclu  le commandant de la force onusienne.

Ce fut après le discours du général-major Deconninck, le cérémonial militaire de remise du site aux forces armées maliennes. Le drapeau des Nations Unis qui flottait depuis trois ans est redescendu pour que flotte à nouveau celui du Mali. Prenant la parole à cette occasion, le chef d’Etat major général des forces  armées maliennes,  après avoir  salué les notabilités et autorités locales s’était réjoui de l’événement.  S’inscrivant dans la même vision que son prédécesseur de la MINUSMA, le General de Brigade, trouve qu’aujourd’hui, ce transfert conforte l’opération DAMBE. «  L’opération DAMBE nous permet de pouvoir  sur des emprises consolidées, comme c’est le cas aujourd’hui de ces infrastructures, de permettre  à nos forces de mieux se sécuriser en vu de pouvoir entreprendre des opérations dynamiques de sécurisations  des populations  qui sont notre raison d’être » a affirmé le General de brigade. Une montée en puissance des FAMAs qui selon le CEMGA est une réalité. «  Si nous avons de commun accord décider que les FAMAs reprennent la sécurisation entièrement en autonome du fuseau ouest c’est parce que la réalité de la montée en puissance des FAMAs n’est plus à être contester »  rassure le General de Brigade Keita M’Bemba Moussa.  Le CEMGA a aussi exprimé sa satisfaction au commandant de la force de la MINUSMA  de ce qu’il considère comme une « opportunité »  et «  un bel exemple de partenariat ».  Il a en outre exhorté les FAMAs  à  maintenir en l’état les emprises.  Il les a instruit « à mieux securiser les populations dans le respect des normes internationales et de nos valeurs traditionnelles ». Le General de Brigade n’a pas manqué de rappeler à ses hommes  les exigences de la profession. «  Nous avons la chacune d’avoir  une armée des volontaires, une armée professionnelle,  et la condition de l’état militaire à ses exigences : la discipline, la loyauté et le sacrifice » a-t-il réaffirmé. S’exprimant avec sérénité, le CEMGA pense qu’ils pourront assurer  la relève désormais. «  Il faut qu’on relève le défis, ce n’est pas un défis qui est au dessus de nos capacités » a-t-il aussi rajouté. Avant d’accepter le camp, le General de Brigade a remercié le contingent Burkinabé de la MINUSMA qui a  accompagné les FAMAs tout  au long de la durée à sécuriser les populations de Léré et environs.

La remise du camp de Léré aux forces armées maliennes témoigne une fois de plus de  l’accompagnement de la MINUSMA  à différents niveaux à l’Etat malien. Des actions qui se poursuivront  pour la restauration de l’autorité de l’Etat et au retour à la normale. Une lourde responsabilité confiée aux FAMAs qui comptent l’assumée en travaillant en intelligence avec les populations.

 

Ménaka : Grand flou autour de l’embuscade tendue aux FAMA

Depuis plusieurs semaines, la région de Ménaka est sous la menace de l’émir de l’Etat islamique au Grand Sahel : Adnan Abou Walid Al-Sahraoui qui opère dans la région. Celui là même qui aurait adressé une lettre dans laquelle il déclarait une « guerre d’extermination » à deux communautés importantes de la région : les Imghads et les Daoushaks, qu’il accuse de collaborer avec la France dans la lutte contre le terrorisme et d’avoir défendu le Niger lors d’une attaque sur une de ses bases à Abala, il y a de ce là deux mois.

Le dimanche 09 juillet, un convoi de l’Armée Malienne en patrouille à 60 km à l’Ouest de Ménaka à été pris pour cible dans la zone d’Inazole à Inkadogotan entre Ménaka et Gao. Les Forces Armées Maliennes dans un communiqué publié le même jour indique que « Le matin du dimanche 9 juillet 2017, une patrouille FAMA de Ménaka a fait l’objet d’une attaque à Inkadogotan entre Ménaka et Gao.  Des véhicules ont été détruits. L’on déplore aussi des portés disparus » souligne le communiqué.

Selon une source bien renseignée, le convoi des FAMA, composé de 08 véhicules, de retour d’une patrouille dans la zone d’Indelimane, s’est arrêté momentanément dans un endroit et quelques instants après avoir repris le chemin, le convoi est tombé dans une embuscade. « C’était huit (08) véhicules équipés, quatre(4) ont pu échapper et quatre (4) autres sont restés avec un équipage de neuf militaires en arrière et sont tombés dans l’embuscade. C’est très possible qu’ils se soient enfoncés dans la boue car la zone était détrempée », explique cette source. « Personne ne sait s’ils sont vivant ou mort » ajoute-t-elle.

Difficile d’obtenir plus d’information sur cette attaque qu’un grand flou entoure pour le moment. Même le communiqué des Forces Armées Maliennes reste vague et rares sont les informations qui filtrent sur cette embuscade et sur ses auteurs. Les personnes susceptibles d’avoir des informations pertinentes sur l’état réel des quatre vehicules et leur équipage n’ont pas voulu se prononcer sur le sujet.

Sur les sites internet d’information, l’embuscade à été évoquée mais sans donner de précisions sur les auteurs et le bilan. RFI AFRIQUE a publié le lundi 10 juillet, un article dans lequel un officier de l’Armée Malienne confie qu’ils sont mobilisés pour avoir des nouvelles. «Nous faisons tout pour avoir des nouvelles précises de nos hommes qui sont pour le moment portés disparus » a t- il affirmé.

Selon l’AFP, hier lundi 10 juillet, une source locale a affirmé que des militaires maliens blessés  « sont arrivés » dimanche dans l’après midi à Ménaka. « Ils faisaient partis d’un groupe de militaires maliens ayant eu un accrochage avec des jihadistes au sud ouest de Ménaka » indique la même source. Selon des informations circulant sur les réseaux sociaux, des allégations parlent même de 29 militaires disparues et quatre véhicules. Selon le journal L’indépendant de ce mardi 11 juillet, « treize militaires ont été portés disparus. Quatre véhicules ont été détruits dont certains calcinés ». Aucune revendication n’a été faite de cette attaque qui suscite des inquiétudes sur le sort des militaires disparus.

Avec la menace d’Al-Sahroui, les attaques récurrentes de la coalition d’Iyad Ag Agaly d’un coté et les supposés éléments du MUJAO d’un autre c’est probablement la fin de l’accalmie pour cette région qui faisait il y a peu encore figure de modèle de stabilité dans le Nord.

Embuscade contre des FAMA sur l’axe Diabaly-Nampala

Un convoi de ravitaillement des Fama, en partance pour Nampala, est tombé mercredi 31 mai dans l’après midi, dans une embuscade à Tikerefinadji, une localité située entre Diabaly et Nampala, l’une des voies les plus dangereuses en raison de la multiplication des attaques terroristes qui y surviennent. Le bilan fait état de deux soldats tués, cinq portés disparus et sept terroristes abattus.

Deux militaires maliens ont été tués et plusieurs autres blessés lors de l’embuscade. Ces derniers ont été acheminés vers le centre de santé de Diabaly pour y recevoir des soins appropriés. Cinq militaires sont aussi déclarés portés disparus. Ces derniers n’ont toujours pas donné signe de vie depuis cette embuscade qui a occasionné de violentes fusillades entre militaires et assaillants. Sept terroristes ont trouvé la mort dans l’embuscade.

Selon les sources sécuritaires les assaillants seraient partis avec plusieurs blessés dont certains en état critique.

Pour rappel, le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda, à la faveur d’une rébellion touaregs. Bien que les djihadistes aient été en grande partie chassés de la région en 2013, des zones entières échappent toujours au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU.

Les attaques terroristes sur l’axe Diabaly- Nampala ont atteint un extrême depuis fin décembre 2016. Ces attaques sont toujours menées de la même façon, Embuscades, ou fusillades visant toujours les convois maliens.

Le 2 mai dernier c’est une mission d’escorte de l’armée qui a été la tête cible d’une violente attaque terroriste, l’explosion des engins improvisé a été suivie d’une fusillade, neuf soldats ont été tués et plusieurs autres portés disparus, et restent toujours introuvables.

La zone de Nampala a été visée par plusieurs attaques terroristes, l’une des plus meurtrières étant celle du 19 juillet 2016 qui avait fait 17 morts, 37 blessés et six disparus parmi les soldats, selon un bilan officiel.

 

 

 

 

Colonel Abass : la paix, l’arme au poing

Le colonel  Abass Ag Mohamed Ahmad, est le chef d’état-major du Congrès pour la justice dans l’Azawad (CJA), mis au devant de la scène pour avoir bloqué l’installation des autorités intérimaires à Tombouctou. Ce vétéran, qui dit avoir eu avec ses hommes la « baïonnette intelligente », en acceptant de lâcher du leste pour régler la situation dans la cité des 333 saints, est un partisan du processus de paix, malgré qu’il voit jour après jour, sur le terrain, la situation se dégrader.

Ce Touareg Kel Ansar natif de Goundam, qui ne se destinait pas à une carrière militaire et qui imaginait plus devenir pilote ou magistrat, a été intégré comme combattant dans les rébellions touarègues des années 90, puis dans la gendarmerie, où il gravit tous les échelons. Au Mali d’abord, où il sillonna le pays au gré de ses affectations, au Sénégal, en Côte d’Ivoire puis à Goma, dans le chaos congolais au sein de la MONUSCO, à la chute de Tombouctou en 2012, où il dû fuir avec ses hommes pour sauver sa peau. Il se réfugia en brousse, dans la clandestinité, puis rencontra le MNLA. Après une lune de miel éphémère, il quitta le mouvement en décembre 2015, passa brièvement par le HCUA, avant de rejoindre le CJA et d’en devenir le chef militaire.

Après plus de 20 ans passés dans le métier des armes, l’homme, la quarantaine bien entamée, aborde le futur avec lucidité, un brin désabusé concernant l’accord de paix. « Le contenu de l’accord est bon, mais ce sont les acteurs principaux qui traînent. Chaque fois qu’un problème se pose, un acteur du processus se rétracte. Aujourd’hui, la mise en œuvre de l’accord accuse deux ans de retard pendant que certaines zones du pays deviennent des no man’s land, sans école, sans santé. Même les ONG ont peur d’y aller. Quand on entend que les mouvements parlent au nom de la population, ce n’est pas vrai, ils parlent en leur nom. Actuellement, chacun cherche à défendre les intérêts de son village, de sa région, de sa tribu. Ça pousse les gens à former de nouveaux mouvements, personne n’est là pour les défendre donc ils le font eux-mêmes. le processus de paix, c’est la seule porte de sortie viable. Il faut aller coûte que coûte vers cet accord et ramener les récalcitrants, à genoux s’il le faut ! », lâche-t-il.

La paix, ce mirage La région de Tombouctou, ce no man’s land, il le connaît bien. Ses hommes et lui tentent, autant que faire ce peut, d’en assurer la sécurité, malgré la très grande étendue du territoire. Mais sur qui d’autre compter, l’armée ? « Les FAMA ont un problème de volonté, et non de moyens ou de formation. C’est un problème d’engagement. La formation militaire qu’ils suivent donne la tactique et l’attitude mais tant que vous n’avez pas la volonté de combattre, rien ne sera possible », soupire-t-il. Banditisme, djihadisme, dans la région de Tombouctou, c’est le lot quotidien. Le CJA le constate, souvent à ses dépens, comme à Gargando le 8 avril dernier où 4 combattants du mouvement ont été tués dans l’attaque de leur quartier général par des terroristes. Abass disparaît alors des radars. On le dit quelque part en brousse. « Nous sommes régulièrement visés et nous ne savons pas pourquoi. Ce qui est étonnant, c’est que ces attaques ne visent jamais les bases de la CMA ou de la Plateforme. Certains doivent donner des informations aux terroristes de manière à ce qu’ils nous attaquent », soupçonne-t-il. Il dit détenir quelques indices qui mènent à des pistes réelles, mais quand bien même, il ne sait comment tout cela finira.

 

 

 

Almoustarat : 7 FAMA tués (nouveau bilan officiel)

Sept militaires maliens ont été tués et sept blessés dimanche dans une « attaque terroriste » contre un poste de l’armée à Almoustarat, dans le nord-est du Mali, selon un nouveau bilan communiqué lundi par le gouvernement malien.

Le précédent bilan fourni à l’AFP dimanche par des sources militaires maliennes faisait état de deux morts et huit blessés à Almoustarat, à environ 160 km par la route au nord de Gao, la plus grande ville de la région.

Dimanche, « aux environs de 05H00 du matin (heure locale et GMT) le poste des forces armées nationales d’Almoustarat (…) a fait l’objet d’une attaque terroriste à la voiture piégée et aux tirs de roquettes. Le gouvernement déplore la mort de sept soldats et sept blessés », selon les termes du
communiqué.

Le bilan inclut aussi « la destruction de trois véhicules militaires et d’une ambulance », selon la même source, précisant que « des renforts ont été dépêchés sur les lieux ».

Le gouvernement « condamne avec la dernière énergie cet acte barbare et lâche » et « réaffirme sa détermination à livrer une lutte implacable contre le terrorisme sous toutes ses formes ».

Une des sources militaires jointes dimanche par l’AFP depuis Bamako avait indiqué que les militaires maliens avaient riposté et fait des morts « dans les rangs des terroristes », sans plus précisions.

Le 2 mai dernier, neuf soldats maliens avaient été tués et cinq blessés dans une embuscade suivie d’une attaque armée entre les localités de Dogofri et Nampala, dans le centre du Mali (région de Ségou), selon un bilan officiel.

Le lendemain, un camp de l’ONU à Tombouctou (nord-ouest) a été visé par des tirs d’obus, qui ont fait un mort et neuf blessés parmi les Casques bleus, selon la Mission des Nations unies au Mali (Minusma). Cette attaque a été revendiquée par une alliance jihadiste récemment crée, le « Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans ».

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe groupes jihadistes liés à Al-Qaïda à la faveur d’une rébellion touareg qu’ils avaient fini par évincer.

Les jihadistes ont été en grande partie chassés et dispersés à la suite du déclenchement en janvier 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire internationale, qui se poursuit actuellement.

Cependant, des zones entières échappent au contrôle des autorités maliennes comme à celui des forces étrangères. Longtemps concentrées dans le Nord, les attaques se sont étendues depuis 2015 vers le Centre, puis le Sud.

Processus de paix : démarrage du MOC sans la CMA

Une bonne nouvelle pour le processus de paix en cette fin d’année, vient d’être donnée. Le démarrage du Mécanisme opérationnel de coordination a débuté à Gao, sous la coordination de la MINUSMA. Seule inquiétude, c’est l’absence des éléments de la CMA, qui sont attendus dans un proche avenir.

Le regroupement des combattants a débuté le 10 décembre dernier. La section Désarmement Démobilisation et Réintégration (DDR) de la MINUSMA avec l’appui d’autres sections a coordonné l’opération de vérification et d’enregistrement de 160 ex-combattants de la plateforme, de leur profilage ainsi que la collecte des informations de base sur leurs armes. Le 13 décembre à 18 heures, il a été dénombré au MOC, 190 éléments des forces armées maliennes et 160 combattants de la plateforme.

Le regroupement des combattants de la CMA est en cours dans la région de Kidal pour ensuite se déplacer vers Gao, pour rejoindre les autres dans les prochains jours. La MINUSMA a également procédé à la distribution de 20000 litres de carburant à la CMA à Kidal pour permettre aux combattants de rejoindre Gao. Le processus s’est déroulé sans aucun incident. La MINUSMA et le gouverneur de Gao ont même effectué une visite du camp du MOC dirigé par Rhissa Ag Sidi Mohamed, le 13 décembre dernier.

« Une première patrouille conjointe du MOC devrait avoir lieu très prochainement dans la région de GAO, on s’attend, à ce qu’elle se passe la semaine prochaine, mais on confirmera quand c’est du solide», explique Radhia Achouri, porte parole de la MINUSMA. « Il y a des petits soucis en termes d’intégration de la part de certains mouvements signataires du processus de paix notamment au sein de la CMA. La MINUSMA est en train de s’activer au niveau de son leadership et ailleurs pour essayer de convaincre les parties prenantes de trouver des solutions le plus rapidement possible, ce qui permettra de respecter les termes de l’Accord de paix entre les différents mouvements faisant parti de la CMA, pour assurer qu’il Y ait une inclusivité la plus large possible permettant au processus de démarrer dans des bonnes conditions », a-t-elle conclu.

2 hélicoptères de transport Super Puma pour les FAMAs

L’armée malienne continue sa restructuration. Elle a fait l’acquisition endébut de semaine de ses tout premier hélicoptères de transport de troupes. Cette action s’inscrit dans un vaste programme pour redynamiser la force de frappe des troupes maliennes.

Après que le royaume des Pays-Bas ait décidé de retirer ses sept hélicoptères de la mission Onusienne au Mali début 2017, l’État malien vient d’acquérir deux hélicoptères de transport de troupes. Le premier de ce lot a été présenté lundi dernier au ministre de la Défense et des anciens combattants, Abdoulaye Idrissa Maiga à la base 101 de Sénou. Le Super Puma S 332, cet hélicoptère de fabrication française, est idéal pour le transport de la logistique et des troupes.

Ces achats s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre de la loi d’orientation et de programmation militaire adoptée par le conseil supérieur de Défense nationale en août dernier. Ce méga projet s’étalera sur cinq ans et visera trois pôles : le recrutement de 10.000 soldats pour un coût de 42 milliards de FCFA, les achats de matériels à hauteur de 175 milliards de FCFA pour l’armée de l’air et l’amélioration du soutien logistique. Toutes ces mesures, dont la concrétisation vient de débuter, devraient mettre fin aux rumeurs sur le manque d’équipements des troupes armées maliennes.

À la demande des FAMAs, les instructeurs de la mission d’entrainement de l’UE se rendront à Kati d’octobre à décembre afin de dispenser des formations à près de 350 membres du corps militaire malien.

Le vice-ministre russe des affaires étrangères à affirmé la semaine dernière la volonté de son pays d’apporter son appui au Mali. Une coopération militaire qui devrait porter sur la livraison d’hélicoptères de combats, de véhicules blindés et d’autres équipements qui viendront étoffer l’arsenal malien.

 

Forces armées et de sécurité : la confiance renouvelée d’IBK

Le Mali à l’instar d’autres pays musulmans du monde a célébré lundi 12 septembre la fête d’Aïd El Kebir ou la Tabaski. Le chef de l’Etat Ibrahim Boubacar Keita a saisi l’occasion pour renouveler sa confiance aux forces de défense et de sécurité qui se battent nuit et jour pour la défense de la patrie, malgré les conditions difficiles.

Les forces et de défense sont confrontées à de réels problèmes dans la sécurisation du territoire. Les embuscades, attaques terroristes sont le lot quotidien de nos vaillants militaires. Pas plus tard que vendredi dernier, elles ont été victimes d’une nouvelle attaque sur l’axe Douentza-Gao, faisant trois morts et deux blessés, l’occasion était bonne pour l’ensemble du peuple malien en cette fête de Tabaski d’être au chevet de son armée.

Les prières ont été accompagnées de lecture du coran un peu partout pour soutenir les militaires qui sont au front pour défendre l’honneur et la dignité du Mali. « L’Aïd Al-Adha me donne aussi l’occasion de renouveler ma confiance et mon soutien aux forces de défense et de sécurité de notre pays, ainsi qu’aux troupes amies venues se battre à leurs côtés pour enrayer définitivement la menace terroriste qui trouble le quotidien de certaines de nos populations » a-t-il dit.

À cet effet, il a réitéré son ferme engagement à ne ménager aucun sacrifice pour sécuriser le pays entier et ainsi permettre aux populations de vaquer tranquillement à leurs activités. Pour ce faire, le chef de l’État a invité l’ensemble des Maliennes et des Maliens à placer le pays au cœur de leur projet individuel et collectif et à inscrire leurs actions dans la perspective du renforcement de la cohésion nationale et du vivre ensemble.

10 militaires tués dont 5 FAMA et 5 soldats de la MINUSMA

Le mois de mai s’achève avec un bilan des plus sanglants. Depuis une dizaine de jours, le pays connaît une recrudescence des attaques meurtrières contre l’armée et les forces onusiennes. Vendredi 27 mai, 5 militaires maliens ont trouvé la mort sur la route d’Ansongo-Indelimane. Dimanche, 5 soldats de la MINUSMA ont été tués dans la région de Mopti.

Les attaques visant les forces de sécurité ne cessent de s’amplifier au Nord du Mali malgré la signature de l’Accord de paix et de la réconciliation, il y a un an, entre les autorités maliennes et les groupes armés. Ce sont des dizaines de victimes, civiles et militaires qui sont à dénombrer.

Cinq soldats maliens ont été tués et quatre blessés vendredi 27 mai par l’explosion d’une mine au passage de leur véhicule. Pour l’instant l’attaque n’a pas été revendiquée, mais le mode opératoire rappelle de récentes attaques djihadistes. Selon la direction de l’information et des relations publiques de l’armée (DIRPA), deux véhicules des forces armées maliennes ont sauté sur une mine entre Ansongo et Indelimane. Il s’agissait d’un convoi de ravitaillement de carburant de l’armée escorté par des Fama.

Même mode opératoire, ce dimanche 29 mai, alors que le monde célébrait « la journée internationale des casques bleus ». Aux environs de 11h00, 5 Casques bleus de nationalité togolaise de la MINUSMA sont tombés dans une embuscade dans la région de Mopti près de Sévaré, dans le centre du pays. Ils ont explosé sur une mine avant d’essuyer les tirs de leurs assaillants. Bilan 5 morts et un autre soldat blessé grièvement, selon la mission onusienne qui a condamné cet acte « odieux ».

Le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies et chef de la MINUSMA, Mahamat Saleh Annadif, a condamné ce crime qu’il a qualifié « d’abjecte » et qui constitue selon lui un crime de guerre. La mission onusienne a assuré que cette attaque n’entamera en rien sa détermination à soutenir le peuple malien.

Tessalit: la Minusma, cible d’une nouvelle attaque

C’est un camp que la Minusma partage avec les Forces armées maliennes et les éléments de la force Barkhane à  Tessalit qui a été visé. Selon la Minusma, « les rapports préliminaires indiquent qu’au moins 9 roquettes/obus de mortier ont été tirés sur le camp. Ces mêmes rapports indiquent qu’aucune victime n’est à  déplorer ». D’importants moyens ont immédiatement été déployés dans le but de sécuriser la zone et porter assistance aux soldats de la paix. La Minusma et la force Barkhane ont envoyé des patrouilles en direction de la zone de tir de même qu’un hélicoptère de Barkhane a également été déployé. « C’’est une attaque ignoble et lâche. Ces crimes ne doivent pas rester impunis et leurs auteurs doivent être identifiés et traduits devant la justice. Nous sommes dans ce pays pour assurer un retour à  la paix et à  la stabilité et ces attaques renforcent notre détermination à  poursuivre notre mission aux côtés du Mali et de son peuple malien » a condamné l’Officier en charge de la Minusma, M. David Gressly. En octobre dernier, un convoi des Casques bleus du contingent nigérien a été la cible d’une attaque directe alors qu’il se déplaçait sur l’axe Ménaka–Ansongo. Neuf soldats y ont perdu la vie. Quelques jours après, des obus de mortiers ont visé le camp militaire des Nations unies et de la force française Barkhane à  Kidal.

SBM out : les responsabilités partagées ?

Symbole de rigueur et de fermeté, Soumeylou Boubèye Maà¯ga a rendu service au Président IBK à  qui il a enlevé l’épine Sanogo du nom du capitaine tombeur de Amadou Toumani Touré. Ancien directeur de la sûreté nationale, ancien patron de la diplomatie et jusqu’à  hier ministre de la défense, l’homme est un océan de secrets. Il est craint et respecté. Son départ du gouvernement est une perte. En Boubèye, le Président détenait un homme de devoirs. En Boubèye, le Président détenait une source fiable de secrets d’Etat. En Boubèye, le Président tenait un négociateur hors-pair. En Boubèye, le Président tenait un stratège doté d’un réseau très dense d’hommes d’Etat. En somme, Boubéye incarnait le socle de l’Etat fort. Aujourd’hui, le Président IBK qui a suffisamment parlé pour convaincre les Maliens doit suffisamment agir pour apaiser ses compatriotes, rassurer la communauté internationale et renforcer la cohésion nationale. Que les Maliens portent en triomphe Moussa Mara est une bonne nouvelle. Que les Maliens exhibent leur patriotisme est source d’espérance. Que les bamakois marchent tous azimuts renforcent l’autorité et la légitimité du pouvoir en place mais en passant la situation à  la loupe une question se pose : l’avion a-t-il un pilote ? Naturellement, le Falcon présidentiel est entre les mains de monsieur Ibrahim Boubacar Keita. Il a l’impérieux devoir de sécuriser le Mali et d’assumer son rôle de Chef suprême des armées. A ce titre, le ministre démissionnaire ne peut à  lui seul porter le chapeau des couacs de Kidal. La chaine de commandement va au-delà  de Boubèye Maà¯ga. Du chef d’Etat major au chef du gouvernement, les responsabilités sont partagées. Accueilli en héros et coltiné dans les sondages, le Premier ministre ne peut être exempt de reproches dans l’affaire de Kidal. Depuis Bamako, sa pensée devrait se tourner vers ses hommes de devoir qui l’accompagnaient et qui croupissent actuellement dans les geôles des groupes armés terroristes. Comme le dit le penseur « la guerre est trop sérieuse pour être laissée entre les mains des militaires » et un gouvernement de coalition étant des principes de renoncement et de solidarité, nul ne devait publiquement étaler le linge sale. Le peuple veut la tête des responsables malheureusement nos autorités n’ont pas la culture de la démission. En ce sens, Boubèye Maà¯ga est une exception. Nous espérons que ses collègues impliqués de loin ou de prés aux événements de Kidal tireront les leçons de son exemple.

Bah N’Daw, le nouveau ministre de la Défense en terrain connu

l’onde choc de provoquée par les événements de Kidal a eu raison de ministre de la Défense et des Anciens combattants, Soumeylou Boubèye Maà¯ga qui a démissionné hier mardi 27 mai 2014. C’’est désormais le colonel-major d’aviation, Bah N’Daw qui le remplace à  ce poste. A la différence de Soumeylou Boubèye Maà¯ga, C’’est un militaire de carrière qui revient aux affaires. Le tout nouveau ministre de la Défense et des Anciens combattants est un produit de l’Ecole militaire interarmes(EMIA), formé en ex-URSS et diplômé de l’Ecole de guerre de Paris. Le successeur de Soumeylou Boubèye est dépeint comme un homme rigoureux, un militaire à  cheval sur la discipline et partisan du travail bien fait. l’ex-aide de camp de l’ancien président, Moussa Traoré s’est révélé au public malien lorsqu’il a démissionné avec fracas en 2004 du poste de chef d’Etat- major de l’Armée de l’Air. l’officier, disait-on à  l’époque, avait rendu le tablier pour protester contre la décision des autorités de l’époque de lui imposer ses collaborateurs. Satisfaction dans l’armée Bah N’Daw est-il l’homme de la situation ? Des militaires n’hésitent pas à  répondre par l’affirmative. Les porteurs d’uniforme interrogés s’accordent à  dire que l’ancien directeur du Génie militaire est l’homme de la situation, capable de nettoyer les Ecuries d’Augias de l’armée malienne. « Le nouveau ministre est un militaire qui connaà®t bien son sujet et je demeure convaincu qu’il pourra relever le défi », confie un adjudant chef -major de l’armée de l’Armée qui cache mal sa joie suite à  de la démission de Soumeylou Boubèye Maà¯ga. Cet autre militaire l’ayant pratiqué embouche la même trompette : «il a les capacités militaires, morales, intellectuelles pour poursuivre le chantier de la refondation et de la restructuration de l’armée. s’il est tout aussi optimiste comme ses frères d’armes quant à  la capacité du nouveau ministre, ce sous-officier se veut prudent. l’expérience et la compétence de Bah N’Daw lui permettent de produire des résultats positifs. Mais ce n’est possible que lorsqu’on lui donnera les coudées franches », tempère t-il. Il faut rappeler que le colonel-major, Bah N’Daw, est l’un des rares militaires à  occuper le poste de ministre de la Défense et des Anciens combattants au Mali depuis l’avènement de la démocratie en 1991. Les généraux Sadio Gassama (son camarade de promotion à  l’Ecole militaire interarmes) sous Amadou Toumani Touré et Yamoussa Camara (aux arrêts) sous la transition sont les militaires ayant occupé ce poste ministériel avant lui.

Comment le Mali a perdu Kidal : le film de la bataille du 21 Mai

Le samedi 17 mai 2014, le Premier Ministre Moussa Mara débarque à  Kidal. Il n’ignore pas le danger auquel il s’expose. La veille, à  Gao, ses services lui ont décrit l’atmosphère malsaine de Kidal, le nombre réduit des soldats maliens présents au camp n° 1 de la ville et, surtout, la volonté affichée du MNLA, le mouvement séparatiste touareg, d’empêcher toute visite gouvernementale à  Kidal avant la fin des négociations entamées sous l’égide de la communauté internationale. La MINUSMA, force onusienne, et la force française Serval ne s’enthousiament pas, elles non plus, de cette visite qui pourrait ouvrir un engrenage. Conscient du danger qui rôde à  Kidal, Soumeylou Boubèye Maiga, ministre de la Défense, préfère rester à  Gao au lieu d’accompagner le Premier Ministre dans la capitale des Ifoghas. Même refus des deux députés de Kidal, pourtant issus des groupes armés. Visite risquée de Mara à  Kidal Au matin du samedi 17 mai, une foule d’agitateurs à  la solde du MNLA occupe l’aéroport de Kidal, bien décidée à  s’opposer à  l’atterrissage de l’avion de Mara. Elle pense rééditer le coup qui a, quelques mois auparavant, contraint l’ex-Premier Ministre, Oumar Tatam Ly, de rebrousser chemin. Mara passe outre aux mises en garde. Il n’a pas, en effet, le tempérament réservé d’Oumar Tatam Ly; de plus, ancien rival politique nommé Premier Ministre au détriment du parti majoritaire, le RPM, Mara tient, davantage que son prédécesseur, à  donner des gages de loyauté et d’efficacité au président IBK. Ne vient-il pas, d’ailleurs, de s’illustrer, sur les ondes nationales et devant les députés, dans la défense acharnée de l’achat du très polémique avion présidentiel ? Mara emprunte donc un hélicoptère de la MINUSMA qui, après une escale au camp n° 2 de Kidal, siège de la force onusienne, le dépose à  la garnison malienne de la ville. Vêtu d’un boubou et d’un bonnet, accompagné d’une forte escorte militaire et d’une foule de badauds qui scandent son nom, le Premier Ministre se rend au gouvernorat. Là  l’attendent les administrateurs civils de la région: le colonel d’aviation Adama Kamissoko, nommé gouverneur le 2 mai 2013; les préfets et sous-préfets en grand uniforme kaki. Le chef du gouvernement leur tient un discours martial, sous l’oeil des caméras de l’ORTM A l’entendre, Mara n’admet pas que Kidal passe, de fait, pour une principauté étrangère: « Qu’on nous dise Kidal fait ou non partie intrégrante du Mali! ». l’allusion à  la France et à  la MINUSMA est manifeste: celles-ci passent pour aider le MNLA à  perpétuer leur mainmise sur Kidal, en violation de toute légalité. Mara promet de remettre la région sous l’autorité de l’Etat, d’y redéployer l’administration et d’y assurer la sécurité des biens et des personnes. Comme partout au Mali. Les premiers coups de feu éclatent alors que la réunion se poursuit. Dehors, des combattants rebelles touaregs veulent gâcher la fête en organisant l’invasion du gouvernorat. Il faut, de toute urgence, évacuer la délégation primatoriale. Il ferait beau voir qu’un groupe rebelle s’empare de la personne du chef du gouvernement ! Comme tout le monde ne trouve pas place dans les véhicules présents, Mara, ses ministres, ses plus proches collaborareurs et l’état-major militaire qui l’accompagne sont conduits au camp militaire malien. s’il n’a pas voulu venir au gouvernorat dans un véhicule de la MIUNUSMA, Mara rentre, en revanche, au camp malien à  bord d’un engin blindé onusien. Un petit groupe de soldats maliens monte fébrilement la garde devant le gouvernorat. Il est facilement décimé par les rebelles touaregs qui investissent l’édifice de vive force. Les 24 fonctionnaires présents dans le bâtiment sont pris en otages. Pour bien montrer leur détermination et, accessoirement, ressusciter dans le subconscient malien le terrible syndrome d’Aguelhok, les assaillants égorgent 5 représentants de l’Etat et 3 personnalités civiles. Il s’agit de Mory Diarra, préfet de Tin-Essako; Amadou Belco Bah, préfet de Kidal; Sékou Sissouma, préfet adjoint de Tessalit; Paul-Marie Sidibé, préfet de Tinzawaten et Mahamane B. Touré, sous-préfet de Boureissa. Aghaly Ag Inamoud Yattara, préfet adjoint de Kidal, est annoncé parmi les victimes; son épouse prend les habits de deuil mais, par miracle, l’intéressé survécu: les bourreaux rebelles l’ont laissé en vie en lui rappelant qu’il était, en tant que Belha, leur esclave. Les corps des victimes sont jetées dans la rue par les tueurs, ramassées par une patrouille de la MINUSMA puis remises aux militaires maliens. Les malheureux administrateurs sont inhumés à  Kidal, en présence du gouverneur Kamissoko. l’odieux crime suscite l’ire de la communauté internationale. Le représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU au Mali et patron de la MINUSMA, Albert Koenders, martèle : «Ce crime barbare est totalement inacceptable et les responsables devront répondre de leurs actes. Une enquête doit être menée rapidement afin de vérifier les faits et de traduire les responsables devant la justice, la MINUSMA soutiendra tous les efforts dans ce sens ». Les 5 administrateurs civils ne sont pas les seules victimes des affrontements au gouvernorat: selon un communiqué du gouvernement, le Mali déplore 8 morts et les rebelles 28. Les chiffres réels sont-ils plus élevés ? On ne sait. Mara tente de quitter Kidal dans la nuit. Il n’y arrive pas : le temps orageux empêche tout mouvement de l’hélicoptère de la MINUSMA. La force onusienne lui propose de venir passer la nuit à  son camp: le Premier Ministre, par accès de fierté, refuse; il préfère rester au camp malien. Ce n’est que dimanche qu’il décolle de Kidal. Il ne se prive pas, chemin faisant, de dénoncer la « passivité » des forces étrangères présentes à  Kidal, affirme que le Mali est désormais « en guerre » et que « notre risposte sera à  la hauteur de l’attaque » rebelle. Parle-t-il sous l’effet de la colère ou de son jeune âge (39 ans) ? Personne ne se pose la question tant son attitude plaà®t aux Maliens qui, dans leur immense majorité, jugent urgent d’en découdre avec la poignée de rebelles qui fait la loi à  Kidal et inutile d’attendre, à  cette fin, un feu vert français. Et puis, le discours du Premier Ministre panse, ne serait-ce que superficiellement, l’honneur du Mali brisé, en 2012, par la défaite militaire et l’occupation du nord par les hordes jihado-séparatistes. Accueilli en héros à  l’aéroport de Bamako-Sénou par une foule qui crie « Mara, président ! », le chef du gouvernement se rend à  Sébénicoro pour rendre compte de sa mission au chef de l’Etat. Moussa Mara désavoué par IBK En déclarant ouvertement la guerre avant même son retour dans la capitale, le Premier Ministre se taille un instant de gloire. Cependant, il plonge le président IBK dans le plus vif embarras. D’abord, Moussa Mara n’a pas qualité pour déclarer la guerre, ce pouvoir étant dévolu au chef de l’Etat, chef suprême des armées, par l’article Article 71 de la Constitution qui dispose : « La déclaration de guerre est autorisée par l’Assemblée Nationale réunie spécialement à  cet effet. Le Président de la République en informe la Nation par un message ». Ensuite, Mara met IBK devant le fait accompli: soit le président le suit dans son élan guerrier, auquel cas Mara en tire tout le bénéfice politique pour avoir été le catalyseur de la guerre; soit le président le désavoue, auquel cas Mara passe, dans l’opinion, pour le justicier empêché de pourfendre l’ennemi par un président faible. Limoger Mara ? Ce serait la pire chose de la part d’un président dont l’opinion fustige de plus en plus bruyamment l’attentisme. En tout état de cause, C’’est Mara, et non IBK, qui sort politiquement gagnant du bras de fer o๠il a engagé le pays. Des partisans du président IBK, voyant le Premier Ministre voler la vedette à  leur champion, subodorent une déloyauté : « Mara a probablement un agenda personnel; IBK devrait dorénavant s’en méfier ! ». Enfin, les déclarations de Mara désobligent les officiels français et onusiens tout en bouleversant le processus de négociations repris, sur injonction de la communauté internationale, par IBK. Comment corriger le tir ? Le président IBK est longuement entrepris par François Hollande (avec lequel il a une conversation téléphonique d’une heure); Hélène Legal, conseillère de François Hollande dépêchée d’urgence à  Bamako; Bert Koenders, chef de la MINUSMA; l’ambassadeur français à  Bamako, Gilles Huberson; et l’ambassadrice américaine à  Bamako, Mary Beth Leonard. Les présidents burkinabè, Blaise Compaoré, et ivoirien, Alassane Ouattara, ne sont pas en reste. Tous pressent le chef de l’Etat malien de calmer le jeu et de ne pas s’engouffrer, malgré la gravité de l’heure, dans la voie guerrière ouverte par le Premier Ministre Moussa Mara. IBK n’a pas le choix. La mine sombre, il apparaà®t, dimanche soir, au petit écran. Ses paroles sont lourdes de sens. Il condamne l’assassinat des administrateurs, dénonce la prise d’otages au gouvernorat, s’engage à  traduire devant la justice internationale les criminels et annonce que plus jamais, aucune délégation officielle malienne ne sera empêchée d’entrer à  Kidal. IBK n’oublie pas de louer le « patriotisme » de Moussa Mara: « Mara a l’amour de ce pays ».Mais concluant son propos, le chef de l’Etat assure que les négociations restent de mise et que le Mali se doit d’honorer sa signature apposée sur l’accord préliminaire de Ouagadougou. La morale de l’histoire ? Mara est adroitement désavoué: lui déclare la guerre, le président IBK la paix. Le désaveu infligé à  Mara se traduit d’ailleurs, à  Kidal, par l’interdiction faite aux troupes de s’attaquer aux rebelles. Quand un petit détachement militaire parti chercher des denrées en ville réplique à  des tirs du MNLA, il reçoit une sévère mise en garde des hauts galonnés consignés à  la base malienne. Se sentant abandonné par son chef, le Premier Ministre aurait offert sa démission, laquelle aurait été refusée par IBK qui n’aimerait pas joindre à  une crise militaire une crise politique: il vient à  peine de perdre un premier chef du gouvernement (Oumar Tatam Ly) et se dépêtre encore difficilement du scandale né de l’achat d’un nouvel avion présidentiel. Envoi de renforts Le climat ne cesse pas, pour autant, de s’épaissir à  Kidal. Pour ne pas se laisser prendre au dépourvu, l’armée y dépêche des renforts. Commandée par le lieutenant-colonel Oumar Sérémé, une bonne partie des 600 soldats du Groupement tactique « Balanzan » stationnés à  Anéfis, issus de la quatrième promotion de formation européenne à  Koulikoro, font mouvement vers Kidal. Deux vagues de bérets rouges venus du camp des parachutistes de Djikoroni les imitent: la première, forte de 300 commandos, quitte Bamako dans la nuit du dimanche 18 mai 2014, la seconde le lendemain matin. Un contingent de bérets verts prend le départ à  Kati, le même jour, pour Kidal. Déjà  présents au camp n° 1 de Kidal, 200 soldats prennent position dans les alentours. D’autres forces rejoignent Kidal à  partir de Gao. Pour encadrer tout ce beau monde, l’état-major opérationnel débarque au grand complet dans la capitale des Ifoghas.Parmi ces officiers qui se préparent à  la guerre figurent le colonel-major Abdoulaye Coulibaly, chef d’Etat-major adjoint de l’armée de terre et chef du poste de commandement opérationnel pour tout le théâtre du nord; le général Didier Dacko, chef d’état-major général adjoint des armées; et le général Alladji Gamou, chef de l’unité « Delta », composée de combattants touaregs lourdement armés. Mardi 20 mai 2014, la ville de Kidal déborde d’hommes en uniforme. Les 2.000 officiers et soldats maliens bombent le torse. Contrairement à  une période récente, ni la France, ni la MINUSMA ne se sont opposées à  leur entrée à  Kidal. De plus, le matériel de combat se trouve au rendez-vous: la garnison malienne est remplie à  ras bord d’armes lourdes et de munitions. Une dizaine de BRDM, redoutables semi-blindés de fabrication russe, sont de la fête. Pour tout arranger, les renseignements militaires prêtent des effectifs squelettiques au MNLA et à  ses acolytes : 250 hommes au total, soit quelque 10% des effectifs maliens. l’offensive malienne Mercredi 21 mai 2014, l’armée malienne déclenche les hostilités. Objectif: prendre le contrôle de la ville de Kidal et neutraliser individuellement les chefs rebelles, même ceux tapis dans les résidences privées. Le fer de lance de la grande offensive malienne ? Les commandos parachutistes (bérets rouges), chargés d’investir le gouvernorat, o๠sont tapis des dizaines de rebelles, et de fouiller les quartiers. Chaque béret rouge dispose d’un kit de combat composé, entre autres, d’un bidon d’eau, d’un paquet de nourriture, de couteaux, d’un fusil d’assaut Kalachnikov et d’une cartouchère de 250 balles. Les commandos, troupes de choc féroces, sont soutenus, à  l’arrière, par des fantassins bérets verts ayant pour mission de renouveler, en cas de besoin, les munitions de combat et les provisions alimentaires; de ramasser les blessés et d’assurer l’intendance. Au niveau de la garnison malienne siège l’état-major opérationnel chargé de collecter les renseignements, de coordonner la progression des soldats et de leur donner les ordres tactiques nécessaires. Les premiers affrontement tournent en la faveur des militaires maliens. Encouragé par les informations en provenance du front, le gouvernement publie un communiqué confirmant la mise en oeuvre d’une « opération de sécurisation des personnes et des biens à  Kidal ». Les commandos foncent sur le gouvernorat à  allure régulière. Il sont accueillis par un feu nourri des occupants rebelles. Lesquels se replient vers leur base appelée « Luxembourg », située dans un quartier de Kidal et o๠stationne le gros des troupes et du matériel rebelles. Vers 13 heures, le mercredi, en plein conseil des ministres, le ministre de la Sécurité, le général Sada Samaké, souffle à  l’oreille du président IBK que Kidal est tombée sous le contrôle des forces maliennes et que le MNLA, en déroute, demande un cessez-le-feu immédiat. Joyeux, le chef de l’Etat annonce la bonne nouvelle. Toute l’assemblée se lève pour applaudir. Quelques ministres font les difficiles en suggérant de refuser le cessez-le-feu et de détruire les derniers bastions rebelles au nord. Sage réplique d’IBK: « Il faut toujours accepter le cessez-le-feu et négocier quand on est en position de force ». Dans la foulée, un communiqué est préparé par le gouvernement et promis à  la lecture dans la soirée: il salue la reprise de Kidal par l’armée et ordonne le cessez-le-feu. Le conseil des ministres prend fin après avoir approuvé une vague de nominations à  des postes administratifs. La défaite malienne Deux heures plus tard, les mauvaises nouvelles commencent à  tomber. Les recoupements permettent d’établir que les troupes déployées en soutien aux bérets rouges ont, les premières, pris la fuite. Ayant essuyé un déluge de feu, elles ont cru déjà  morts les bérets rouges qui constituaient l’avant-garde de l’offensive. Apercevant leurs hommes en débandade, les officiers de l’état-major prennent, à  leur tour, la fuite. Direction: le camp de la MINUSMA, sis à  quelque 800 mètres de la garnison malienne. A bord d’une colonne de 20 véhicules 4X4, le général Didier Dacko, le colonel-major Abdoulaye Coulibaly et autres se présentent à  une telle allure devant la garnison onusienne que les casques bleus manquent de leur tirer dessus, croyant à  une attaque armée. Comprenant qu’il s’agit, en réalité, de l’état-major malien en fuite, ils lui livrent précipitamment le passage. Les officiers ainsi réfugiés sont exactement au nombre de 40, selon le compte-rendu de la MINUSMA à  sa hiérarchie. Ils seront transportés par hélicoptère onusien à  Gao. Quant au général Alladji Gamou, il connaà®t mieux le terrain que ses pairs noirs : à  la tête d’une colonne de son unité spéciale, il pique à  travers la brousse et rallie Anéfis. Là , il tombe nez à  nez avec les renforts maliens envoyés de Kati. Après des échanges de signaux, les deux groupes parviennent à  s’identifier, font leur jonction et rejoignent ensemble Gao. l’adjoint de Gamou, le colonel Fayçal Ag Kiba,a beaucoup moins de chance: en route, seul, vers son village situé près d’Intadéni, dans la région de Kidal, il est rattrapé par ses poursuivants qui lui logent plusieurs balles dans la tête. En vérité, les rebelles mènent une chasse aux hauts galonnés maliens dont la mort acheverait d’annihiler le moral de l’armée. Seul Fayçal y laisse la peau. Les commandos parachutistes, abadonnés à  leur sort, se rendent compte trop tard de la fuite des autres troupes maliennes: ils paient le plus lourd tribut à  la bataille de Kidal. Qui commandait les rebelles ? Les forces touarègues sont conduites, à  Kidal, par Cheick Ag Haoussa, cousin d’Iyad Ag Ghali et numéro 2 du groupe islamiste Ançar Dine.Il est secondé par un ex-colonel de l’armée malienne: Assalat Ag Habbi, dont les aptitudes militaires sont connues. Autre tacticien rebelle, Haroun Ag Dawoud dirige, depuis longtemps, le camp du MNLA à  Ambobar, à  7 km de Tessalit. Près d’Anéfis, un autre état-major rebelle dépend du Mouvement Arabe de l’Azawad (MAA). Redoutables guerriers, les Arabes prennent le relais du MNLA et du Haut Conseil Unifié de l’Azawad (HCUA) pour prendre en chasse les soldats maliens éparpillés dans le désert. Une étroite coordination lie les différents groupes. Le triomphe des rebelles à  Kidal est dû, non à  leur équipement (celui de l’armée est meilleur) mais à  une plus grande ardeur au combat, à  une meilleure connaissance du terrain et à  une meilleure tactique. Pour prendre à  revers l’armée malienne à  Kidal, les rebelles ont surgi de leur base en formation triangulaire: un premier groupe pique à  gauche pour barrer la route aux bérets rouges; un second fond comme un vautour sur les bérets verts qui servent de force de soutien aux commandos; un troisième et dernier groupe rebelle fonce sur la garnison malienne o๠il met en fuite l’état-major. Après sa conquête, Kidal est laissée aux mains du MNLA et du HCUA: ce dernier groupe est dirigé par le patriarche des Ifoghas, Intallah Ag Attaher, dont le fils aà®né, Algabass, siège à  l’Assemblée nationale du Mali sous les couleurs du RPM. Kidal conquise, les rebelles se lancent à  la poursuite des soldats maliens. Leur but : conquérir des espaces susceptibles, plus tard, de garantir l’accès de leur fameux « Azawad » au fleuve Niger. Ainsi mettent-ils, en autres, la main sur Tessalit, Ménaka, Anéfis, Bourem et Ansongo. A Tessalit, ils se contentent de contrôler la ville et ne progressent pas jusqu’au camp malien, de peur d’une riposte des casques bleus tchadiens. A Bourem, ville natale de Chato, l’ex-candidate à  la présidentielle, les combattants rebelles sont priés de refluer par la force Serval qui, pour sécuriser Gao, centre névralgique des troupes françaises, dépêchent une centaine de soldats.D’Ansongo, ville riveraine du fleuve, les rebelles sont également contraints de se retirer par les troupes françaises. La panique, entre-temps, s’installe à  Gao et Tombouctou: les Français doivent s’employer, par des messages radiodiffusés, pour apaiser la population et prévenir un exode général. Des terroristes ont-ils pris part aux combats? Selon le gouvernement malien, des groupes jihadistes d’AQMIet du MUJAO ont participé aux combats aux côtés des mouvements armés reconnus légitimes par la communbauté internationale: MNLA, MAA et HCUA. Des sources proches du pouvoir citent parmi les assaillants des terroristes d’AQMI comme Abdelkrim Al-Targui, un Touareg apparenté à  Iyad Ag Ghali et chef de la katiba « Al-Ansar« ; et Abou Abdel Hakim Al-Kidali, chef de la katiba « Youssef Ibn Tachfin ». Dans son numéro du vendredi 23 mai 2014, Jeune Afrique soutient, pour sa part, que les troupes rebelles ont reçu des renforts terroristes. Ces informations sont à  prendre avec des pincettes en raison de la tendance permanente du gouvernement malien à  manipuler l’opinion publique et des accointances notoires du régime d’IBK avec Jeune Afrique. s’il ne faut pas exclure l’hypothèse de renforts terroristes en provenance d’Algérie ou de Mauritanie, rien n’indique que l’on n’a pas confondu « terroristes » et « jihadistes ». En effet, de nombreux jihadistes figurent, bien avant le conflit de Kidal, dans les rangs des 3 groupes armés reconnus comme interlocuteurs par le gouvernement malien: le MNLA, le HCUA et le MNLA. Depuis belle lurette, le HCUA a intégré dans ses rangs une bonne partie du groupe jihadiste malien Ançar Dine, le chef de ce groupe, Iyad, faisant l’objet de recherches françaises; le MNLA, pour renforcer ses effectifs, a recyclé lui aussi des jihadistes; quant au MAA, il a toujours été animé par des Arabes attachés à  la charia islamique. Le bilan des combats Les combattants rebelles font une impressionnante moisson à  Kidal. Tout le matériel de combat leur est abandonné. Il y a là  des dizaines de véhicules neufs, des armes lourdes et quelque 600 mitrailleuses. Le tout est transporté à  leur quartier général. Comme à  l’accoutumée, les rebelles mettront, à  bref délai, le feu aux BRDM capturés qu’aucun d’entre eux ne sait conduire. Le bilan humain est d’une lourdeur exceptionnelle que par pudeur, nous nous gardons de révéler. La MNINUSMA fut mise à  contribution par les rebelles pour ramasser les cadavres maliens dispersés à  travers la ville. En parlant de 20, puis de 30 morts, le gouvernement malien minore assurément les chiffres. 120 soldats maliens sont faits prisonniers. Répartis sur deux sites, ils sont sous la garde du MNLA et du MNLA.

Moussa Mara : « Ce qui s’est passé à Kidal mercredi était inattendu ! »

Du ton guerrier qu’il a employé à  Kidal, à  la passivité de la Minusma qu’il a fustigé à  Gao, c’est un Moussa Mara, conscient des faiblesses du Mali, qui s’est adressé aux confrères qu’il voit d’abord comme des citoyens : « l’attaque de l’armée malienne d’hier était un dérapage, nous ne y attendions pas ». Autrement dit, les éléments qui ont attaqué mercredi matin à  Kidal, dans le but de reprendre le gouvernorat occupé par les rebelles du MNLA, l’ont fait sans autorisation politique, ni commandement. En clair, ils se sont jetés dans les griffes de l’ennemi. « l’attaque d’hier n’était pas préparée », répète t-il. Pour le PM, ces dernières évolutions ne doivent pas décourager les Maliens de rester soudés derrière leur armée : « Nous ne voulions en aucune manière jeter cette armée à  l’ennemi », ajoute t-il, sous entendant le niveau d’impréparation de cette armée, encore en reconstruction. Et d’ajouter que l’option de la négociation est la seule qui vaille. « Nous devons travailler avec la communauté internationale, la Minusma et Serval qui sont nos alliés », confesse t-il. Et de préciser qu’une partie de l’armée s’est repliée sur Gao et une autre, remonte vers le Nord avec les français, pour réoccuper ses positions à  Anéfis, Djebook et même Kidal, o๠précise t-il, le MNLA a déserté le camp 1 de l’armée. Pas de panique donc, Kidal seule nous échappe encore. Une manière sans doute de répondre à  ceux qui disent que C’’est le retour à  la case départ : « Si nous n’étions pas allés à  Kidal, toute la République me serait tombé dessus », se défend le PM. «On peut déplorer les pertes en vies humaines, les morts, mais le soutien de la communauté internationale à  notre pays est intact, à  son zénith, et nous devons sans tarder reprendre les discussions avec les groupes armés.» Lesquels ? Du reste, ces discussions prévoient toujours le cantonnement des rebelles, leur désarmement, sous l’égide des partenaires du Mali. Partenaires avec lesquels, il faut évidemment composer. « Nous sommes en train de faire des réunions interminables et même revoir le mandat de la Minusma d’ici Juin, afin qu’il soit corrigé et aille dans le sens de nos intérêts ». Ceux du Mali ? Ou de la communauté internationale ? Les propos du Premier ministre Mara en définitive réaffirment que le Mali n’est pas seul dans cette affaire et doit composer avec ceux qui l’ont aidé à  se débarrasser en janvier dernier du joug des islamistes. Reconnaissons-le, nous n’avons pas encore la force de frappe nécessaire pour nous défaire de l’ombre maléfique des bandits et narcotrafiquants, qui pullulent dans le Sahel, mais aussi des volontés cachées de nos alliés stratégiques. Et si le Mali se cherchait d’autres alliés ?

Edito : Une bataille perdue, mais pas la guerre!

La journée a été très longue pour nos braves soldats, qui dès la matinée du mercredi 21 Mai, tentent une pénétration dans la ville de Kidal, par l’ouest. Le moral galvanisé sans doute par la visite du Premier ministre le 17 Mai, ils se disent : allons-y pour l’honneur du Mali ! Sachant l’ennemi qu’ils avaient en face et conscients du danger, ils se lancent à  l’assaut de la souveraineté bafouée du Mali, et en dépit des appels au cessez-le-feu de la communauté internationale. Et du regard en coin de Serval. Du reste, les troupes de Serval n’ont pas été sollicités, encore moins celles de la Minusma, habitués à  observer les évènements quelque soit leur gravité. Mais la question qui se pose est celle du Timing, que beaucoup mettent en exergue. Etais-ce le bon moment ? Ne fallait-il pas attendre avant d’agir ? Soumeylou Boubèye Maiga, le ministre de la Défense l’a maintes fois répété, que l’armée n’était pas encore prête, ni opérationnelle avec une chaà®ne de renseignement digne de ce nom. D’o๠ces propos du ministre porte parole, dans sa déclaration du 21 Mai : « Après quelques heures de combat qui ont permis aux FAMA de reprendre un temps le Gouvernorat de Kidal, nos forces de défense, affaiblies par des problèmes de coordination, de renseignement, ont du se replier sous le feu nourri des groupes rebelles appuyés par les terroristes d’AQMI et les narcotrafiquants.Des enquêtes en cours permettront de fixer les responsabilités et d’en tirer toutes les conséquences » Au moins, la vérité a été confessée par les autorités. Que s’est-il passé ensuite, lorsque de nombreux médias internationaux, ont annoncé que Kidal était sous le contrôle des groupes armés, qui ont bénéficié du renfort de mouvances terroristes. On parle d’Aqmi, d’Ansar Dine, des pickups venus du désert proche, de l’Algérie, avec tous ceux qui étaient tapis, et se sont mêlés à  la danse, faisant un carnage parmi nos FAMA. La Minusma, jointe, évoque alors, un bilan lourd. « On les a envoyé se faire tuer », confie une source au sein de la mission onusienne. Soit, qu’en est-il du courage de nos hommes, sachant la force stratégique de l’ennemi en face. Que faire, lorsqu’ensuite, les communications sont brouillées et que nos hommes n’arrivent plus à  communiquer entre eux et que C’’est alors la débandade, la fuite pour certains, le repli forcé en quelque sorte. s’en suivent des nouvelles alarmantes. Les rebelles poursuivent leur offensive. Ménaka, l’autre ville située à  l’est, siège de la rébellion de Janvier 2012, est alors prise. Là  encore, des témoins affirment que l’armée a déserté le camp, pour se réfugier au camp de la Minusma. Imaginez ces hommes, en désordre, qui cherchent à  se loger, là  o๠ils peuvent. D’un autre côté, ils se battent, font face au feu près de 7h durant. Et l’opinion est atterrée. On clame que le drapeau du MNLA flotte sur le camp 1 à  Kidal o๠encore que des scènes de liesse ont lieu dans les rues de Kidal, jihadistes en tête, on se croirait presque en 2012, et il y a de quoi être défait. Anderamboukane, Ménaka, Aguelhoc, Tessalit, Anéfis, les rebelles y annoncent leur suprématie… Mais certains optimistes sur les réseaux sociaux évoquent « une bataille perdue, mais pas la guerre ». On salue la bravoure des FAMA. Bref, en fin de soirée, ce communiqué du gouvernement tombe enfin, qui appelle au calme, reconnaà®t la défaite de l’armée malienne, qui aurait perdu ses positions antérieures. Cessez-le-feu immédiat, assurance de la poursuite du dialogue, refus de la stigmatisation, de l’amalgame… etC’… Il faut garder son calme. Car si une bataille a été perdue, la guerre est loin d’être terminée…

Kidal, combats entre armée malienne et groupes rebelles ( mise à jour)

Après le week-end sanglant du 17 Mai, les affrontements viennent de reprendre ce mercredi, alors que la communauté internationale, l’ONU en tête appelle à  une cessation des violences et une protection des civils. Selon les toutes premières informations, l’armée malienne tente de reprendre la ville, par l’ouest. Kidal est une étendue vaste sans délimitation claire, un espace o๠le danger est permanent, les embuscades sont nombreuses, et o๠des pickups de forces djihadistes circulent à  une vitesse criminelle. l’armée malienne était jusque là  retranchée au Camp 1. Selon des témoins sur place, les habitants sont restés terrés chez eux toute la journée pendant les affrontements. Avec la visite du Premier ministre Mara le week-end dernier, le moral des troupes semble avoir été galvanisé. Face à  l’agression des groupes armés rebelles au gouvernorat o๠plusieurs otages ont été faits prisonniers puis libérés lundi soir, le Premier ministre Mara avait affirmé que la réponse à  cette attaque serait appropriée ». C’’est sans doute la matérialisation de ses propos sur le terrain qui a lieu aujourd’hui à  Kidal. Avec les affrontements que l’on sait et durant plus de 5h d’horloge ce mercredi. Vers 14h, des témoins sur place ont affirmé que la ville était sous le contrôle des groupes armés. Selon un responsable de la Minusma, joint à  Bamako, le bilan des affrontements pourrait être lourd avec de nombreux morts et blessés du côté de l’armée malienne, dont certains s’étaient retranchés au camp de la Minusma à  Kidal. 17h, une source officielle, confirme que le Mali a perdu ses positions à  Kidal. Toujours pas de communiqué du gouvernement malien sur la situation. 18h30 : Les rebelles auraient également attaqué la ville de Ménaka, siège de la rébellion de Janvier 2012, sans que linformation ne soit confirmee officiellement, tandis qu’ à  Kidal, le drapeau du MNLA flotte désormais sur le camp déserté par les militaires maliens. Ces derniers par la voie de leur porte-parole Bilal Ag Chérif, affirment aussi détenir des prisonniers maliens. 20h: La déclaration du gouvernement malien se fait toujours attendre, après avoir été annoncée. 23h, le porte parole du gouvernement malien annonce enfin un affaiblissement des troupes maliennes, un défaut de renseignement ayant conduit à  une situation grave. Sans rentrer dans le détail, le gouvernement appelle à  éviter tout amalgame et stigmatisation des communautés. Et un cessez-le-feu immédiat. L’offensive engagé par l’armée malienne ce mercredi à  Kidal, est-elle le fait d’un groupe isolé, comme le pointe une internaute, et sans préparation ayant conduit aux affrontements du jour et à  repli forcé ?

Minusma-FAMA : de l’eau dans le gaz!

Qu’est-ce qui se passe entre les soldats de la Minusma et ceux des Forces Armées Maliennes, Fama ? Ces derniers semblent fort mécontents, ils rouspètent. Ils tentent de contenir leur colère noire contre la Minusma. Les forces Onusiennes sont chargées de désarmer et de cantonner les groupes armés terroristes qui pillent le nord du Mali. Cette mission essentielle à  elles dévolue bat de l’aile et par conséquent la Minusma fait grincer des dents dans les rangs de l’armée malienne. Par exemple, à  150 kilomètres au sud de Gao se trouve un camp du MNLA. l’armée malienne dirigée sur place par le colonel Diarra n’a pas le droit de patrouiller dans les alentours au risque de se voir accusée de provocations ouvertes. Paradoxalement, les hommes du Mnla ont le droit de faire des incursions dans la ville de Gao avec des armes prêtes à  cracher le feu sans que les Fama n’interviennent. Cet exemple peut être cité dans les autres grandes villes du nord. D’ailleurs lors du double assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, ce sont les soldats de la Minusma qui étaient chargés de sécuriser la zone et de désarmer les groupes terroristes. Ils ont brillé par leur inertie ce qui a permis aux assaillants de se fondre dans la nature après avoir commis leur forfait. Mauvais « comportement » de la Minusma Depuis quelques semaines, les forces armées maliennes s’insurgent contre la Minusma, accusée de protéger les groupes armés terroristes et de penser plus aux frais de mission qu’à  autre chose. Il se dit que la pacification et la stabilisation rapide du Mali n’arrangent pas les affaires des soldats Onusiens obnubilés par le solde final. Certains soldats maliens remercient les Nations-Unies d’avoir « aidé et permis l’élection d’un président, l’installation d’un parlement et cautionné l’intervention militaire française en janvier dernier ». D’autres soutiennent que « la Minusma peut à  présent lever le camp et nous laisser combattre ces groupes terroristes si elle ne peut pas changer son comportement ». Lors de la visite de Yves Le Drian à  Gao, le ministre français de la défense a clairement indiqué aux forces SERVAL que « la Minusma est au Mali grâce une résolution du conseil de sécurité », une précision bien comprise par SERVAL, obligée de gérer des relations difficiles avec la Minusma. Autre incongruité, les forces Serval et les Fama ont une réunion hebdomadaire pour échanger des informations, rencontre à  laquelle la Minusma n’est pas conviée.

L’armée malienne à l’assaut de Kidal

Dans la nuit du jeudi au vendredi, des centaines de militaires maliens sont arrivés dans la ville de Kidal. Parmi eux, le fameux général Gamou, que les chefs du MNLA ne voulaient pas voir dans la ville. Sur les réseaux sociaux, beaucoup de témoins font état de combats entre les forces armées maliennes et les éléments du MNLA. Ainsi, aux environs de 14h, Mountaga Touré publie sur Twitter « accrochage à  l’instant, à  70 kms de Menaka, entre armée malienne et le MNLA qui parle d’embuscade ». Informations aussitôt relayée par de nombreuses personnes et des journalistes locaux. « Ca chauffe à  Menaka »,écrit Abdou Diarra, toujours sur Twitter. Nombreux sont les Maliens à  avoir réclamé une réaction ferme des autorités maliennes après l’assassinat de deux journalistes français, le 2 novembre dernierà  Kidal. La ville échappe toujours au contrôle de l’armée malienne qui n’y a que quelques dizaines d’hommes cantonnés dans un camp. L’administration a également beaucoup de mal à  s’y redéployer, le gouverneur n’a toujours pas pu récupérer ses locaux, occupés par des hommes du MNLA. Impuissance ou complicité des forces étrangères? L’armée française, à  travers la force Serval et les contingents de la MINUSMA y assurent la sécurité et officiellement « empêchent la situation de dégénérer ». Mais pour de nombreux observateurs, il s’agissait surtout de maintenir un statut quo au profit des rebelles touareg qui restent les vrais maà®tres sur le terrain. En témoigne leur dernier coup d’éclat, une attaque à  la grenade de l’agence de la Banque Malienne de Solidarité(BMS). Avec le drapeau de l’Azawad, la république qu’ils souhaitent implanter au nord du Mali, première raison du déclenchement de la crise politico-sécuritaire qui a plongé le Mali dans des troubles et contraint des centaines de milliers de personnes à  quitter leur maison et se réfugier plus au sud ou hors du pays. Les lignes sont-elles en train de bouger au Nord? C’est l’interrogation de tous en ce vendredi, tant l’attente est grande au sein de l’opinion publique malienne. Le fait que des hommes armés aient pu venir en plein Kidal, enlever deux personnes et les exécuter sans qu’aucune des forces en présence ne puisse les en empêcher a sans doute pousser les autorités à  l’action. Reste maintenant à  savoir si le monde va à  nouveau se laisser distraire par les cris d’orfraie du MNLA.

Mali: l’armée lance l’opération « Hydre » contre les djihadistes

La traque des islamistes armés continue. Dimanche 20 octobre, dans une chaleur étouffante, près de 1500 soldats ont quitté Gao, dans le nord-est du Mali, pour se déployer de part et d’autre de la boucle du fleuve Niger. Cette opération de longue durée, baptisée Hydre, est la première de cette envergure: elle est menée conjointement par les militaires français de la force Serval, les soldats de la Mission des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) et l’armée malienne (Fama). Cette dernière a engagé pour la première fois les quelque 700 hommes de son deuxième bataillon, Elou, formé au camp de Koulikoro par la mission européenne d’entraà®nement au Mali (EUTM), commandée par un général tricolore. De leur côté, les Français mobilisent environ 600 militaires du groupement tactique interarmée Désert, appuyés par des hélicoptères de combat Tigre et Gazelle du groupe aéromobile. Explorer les réseaux Lors d’une visite aux troupes, sur la base de Gao, le 16 octobre, le chef d’état-major des armées, l’amiral Edouard Guillaud a rappelé que la « désorganisation des réseaux terroristes » demeurait la priorité des soldats de Serval. « Il reste des zones o๠les groupes terroristes se rassemblent de façon résiduelle, confie un officier. Nous devons les explorer en profondeur afin de réduire leur potentiel logistique en interceptant les flux d’approvisionnement. » Lors d’une opération menée au début de septembre dans le nord de Gao, les patrouilles françaises avaient ainsi permis de découvrir deux pick-up bourrés d’explosifs, des obus et une quantité importante d’armes de poing et d’assaut. Un peu plus tard, lors d’une mission de reconnaissance à  l’est de Bourem, une ville proche, les militaires ont, cette fois, dû engager le feu contre des insurgés. Trois djihadistes ont été fait prisonniers; l’un d’eux est mort de ses blessures. Le 7 octobre, ce sont cinq roquettes de 122 millimètres qui se sont abattues sur Gao, blessant un soldat malien: elles ont été tirées à  plus de 15 kilomètres de la ville, à  partir de lanceurs artisanaux. La mise à  feu a été déclenchée grâce à  la fonction réveil de téléphones portables.